ADDITIONS

VICTIMES DE LA REVOLUTION IMAGES

LES MAGNILS

6220 - M. Renard, curé - Il refusa le serment, fut détenu dans son presbytère, à cause de ses 63 ans, puis emprisonné à l'hospice de Fontenay. On ne sait pas l'époque de sa mort.

TRIAIZE

6221 - M. Jean-Chrysostome Hillairet, curé. Ce prêtre fidèle, ayant montré son opposition irréductible aux lois impies de la Révolution, fut cruellement persécuté par les canailles de l'endroit qui avaient pour chef un certain Guinot, ancien intendant du chapitre de Luçon. M. l'abbé Barraud raconte ce qui suit au sujet de ce misérable qui avait si indignement trahi la confiance de ses anciens maîtres :

"Quand il se vit maître absolu dans cette paroisse, il ordonna une perquisition chez les habitants du bourg, pour y saisir tous les livres de religion. Les ayant fait apporter sur la place, près de l'église, il en fit un grand feu, dans lequel il jeta le tabernacle arraché à l'autel, puis avec ses compagnons d'impiété, il organisa une danse en ronde autour de ce feu de joie. En 1793, l'église, par ses soins, avait changé de nom et de destination. Transformée, comme celles de Paris, en temple de la Raison, elle était appelée et désignée dans les actes municipaux sous le nom de Temple décadaire. Guinot, capable des impiétés les plus révoltantes, avait profané le lieu saint en y entrant à cheval. Il scia la poutre qui soutenait le Christ à l'entrée du sanctuaire et, ayant attaché une corde au cou de l'effigie du Sauveur, avec ses complices, il traîna cette image sainte dans les rues du bourg, puis la livra aux flammes. Le châtiment ne se fit pas attendre. Quelque mois après, Guinot fut pris d'une étrange maladie. Des douleurs d'entrailles le torturaient, des ulcères couvrirent son corps, qui peu à peu tomba en pourriture, comme celui d'Antiochus. Deux années durant, le mal implacable s'acharna sur sa victime, lui arrachant des cris par lesquels vainement il demandait la mort. Dieu, sans doute, voulait faire voir ses crimes à ce misérable, qui vécut ainsi, malgré ses affreuses douleurs, pour demeurer un exemple de la punition divine.

Quant à M. Hillairet, il s'embarqua pour l'Espagne, d'où il revint d'abord pour être emprisonné pendant plus d'un an sous prétexte que ses papiers n'étaient pas en règle, puis, pour être de nouveau curé de son ancienne paroisse jusqu'en 1835, époque à laquelle il se retira à Champagné. Il mourut deux ans plus tard, laissant la mémoire d'un prêtre très vertueux.

CHAMPAGNÉ

6222 - M. Gaudineau, curé. Il ne semble pas être revenu d'exil.

LE GUÉ-DE-VELLUIRE

6223 - M. Bernier, prieur-curé. Au lieu de s'exiler, il resta dans le pays, où des paroissiens dévoués lui donnèrent asile, mais, craignant de les compromettre, il aima mieux se livrer lui-même aux mains des révolutionnaires. A Fontenay, on le condamna à mort, en mai 1793, et on allait l'exécuter lorsque les Vendéens arrivèrent à point pour lui sauver la vie. Après la pacification, le bon pasteur revint au milieu de ses enfants spirituels pour y terminer ses jours.

6224 - M. François-Isaac Faivre, vicaire du diocèse de La Rochelle. Il vint se réfugier au Gué, avec une trentaine de prêtres qui réussirent, grâce au dévouement des habitants, à éviter les poursuites des gendarmes. M. Faivre mourut curé de cette paroisse en 1830.

VOUILLÉ-LES-MARAIS

6225 - M. Pierre-Charles Joubert, curé. Fidèle aux lois de l'Église, il refusa le serment et partit pour l'Espagne, d'où il revint pour administrer successivement les paroisses de Vouillé et du Gué jusqu'en 1830, époque de sa mort.

SAINTE-HERMINE

6226-6227 - M. Alexandre-André Gusteau, curé, et son frère Joseph, vicaire du Gué. Ils furent très opposés à la Constitution civile du clergé et durent en conséquence prendre le chemin de l'exil. Le jeune vicaire du Gué mourut en Espagne, tandis que son aîné reprit, après le retour des temps meilleurs, l'administration de son ancienne paroisse.

LA CAILLÈRE

6228 - M. Jacques-Louis Brunet, curé. Il paya lui aussi de l'exil sa fidélité à la religion. A son retour d'Espagne, il fut successivement curé d'Ardelay et de Saint-Mars-la-Réorthe, puis se retira au Boupère où il mourut en 1828.

6229 - Pierre Boidet, scieur de long au village de la Boucherie. Arrêté en 1793, après la bataille de Luçon, il mourut dans les prisons de La Rochelle.

LA CHAPELLE-THÉMER

6230 - M. Rivalland, curé. Pour fuir les dangers que couraient les prêtres insermentés, il suivit l'armée vendéenne qui comptait dans ses rangs plusieurs de ses paroissiens, mais il trouva la mort au passage de la Loire.

LA RÉORTHE

6231 - Pierre Biret, 55 ans, aubergiste à Féole, qui comptait plusieurs parents parmi les prêtres réfractaires et dont le fils, séminariste, avait dû émigrer. Naturellement, pour ces motifs, prévenu d'incivisme, il fut arrêté et jeté en prison à la Châtaigneraie ; les Vendéens le délivrèrent, mais, arrêté de nouveau, il fut conduit à la Rochelle et condamné à mort, le 28 octobre 1793

LE SIMON - LA VINEUSE

6232 - M. Bodin, curé de la Vineuse. Il suivit l'armée vendéenne et périt au passage de la Loire.

THIRÉ

6233 - Samuel Caot, 30 ans, qui fut arrêté et mourut dans les prisons de La Rochelle, le 26 octobre 1793.

LA BRETONNIÈRE

6234 - M. Michel-Louis Hantraye, curé de la Claie. Il refusa de se soumettre aux lois révolutionnaires et fut condamné à la déportation, mais, en raison de son âge avancé, l'administration se contenta de l'interner dans la citadelle de Saint-Martin-de-Ré. Il revint mourir dans sa paroisse.

CHÂTEAU-GUIBERT

6235 - M. Jean Blanchard, curé de Bellenoue. Il refusa le serment et resta au milieu de ses paroissiens, au milieu de dangers sans nombre. A la fin des troubles, l'autorité diocésaine lui confia la paroisse de Château-Guibert.

CORBAON

6236 - M. Louis Dugast, curé de Corbaon. Il préféra l'exil à l'apostasie et s'embarqua pour l'Espagne, mais la tempête ayant forcé le capitaine à retourner au port des Sables, M. Dugast, pour ne pas s'exposer à tomber entre les mains des révolutionnaires, s'enfuit du navire et on ne sait pas ce qu'il est devenu.

LES-MOUTIERS-SUR-LE-LAY

6237 - M. Jean-Bernard Blanchard, curé de Sainte-Pexine. Il disparut pendant la Révolution.

LES PINEAUX-SAINT-OUEN

6238 - Louis Cantreau, 49 ans, laboureur, demeurant à la Maisonneuve, paroisse de Saint-Ouen. Il fut arrêté pour avoir monté la garde avec les brigands armé d'une fourche de bois et emprisonné à La Rochelle, où il mourut le 12 octobre 1793.

6239 - Pierre Cantreau, 40 ans, probablement, frère du précédent, laboureur au même lieu. Il subit le même sort.

ROSNAY

6240 - M. Julien Jacquet, curé de Rosnay après la Révolution. Il était originaire du diocèse de Coutances, et avait subi l'exil pour la foi.

LES MOUTIERS-LES-MAUXFAITS

6241 - M. Charles-René Maymaud de la Malvoye, ancien vicaire de l'île d'Yeu, de Soullans, du Château-d'Olonne, curé des Moutiers-les-Mauxfaits. Après quelques mois d'incarcération, il dut prendre le chemin de l'exil. Il mourut aux Moutiers, en 1820, avec l'estime et l'affection de tous ses paroissiens.

6242 - Mathurin Bessonnet, 44 ans, décédé dans la prison de la Coupe aux Sables, le 12 mars 1794.

LA BOISSIÈRE-DES-LANDES

6243- M. Pierre-Alexis Perrin, curé, il était chanoine du Chapitre, à Luçon, quand la Révolution éclata. Au lieu de se courber sous une loi sacrilège, ce bon prêtre se retira en Espagne, d'où il revint pour être curé successivement de la Boissière et de Nesmy. La mort le frappa dans ce dernier poste en 1807.

LE CHAMP-SAINT-PÈRE

6244 - M. Georges Hédon, vicaire. Il refusa le serment et se rendit en Espagne, d'où il ne semble pas être revenu.

6245 - M. Louis-Benjamin Robin des Baraudières, ancien vicaire des Essarts, ancien desservant de la Boissière-des-Landes, curé du Champ-Saint-Père après la Révolution. Prêtre fidèle, il ne voulut point se soumettre à la législation de 1793 et son arrestation fut décrétée par le Directoire du district, mais déjà il était rendu en Angleterre, dans une riche famille, où il disait la messe, prêchait et enseignait le français. Sa mort survint en 1830.

Extrait d'une lettre de M. l'abbé M. Poiraud, curé de la Merlatière : "Voici que j'ai appris d'une tante qui connaissait très bien la famille et que mon père m'a redit bien des fois depuis. En 1793, 15 paysans du Champ-Saint-Père, dont mon bisaïeul Poiraud, étaient sous la conduite des nobles, dans un mouvement anti-révolutionnaire. Ils furent dénoncés par un Ligonnière et conduits à Fontenay, où ils furent jugés dans la chapelle de l'Union-Chrétienne et exécutés sur la place Viète, et enterrés dans le cimetière de Notre-Dame.
LA ROCHE-SUR-YON

6246 - M. Louis-Charles Chappot de la Chanonie, ancien vicaire du Poiré et de la Garnache, curé du Bourg-sous-la-Roche et de la Roche-sur-Yon. La Révolution le trouva fidèle à tous ses devoirs de prêtre et, en conséquence, après l'avoir interné à Fontenay pendant cinq mois, le mit dans l'obligation de s'exiler. C'est à son retour d'Espagne qu'il fut nommé à la cure de La Roche-sur-Yon, où il mourut en 1820, après avoir organisé le service paroissial dans cette ville choisie par Napoléon pour le chef-lieu du département et après avoir commencé la construction de l'église, qui ne fut terminée qu'en 1829.

6247 - M. Jean-Jacques Guérineau, ancien vicaire de Challans, de Triaize et de Luçon, curé de Saint-Fulgent et de Bourbon-Vendée. Après avoir refusé de prêter un serment qui répugnait à sa conscience, il dut se rendre d'abord à Fontenay et se placer sous la surveillance de la police, puis s'embarquer pour l'Espagne. L'exil lui pesait, parce que les fidèles de la Vendée manquaient de prêtres et, accompagné de deux confrères, il essaya de rentrer en France, mais il fut arrêté à Bordeaux. Quand la liberté lui fut enfin rendue, l'autorité diocésaine le nomma vicaire de Luçon, puis successivement curé de Saint-Fulgent et de Bourbon-Vendée. Dans ce dernier poste, sa situation fut particulièrement délicate, à cause de la tension qui existait dans les rapports officiels de l'Évêché et de la Préfecture. Il se tira d'affaire avec honneur. La mort vint le frapper subitement en 1845 et le ravir à l'affection de ses paroissiens qui ont gardé longtemps le souvenir de son inépuisable charité.

MOUILLERON-LE-CAPTIF

6248 - M. Pierre-Alexandre Chapot, frère de M. l'archiprêtre de La Roche-sur-Yon, demeurant au Bois-Arnaud. Dénoncé comme suspect, il fut arrêté et emmené par les gardes nationaux de La Roche, qui le massacrèrent sur la route.

NESMY

6249 - M. Louis Mignonneau, curé. Il refusa le serment schismatique et mourut dès le début de la Révolution. "C'est à tort, dit M. l'abbé Baraud, qu'une tradition locale rapporte que le curé de Nesmy aurait réuni à l'église ses paroissiens pour leur faire ses adieux, et, qu'au moment de partir, il aurait été arrêté et emmené du côté de Nantes".

6250 - M. Pierre Ridier, curé. Il eut la faiblesse d'adhérer aux lois civiles sur la constitution civile du clergé et fut élu curé de Saint-Aubin-la-Plaine ; mais bientôt il manifesta publiquement son repentir, fut arrêté et conduit à la prison de Celles (Deux-Sèvres). Au Concordat, l'autorité ecclésiastique lui confia la paroisse de Saint-Hilaire-le-Vouhis.

LE TABLIER

6251 - M. O'Brien, desservant. Originaire d'Irlande, il était venu en Vendée pour fuir la persécution anglaise. Il revusa le serment et resta dans le pays, administrant les paroisses privées de leurs pasteurs : La Copechagnière, Boulogne, Nesmy, Le Tablier, Dompierre, Chaillé-les-Ormeaux, etc. Il se trouvait dans cette dernière paroisse, au mois d'avril 1794, quand survint une colonne infernale. Averti à temps, M. O'Brien s'enfuit à travers champs, poursuivi de près par les soldats ; il arrive sur les bords de l'Yon, qui était profond à cet endroit, et allait être pris quand il eut une heureuse inspiration. Il jette son chapeau et ses chaussures dans la rivière et se cache dans un creux de rocher. Les Bleus arrivent, aperçoivent sur l'eau le chapeau et les chaussures du fugitif et croient qu'il s'est noyé en voulant traverser la rivière. La chasse à l'homme est interrompue et le prêtre est sauvé. On ne sait pas s'il mourut vers la fin de la Révolution où s'il retourna dans son pays. A partir de 1797, il n'est plus question de lui.

THORIGNY

6252 - M. Doussin de Voyer, desservant, ancien prieur de l'île de Ré, aumônier de la Grande Armée dont il fit l'admiration par sa vaillance et son dévouement. Il se cacha pendant quelque temps au village de la Boule, paroisse du Bourg-sous-la-Roche, et fut arrêté à Thorigny où il avait mérité l'affectueuse estime des paroissiens. Son arrestation y occasionna des troubles, que seule l'intervention militaire réussit à calmer. Le prisonnier fut condamné à la déportation et transféré à Rochefort, mais il réussit à s'évader et la police ne put jamais découvrir sa retraite, grâce à la complicité de ses fidèles amis. Malheureusement il ne voulut pas reconnaître le Concordat et devint l'un des chefs de la petite Église. Sa mort survint en 1843.

BOURNEZEAU

6253 - M. Pierre-Gabriel Micheau, curé. Après avoir refusé le serment, il s'embarqua pour l'Espagne en compagnie de son oncle, M. Paillaud, curé de l'Île-d'Olonne. Après la pacification, l'autorité diocésaine lui confia la paroisse de Bournezeau, où il mérita cet éloge du préfet : "Instruit, bonnes moeurs. Son zèle religieux est peut-être trop actif."

SAINT-GERMAIN-DE-PRINÇAY

6254 - M. René Maunetier, curé. Prêtre insermenté, il partit en exil et n'en revint pas.

6255 - Louis Blaud, 50 ans, demeurant au village du Fournier. Il avait été emprisonné à La Rochelle, pour le seul fait d'avoir monté la garde avec les brigands. Il réussit à s'évader, mais ayant été repris, il fut condamné à mort et exécuté le 3 décembre 1793.

CHANTONNAY

6256 - Pierre Bouet, journalier, 35 ans, de la Tabarière. Il fut arrêté nuitamment dans son lit, sans aucun motif et sur la seule dénonciation d'un ennemi personnel, et mourut en prison à La Rochelle.

SAINT-HILAIRE-LE-VOUHIS

6257 - M. Louis-Urbain Couette, curé. Il était originaire du diocèse de Blois. Il refusa le serment et fut condamné à la déportation, mais il réussit à s'évader et s'en retourna dans son pays.

PUYBELLIARD

6258 - Louis-Dominique Ussault, clerc minoré. A la tête d'un groupe de Vendéens, il fit la campagne d'Outre-Loire et, à son retour, fut arrêté et incarcéré à Fontenay. On le trouve plus tard comme chef de bataillon sous le Premier Empire et ne donne plus signe de vie après 1816.

ROCHETREJOUX

6259 - M. François-Henri Fumolleau, curé. Condamné à la déportation pour son refus de serment, il resta dans le pays et continua l'administration des sacrements malgré son grand âge. Sa mort survint en 1809.

SAINT-VINCENT-STERLANGES

6260 - M. Martial Thomouzeau, curé, qui refusa le serment, fut condamné à la déportation et mourut au commencement de la Révolution.

LES ESSARTS

6261 - M. Michel Gillier, ancien vicaire de Legé, curé. Il fut emprisonné à Nantes pour n'avoir pas voulu se soumettre à la Constitution civile, mais ses paroissiens allèrent le réclamer et le firent mettre en liberté. Au lieu de s'expatrier, il resta dans le pays où il fut le soutien et le consolateur des persécutés. Sa vie sans cesse menacée pendant ces huit années de tribulations ne fut épargnée que par une sorte de prodige. Il est mort curé des Essarts, laissant des notes très précieuses pour l'histoire de la Vendée, victime de la Révolution.

6262 - M. Alexandre Molliet, du diocèse de Poitiers. Il se réfugia aux Essarts pendant les troubles et rendit aux habitants de précieux services par l'exercice de ses fonctions sacerdotales, au milieu de dangers et de privations de toutes sortes. Au Concordat, il retourna dans son diocèse.

6263 - M. Antoine-Jacques Robin, vicaire. Épuisé par les souffrances de son exil en Espagne, il ne put reprendre ses fonctions et se retira à la Garnache, où sa mort survint en 1822.

BOULOGNE

6264 - M. Guillaume Belliot, curé. On croit qu'il refusa le serment et resta dans sa paroisse, où il mourut durant l'hiver de 1793.

SAINTE-CÉCILE

6265 - Joseph Verdeau, menuisier, fait prisonnier à Laval et condamné à mort, le 21 janvier 1794, pour "avoir fait partie de l'armée des brigands vendéens". La commission qui prononça ce jugement venait de condamner à mort quatorze prêtres, dont le père Triquerie, cordelier du couvent d'Olonne.

6266 - Mathurin Bidault, 25 ans, cordonnier, qui fut arrêté, après la défaite de l'armée vendéenne sous les murs de Luçon, et emprisonné à La Rochelle, où il fut condamné à mort, le 23 octobre 1793, pour avoir fait partie des insurgés.

DOMPIERRE

6267 - M. Jacques-Bernard Buet, ancien vicaire de Saint-Pierre-au-Luc. Après avoir refusé le serment, il resta dans le pays et l'administra pendant la Révolution les paroisses de la Merlatière et de Boulogne. Ce n'est qu'après la pacification qu'il devint curé de Dompierre.

6268 - M. Lesage, curé. Il refusa le serment et réussit à se soustraire à la déportation. D'après la tradition, il aurait été massacré, en 1794, à la Chaize-le-Vicomte.

LA FERRIÈRE

6269 - M. Julien-Pierre Fissot, curé. Ancien religieux, il demeura fidèle aux lois de l'Église, et fut nommé curé de la Ferrière en 1806.

6270 - Jacques Billau, 60 ans, mort en prison, aux Sables, le 7 janvier 1794.

SAINTE-FLORENCE

6271 - François Bouchereau, 39 ans, mort en prison, à Fontenay, le 27 décembre 1793.

SAINT-MARTIN-DES-NOYERS

6272 - M. Pierre Couaud, curé de la Grève. Il prêta le serment, le rétracta et disparut pendant la Révolution.

SAINT-FULGENT

6273 - M. Hippolyte-Alexandre du Laurent-Labarre, ancien vicaire général de Quimper. Il vint se réfugier à Saint-Fulgent. On vint l'y arrêter, malgré ses 84 ans pour le conduire à Rochefort, où il mourut victime de mauvais traitements de ses bourreaux.

6274 - Marie Cartron, femme de Pierre Auneau, tuée par l'ennemi, à la Léraudière, le 23 février 1794.

6275 - Louis Auneau, son fils, succombait quelques mois après des blessures qu'il avait reçues dans une bataille livrée aux environs de Laval.

BAZOGES-EN-PAILLERS

6276 - René Bousseau, 60 ans, de la Léraudière, tué à l'ennemi, le 23 février 1794.

LES BROUZILS

6277 - M. Pierre-Étienne Goillandeau, ancien chanoine de la Collégiale Saint-Maurice de Montaigu, originaire de Vieillevigne, au diocèse de Nantes. Il refusa d'adhérer à la Constitution civile et partit pour Paris, dans l'espoir de se mettre en relations avec son évêque et revint ensuite au milieu des armées vendéennes. Au Concordat, il fut nommé à la cure des Brouzils, d'où il se retira dans sa paroisse natale.

SAINT-ANDRÉ-D'ORNAY

6278 - M. Louis Denonceau, religieux des Fontenelles, arrêté pour n'avoir pas fait le serment, emprisonné aux Sables jusqu'en décembre 1793, envoyé alors au tribunal criminel de Noirmoutier d'où il ne revint pas.

AUBIGNY

6279 - Jacques Caraba, 22 ans, marchand, mort dans la prison de la Coupe, aux Sables d'Olonne, le 5 février 1794.

BOURG-SOUS-LA-ROCHE

6280 - M. Jean Dorie, curé. Il avait été vicaire, avant la Révolution, de Soullans et de Challans. A son retour d'Espagne, il desservit le Bourg-sous-la-Roche jusqu'en 1814.

6281 - M. O'hara, prêtre d'Irlande, chassé de son pays par la persécution anglaise. Il resta dans le pays, après avoir refusé le serment, fut arrêté et emprisonné. On n'a pas de détail précis sur sa mort.

LA CHAIZE-LE-VICOMTE

6282 - M. Jacques Moreau, curé. Ancien avocat au Parlement de Rennes, il avait embrassé l'état ecclésiastique après la mort de son épouse. Il ne voulut ni se soumettre aux lois révolutionnaires, ni quitter sa paroisse. Sa vie devint excessivement pénible, soit à cause des privations que les circonstances comportaient, soit à cause des alertes continuelles et des dangers qui se renouvelaient sans cesse. Il mourut de fatigue et d'épuisement, le 18 décembre 1795, dans la paroisse de la Limouzinière.

6283 - M. l'abbé des Grigny, ancien vicaire général de Bordeaux, desservant de la Chaize. Il avait connu à Paris M. l'abbé Jean de Beauregard, le futur grand vicaire de Luçon, et quand la Révolution éclata, il eut tout de suite la pensée de chercher un refuge auprès de son ancien condisciple. La forêt de la Chaize servait d'asile déjà à plusieurs persécutés, auxquels il rendit service pour l'administration des sacrements. Plus tard, nommé évêque de Montpellier, sous le règne de Louis XVIII, il fut massacré en haine de la foi par un protestant fanatique.

SAINT-FLORENT-DES-BOIS

6284 - M. Victor Colibeaux, vicaire. Il était originaire de Normandie, et quand éclatèrent les troubles de la Révolution, il refusa le serment et s'en retourna dans son pays natal, préférant souffrir les angoisses de la persécution plutôt que de s'exiler.

6285 - M. Pierre-Alexandre Delaunay. Il fut exilé pour la foi et, à son retour, il desservit successivement Rosnay et Saint-Florent. La mort vint le frapper dans ce dernier poste.

CHAUCHÉ

6286 - M. Louis Brillaud, ancien vicaire de Saint-Fulgent. Il refusa le serment, et, au lieu de s'exiler, resta dans le pays pour exercer le saint ministère, souvent au péril de sa vie. Le proscrit se cacha dans les paroisses de Chauché et de Chavagnes, puis dans la forêt de Grasla. Au Concordat, l'autorité religieuse le nomma curé de Chauché, où il resta, malgré ses infirmités, jusqu'en 1811, époque de sa mort.

CHAVAGNES-EN-PAILLERS

6287 - M. Pierre-Marie Remaud, curé. Au lieu d'obéir à l'arrêté départemental, qui ordonnait aux prêtres réfractaires de se rendre à Fontenay, il préféra se cacher chez ses soeurs, dans le bourg, avec plusieurs confrères et notamment Pierre François, son frère propre, qui devait être plus tard aumônier de Charette et qui alors était vicaire de Chavagnes. Mais bientôt la situation devenait plus périlleuse et il fallut se séparer. Le bon pasteur trouva facilement un asile sûr chez ses paroissiens, surtout au logis de la Proutière, pour lui permettre d'attendre des jours meilleurs. Il est mort en laissant une mémoire vénérée.

6288 - M. Jean-Baptiste Fleurisson, aumônier des Ursulines. La Révolution interrompit ses études lévitiques et il s'enrôla dans l'armée des princes. On a dit de lui que c'était l'un des plus braves dans cette phalange de héros. Quand la paix fut enfin signée, il vint se mettre à la disposition de M. Baudouin, qui le nomma d'abord professeur au séminaire et, après la consécration sacerdotale, à l'âge de 40 ans, aumônier de la Maison-Mère des Ursulines de Jésus. Sa mort survint en 1849.

6289 - M. Guillaume Cox de Lisle, vicaire, d'origine nantaise, qui se réfugia, pendant la Révolution, dans la paroisse de Chavagnes. Arrêté dans les environs de Sainte-Hermine, il fut emprisonné à Luçon, condamné à mort par le tribunal de La Rochelle et exécuté le 24 octobre 1793.

6290 - M. Jean-Mathias Germon, né à Chavagnes, prêtre assermenté. Il eut le courage de se rétracter publiquement et fut, en conséquence, condamné à la déportation en Guyane, d'où il revint pour vivre, pendant quelques années, d'une manière très édifiante.

LES HERBIERS

6291 - M. Payraud, curé. Il eut d'abord la faiblesse de faire le serment exigé par les lois révolutionnaires, mais bientôt il le rétracta publiquement et dut, en conséquence, partir pour l'exil. Il mourut en Espagne quelques mois seulement après son arrivée.

6292 - Pierre Bonnet, 50 ans, mort en prison, à Fontenay, le 27 janvier 1794.

ARDELAY

6293 - M. Pierre Boursier, successivement curé des Moutiers-sur-Lay, d'Ardelay, de Bessay et de Mareuil. Il refusa le serment et resta dans le pays, au milieu des dangers que multipliait sous ses pas la persécution des révolutionnaires.

BEAUREPAIRE

6294 - M. Henri Guerry, curé. Il résista énergiquement, avec son vicaire, M. Champaud, aux lois de la Révolution, et se rendit en Espagne d'où il revint pour reprendre l'administration de sa paroisse jusqu'en 1810, époque à laquelle ses supérieurs l'appelèrent au poste plus élevé de Saint-Fulgent. C'est là que survint sa mort trois ans plus tard.

6295 - M. Julien-Pierre Provost, desservant successif de Beaurepaire, de la Meilleraie et de Saint-Paul-en-Pareds. Il était originaire du diocèse de Saint-Brieuc et s'était réfugié en Vendée. Ce fut un bon prêtre qui se dévoua au péril de sa vie pour administrer les sacrements.

6296 - François Drapeau, laboureur, condamné à mort à Laval, le 21 janvier 1793, pour avoir fait partie de l'armée des rebelles vendéens, et exécuté avec quatorze prêtres qui gravirent avec joie les degrés de l'échafaud.

LES ÉPESSES

6297 - M. François-Ange Cotanceau, vicaire. Il refusa le serment schismatique et dut mourir avant la fin des troubles.

6298 - M. Jean Dumas, vicaire. Il était originaire du diocèse de Poitiers. Fidèle à l'Église, il partit pour l'Espagne et ne semble pas avoir survécu à la Révolution.

MESNARD-LA-BAROTIÈRE

6299 - M. Michel-Abraham Cornu, curé. Après avoir refusé toute compromission avec les ennemis de l'Église, il resta dans le pays où, pendant la tourmente, il administra les sacrements souvent au péril de sa vie et mourut, au milieu de ses paroissiens, en 1806.

SAINT-MARS-LA-RÉORTHE

6300 - Jeanne Bouet, épouse de Jean Boury, laboureur, 60 ans, morte en prison, à Fontenay, le 14 avril 1794.

6301 - Marie Boury, morte également en prison, à Fontenay, le 27 du même mois.

6302 - M. Pierre-Étienne Pailla, ancien aumônier de Religieuses à Cholet et vicaire des Épesses. Fidèle aux engagements de son sacerdoce et ne voulant pas se soumettre à la loi de déportation, il se cacha dans la paroisse de Saint-Mars, qu'il desservit pendant toute la Révolution. Au Concordat, l'administration diocésaine lui confia la paroisse des Épesses.

SAINT-PAUL-EN-PAREDS

Extrait des registres paroissiaux :

6303 - Jean Siaudeau, époux de Catherine Moreau, demeurant à l'Acheneau, mort dans un combat au milieu d'avril 1793.

6304 - Pierre Boineau, charpentier, tué à la bataille de Chantonnay, le 4 septembre 1793, et inhumé le lendemain dans le cimetière du dit lieu. Témoins de la mort et de la sépulture : Pierre Couturier, Mathurin Dubreuil, charpentier, Pierre Massé, laboureur, Charles Rousseau, meunier, et Pierre Charrier, laboureur.

6305 - Inhumé dans le cimetière de Saint-Paul, le 28 octobre 1795, le corps de Charles Auneau, du village des Roches, trouvé hier égorgé auprès du dit lieu, âgé d'environ 70 ans.

6305 - Mathurin You, laboureur, décédé à Saint-Florent, au passage de la Loire, comme il est constaté par acte de notoriété publique passé devant Barbot, notaire, résidant à la Chambaudière, paroisse de Saint-Michel.

6306 - Louis Ferchaud, décédé au moment de l'insurrection dans la commune de Filets.

6307 - Pierre Jozillon, tué par les Bleus à la Coudrenière, le 1er février 1794. Le dit jour, d'après la tradition, les révolutionnaires envahirent le village et trouvèrent, dans la maison habitée par la famille Jozillon, le mari, la femme et une jeune fille de 14 ou 15 ans : "Si vous nous donnez votre argent, dirent-ils, on ne vous fera aucun mal !" - Est-ce bien vrai, demanda la femme épouvantée ?" - "Pour le sûr !" Elle leur donna deux cents francs et les misérables massacrèrent le mari sous ses yeux. On raconte que le chef, M. Gauvinière, qui était à la Frétière, blâma vivement les assassins, en disant : "On ne tue pas ceux qui donnent de l'argent !"

6308 - Jean Daviet, époux de Marie Lucas, blessé à Cholet, dans un combat livré par les républicains aux insurgés de la Vendée, sur la fin d'octobre 1793, et mort des suites de ses blessures quelques jours après, comme il est constaté par acte du sieur Bureau, juge de paix à Pouzauges.

6309 - Jacques Charrieau (ou Charrier), tué au village de l'Hublinière, par les soldats de l'armée républicaine, le 1er février 1797.

6310 - Pierre Billaud, décédé pendant la guerre civile.

6311 - Pierre Siaudeau, décédé le 4 mars 1793.

6312 - Pierre Guédon, décédé commune de Beaupréau, par l'effet de la guerre civile, le 15 octobre 1794.

6313 - René Merlet, décédé le 1er février 1794, par l'effet de la guerre civile.

6314 - Jean Raineteau, décédé le 1er février 1794, par l'effet de la guerre civile.

6315 - Jeanne Texier, son épouse, décédée le même jour.

6316 - Jean Gaborieau, époux de Perrine Libault, mort au mois de janvier 1794.

6317-6322 - Renée Moreau, Perrine Texier, Pierre Ouvrard, René Roy, Pierre Barbarit, Pierre Violleau, morts durant la guerre civile.

6323 - Pierre Villeneuve, époux de Jeanne Rapin, mort à l'armée.

VENDRENNES

6324 - M. François Adrien, curé. Il refusa le serment et s'exila en Espagne d'où il revint pour occuper successivement les postes de Nesmy et de la Bruffière.

MONTAIGU

6325 - M. Pierre-Charles de Buor, curé. Il administrait la paroisse de Boufféré quand survint la Révolution, et fut l'adversaire irréductible des erreurs nouvelles. On croit qu'il s'embarqua pour l'Angleterre d'où il revint pour être curé de Montaigu.

6326 - M. François Sauvaget, chanoine de la Collégiale, à Montaigu. Très opposé aux doctrines révolutionnaires, il réussit néanmoins à éviter la déportation et resta dans la contrée au péril de sa vie. On le voit comme desservant à Saint-Christophe-la-Chartreuse, à Saint-Philbert-de-Bouaine, à la Bernardière et à Saint-Hilaire-du-Bois.

6327 - Alexis Legendre, menuisier, né à Saint-Jean-de-Montaigu, fusillé à Saint-Malo, à l'âge de 22 ans, le 30 décembre 1793.

6328-6330 - Michel Verger, Louis Bibard et la veuve Grolleau, morts en prison, à Saint-Malo, le 14 janvier 1794.

6331 - Marie-Éléonore-Élisabeth Boucherie, veuve Mesnard, 65 ans, morte en prison, au Mans.

6332 - Louis Caillo, des environs de Montaigu. Condamné à mort comme soldat de la Vendée par la commission militaire de Nantes, le 4 janvier 1794.

LA BERNARDIÈRE

6333 - M. Gilles-Victorien Simon, curé. Il refusa le serment, comme son vicaire, M. de Mairacq et demeura au milieu de ses paroissiens malgré les dangers incessants qui le menaçaient. Sa mort survint en 1806.

BOUFFÉRÉ

6334 - Madeleine Borderon, décédée dans la fuite du Mans, à Brûlon (Sarthe).

CUGAND

6335 - M. François Beaufreton, vicaire. Emprisonné à Nantes, pour avoir refusé le serment, il réussit à s'évader et revint dans le pays où il échappa heureusement à la rage de ses persécuteurs. Il mourut en 1810 vicaire de Gétigné, sa paroisse natale.

6336 - M. Claude-Bonaventure Bureau, prêtre, né à Cugand, il refusa le serment et se cacha dans la prairie du Loroux. Il mourut dans sa paroisse natale en 1821.

6337 - M. Mathurin Crabil, vicaire. Il se retira dans le Portugal et, après le Concordat, fut nommé curé de Cugand. Il mourut prêtre habitué à Nantes en 1820.

6338 - M. Guillaume Veillard, vicaire. Il ne put se résoudre à s'expatrier et demeura caché dans la paroisse de Saint-Etienne-de-Corcoué. Il mourut prêtre habitué à Nantes en 1825.

6339 - M. Jacques Lebastard, curé. Réfractaire au serment, il ne voulut point abandonner ses paroissiens, malgré les poursuites acharnées auxquelles il fut en butte pendant toute la Terreur. Aucun danger ne pouvait l'arrêter quand il s'agissait de porter secours aux malades. Il mourut curé de Sainte-Luce, en 1827, s'étant beaucoup occupé de vocations sacerdotales.

SAINT-GEORGES-DE-MONTAIGU

6340 - M. Jean Girard, curé, ancien vicaire de Talmont et d'Olonne, curé de cette dernière paroisse au début de la Révolution. Il refusa sans hésitation le serment schismatique, fut jeté en prison aux Sables, puis transféré à Fontenay, d'où il s'échappa pour revenir dans son pays natal, Saint-Hilaire-de-Loulay et Montaigu. Une mouche de bois fut longtemps sa cachette, d'où il rayonnait pour administrer les sacrements. Sa vie alors devint comme un drame poignant, dans lequel alternaient les aventures les plus curieuses et les épisodes les plus dangereux. Après avoir souvent échappé aux embûches de ses ennemis, il finit par être arrêté et enfermé dans la prison du château de Montaigu.

"Le commandant de place, a raconté l'abbé Baraud, le fit jeter dans une basse cave toute remplie d'eau. Le pauvre prêtre devait assurément y périr. En se débattant, il se rapprocha du mur et rencontra une pierre faisant saillie, de celles que les maçons appellent pierres passantes. Soulevé par l'eau et se cramponnant le long de la muraille, il parvint à s'élever à la hauteur de cette pierre et à s'en faire un point d'appui de manière qu'en se tenant droit il avait la tête hors de l'eau. Plus de 24 heures se passèrent ainsi. Le froid et la faiblesse, s'emparant de tout son corps, le faisaient trembler convulsivement et ne lui permirent plus bientôt de demeurer dans cette position. Sentant ses forces s'échapper, il allait se laisser choir au fond de l'eau et périr, quand il entendit du bruit au-dessus de sa tête. C'était un soldat qui venait pour retirer le cadavre de la victime que l'on croyait noyée depuis plusieurs heures. Quel ne fut pas son étonnement en entendant une faible voix monter vers lui ! Le commandant prévenu eut pitié du martyr et le fit évader secrètement".

M. Girard est mort curé de Saint-Georges en 1836, à l'âge de 77 ans, laissant la réputation d'un saint prêtre.

SAINT-HILAIRE-DE-LOULAY

6341 - M. Jean-Etienne Moyennat de Vert, curé. Il resta fidèle aux lois de l'Église et fut emprisonné à Montaigu, mais ses paroissiens vinrent en armes le délivrer, "ne voulant pas, disaient-ils, vivre sans religion". On croit qu'il fut massacré, au mois de janvier 1794, au château de la Lande, par une bande de révolutionnaire.

6342 - M. Louis-Charles Tousé, vicaire. A l'exemple de son curé, il ne voulut point prêter le serment et se réfugia dans la ville de Paris en qualité de commissionnaire. Après la pacification, l'autorité diocésaine lui confia son ancienne paroisse, où il mourut en 1816.

6343 - M. Jean-Baptiste Allain, curé, au retour d'exil et mort, à Saint-Hilaire, en 1853.

TREIZE-SEPTIERS

6344 - M. Mathurin Gaborieau, ancien chanoine de la collégiale de Clisson, desservant de Treize-Septiers et de la Bernardière. Il demeura dans le pays pendant la Révolution, et y rendit de précieux services par son ministère.

6345 - M. Vincent Poisson, curé de Treize-Septiers, à son retour d'Espagne. Sa mort survint en 1814 et fut un deuil pour les paroissiens.

MORTAGNE-SUR-SÈVRE

6346 - M. René-Marin Boutillier de la Chèze, vicaire de Mortagne, sa paroisse natale. Il était fils de messire Boutillier de la Chèze, avocat au Parlement et sénéchal de Bazoges-en-Pareds. Fidèle à son sacerdoce, il préféra l'exil à l'apostasie et se rendit à Jersey. En revenant d'Angleterre, après la pacification, il mourut subitement en mer, en vue des côtes de France, laissant le souvenir d'une éminente piété.

6347 - N. Cailleau, domicilié à Mortagne, condamné à mort comme conspirateur par la commission militaire de Doué, le 12 décembre 1793.

LA GAUBRETIÈRE

6348 - M. Thibault, vicaire. Il refusa le serment et s'embarqua pour l'Espagne, où il mourut.

6349 - Jeanne Baron, vieille fille, 60 ans, tuée au grand massacre. (Ne pas confondre avec une autre Jeanne Baron, 60 ans, épouse de Pierre Baron, également tuée au grand massacre).

6350-6351 - Herbé de Caraillas, brûlé dans la cheminée du château de la Rainerie, la nuit de Noël, avec un M. Richard, prêtre auquel il servait la messe. (Notes de M. Aug. Albert, curé de Menomblet)

SAINT-LAURENT-SUR-SÈVRE

6352 - Jean Body, 26 ans, fusillé à Saint-Malo, le 30 décembre 1793.

SAINT-MALO-DU-BOIS

6353 - Louis Caillet, condamné à mort, comme brigand de la Vendée, par la Commission militaire de Nantes, le 4 janvier 1794.

LES LANDES-GÉNUSSON

6354 - M. Pierre-Joseph Abailard, curé, originaire de l'Hérault. Pour n'avoir pas obéi aux lois révolutionnaires, il fut arrêté, conduit à Rochefort et embarqué pour la Guyane. Son séjour dans cette malsaine colonie dura plus de deux ans et ce n'est qu'en 1801 qu'il fut libéré et, quelque temps après, nommé curé des Landes.

LA VERRIE

6355 - Vincent Gravelot mis en prison, à Saint-Malo, le 14 janvier 1794.

SALIGNY

6356 - M. Auguste-Hyacinthe de Buor, curé de Saint-Etienne-de-Corcoué, né à Saligny. Il ne prêta qu'un serment restrictif et fut, en conséquence, condamné à la déportation. C'est en Angleterre qu'il se réfugia et d'où il revint pour gouverner de nouveau son ancienne paroisse. Il mourut au Poiré, en 1820.

ROCHESERVIÈRE

6357 - M. Claude Lavies, curé de Saint-Sauveur, paroisse aujourd'hui supprimée. On croit qu'il mourut en Espagne, où il avait été déporté en 1792.

SAINT-ANDRÉ-TREIZE-VOIES

6358 - M. Augustin Mainguet, prêtre du diocèse de Nantes, né à Saint-André. Il fut arrêté et conduit à Nantes et condamné à la déportation, mais on ignore les circonstances de sa mort.

FONTENAY-LE-COMTE

6359 - M. Domergue, prêtre, détenu à Fontenay, pour avoir refusé le serment. Délivré par les Vendéens à la prise de cette ville, en mai 1793, il fut pris et tué par les bleus.

6360 - M. Benjamin-François Augé, vieillard de 73 ans, détenu à Fontenay, où il est mort pendant la Révolution.

6361 - M. Mathieu Gauducheau, ancien religieux, de Fontenay, emprisonné dans cette ville, puis à Niort, plusieurs fois sur le point d'être massacré, mort en 1802.

6362 - M. Gendron, religieux cordelier. Il se cacha dans la ville de Fontenay, pendant les troubles, fut arrêté et emprisonné. On ne sait pas ce qu'il devint ensuite.

6363 - M. Jean-Louis Olivier, religieux lazariste, du couvent de Fontenay. Déporté en Espagne, il ne revint pas en Vendée.

6364 - M. Jacques Chaine, directeur du collège de Fontenay. Il refusa le serment et réussit à éviter la déportation. Prêtre habitué en 1802.

6365 - M. Augustin Claveau, aumônier de religieuses à Fontenay et curé de Denant. Il mérita de subir l'exil pour sa fidélité religieuse, et à son retour d'Espagne, devint curé de Saint-Michel-le-Cloucq.

CHAIX

6366 - M. Charles-François Deniau, curé. Il resta dans sa paroisse au lieu de s'exiler, et eut beaucoup à souffrir de la persécution. Mort curé de Velluire en 1822.

L'ORBRIE

6367 - M. Brossard, curé. Vicaire de Saint-Pierre-du-Chemin, il refusa le serment et partit pour l'exil. C'est à son retour qu'il fut nommé curé de l'Orbrie.

LA CHÂTAIGNERAIE

6368 - M. Séguin, chanoine d'Angers, réfugié en Vendée, pendant la Révolution, desservant de la Châtaigneraie, où il rendit de précieux services aux âmes fidèles.

ANTIGNY

6368 - M. Barbot, poêlier, fusillé à Saumur.

6369 - René Bouffard, mort de misère dans les prisons d'Angers.

BREUIL-BARRET

6370 - M. Jacques-Antoine Jousselin, ancien religieux du couvent des Robinières. Il refusa le serment, fut expulsé de son monastère et, après la Révolution, devint curé du Breuil, près de Thiré.

LOGE-FOUGEREUSE

6371 - M. Paul Perreau, titulaire du prieuré bénédictin de Loge-Fougereuse. Il se réfugia en Espagne, où il mourut subitement de joie, en apprenant la signature de la paix dans notre pays.

MENOMBLET

Pour être impartial, nous devons ajouter que la personne de M. Verdon est très discutée. La tradition populaire va jusqu'à dire qu'il fut tué, non point par les Bleus, mais par les Vendéens, qui blâmaient sa conduite.

VICTIMES VENDÉENNES DONT LE DOMICILE NOUS EST INCONNU

6372 - M. Potier, curé du diocèse de Luçon ; il suivit l'armée catholique, fut fait prisonnier, conduit à Laval et tué à coups de sabre, par ordre du général républicain.

6373 - M. DEROSSY, du Bertheau, de la Vendée, prêtre déporté à Rochefort. Il réussit à s'évader.

6374 - Jacques Jousbert, émigré, de La Chapelle, fusillé à Quiberon.

6375-6376 - Mathurin et Pierre Boudaud, père et fils, 60 et 35 ans, fusillés à Fontenay et enterrés, le 18 décembre 1793.

6377 - Pierre-Joseph Abaillard, 40 ans, né à Lauron, diocèse de Luçon, curé de NOIRLIEU (Deux-Sèvres, déporté à Cayenne. Il s'en revint par la Martinique, le 31 octobre 1801.

6378 - Charles-Auguste de Gréhier, né en Vendée, fils de Philippe et de Cécile Demolière, 49 ans, fusillé à Quiberon.

6379 - Charles de Racodet, 77 ans, mort en prison à Fontenay, le 17 novembre 1793.

6380 - Marie-Charlotte de Mouillebert, veuve de Gabriel Baudry de la Vesquière, 50 ans, morte en prison à Fontenay, le 13 décembre 1793.

6381 - Charles-Auguste de Mouillebert, décédé également en prison à Fontenay, le 23 décembre suivant.

Condamnés à mort à Nantes :

6382 - François Barbarie, d'Ouvigny, district de Fontenay, le 5 janvier 1794 ;
6383 - Pierre Benotot, de Mousserat, district de la Châtaigneraie, le 6 ;
6384 - Louis Bernier, de Chambroulet, district de Montaigu, le 5 ;
6385 - André Bertain, de Crussant, district de Fontenay, le 3 ;
6386 - René Boissard, de la Sablière, district de la Châtaigneraie, le 2 ;
6387 - Charles Borel, de la Salle-au-Bled, district de Montaigu, le 3 ;
6388 - François Bureau, du Vreuil, même district, le 4 ;
6389 - Louis Caillo, de Landrières, même district, le 1er ;
6390 - Noël Crochet, de Fay, même district, le 5 ;
6391 - Jean Durand, du Vreuil, même district, le 5 ;
6392 - Louis Durand, du Vreuil, même district, le 6 ;
6393 - François Fontenay, de Témoine, même district, le 6 ;
6394 - François Fortin, de la Loge, même district, le 31 décembre 1793 ;
6395 - Pierre Galarie, de Toirset, même district, le 30 ;
6396 - Jean Grégoire, de Simbosnée, même district, le 6 janvier 1794 ;
6397 - Michel Grégoire, de Cernan, même district, le 29 décembre 1793 ;
6398 - François Héraud, du Vreuil, même district, le 2 janvier 1794 ;
6399 - Jean Marsay, de Toirset, même district, le 1er ;
6400 - René Marsay, à Aubrey, district de la Châtaigneraie, le 4 ;
6401 - Pierre Petit, de Toirset, district de Montaigu, le 2 ;
6402 - Rémy Allaire, Issard, la Roche-sur-Yon, le 2 ;
6403 - François Renoult, Sainte-Silse, près Luçon, le 6 ;
6404 - Marguerite-Modeste Gagneau, femme Durand, du Vreuil, district de Montigu, le 7 ;
6405 - Louise Soyer, de Thouarsé, district de Montaigu, le 7 ;

6406 - Jacques Beaud, notaire, Isle de la Réunion, district des Sables, condamné à mort, à La Rochelle, le 24 mars 1794

6407 - Louis Pallard, maréchal, de Saint-Martin, près Montaigu, fusillé, au Champ des Martyrs à Angers, le 12 janvier 1794.

6408 - François Baudry, de Saint-Marc en Poitou, fusillé, au Champ des Martyrs à Angers, le 12 janvier 1794.

6409 - Antoine Renou, de Liré, en Vendée, fusillé au Champ des Martyrs à Angers, le 12 janvier 1794.

6410 - Mathurin Landrieau, laboureur, en Vendée, condamné à mort par la Commission militaire de Doué, le 8 décembre 1793, comme ayant été parmi les rebelles.

6411 - François Lairain, chapelier, condamné à mort par la Commission militaire de Doué, le 8 décembre 1793, comme ayant été parmi les rebelles.

6412 - Jean Lacan, chapelier, condamné à mort aux Sables, pour le même motif, le 16 avril précédent.

6413 - Mathurin Huvelin, laboureur, condamné à mort à Doué, le 8 décembre suivant.

6414 - Pierre Huvelin, condamné à mort à Doué, le 8 décembre suivant.

6415 - Louis Guyot Dumoulans, natif d'Allon en Bas-Poitou, 42 ans, gentilhomme, convaincu d'émigration, condamné à mort, le 7 avril 1793.

6416 - Pierre-Hippolyte Pastourel, curé de Saint-Hilaire, convaincu d'avoir favorisé les rebelles de la Vendée, condamné et exécuté le 23 octobre de la même année.

6417 - Albert-Marie Romé, 64 ans, général de brigade dans la Vendée, ci-devant marquis, convaincu de conspiration, condamné à mort le 15 novembre suivant.

6418 - Antoine Maché, épicier, 30 ans, commissaire d'équipement pour les armées de la Vendée, condamné à mort le 10 décembre suivant.

6419 - Mathurin Boisseau, de la Vendée, condamné à mort à Doué, le 10 décembre de la même année.

6420 - Paul Maury Brond, condamné à mort, à Doué, le 8 ;
6421 - Laurent Cousseau, condamné à mort, à Doué, le 8 ;

6422 - Louis Couvrard, laboureur, condamné à mort, à Doué, le 8 ;

6423 - Pierre Guindon, meunier, condamné à mort, à Doué, le 8 ;
6424 - Pierre Haite, laboureur, condamné à mort, à Doué, le 8 ;
6425 - Pierre Oret, journalier, condamné à mort, à Doué, le 8 ;
6426 - Pierre Pasquereau, laboureur, condamné à mort, à Doué, le 8 ;
6427 - Louis Robinet, laboureur, condamné à mort, à Doué, le 8 ;
6428 - Denis-Louis Roulleau, condamné à mort, à Doué, le 8 ;
6429 - Alexandre Serin, maçon, condamné à mort, à Doué, le 8 ;
6430 - François Soulard, charpentier, condamné à mort, à Doué, le 8 ;
6431 - Jean Fuseau, bordier, condamné à mort, aux Sables, le 8.

6432 - Jean Busson, de Boisbonnerie, district de Fontenay, condamné à mort par le tribunal de la Sarthe, le 1er janvier 1794.

6433 - François Robin, boulanger, de Lequillou, district de Sables, condamné à mort, à Port-Malo, le 7 décembre 1793.

6434 - Jean Verdon, percepteur de Nouzillac, district de la Châtaigneraie, condamné à mort par le tribunal de la Vienne, le 28 dudit mois.

6435 - Antoine Aufrin, de Mouchon, district de Montaigu, condamné à mort, à Angers, le 12 janvier suivant.

6436 - Louis Chevron, de Saint-Porchand, district de Montaigu, condamné à mort, à Savenay, le 25 décembre 1793.

6437 - Jean Dessertois, de Saint-Jean, district de Montaigu, condamné à mort, à Savenay, le même jour.

6438 - Jean Gabard, de Cerisaye, district de La Roche-sur-Yon, condamné à mort, à Savenay, le même jour.

6439 - Jean Gaborieau, de Logean, district de Montaigu, condamné à mort, à Savenay, le 26.

6440 - Jean Gauvin, de Saint-Porchain, district de Montaigu, condamné à mort, à Savenay, le 25.

6441 - Jean Gemidon, de Logean, district de Montaigu, condamné à mort, à Savenay, le 26.

6442 - René Girardin, de Roussel, district de Montaigu, condamné à mort, à Savenay, le 24.

6443 - Mathurin Hérault, de Logean, district de Montaigu, condamné à mort, à Savenay, le 26.

6444 - Jacques Horlation, du Vreuil, district de Montaigu, condamné à mort, à Savenay, le 26.

6445 - Mathurin Léglé, de Saint-Martin-les-Veuves, district de la Châtaigneraie, condamné à mort, à Savenay, le 23.

6446 - Jacques Germain, de Cerizay, district de La Roche-sur-Yon, condamné à mort, à Savenay, le 25.

6447 - Pierre Martinard, de Saint-Lier, district de Fontenay, condamné à mort, à Savenay, le 26.

6448 - Louis-Jean Méchine, dit Gravière, officier de santé, de Bériex, district des Sables, condamné à mort, aux Sables, le 15 mars 1794.

6449-6453 - Mme Verdier de la Sorinière et ses deux filles, Mlles Catherine et Marie-Louise, s'étaient réfugiées au Longeron (Maine-et-Loire). L'un de ses garçons émigra et mourut en Angleterre ; l'autre fut tué dans les rangs de l'armée vendéenne. Dénoncées par un misérable, nommé Baudry, qu'elles avaient sauvé de la mort, alors que les Vendéens allaient le massacrer, elles furent arrêtées et conduites à Angers ; l'arrêt fatal ne se fit guère attendre et les douces victimes l'accueillirent en chantant des cantiques. La mort, pour elles, c'était la délivrance, c'était le ciel. Le long du chemin qui conduisait à l'échafaud, un officier républicain, séduit par les charmes de Mlle Marie-Louise, s'approcha et lui dit : "Si vous voulez m'épouser, je vous sauverai !" - "Sauverez-vous aussi ma mère et ma soeur ?" - "Je ne le puis !" - "Alors, laissez-moi mourir, j'aime mieux la couronne du martyre".

Qu'il est saint, le sol de la Vendée, puisqu'il fut imprégné d'un sang si pur ! Aussi ne sommes-nous pas surpris de ce fait qu'a raconté M. le comte de Chabot : "Un vieux prêtre de Lyon n'avait pas voulu mourir sans visiter le pays des "Géants". Il se mit un jour en chemin. En quittant Angers, il dit au conducteur de la diligence qui le conduisait à Cholet : "Mon ami, vous m'arrêterez aussitôt que nous arriverons en Vendée". Après avoir franchi le Pont-Barré, le conducteur arrêta ses chevaux et, se tournant vers le prêtre : "Monsieur, ici commence la Vendée". - "Attendez-moi un instant", dit le voyageur. Il descendit et, se mettant à genoux, baisa respectueusement la terre : "J'embrasse, dit-il à son compagnon de voyage, cette terre sanctifiée par le sang des martyrs".

L. TEILLET
AD85 - Semaine Catholique du Diocèse de Luçon - 1904 à 1715

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