VICTIMES DE LA REVOLUTION IMAGES

 

SAINT-SULPICE-LE-VERDON

4566-4583 - En 1794, au mois de mars, les bleus massacrèrent dans cette paroisse 18 personnes, hommes, femmes et enfants et incendièrent l'église, dont les cloches tombèrent dans le brasier. M. l'abbé Baraud raconte qu'après le désastre, protégée comme par miracle, une statue en bois de la Sainte-Vierge fut retrouvée intacte au milieu des ruines et depuis ce temps cachée par le sacristain au village de la Caillaudière.

4584-4584 bis - Julien Lardière, prêtre, né à Saint-Sulpice, précepteur chez M. de la Roche-Saint-André. Il refusa le serment et fut arrêté à Nantes, le 13 mars 1793. On l'emprisonna successivement au Château, aux Saintes-Claires et aux Carmélites, où il eut à souffrir de cruelles privations et d'effroyables tortures. Se trouvant sur la Thérèse, le jeune prêtre crut, une certaine nuit, que l'occasion était favorable pour essayer de s'évader mais il tomba dans la Loire et y périt, le 7 août 1793. Un de ses parents, Pierre Lardière, âgé de 65 ans, du village de la Villatière, fut massacré au mois de mars de l'année suivante.

4585-4587 - René Girardin, 23 ans, Louis Petit, 25 ans et Jean-Baptiste Tiennay, 25 ans, fusillés à Savenay, le 23 décembre 1793, comme soldats de la Vendée.

4588 - N. Thouzeau, tué avec beaucoup d'autres, Vendéens et Bleus, dans une mêlée qui eut lieu au début de mars 1793.

L'administration révolutionnaire faisait vendre, au Retail, les meubles de M. Goulard, émigré. Un officier municipal commit l'imprudence de tirer un coup de pistolet sur les insurgés qu'il aperçut dans la foule. Ce fut le signal d'une bagarre épouvantable. Les Vendéens, attaqués ainsi sans raison, se défendirent courageusement et tuèrent tous les employés de l'administration, officiers municipaux, notaire et avocat.

4589 - Louis PLanchet, sabotier, exécuté, comme conspirateur de la Vendée, à Angers, le 12 janvier 1794.

4590 - François Orun, laboureur, âgé de 20 ans, conducteur de charrois pour les Vendéens. Détenu à la citadelle d'Angers, il fut probablement mis à mort, d'après l'abbé Bossard, vers la fin de décembre 1793 ou au commencement de janvier 1794.

4591-4593 - Jeanne Douillard, âgée de 5 ans, massacrée au village de la Chevasse ; Pierre Douillard, âgé de 4 ans, massacré au village de Villeneuve, ainsi que le suivant : Jean Douillard, âgé de 2 ans.

Énorme fut le nombre des petits enfants massacrés par les révolutionnaires. Plus de six cent furent noyés dans les flots de la Loire ; trois cents furent livrés à la pourriture des prisons nantaises et c'est par centaines que les colonnes infernales immolèrent ces innocentes victimes. M. l'abbé Prunier, dans son Martyre de la Vendée, s'est plu à réunir dans un chapître spécial, les noms de ces petits martyrs. Au trois noms que nous venons de citer pour Saint-Sulpice, il ajoute ceux des Herbiers, de Saint-Étienne-du-Bois, de Saint-Martin-Lars-en-Tiffauges, de Chavagnes-en-Paillers et des Lucs, soit un total de cent dix neuf.

"Innocents martyrs, vous êtes la Vendée glorieuse du passé. Couvrez de votre puissant patronage tout ce peuple d'enfants, vos compatriotes, vos amis et vos frères menacés de périls si terribles dans le présent et qui sont, pour Dieu et pour l'Église, la Vendée de l'avenir !"


ARCHIPRÊTRÉ DE FONTENAY-LE-COMTE

DOYENNÉ DE FONTENAY-LE-COMTE

FONTENAY-LE-COMTE

4594-4597 - La paroisse de Notre-Dame eut l'insigne gloire de compter, parmi ses pasteurs, quatre confesseurs de la foi : MM. Bridault, Bréchard, Darnaud et Pitaud.

a) M. Toussain-Paul Bridault, fut délégué à Poitiers pour l'élection des députés aux États-Généraux et devint membre de la municipalité de Fontenay. Voici la noble réponse qu'il fit, dans son église, à ceux qui voulaient lui imposer le serment schismatique : "Je jure de donner tous mes soins aux fidèles dont la conduite m'a été ou me sera confiée par l'Église ; d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et d'être soumis à tout ce qui est de l'ordre politique, exceptant formellement les objets qui dépendent essentiellement de l'autorité spirituelle de l'Église catholique, apostolique et romaine dans le sein de laquelle je veux vivre et mourir."

Ce n'était pas ce que l'administration attendait de lui ; aussi dut-il, le 9 septembre 1792, s'embarquer pour l'Espagne où il mourut de joie, vers 1799, en apprenant qu'il lui était permis de revenir en France.

b) M. Florent Bréchard naquit à Talmont, où son père était sénéchal. Étant vicaire des Sables, il refusa le serment et fut obligé de s'embarquer pour l'Espagne. A son retour d'exil, l'autorité diocésaine le nomma curé-doyen de Notre-Dame et lui donna même les pouvoirs de vicaire général lorsque Monseigneur l'Évêque et M. l'abbé Paillou se rendirent à Paris pour assister au couronnement de Napoléon Ier, le 2 décembre 1804.

c) M. Nicolas-Sylvestre Darnaud naquit aux Sables et fit ses classes au collège de Luçon, tenu par les Lazaristes. Nommé vicaire de la Chaume, il se montra très zélé pour le salut des âmes, mais il lui fallut bientôt, comme à ses confrères, prendre le chemin de l'exil. Revenu d'Espagne, il eut à remplir plusieurs postes importants, notamment celui de Chantonnay et enfin celui de Notre-Dame. C'était un liturgiste distingué et un travailleur infatigable. Sa nomination de chanoine titulaire et d'archidiacre des Sables, en 1822, fut la juste récompense de ses mérites. Il ne mourut qu'en 1855, à l'âge de 90 ans.

d) M. Pierre Pitaud, né à Soullans, était professeur de troisième au Séminaire de Luçon, quand éclata la tourmente révolutionnaire. Il refusa le serment et dut s'exiler. Accompagné du jeune Martial de Chabot, de Saint-Philbert-du-Pont-Charrault, dont il se fit le précepteur, il partit pour la Belgique, puis pour l'Allemagne, où il eut la douleur de perdre son élève. Un major prussien le tira de peine en lui confiant l'instruction de ses deux enfants. A son retour en Vendée, il occupa successivement les cures de Saint-Gervais, de Beauvoir et de Notre-Dame de Fontenay. Sa mort subite, mais non imprévue, survint le 5 avril 1829. Il était âgé de 62 ans et avait su gagner la sympathie générale par son affabilité et son dévouement.

4598 - M. René-Chrles Louvart de Pontlevoye, prêtre-prieur de Châteaudun, aumônier de la garde nationale à Fontenay. Il naquit à Réaumur, où sa famille demeurait pendant la belle saison ; ses études furent brillantes à Paris où il reçut les ordres sacrés, en vertu des lettres dimissoriales accordées par Monseigneur l'Évêque de Luçon, en date du 8 décembre 1782. Dès le lendemain de sa prêtrise, il fut nommé prieur-commendataire de l'abbaye du Saint-Sépulcre de Châteaudun. Tout semblait lui sourire dans la vie, quand éclata la Révolution en 1789. Ses parents, trop âgés pour penser à l'émigration, vinrent se fixer, avec lui, à Fontenay, où les administrateurs charmés par ses façons aimables et ses dispositions conciliantes, lui offrirent le titre d'aumônier de la garde nationale. Des énergumènes le dénoncèrent en 1792 et le firent condamner à la déportation. Il s'embarqua le 9 septembre, mais le voyage le fatigua beaucoup. Sa pieuse mort arriva à Santander en 1794. (V. le Clergé vendéen, I, 331)

4599-4602 - M. Pierre-Raymond Sabouraud, de la Pommeraie, curé de Saint-Jean de Fontenay, qui s'embarqua pour l'Espagne, le 9 septembre 1792, sur le Jean-François, commandé par le capitaine Picard, des Sables-d'Olonne. M. Begaud, mort curé de Saint-Jean, avait, comme son prédécesseur, refusé le serment schismatique et pris le chemin de l'exil, mais au lieu d'imiter la presque unanimité de ses confrères qui se rendaient en Espagne, il se dirigea presque seul du côté de l'Italie. Son frère, M. Benjamin Begaud, chirurgien, fut, comme nous l'avons dit précédemment, condamné à mort le 21 novembre 1793. Leur père était instituteur à Bazoges-en-Pareds. D'un troisième fils naquirent deux enfants qui furent prêtres, l'un M. Louis-Cyprien Begaud, devint curé de Nalliers, puis de Château-Guibert ; l'autre, M. Marie-Charles Begaud, fut nommé d'abord curé de Saint-Agnant, ensuite chanoine de la Rochelle. M. Avice de Morigon, chanoine titulaire, prévôt de Fontenay. Il ne fut pas obligé à cause de son âge de fuir sur une terre étrangère et se retira dans la ville de Niort. Sur de lâches dénonciations, le pouvoir révolutionnaire le mit aux arrêts et ce vieillard, tout infirme, mourut de privations dans le cours de l'année 1797.

4603 - M. Gabriel-François Garnereau naquit à Fontenay et devint professeur au collège de cette ville, après avoir terminé ses études au séminaire d'Angers. Ayant refusé le serment, il dut se cacher d'abord à Nantes où il fut ordonné prêtre, puis en Angleterre où il trouva la plus cordiale hospitalité. Après la tourmente, le gouvernement impérial le nomma successivement principal du collège à Fontenay, puis à Niort, directeur de l'Université en Italie, inspecteur d'Académie à Poitiers et à Orléans. Il mourut prêtre habitué à Fontenay, le 9 juin 1847, à l'âge de 82 ans.

4603 - M. Jean-Baptiste Chinault, supérieur des Lazaristes à Fontenay. Sa maison se composait de trois religieux, MM. Jean-Baptiste Letoquart, François et Jean-Baptiste Ariet. Ils refusèrent tous les quatre le serment et s'embarquèrent pour l'Espagne. M. Chinault ne voulut jamais reconnaître le gouvernement de Bonaparte. Il resta en exil pendant vingt-trois années et ne revint en France qu'en 1815, époque à laquelle il fut aumônier de l'hôpital à Fontenay. C'est là qu'il est mort, le 8 février 1827, à l'âge de 87 ans.

4604 - M. Jean-Baptiste Letoquart, lazariste du couvent de Fontenay, mourut en exil chez les Lazaristes de Barcelonne, qui lui avaient donné l'hospitalité.

4605-4606 - MM. François et Jean-Baptiste Ariet, lazaristes du couvent de Fontenay, moururent l'un et l'autre en exil à Tolède, où ils s'étaient réfugiés.

4607 - M. Pierre Desbordes, ancien curé de Saint-Jean, chanoine sacriste de la cathédrale ; refusa le serment et fut, à cause de son âge, au lieu d'être exilé, interné dans la maison commune de Fontenay, où il eut à souffrir avec un certain nombre de confrères vieux et infirmes, toutes de tribulations. Il mourut prêtre habitué à Saint-Laurent, le 22 avril 1810, à l'âge de 76 ans.

4608 - M. Jean Loriou, prêtre, directeur du collège de Fontenay, avait pour professeurs de son établissement les prêtres qui suivent : MM. G. Garnereau, déjà nommé, Girardeau, Blaise Garnereau et Cercleron. Tous refusèrent le serment et durent partir pour l'exil. M. Loriou se retira en Espagne, d'où il revint, à la fin des troubles, avec une santé très délabrée. Il vécut jusqu'en 1818, n'ayant pour vivre que les souscriptions de ses anciens élèves.

4609 - M. Pierre-Charles Joubert, vicaire de Fontenay, s'embarqua, le 9 septembre 1792, à destination de Bilbao, en Espagne.

4610 - M. Jacques Nicoleau, prêtre du district de Fontenay, s'embarqua pour l'Espagne, le 11 septembre, sur le navire la Marie-Gabrielle, capitaine, François Lambert.

4611-4621 - M. Antoine-François-Fortuné Julliard, vicaire, en compagnie de MM. Jean-Baptiste Loquare, missionnaire, de Fontenay ; Pierre-Jacques-Mathurin Payraud, vicaire ; Léon Hamon, prêtre de Fontenay ; Jean Robin, diacre, à Fontenay ; Pierre-René Sorin, prêtre du district ; François Bonnet, cordelier à Fontenay ; Charles-Alexis-Benjamin Landerneau, ancien chanoine, prit passage, le 9 septembre, sur le Jean-François, du port des Sables, pour se rendre en Espagne ; M. Louis Raison, sous-diacre, partit le lendemain pour la même destination, sur l'Heureux-Hasard ; M. Jean-Baptiste Bodaille, cordelier, ainsi que ses confrères, François Bonnet, déjà nommé, qui était le gardien du couvent, Pierre Biron et Claude Godron, ne firent qu'un serment restrictif qui ne fut pas accepté. L'exil en fut la conséquence. M. Bodaille fut hospitalisé au couvent des franciscains, dans la ville de Vittoria, où l'on croit qu'il mourut.

4622 - Nicolas Bernard, né à Fontenay, 65 ans, cordelier à Ancenis ; emprisonné au Château de Nantes, le 5 juin 1792, resté en France à cause de son âge, transféré aux Carmélites, le 10 septembre, puis sur le navire La Gloire, et noyé probablement dans les premiers jours de décembre 1793.

4623-4624 - Marie-Madeleine-Jeanne Deau, religieuse du Couvent de Notre-Dame. Chassée de son monastère en 1791, elle continuait à pratiquer dans le monde toutes les vertus de saint état et s'employait à l'instruction des petits enfants. On l'accusa d'avoir brodé, pour les soldats vendéens, des scapulaires et des images du Sacré-Coeur. Il n'en fallait pas davantage pour provoquer contre la sainte fille une sentence de mort. Le tribunal de Fontenay la condamna comme fanatique et elle fut exécutée le 3 avril 1794. Marie Ripeau, fille, 19 ans, pénitente, fusillée à Angers, le 18 janvier 1794. Elle était fille de Pierre Ripaud, tisserand, et de Jeanne Pasquereau, de Fontenay. Son seul crime était d'avoir suivi l'armée catholique pour échapper aux persécutions des républicains.

4625 - Jacques Gentet de la Chenelière, soupçonné d'avoir eu chez lui des cartouches et d'être un émigré rentré ; convaincu d'incivisme, etc ... condamné à la déportation à vie, le 3 janvier 1793, d'après Alfred Lallié, La justice révolutionnaire à Nantes, page 113. Dans l'Histoire générale et impériale des crimes de la Révolution, II, 495, on le dit condamné à mort, comme émigré.

4626-4631 - Furent condamnés à mort par le tribunal de Nantes, le 7 janvier 1794 : Marie Audain, 25 ans ; Rose Camus, 35 ans ; Marie Duchêne, 24 ans, née à Fontenay, fille de Florent Duchêne, ancien secrétaire du roi ; Marie-Angélique Duchêne ; Adélaïde Duchêne, 30 ans, de Fontenay, habitant le Boistissandeau et Marie Pineau, 20 ans.

4632 - Joseph Lesage, 32 ans, mort dans les prisons de Niort, le 10 mars 1794.

4633 - Jacques Texier, bordier, condamné à mort, à Fontenay, le 11 décembre 1793, comme munitionnaire des Vendéens.

4634-1636 - Mathurin-François-Auguste-Louis Carrière, dit l'Honorey, avocat à Fontenay. Il suivit l'armée vendéenne, fut pris à la déroute du Mans et fusillé le 12 janvier 1794. Jacques Charlot, agriculteur, beau-père du précédent. Il fut emprisonné, à Niort, le 27 octobre 1793, "prévenu d'avoir été d'intelligence avec les rebelles en portant un passeport qu'ils lui avaient accordé, pour voyager dans le pays occupé par eux, d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires, tendant à décourager les patriotes." Sa femme, Marie Jeanneau, fut également arrêtée et mise en prison, à Niort, le 14 avril 1795. On ne sait pas quelle fut leur destinée.

4637 - Louis-Mathurin Brunet, 54 ans, natif de Fontenay, ex-noble, demeurant à Bordeaux, condamné à mort, le 11 juillet 1794, par la commission populaire de la Gironde, comme aristocrate et pour n'avoir pas accepté la Constitution de 1793.

4638 - Antoine Renou, condamné à mort, comme conspirateur par le tribunal révolutionnaire d'Angers, le 12 janvier 1794.

4639 - Michel Voyenneau, marchand forain, 35 ans, né à Fontenay, demeurant aux Sables, condamné à mort, à Paris, comme conspirateur, le 25 juillet 1794.

4640 - Jeanne-Aimée Bernard, née à Cheffois, femme du sieur Coussot, marchand à Fontenay, morte en prison, dans cette dernière localité, et enterrée le 10 décembre 1793.

4641 - François Audebrand, fusillé à Fontenay, le 27 décembre 1793. Il fut accusé d'avoir été le chef de la révolte qui eut lieu dans les prisons, le 10 décembre.

4642 - 4650 - Morts en prison à CellesFrançois Bourdin, 35 ans, apothicaire ; Jean Cousseau, 56 ans, professeur au collège ; Charles-Joseph Duval de la Vergne, 60 ans ; Renée-Marguerite Gautron, femme du précédent, 63 ans ; Nicolas Girard, 67 ans ; Jacques Emerit, époux de Louise Planchin, 60 ans ; Michel Pernet, musicien, 45 ans ; Marie-Thérèse Branchu de Brillac, fille de Charles-Marie-François Branchu, premier conseiller au siège royal de Fontenay, et de dame Françoise Panou de Faymoreau, épouse de Louis-Jacob Pannier, sieur de la Chauvelière, conseiller du roi à Fontenay et sa domestique, la femme Tapon, qui avait demandé à suivre sa maîtresse.

4651 - Jean-François Pichard du Page, subdélégué de l'Intendance, maire de Fontenay, en 1790, accusé de modérantisme et condamné à mort par la Convention nationale, qui le fit exécuté le 6 mai 1794.

4652 - Antoine-Léon Pranger, ancien professeur de belles-lettres au collège de Fontenay et fondateur du "Journal de la Vendée", membre du comité royaliste, arrêté à Rochetrejoux, le 1er mars 1793, et fusillé à Fontenay, le 7 du même mois, à 28 ans.

4653-4654 - Charles-Marie-Marc de Mouillebert de Puysec, ancien lieutenant de cavalerie, mort à Quiberon, en 1795. Un autre habitant de Fontenay fut victime de cette malheureuse entreprise de Quiberon : Victor de Jallays, frère de ceux que nous avons déjà signalés à Saint-Philbert-de-Pont-Charrault. Il fut également fusillé à Vannes, le 31 juillet 1795.

4655 - La famille Grimouard de Saint-Laurent habitait Fontenay. Plusieurs de ses membres furent emprisonnés, l'un, l'amiral fut guillotiné, à Rochefort, le 8 février 1794, comme récompense des services éminents qu'il avait rendus à la patrie.

4656 - Michel Barreau, huissier, regardé comme suspect par les républicains, arrêté le 20 octobre 1793, sur le territoire de Saint-Maurice-le-Girard, et condamné à mort, à Fontenay, le 21 décembre de la même année.

4657 - Théodore de Buor, seigneur de la Voye, fils de M. Louis-Alexandre de Buor, né à Fontenay et massacré à Laval, par les Bleus, au cours de la guerre de 1793.

4658 - Marie Bignan, fille de Pierre, tisserand et de Jeanne Pasquereau, 19 ans, fusillée le 18 janvier 1795 au Champ-des-Martyrs près d'Angers.

4659-4660 - Marie Bouet, 60 ans, veuve en secondes noces de Michel Barreau, morte en prison, à Fontenay, le 25 décembre 1793, ainsi que Marie Cercleron, femme d'Antoine Crouzat, âgée de 69 ans, dont le trépas survint cinq jours plus tard.

4661-4663 - Louis Blanchet, sabotier, 22 ans, mentionné comme victime de 1793, par la Vendée Historique ; François Caillau, journalier, âgé de 60 ans, arrêté sans aucun motif, le 26 mai 1793, par deux gardes nationaux, sur la paroisse de la Couture ; emprisonné à la Rochelle, où il succomba bientôt sous l'influence des misères auxquelles étaient exposés les malheureux détenus. Rose Camut, condamnée à mort, comme complice des Vendéens, par la Commission militaire de Nantes, le 8 janvier 1794.

4664 - Françoise Gandriau, âgée de 17 ans. "Dans la forêt des Andaines (Orne), au fond d'une gorge sauvage, se trouvent une petite chapelle et un tombeau, celui de la petite émigrée - c'est ainsi qu'on l'appelle - en l'honneur de laquelle fut élevé ce modeste sanctuaire. C'était le 23 novembre 1794. Une colonne de l'armée vendéenne arrivait sur les bords de la Mayenne, pour se diriger vers les bords de la Loire, entraînant, dans sa retraite, des vieillards, des femmes et des enfants. Parmi ceux qui ne purent avancer, se trouvait une jeune fille de 17 ans, originaire de Fontenay-le-Comte, Françoise Gandrieau. Elle fut trouvée sur les bords de la route, brisée par les fatigues, les privations et la maladie. Un paysan, nommé Grandin, la coucha dans sa voiture et la conduisit chez l'un de ses amis, Julien Thuault. Vivement émus par le récit de la jeune fille, les époux Thuault la cachèrent chez eux, pendant trois mois. Mais des indiscrétions furent commises et le curé constitutionnel dénonça la jeune vendéenne. L'ordre fut bientôt donné de procéder à l'arrestation de Julien Thuault et de Françoise Gandrieau. Thuault put échapper aux gendarmes, mais Françoise Gandriau, après des adieux déchirants, fut jetée en prison. Elle comparut le 7 mars 1794, devant le tribunal révolutionnaire du district. Sa jeunesse, sa beauté, sa résignation émurent les juges et arrachèrent des larmes aux personnes présentes. Elle aurait pu sauver sa vie par un mensonge que lui avait conseillé, avant l'audience, Rigaudière, président, qui, en 1789, était avocat et s'appelait de Saint-Martin de la Rigaudière. "Jamais, répondit-elle, je ne ferai un pareil mensonge, quand même ma vie en dépendrait !" - "Meurs donc !" - Quelques instants après, la sentence de mort était prononcée et le lendemain, Françoise était exécutée, après avoir poussé trois fois le cri de : Vive le roi. Le corps fut transporté sur un chariot, dans l'endroit où l'on voit aujourd'hui son tombeau." (Edmond Béraud)

AUZAIS

4665 - Louis Guimier, laboureur, condamné à mort par la commission militaire de la Sarthe, le 11 janvier 1794.

CHAIX

4666 - Marie Moulin, domestique chez Thérèse Arnoult, veuve Joly ; elle s'était enfuie, avec sa maîtresse, après avoir vu mettre le feu à son village, et fut jetée dans la prison de la Mission, au Mans.

FONTAINES

4667 - M. Jean-Vital Costes, curé. Originaire du diocèse de Saint-Flour, il refusa le serment, fut arrêté, traîné de prison en prison, pendant six ans, et enfin condamné à la déportation. Incarcéré dans la citadelle de Saint-Martin-de-Ré, il y souffrit un cruel martyre, n'ayant pour couche que la terre nue ou une paille infecte, pour nourriture les aliments les plus grossiers. Après sa libération, le 11 mars 1800, le vénérable sexagénaire fut nommé curé de Fontaines, où il est mort le 14 novembre 1817.

4668 - M. René-Félix Chapelle de Jumillac, chanoine, 52 ans, né à Fontaines et domicilié à Toul. Il fut arrêté à Colmar, condamné à la déportation, conduit à Rochefort, embarqué sur la Décade à destination de Cayenne, libéré le 16 juillet 1801, retiré à Mouilleron-en-Pareds comme prêtre habitué, nommé curé de cette paroisse sur la demande des habitants, en 1805, mort d'apoplexie le 21 janvier 1807. (Chronique paroissiale de Mouilleron)

LONGÈVES

4669 - René Poissonnet, curé. Après avoir refusé le serment, il partit pour l'exil, le 10 septembre 1792, sur le navire l'Heureux-Hasard, capitaine Vassivier, à destination de Saint-Sébastien, en Espagne. On ne sait s'il revint en France.

SAINT-MÉDARD-DES-PRÉS

4670-4671 - Gérôme du Prézeau, fusillé après l'affaire de Quiberon - François Baudry, condamné à mort à Angers comme conspirateur, le 12 janvier 1794.

L'ORBRIE

4672 - M. Félix-Marie Ramier, curé de 1776 à 1792. Il refusa d'adhérer à la Constitution civile du clergé par cette note qu'il fit déposer sur le bureau de la municipalité : "Je soussigné m'engage et promets d'exécuter et faire exécuter les lois et la Constitution nouvelle décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi, dans tout ce qui n'est pas contraire à la Religion Catholique, Apostolique et Romaine, que j'ai promis de suivre par mon baptême, et la seule dans laquelle je veux mourir." Un mandat d'arrêt fut lancé contre lui et il fut interné à Fontenay. Le 9 septembre 1792, autorisation lui est donnée de s'embarquer aux Sables pour l'Espagne. Malheureusement, les lettres qu'il écrivit alors à son domestique, nommé Bâtonneau, sont aujourd'hui disparues. A son retour d'exil, M. Ramier fut nommé curé de Mouzeuil, sa paroisse natale. (monographie inédite de l'Orbrie, par M. l'abbé Joseph Lhomme, curé de Saint-Martin-de-Brem).

DOYENNÉ DE LA CHÂTAIGNERAIE

LA CHÂTAIGNERAIE

4673-4674 - M. Étienne-Henri Girardeau, curé. Après avoir refusé le serment, il dut, comme tant d'autres, pour éviter la prison et l'échafaud, se condamner à un long et douloureux exil. Son départ eut lieu, le 10 septembre 1792, sur l'Heureux-Hasard, navire des Sables à destination de Saint-Sébastien. Une note de M. l'abbé Baraud nous apprend qu'à son retour d'Espagne, M. Giraudeau se fixa, comme prêtre habitué, dans la ville de Luçon. Il mourut en 1827. Son vicaire, Charles Noirot, s'était embarqué, le 9 septembre, sur le Jean-François, pour la même destination. On a lieu de croire que ce jeune prêtre mourut sur la terre étrangère, car, depuis son départ, personne n'entendit parler de lui.

4675-4677 - Pierre Brelouin, 24 ans, journalier, exécuté à Fontenay, le 10 avril 1793, sur la place de la Révolution ; Jean Ménard, 33 ans, cordonnier, exécuté à Fontenay, le 10 février 1794, "pour avoir fourni des souliers aux soldats vendéens" ; Louis Boutin, 28 ans, domestique chez M. de Saint-Mars, exécuté aussi à Fontenay, le 13 février 1794. Motifs de sa condamnation : "Chef du Comité des brigands, a été à 58 batailles et a tué beaucoup de patriotes."

4678-4681 - Quatre habitants de la Châtaigneraie fusillés à Savenay, le 25 décembre 1793 : Pierre Anétra, François Fonteneau, François Laleu et René Veillon.

4682-4685 - Morts en prison : I° à Celles : Jean Gobin, 20 ans ; Anne Hélène Pommereau, 67 ans et la veuve Falourd, née Prérault, 65 ans ; 2° à Niort : Louise Bâty, fille, le 14 avril 1795.

4687 - François Boutheron, prêtre de l'Ordre des Chartreux. Né à la Châtaigneraie, le 28 mars 1725, ce vénérable religieux était déjà fort âgé au moment de la Révolution. La loi l'exemptait de la déportation. Il fut incarcéré successivement dans plusieurs prisons de Nantes, où il eut à subir les plus dures privations. Enfin il fut transféré sur le navire La Gloire, et compris dans l'affreuse noyade du 23 décembre 1793, qui consomma son martyre.

4688-4692 - Condamnés à mort à Nantes : I° le 4 janvier 1794 : Michel Benoît, 40 ans et Pierre Boursaud, 25 ans ; 2° le 7 janvier suivant : Françoise Brugeon, 17 ans ; Marie Bruronne, 27 ans, et Marie Théau, 26 ans, "parce qu'elles étaient restées avec les brigands depuis le passage de la Loire par l'armée vendéenne."

4693-4694 - Pierre Guérin, mort en prison, à Niort, le 7 avril 1794, et Jean Laverty, jardinier, 50 ans, mort également en prison, à Fontenay, le 7 décembre 1793.

4695 - Pierre Robinaud. A Sablé, le 1er janvier 1794, 32 vendéens, qui avaient été faits prisonniers dans les campagnes voisines, furent traduits devant une commission militaire. Ils déclarent presque tous qu'ils avaient pris les armes principalement pour défendre leur religion. La sentence de mort suivi de près cette courageuse profession de foi. C'est parmi ces victimes que nous avons vu le nom de Pierre Robinaud, de la Châtaigneraie.

4696-4699 - Étienne Fonteneau, tisserand, 21 ans, fusillé à Fontenay, comme brigand de la Vendée, le 26 décembre 1793 ; Marie Germain, menuisier, condamné à mort pour le même motif à Port-Malô, le 1er janvier 1794 ; N. Bodet, mis à mort à Fontenay, le 17 avril 1794 ; René Boisard, domicilié à la Sablière, condamné à mort aussi comme brigand par la commission militaire de Nantes, le 2 janvier 1794.

4700-4704 - Samuel Geslin-Larennerie, orfèvre, âgé de 44 ans, né à la Châtaigneraie, demeurant à Bordeaux, condamné à mort dans cette dernière ville, comme contre-révolutionnaire, le 19 juillet 1794 ; Jacques Maurissé, domestique ; Jean Petit, également domestique, âgé de 20 ans, et Jacques Petit, âgé de 28 ans, tourneur, condamnés à mort à Saumur, comme brigands de la Vendée et comme conspirateurs, le 26 décembre 1793 ; Charlotte-Céleste Moreau, femme Théronneau, ex-noble, condamnée à mort comme complice des brigands, le 7 janvier 1794, par la commission militaire de Nantes.

4705-4708 - Pierre Liei, âgé de 16 ans, tisserand ; Jean Coudrenier, âgé de 18 ans, aussi tisserand, et Louis Grolleau, âgé de 18 ans, fusillés aux Ponts-de-Cé, à la fin de 1793 ou dès le début de 1794. Ils s'étaient rendus, avec deux cents camarades, prisonniers volontaires au comité de surveillance de la commune d'Ingrandes, et furent traduits, bien qu'ils fussent sans armes, devant le comité révolutionnaire d'Angers ; Félicité Lebel, âgée de 13 mois, fille de Louis Lebel, aubergiste et de Marie Aurieau, massacrée, le 14 mars 1793, au combat des Herbiers.

4709-4710 - Antoine Doux, veuf de Jeanne Girard, âgé de 75 ans. Il se trouvait dans la vigne de la Pénissière, et à cause de sa surdité n'entendit pas le bruit de la bataille. On le trouva mort, le 16 octobre 1794 ; Louis Raffeneau, exécuté à Nantes, le 11 février de la même année.

ANTIGNY

4711-4713 - M. Jacques Gobin, curé. Après avoir refusé le serment, il fut incarcéré à Fontenay en 1792. Grâce à des circonstances qui ne nous sont pas connues, on le relâcha quelque temps après. Il s'enfuit alors, dans le haut bocage, avec son sacristain, nommé Boutet, et tous deux vécurent cachés dans une ferme isolée. M. Gobin y mourut vers 1793 ou 1794, comme on l'apprit par le sacristain qui revint alors au pays natal. - M. Charles-Louis Bineau, né à Antigny, était trésorier du chapitre à la Rochelle, quand éclata la Révolution. Il vint s'embarquer aux Sables, le 9 septembre 1792, sur le Jean-François, pour se rendre en Espagne, où il devait retrouver son évêque, Mgr de Coucy. A son retour, l'autorité diocésaine le nomma curé de sa paroisse natale, où il mourut en 1825. - M. Thomas Priouzeau, vicaire. Il prit passage, le 11 septembre 1792, sur la Marie-Gabrielle du port des Sables qui le transporta en Espagne, où il dut mourir car aucune pièce ne fait mention de son retour.

4714-4718 - René-Hubert Julliot, 38 ans, officier vendéen, condamné à mort à Fontenay, le 25 octobre 1793 ; Louis de Marrois, âgé de 70 ans, gentilhomme, sieur de la Gralière, chef du Comité royaliste, exécuté à Fontenay, le 3 février 1794, "pour avoir assisté à plusieurs batailles et s'être toujours montré l'un des ennemis les plus acharnés de la Révolution". - Mis à mort le même jour, Pierre Gendreau, 30 ans, meunier, "pour avoir porté les armes contre la République" - et Jean Perreau, 32 ans, journalier, "pour avoir pillé les patriotes et assisté à plusieurs batailles" - Pierre Bonnaud, maçon, exécuté aussi à Fontenay, le 19 octobre 1793.

4719-4722- René Bouffoux, fusillé à Angers, le 12 janvier 1794, ainsi que Jacques Sarrasin, charpentier, âgé de 24 ans - François-Aimé Roy, régent, membre du Comité royaliste, guillotiné aux Sables, le 6 janvier 1794. - Pierre Normand, 60 ans, exécuté à Niort, le 3 mars 1794.

4723-4730 - Morts dans les prisons de Niort, le 7 avril 1794 : Pierre Roche, 43 ans ; Pierre Bièvre, 28 ans ; René Cousin, 34 ans ; Pierre Vormer, 60 ans ; Louis Bourreau, 62 ans ; Pierre Vergnereau, 34 ans ; François Légeron, 30 ans - Jacques Morisset, sabotier, mort en prison à Fontenay, en 1794.

4731-4736 - Jean Métais, 23 ans, domestique, exécuté à Angers, ainsi que Jacques Chauvet, 21 ans, laboureur, en décembre 1793, avec André Avril, 22 ans, tisserand, André Noleau, 20 ans, domestique et Louis Fumoleau, 25 ans, journalier. Ils s'étaient tous, sans armes, au nombre de deux cents, rendus prisonniers volontaires, à Ingrandes, d'où ils furent envoyés à l'échafaud par le Comité révolutionnaire de Maine-et-Loire ; René Rousseau, fusillé à Saumur, le 26 décembre 1793 "pour avoir pris les armes dès le commencement des hostilités".

4737-4738 - François Barbarie, condamné à mort, comme brigand de la Vendée, par la Commission militaire de Nantes, le 5 janvier 1794 - Jacques Chausset, 21 ans, laboureur, cité par la Vendée Historique, comme victime de la Révolution.

BAZOGES-EN-PAREDS

4739-4765 - Ce nom évoque le souvenir d'un horrible massacre qui fut fait, au village de Pulteau, par les ordres de Grignon, commandant d'une colonne infernale. M. Loyau l'a ainsi raconté dans un procès-verbal adressé à Lequinio.

"J'entends dans le village, dont ma maison fait partie, le bruit de chevaux ; à ce bruit, je sors dans ma cour et je m'avance pour aller au devant de l'armée. Le premier cavalier qui m'aperçoit brûle deux amorces sur moi. Je lui dis que je suis patriote et que les armes républicaines ne doivent être tournées que contre les ennemis de la chose publique ; je vais alors parler à un chef, qui n'était pas encore dans la cour ; le cavalier que je venais de quitter aperçoit dans la cour ma femme et ma nièce, il va sur elles le pistolet à la main et leur demande le portefeuille, je rentre dans la cour qui, quoique grande, se trouve remplie par la cavalerie et plusieurs volontaires ; je fus consigné dans ma maison avec ma femme et ma nièce ; un officier m'arracha ma montre et mon portefeuille et le pillage le plus horrible eut lieu. Ce que les brigands n'avaient pas emporté, les patriotes l'enlevèrent. L'armée qui avait investi le village et qui s'était portée dans les villages voisins, s'était emparée de plusieurs habitants. Ces habitants furent fusillés sans forme de procès ; 27 périrent dans ma cour. Dans ce nombre, des hommes tranquilles furent sacrifiés ..."

4766 - Jean-François Forget, vicaire. Après avoir refusé le serment, il partit, le 11 septembre 1792, pour l'Espagne, où il mourut.

4767-4770 - Pierre Bire, 46 ans, charpentier, du village de la Limouzinière, parti, le 27 juin 1793, sous la conduite de M. Begaud, le jeune (probablement le fils du régent), pour rejoindre, avec cent de ses compatriotes, l'armée vendéenne à Chantonnay. Fait prisonnier après la bataille de Luçon, il fut incarcéré et mourut victime de la haine révolutionnaire. - Les trois filles Bonnaud, enfants du sieur Bonnaud, maçon, outragées, tuées et enterrées, par les soldats républicains, "au pied d'un grand noyer, à cent mètres du village de la Gralière, en Mouilleron", un jour qu'elles se rendaient à Menomblet, pour assister à la messe (Témoignage du père Crabeil, de la Gripponnière, d'Antigny).

4771-4778 - Exécutés à Nantes, Pierre Pautre, 33 ans, le 30 décembre 1793 ; Jacques Godereau, 22 ans, le lendemain, avec François Guinaudeau, 22 ans, et Pierre Hennereau, 44 ans ; Louis Roulon, 21 ans, Pierre Jobard, 22 ans, François Micheneau, 60 ans, les 1er, 2 et 6 janvier 1794 ; à Savenay, Pierre Renoux, le 26 décembre 1793, tous comme soldats de la Vendée.

4779-4780 - Exécutés à Nantes, Louis Rambaud, 20 ans ; à Laval, Louis Horiou, le 17 février 1794.

4781-4783 - Pierre-Jean-Marie Jouffrion, ancien sénéchal de Bazoges, membre du Comité royaliste, chef vendéen, exécuté à Fontenay le 26 février 1794. Deux de ses frères donnèrent aussi leur sang pour la même cause ; l'un fut tué au combat de Dol, le 20 novembre 1794 ; l'autre, blessé, le 25 février 1793, au Pont-Charron, avec Sapinaud de la Verrie, fut tué à coups de sabre.

4784 - Mme Jouffrion fut également victime des révolutionnaires. "Elle était cachée, d'après Théodore Muret, dans un four, aux environs du Pont-Charron. Un détachement passe dans cet endroit. Un soldat ouvre le four. Plein d'une joie féroce, il crie à ses camarades : "Venez donc voir !" Tous accourent. La malheureuse espère attendrir le chef : "Faites-moi grâce, supplie-t-elle, je ne suis qu'une femme incapable de nuire à la République. J'ai un fils et une fille en bas âge, ils mourraient sans moi ; vous leur avez ôté leur père, laissez-leur au moins leur mère. Je vous en prie, au nom de Dieu !" - "Eh bien, oui, nous t'y laisserons, lui fut-il répondu". Mme Jouffrion se croyait sauvée, mais un moment après les soldats apportent des fagots et ils aperçoivent la pauvre mère, à genoux, son chapelet à la main. Ils jettent les fagots dans le four et la malheureuse comprend alors pour quelle mort on l'a gardée. Elle implore ces cannibales avec des angoisses déchirantes, mais c'est en vain. Bientôt le feu est allumé. Pressée par l'excès de la souffrance, elle tente de s'élancer dehors ; les bleus la repoussent avec leurs baïonnettes. La martyre, rejetée dans la fournaise, s'y roula, s'y tordit. Cependant elle priait toujours , elle chantait des cantiques. Les bleus restèrent là, savourant l'agonie de leur victime, jusqu'au moment où s'éteignit sa voix."

LE BREUIL-BARRET

4785-4786- Pierre-Louis Retureau, curé. Après avoir refusé le serment schismatique, il s'embarqua pour l'Espagne, le 10 septembre 1792, sur l'Heureux-Hasard, capitaine Vassivier, du port des Sables, avec 38 de ses confrères. On croit qu'il mourut en exil. - Jacques Fort, le vicaire, était parti de la veille, sur le Jean-François, pour la même destination.

4787 - René-Marie Gabard, 57 ans, fusillé à Fontenay, le 17 décembre 1793, "pour avoir été syndic des brigands et avoir signé des billets pour enjoindre à des particuliers de monter la garde et fournir des boeufs pour traîner les canons dont les Vendéens s'emparèrent à la prise de Fontenay".

4788-4789- Jacques Charron, 33 ans, fusillé à Fontenay, le 28 décembre 1793, ayant été accusé "d'avoir sonné le tocsin pour faire rassembler les brigands". - Un autre Jacques Charron, exécuté à Niort, place de la Brèche, le 3 mars 1794.

4790 - Jean L'Hommedé, 37 ans, bordier, exécuté à Fontenay, le 3 février 1794. Le jugement porte : "Chef du Comité des brigands et des plus acharnés, a délivré des passeports aux rebelles et ordonné des saisies pour enlever le blé des patriotes". Le coeur brodé que portait le condamné a été remis à Mme Oct. de Rochebrune par Benj. Fillon.

4791-4796 - Jacques Horlation, 21 ans, fusillé à Savenay, le 23 décembre 1793 ; Jacques Couteau, 50 ans, François Héraut, 40 ans, Jean Durand, 32 ans, condamnés à mort à Nantes, le 2 janvier 1794 ; Pierre Barré, 17 ans, et Louis Durand, 38 ans, du Breuil (?), condamnés à mort à Nantes, les 5 et 6 janvier.

4797-4801 - Pierre Pousin, 32 ans, propriétaire, exécuté à Niort, le 19 mars 1794. - Morts dans les prisons de Niort : Charles Malineau et Jean Micheleau, 60 ans, le 12 mars 1794 ; Charles Gouin, 61 ans, le 7 avril de la même année. - Jacques Rezeau, garçon laboureur, condamné à mort, le 9 janvier 1794, comme soldat de la Vendée, par le tribunal révolutionnaire de la Sarthe.

4802-4808 - Jean Fleurisson, 35 ans, fabricant, Augustine Ferrot, 32 ans, Jean Bichon, 35 ans, boucher, Pierre Garry, 20 ans, N. Berthonneau, 50 ans, Mathias Robineau, 58 ans, et son fils Simon, 21 ans, condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire des Deux-Sèvres, le 28 décembre 1793.

4809-4812 - Jean Barreau, la femme de Pierre Durand, née Gagnaux, condamnés à mort par le tribunal de Nantes ; Pierre Jeannet et Marie Genest, morts de misère ou de maladie dans les prisons de Fontenay.

CEZAIS

4809 - Pierre-Jean Robin, curé. Il refusa d'adhérer à la constitution civile du clergé et s'embarqua pour l'Espagne, le 9 septembre 1792, sur le Jean-François, du port des Sables-d'Olonne.

4810-4813 - Louis Charron, cabaretier, chef de paroisse, 40 ans, exécuté à Fontenay, le 20 février 1794 ; Pierre Sire, laboureur, courrier des Vendéens, exécuté aussi à Fontenay, le 26 octobre 1793 ; Pierre Blot, détenu pendant trois mois à la citadelle d'Angers, comme brigand de la Vendée, et probablement mis à mort vers la fin de décembre 1793 ou bien au début de 1794 ; Jean Pourtaud, condamné à mort, à Nantes, pour le même motif, le 31 décembre 1793.

4814 - Une dame de la Cressonnière périt de misère dans la prison du vieux château de Montreuil-Bellay (février 1794), en même temps que Mmes de Juigné, de la Grandière, Duvergier, de la Perraudière, de Chevreuse, de Falloux, du Coudray, de la Chevalerie, de la Pommeraie.

LA CHAPELLE-AUX-LYS

4815-4816 - Pierre et Jacques Frouin, père et fils, 54 ans et 23 ans, guillotinés à Fontenay, le 5 janvier 1794. "Chefs d'émeutes contre-révolutionnaires, convaincus d'avoir provoqué des rassemblements et sonné le tocsin pour les brigands".

4817-4821 - Jacques Chamard (alias Jamard), 33 ans, exécuté à Fontenay, le 1er février 1794, pour "avoir porté les armes contre la République". - Pierre Ardouin, 33 ans, exécuté au même lieu, le 28 janvier précédent, "coupable d'avoir été avec les brigands". - Mathurin Bréchard, tuilier, exécuté à Noirmoutier, le 11 mai 1794, "accusé par les officiers municipaux de la commune d'avoir pillé, volé et même tué des patriotes". - René Grimot, condamné à mort à Nantes, le 17 janvier 1794, comme brigand de la Vendée. - Pierre Arnaud, 60 ans, mort dans les prisons de Fontenay le 1er mars 1794.

CHEFFOIS

Nous avons déjà signalé deux confesseurs de la foi qui, sous quelque rapport, appartiennent à cette paroisse : Jacques Chabot, né à Cheffois, chanoine prébendé de Luçon et Louis-Marie-Joseph Baudry, né aux Herbiers, curé de Cheffois en 1801.

4822-4824 - François Texier, 63 ans, journalier, exécuté à Fontenay, le 26 janvier 1794, pour "avoir été à plusieurs batailles, armé de pique ou de fusil, et tenu des propos contre-révolutionnaires". - Louis Bernard, 40 ans, meunier, exécuté au même lieu, le 5 février 1794, pour "avoir été pris armé de fusil, sabre et pistolet, et être resté toujours dans l'armée des brigands". - Pierre-Joseph Chauveau, 31 ans, métayer, mis à mort, le surlendemain, également à Fontenay, et pour les mêmes motifs.

4825-4828 - Jeanne Héraud, femme Nauleau, 46 ans, et Rose Archicaud (alias Arsicaud), 46 ans, et Rose Archicaud (alias Arsicaud), 48 ans, exécutées à Fontenay, le 3 avril 1794, "accusées l'une et l'autre d'avoir pillé chez les patriotes". - Jeanne-Aimée Bernard, femme Cousseau, née à Cheffois, morte en prison, à Fontenay, et enterrée le 10 décembre 1793.

4829-4831 - André Journeau, 34 ans, et Jacques Vivier, 33 ans, morts dans les prisons de Niort, l'un le 12, l'autre le 17 mars 1794. - Louis Brossard, 70 ans, métayer, mort en prison, à Fontenay, le 24 avril 1794.

SAINT-HILAIRE-DE-VOUST

4832 - Jean Mercier, vicaire. Ayant refusé le serment, il s'embarqua, le 10 septembre 1792, sur l'Heureux-Hasard, des Sables, à destination de Saint-Sébastien.

4833-4834 - Jean Delion, 27 ans, meunier, condamné à mort à Noirmoutier, le 6 mai 1794, "pour avoir pris part aux révoltes et émeutes contre-révolutionnaires". - Louis Texier, 28 ans, exécuté à Fontenay, comme insurgé, le 2 janvier 1794.

4835 - Jean Sénéchaud, 22 ans, garçon boulanger, demeurant au Plessis, exécuté à Niort, le 9 avril 1794. Motifs de la condamnation : "A été moteur et instigateur des révoltes et émeutes contre-révolutionnaires qui ont affligé nos contrées ; 1° a marché en armes avec les rebelles, lors de l'affaire de Coulonges, il commandait ceux de sa commune ; 2° a parcouru les villages en forçant les habitants à suivre les révoltés ; 3° est allé, avec les dits rebelles, à Parthenay, au Busseau, à Luçon, à Châtillon et à Chantonnay, où ils pillèrent divers effets ; enfin a fait couper les cheveux aux prisonniers patriotes."

4836-4839 - Pierre Guérineau, 34 ans, exécuté à Niort, le 3 mars 1794 ; Pierre Jourdain, 40 ans, mort en prison à Niort, le 17 mars 1794 ; François Briot et Gabriel Texier, condamnés à mort à Nantes, le 6 janvier 1794, comme brigands de la Vendée.

LOGE-FOUGEREUSE

4840-4841 - M. Charles Genay, curé. Très zélé et très aimé de ses paroissiens, il refusa énergiquement d'adhérer à la Constitution civile et s'embarqua pour l'Espagne, le 9 mars 1792, sur l'Heureux-Hasard, des Sables. Quand il revint d'exil, il trouva son église et son presbytère prêts à le recevoir, grâce au dévouement de M. Perreau. Les ornements et les vases sacrés, qui avaient été cachés à la Gétière, dans la famille Piveteau, ne furent pas découverts par les soldats de la Révolution. M. Genay rendit son âme à Dieu, le 25 décembre 1808, à l'âge de 71 ans. Le vicaire, Jean Braud, imita son digne curé et s'embarqua, sur la Marie-Gabrielle, capitaine François Lambert, des Sables.

4842-4845 - Exécutés à Fontenay : Pierre Rouet, 48 ans, le 3 février 1794, "pour avoir été avec les brigands et de bon coeur aux batailles et n'avoir jamais voulu rendre les armes". Jean Guilloteau, 59 ans, journalier, le 16 février, ainsi que Pierre Bouton, 24 ans, menuisier ; Jean Saulet, 26 ans, le 22 février, "pour avoir été avec les brigands" ; Pierre Vinçonneau, marchand, le 19 octobre 1793, comme brigand de la Vendée.

4846 - N. Paillou, religieuse bénédictine, morte en prison à Brouage, en 1793.

4847-4848 - François Fortin, 25 ans, condamné à mort à Nantes, le 31 décembre 1793 ; Jacques Ray, 24 ans, mis à mort à Niort le 7 avril 1794.

MARILLET

4849 - Jacques-Louis Baudry, curé. N'ayant pas voulu prêter serment, il dut s'embarquer pour l'Espagne, le 10 septembre 1792, sur l'Heureux-Hasard, des Sables.

4850 - Mathurin Gireau, condamné à mort comme brigand de la Vendée, en 1793, par le tribunal révolutionnaire de Nantes. On ne connaît pas la date précise de son exécution.

SAINT-MAURICE-LE-GIRARD

4851 - Pierre Roguier, curé. Adversaire déclaré de la Constitution civile du clergé, il dut, pour éviter la prison et l'échafaud, se condamner à un cruel exil et prendre passage, le 10 septembre 1792, sur l'Heureux-Hasard, avec la plupart de ses confrères du pays.

4852-4854 - Exécutés à Fontenay : Jean Renaudeau, sergetier, le 13 avril 1794 ; René Charbonneau, 32 ans, et Jean Richard, 40 ans, domestique, le 10 février 1793, "pour avoir porté les armes contre la République".

4855-4857 - Louis Deligné, 50 ans, Pierre Deligné, 49 ans, marchands ; Jacques-René Rousseau, tisserand, 26 ans, signalés par l'abbé Uzureau, dans la Vendée Historique, comme victimes de la Révolution.

4858-4863 - Jean-Philippe-César des Prés de Montpezat, 65 ans, seigneur de Secondigny. Au moment de la Terreur, il vint se cacher dans sa terre de la Gralière. Les patriotes de Mouilleron eurent vent de sa retraite ; il fut pris une nuit et conduit à Fontenay, où il fut guillotiné, le 31 décembre 1793, "pour avoir donné à manger aux brigands et monté la garde avec eux, armé d'un fusil et d'un sabre ..." Son frère, officier vendéen, fut mortellement blessé à Candé. Mme des Prés, née d'Auzi, emprisonnée à Niort, le 14 avril 1795. Marie-Louise et Henriette Desprez, soeurs, emprisonnées à Niort comme suspectes. Mme Dambreuil, femme d'émigré et soeur de Louis-Quentin Desprez, chevalier, engagé comme volontaire dans l'armée des princes, emprisonnée également à Niort, le 14 avril 1794, "pour avoir eu des intelligences avec les émigrés et leur avoir fait passer des secours en argent, dans le but de propager la guerre contre l'autorité légitime du peuple".

Au cimetière de Saint-Maurice-le-Girard, nous avons vu une pierre tombale avec cette inscription : "Ci-gît le corps de Louis-René Desprez, ancien sous-brigadier de la 2e Compagnie des Mousquetaires, âgé de 65 ans, décédé le 11 novembre 1791.

Terra cadaver habet sed mens, tellure relictâ,
Morte novans vitam regna beata petit.

C'est à cause de cette tombe que nous avons rattaché la famille des Prés ou Desprez à Saint-Maurice-le-Girard.

SAINT-MAURICE-DES-NOUES

4864-4865 - René Desnoyers, vicaire. Regardé comme suspect parce qu'il avait refusé de prêter serment à la nouvelle Constitution, il fut interné à Fontenay par ordre du Directoire, en date du 9 mars 1792, et dut s'embarquer pour l'Espagne, le 11 septembre suivant, sur l'Heureux-Hasard, en compagnie de Pierre-Gaspard Béraud, né à Saint-Maurice-des-Noues, et vicaire de Saint-Pompain (Deux-Sèvres).

4866-4869 - Louis Bouilleau, 28 ans, guillotiné à Fontenay, le 12 janvier 1794, "pour avoir monté la garde, assisté à plusieurs batailles et engagé de bons patriotes à suivre les brigands". René Auguin, 32 ans, exécuté à Fontenay, le 22 février 1794, "pour avoir été avec les brigands". Pierre Lumeau, menuisier, condamné à mort, le 9 janvier 1794, comme brigand de la Vendée, par le tribunal de la Sarthe. René Briffaud (alias Bristeau), 25 ans, marchand, fusillé aux Ponts-de-Cé, le 19 décembre 1793.

4870-4873 - N. Auguin, 58 ans, mort en prison à Niort le 5 mars 1794 ; François Bouchet, 18 ans, mort en prison à Fontenay, le 30 décembre 1793 ; Jean Bouchet, 26 ans, mort aussi en prison à Fontenay, le 8 janvier 1794 ; Jacques Bâcle, mort au même lieu le 24 février 1794.

4874-4875 - Charles Largeau, 58 ans, condamné à la détention comme suspect, le 28 mars 1794 ; Louise Chapitreau, 48 ans, condamnée aussi à la détention, le 22 février 1794, "pour ses propos contre-révolutionnaires".

4876-4877 - Marie-Jacquette Texier, 43 ans, morte en prison à Fontenay, d'après une tradition de famille ; Marie-Rose Texier, sa soeur, 44 ans, exécutée à Fontenay, le 26 février 1794. Elles étaient accusées d'avoir donné asile à des brigands dans leur manoir de la Gétière, et de leur avoir fourni des vivres. En réalité, elles avaient rencontré deux pauvres prêtres dont la tête était mise à prix, et sans hésiter, elles leur avaient ouvert leur porte hospitalière. Mais au bout de quelques mois, une infâme dénonciation appela sur leur tête les foudres de la Révolution ; les ministres du Seigneur furent surpris dans leur cachette, conduits à Nantes et exécutés par ordre de l'ignoble Carrier. La famille Texier courut alors les plus grands dangers. La suspicion, c'était l'arrestation immédiate et l'arrestation c'était la mort à brève échéance. Nos deux héroïnes se sacrifièrent pour leurs parents. Avec une énergie admirable, elles s'avouèrent coupables et réclamèrent pour elles seules une responsabilité qu'on voulait étendre à tous. Leurs désirs furent exaucés ; la famille en effet fut épargnée, mais pour elles on les jeta brutalement dans les prisons de Fontenay, où elles rencontrèrent un grand nombre d'infortunés qui attendaient l'heure de la mort et de la délivrance, au milieu des angoisses et des privations les plus atroces. Marie-Jacquette, dont la santé était très délicate, ne put subir longtemps de pareilles souffrances et elle mourut entre les bras de sa soeur avec la plus chrétienne résignation. Quelques jours après, Marie-Rose comparaissait devant le tribunal révolutionnaire. L'accusateur public lui reprocha les crimes que l'on sait, et le jour susdit la douce victime gravit les degrés de l'échafaud en priant pour sa famille qu'elle sauvait ainsi du trépas, et sa tête tomba sous le couperet de la guillotine. Elle mourut, comme sa soeur, le front ceint d'une double auréole puisqu'elle fut martyre de sa foi religieuse et de son amour filial.

4878 - Un M. Béraud, prêtre, de Saint-Maurice-des-Noues, oncle probablement du jeune vicaire que nous avons signalé plus haut, fut interné à Fontenay et mourut pendant la Révolution.

MENOMBLET

4879 - M. Verdon, curé. Il ne voulut ni prêter serment ni s'exiler, tenant avant tout à rester fidèle aux lois de l'Église, et à son ministère paroissial. Les soldats de la Révolution le massacrèrent dans la paroisse de Saint-Marsault, par suite de circonstances que nous ignorons.

4880-4885 - François Cornuau, bordier, 60 ans, exécuté à Fontenay, le 1er janvier 1794, "pour avoir assisté à plusieurs combats dans les rangs des brigands" ; Henri Laroche fils, 19 ans, et Jean Jaulin, 20 ans, qualifiés de "vrais brigands", "pour avoir, étant chef de brigands, bu le vin des patriotes, monté la garde, armé de fusil et de pistolet et refusé de livrer ses armes à la municipalité". Furent guillotinés le même jour et au même lieu : Jacques Tallon, 36 ans, bordier, "pour avoir porté les armes contre la République et excité à aller aux batailles" ; Jean Bourreau, domestique, "pour avoir monté la garde et porté les armes contre la République" ; Jean Liaigre, 37 ans, "pour avoir été avec les brigands".

4886-4889 - Dominique Daguzé, 30 ans, tisserand, mis à mort à Fontenay, le 25 mars 1794, pour "avoir été avec les brigands" ; Jacques Morisset, 22 ans, et René Jaulin, 20 ans, domestiques, prisonniers volontaires, sans armes, à Ingrandes, condamnés à mort par le comité révolutionnaire d'Angers, et fusillés aux Ponts-de-Cé, le 19 décembre 1793 ; Pierre Bénéteau, condamné à mort à Nantes, le 5 janvier 1794, comme brigand de la Vendée.

4890-4897 - Jean Laroche, mort en prison à Fontenay, le 2 janvier 1794, ainsi que N. Bessain, le 16 janvier suivant ; Joseph Sicaud, le 21 décembre 1793 ; Jean Grémaud, 62 ans, le lendemain ; Jacques Équipé, 60 ans, le 28 suivant ; Dominique Basty, 35 ans, et Pierre Rocher, 40 ans, le 31 du même mois ; Jacques Bouland, 34 ans, le 2 janvier 1794.

4898 - N. Audugé, cordier au village de la Mournière, fusillé par les révolutionnaires, 1794, au passage d'une colonne infernale.

MOUILLERON-EN-PAREDS

Une note, conservée aux Archives paroissiales, nous apprend que des massacres d'une barbarie extrême eurent lieu dans le cimetière de Mouilleron, dans la cour du Châtellier, à l'entrée du bourg. Plusieurs personnes furent jetées dans des puits et, dans une fusillade faite dans la cour de Pulteau, paroisse de Bazoges, sur un grand nombre de malheureux qu'on y avait conduits, plusieurs habitants de Mouilleron trouvèrent la mort. Parmi les familles qui ont donné le plus de victimes à la Révolution, on cite celle des Olivier.

Si les fidèles de cette paroisse eurent le chagrin de voir leur curé, M. Guynefolleau, prêter serment à la Constitution civile du clergé, par contre, ils eurent la consolation de compter parmi leurs prêtres, vicaires et curés, plusieurs héros qui, pour leur foi, eurent grandement à souffrir des persécutions affreuses de la Terreur.

4899 - Au premier rang, il est juste de placer M. Adrien-François Macé. Né à Nantes en 1755, il fit ses études à Angers et fut successivement vicaire de Cheffois et de Mouilleron. Il exerçait le saint ministère dans cette dernière paroisse, quand survint la Révolution. Les idées nouvelles et la crainte de la mort n'eurent aucune prise sur son âme. Ayant refusé le serment schismatique, au lieu de partir pour l'exil avec un grand nombre de ses confrères, il resta dans le pays, où sa vie fut très mouvementée et exposée sans cesse aux plus grands périls. Il se cacha d'abord à Mouilleron, puis à Cheffois, chez son beau-frère, M. de Ligniers, seigneur du lieu. Ensuite, le danger devenu plus menaçant, ce prêtre courageux alla rejoindre l'armée royaliste, passa la Loire, échappa au désastre du Mans et revint se réfugier en Vendée. Il se tint caché longtemps, dans le bois de l'Épaud, paroisse de Saint-Michel-Mont-Mercure, et dans le château du Boistissandeau, d'où il administra, avec un infatigable dévouement, la paroisse de Saint-Paul-en-Pareds, ainsi que les paroisses voisines. On a rendu de lui ce glorieux témoignage qu'il fut l'un des prêtres les plus éminents du diocèse par sa science, sa prudence et sa piété. L'autorité ecclésiastique le nomma vicaire général et curé-doyen des Herbiers. Il mourut en 1836.

4900 - M. Jacques-Nicolas Palvadeau, né à Barbâtre en 1737. D'abord prieur-curé de Bouildroux, il fut ensuite curé de Mouilleron avant la Révolution. Ayant refusé le serment, il s'embarqua aux Sables, le 9 septembre 1792, sur le Jean-François. Quand il retourna d'Espagne, l'administration diocésaine lui confia la paroisse de Thouarsais-Bouildroux, où il mourut.

4901-4903- Trois de ses frères méritent ici une mention spéciale et nous devons les renseignements qui les concernent aux Archives paroissiales de Mouilleron.

a) Un ancien vicaire général d'Arles, sous Mgr Dulan, député aux États-Généraux, M. Hilaire de Chapelle de Jumillac, est né à Mouilleron, en 1748 ; il y est mort en 1833, après avoir passé 27 ans en Russie, il avait été renfermé au Temple, d'où il était parvenu à s'évader. Incarcéré en dernier lieu à Mirecourt, il devait être exécuté le lendemain, mais il se sauva de la prison en escaladant les murailles et s'expatria en Russie ; il fit l'éducation du prince Rwzoff. Son retour en France n'eut lieu qu'en 1830, et sa résidence fut à Mouilleron, sa paroisse natale.

b) M. François-David de Chapelle de Jumillac, frère des précédents, était, au moment de la Révolution, lieutenant-colonel du régiment d'infanterie dit de Forêt, en garnison dans les colonies. Quoique sous les drapeaux, il fut inscrit sur la liste des émigrés et ses biens furent confisqués. Revenu au commencement du siècle, il passa les huit dernières années de sa vie à Mouilleron, partageant son temps entre les exercices d'une piété vive et sincère et les oeuvres de charité. Sa mort survint le 7 septembre 1822, à l'âge de 73 ans. Il était chevalier des Ordres royaux et militaires de Saint-Louis et de Saint-Lazare.

c) Un autre de leurs frères, ecclésiastique, est mort durant les guerres de Vendée, mais il nous a été impossible de trouver de plus amples renseignements sur lui.

4904 - M. Etienne Oudin, né à Confolens, diocèse d'Angoulême, le 28 février 1740 ; ordonné dans le diocèse de Poitiers et nommé au Prieuré de Couthon. Il fut ensuite appelé à la cure de Montarlo, dans la Bourgogne, où il ne resta que deux ans et revint dans son diocèse d'origine, où il occupa la cure de Château-Garnier. Ayant refusé le serment schismatique, il dut se cacher pour éviter la prison et la mort, et, quand le calme se rétablit, ses supérieurs lui confièrent la cure de Pleuville, diocèse d'Angoulême, où il ne fit que passer. Mgr Paillou, évêque de La Rochelle, lui offrit alors le poste de Mouilleron, qu'il occupa de 1808 à 1815. A cette dernière date, affaibli par l'âge et par les souffrances qu'il avait endurées pendant la Révolution, il dut prendre sa retraite et mourut, à 78 ans, le 7 septembre 1818.

4905 - M. Louis Imbert, curé en 1815. Originaire de Fontenay, il fut, avant la Révolution, vicaire de la Ronde (aujourd'hui dans les Deux-Sèvres) et, ayant refusé d'adhérer à la Constitution civile du clergé, il dut s'embarquer pour l'Espagne, le 9 septembre 1792. A son retour d'exil, Monseigneur l'Évêque le nomma successivement aumônier des Religieuses de Boisgrolland, paroisse de Poiroux, aumônier de l'Hospice, à Napoléon, en 1809, et ensuite à Fontenay. Plus tard, Sa Grandeur le transféra au poste de Benet, puis en 1815, à celui de Mouilleron, où il resta pendant douze ans jusqu'en 1827, époque à laquelle il se retira comme prêtre habitué dans la paroisse de Saint-Jean, à Fontenay. C'est là qu'il mourut à l'âge de 75 ans. (Archives paroissiales)

4906 - Antoine Huguet, de la Doucière, fusillé à Fontenay, le 12 décembre 1793. Le jugement porte les accusations suivantes : "1° a été de ceux qui ont tué un homme au Gamaron ; 2° a été de ceux aussi qui se sont trouvés au Chastellier, qui ont fusillé les troupes et tué des chevaux de hussards ; 3° a été trouvé nanti de trois fusils et de deux pistolets, de plomb en masse, dont il faisait des balles, qu'il a tirées au travers de la porte et dont l'une a blessé mortellement un hussard ; 4° a voulu couper l'arbre de la liberté ..."

Mis à mort à Fontenay, le 26 janvier 1794 :

4907 - Charles Reau, 36 ans, tisserand, chef du Comité royaliste, qui fut accusé d'avoir été à plusieurs batailles, armé de pique ou de fusil, et d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires.

4908 - Pierre Avril, 45 ans, farinier, qui fut condamné pour les mêmes motifs.

4909 - Antoine Pison, sabotier, 21 ans, qui fut convaincu, quel crime ! d'avoir coupé les cheveux à des patriotes conduits en prison.

4910 - Jean Pison, laboureur, 61 ans, membre du Comité royaliste, coupable d'avoir porté les armes contre la République.

4911 - Jacques Clergeau, 30 ans, voiturier et courrier de l'armée vendéenne.

4912 - Pierre Morteau, 30 ans, tisserand, soldat de l'armée royaliste.

4913 - Antoine Michot, 40 ans, meunier, membre du Comité insurrectionnel.

4914 - Jean Michel, 52 ans, marchand, id.

4915-4916 - Louis Suzenet, 52 ans, maréchal, mis à mort à Fontenay, le 5 février 1794, qui "fut pris armé d'un fusil, sabre et pistolet", et Rose Accarie, femme Duchet, 59 ans, qui fut exécutée au même lieu, le 3 avril de la même année, "pour avoir pillé chez les patriotes".

4917 - Le gardien de la prison, à Fontenay, spéculait sur le morceau de pain noir destiné à assouvir la faim des détenus. Ceux-ci firent des observations. Lequinio, à cette nouvelle, arrive et brûle la cervelle au prisonnier le plus compromis, Cantal, de Mouilleron, et en fait tuer un autre par l'un de ses officiers. C'était le 10 décembre 1793.

4918 - Arnault de la Mothe (N) d'une bonne famille du Bas-Poitou, occupant des places à la Chambre des Comptes de Nantes, domicilié à Mouilleron, prit une part active à l'insurrection vendéenne, s'y distingua par sa bravoure et succomba au cours de la première guerre.

4919 - Arnault de la Salière, frère du précédent, servit de même comme officier parmi les Vendéens et ne survécut pas davantage à la première insurrection.

4920 - Pierre Bonneau, 32 ans, mort dans les prisons de Fontenay, le 27 janvier 1794.

4921-4925 - Pierre Beneteau, de Mouilleron (?) ... condamné à mort à Nantes, le 5 janvier 1794 ; Mathurin Blain, 58 ans, mort en prison à Niort, le 12 mars 1794 ; Jean Auger, 41 ans, id. le 7 avril 1794 ; Jacques Denis, menuisier, munitionnaire des Vendéens et Louis Durand, tisserand, condamnés à mort, à Fontenay, le 24 novembre 1793.

SAINT-GERMAIN-L'AIGUILLER

4926 - M. Jean-Michel-Augustin Gaudon de la Gestière, curé, qui refusa le serment schismatique et se cacha d'abord à Mouilleron, chez les frères Cadou, cordonniers et protestants, qui se firent ses protecteurs, puis à Saint-Paul-en-Pareds, au village de Proutière. Découvert par la garde nationale de la Châtaigneraie qui se rendait aux Herbiers, il fut mis à mort à la barrière d'un champ qu'on appelle le champ du Cormier, et l'un de ces cannibales poussa la rage jusqu'à exercer sur le cadavre du martyr les cruautés les plus infâmes. Le sieur Lebel lui coupa les oreilles et les attacha sur sa coiffure, en guise de cocarde, tout fier de son sanglant et honteux trophée. On dit même qu'elles furent grillées et mangées par ces anthropophages (Archives de Mouilleron).

4927 - Placide Baireau, dit Duvignault, 64 ans, mis à mort, le 3 avril 1794, à Fontenay, pour "avoir suivi les brigands et porté les armes contre la République".

4928 - Mlle Du Vignaud, probablement la fille ou la soeur du précédent, habitait Mouilleron, mais son château, le Vignaud, se trouvait sur Saint-Germain. Elle fut arrêtée parce qu'elle était riche et religieuse. Elle marcha à la mort d'un pas ferme, consolant et soutenant, par ses paroles et son exemple, les compagnons de son supplice. Elle monta les marches de l'échafaud en chantant des cantiques. Sa mémoire est restée longtemps en vénération.

4929 - Olivier, régisseur du Chastellier-Portault, massacré, avec trois soldats de l'armée vendéenne, dans la cour du château par les républicains de Mouilleron, le jour de Pâques, 20 avril 1794.

4930 - Jacques Chaillou, fusillé à Savenay, le 23 décembre 1793.

4931 - Jean Boissonneau, 31 ans, condamné à mort, à Nantes, le 3 janvier 1794, avec cent autres compagnons d'infortune.

4932 - Jean Hariel, exécuté à Savenay, comme soldat de l'armée vendéenne, le 24 décembre 1793.

4933 - François Barret, mis à mort au même lieu et pour le même motif, le 22 janvier 1794.

4934 - Pierre Cailleton, 25 ans, de Saint-Germain ? mort dans les prisons de Niort, le 7 avril 1794.

4935 - Jean Cardineau, 41 ans, id.

4935 - Louis Carpillon, 51 ans, id.

4936 - Pierre Prezeau, sabotier, exécuté à Fontenay, comme soldat de l'armée catholique, le 20 avril 1793.

SAINT-PIERRE-DU-CHEMIN

Une colonne infernale, commandée par Dalliac, vint au début de l'année 1794, ravager la paroisse de Saint-Pierre. Malheureusement l'histoire n'a pas conservé le récit détaillé de ses sinistres exploits. "Turreau a seulement écrit ces mots significatifs : "Dailliac a fait des merveilles ; pas un rebelle n'a échappé à ses recherches".

4937 - M. Jacques Roussereau, curé, qui refusa le serment schismatique et disparut le 18 juillet 1792. La tradition locale affirme qu'il trouva un asile dans une honorable famille de Fontenay et qu'il mourut pendant la période révolutionnaire. Son nom ne figure point, en effet, sur l'État des prêtres rentrés en Vendée en 1801.

4938 - M. Jean Audouit, vicaire, qui, à l'exemple de son curé, ne voulut pas reconnaître la Constitution civile du clergé. Il s'embarqua aux Sables pour l'Espagne, le 10 septembre 1792, avec 75 confrères. A son retour d'exil, il fut nommé curé de Saint-Pierre, où il mourut en 1814.

4939-4941 - Exécutés à Fontenay, "pour avoir été avec les brigands" : Marie Martin, femme Colonnier, 58 ans, le 24 janvier 1794 - Cette courageuse femme, qui avait maintes fois excité les paysans vendéens à aller au feu, ne fut pas moins vaillante à l'heure de son exécution. Elle se rendit à l'échafaud d'un pas ferme, en chantant le cantique si populaire en Poitou : Avancez mon trépas, Jésus ... ; Louis Giraud, 25 ans, marchand, le 7 février 1794 ; Jean Flandreau, 49 ans, le 25 mars 1794.

4942-4945 - Perrine Masson, 40 ans, fusillée à Angers au commencement de l'année 1794 ; Jean Haneriot, fusillé à Savenay, le 25 décembre 1793 ; Jacques Hays, 18 ans, fusillé à Savenay, le 23 décembre 1793 ; Louis Rot, fusillé à Savenay, le 24 décembre 1793.

4946-4947 - Etienne Rochette, 50 ans, et René Favrieau, 20 ans (alias Savriot), condamnés à mort, à Nantes, le premier, le 5 janvier 1794, et le second, le 17 janvier de la même année.

4948 - François Hanériot, condamné à mort à Savenay, comme soldat vendéen, le 25 décembre 1793.

4949 - Louise Cornuault, femme Roy, emprisonnée comme suspecte, à Niort, le 14 avril 1795. On ne sait pas ce qu'elle devint ensuite.

4950 - Pierre Auger, 17 ans, mort dans les prisons de Fontenay, le 12 janvier 1794.

4951 - Un autre Auger (ou Augier), meunier au moulin du Four, blessé à l'une des batailles de la Châtaigneraie, et mort de ses blessures au village de la Popinière.

4952 - François Berger, sabotier à Mignonnière, fusillé dans un champ, près de sa maison, par les républicains.

4953 - Henri Berger, fait prisonnier à la bataille de Luçon et mort dans les prisons de La Rochelle.

4954 - Brémaud, fermier, massacré, en 1793, à la Mignonnière.

4955 - Jean Coudrenet, mort en prison à Fontenay, le 3 juin 1794.

4956 - Une femme de ce nom, fileuse de laine, à la Plénelière, brutalement saisie dans son lit, violentée et massacrée par les républicains, en 1794.

4957 - Daunis, fermier, massacré à la Mignonnière, en 1794.

4958 - Louis Deguil, 50 ans, de la Popinière, tué par les révolutionnaires à la même époque.

4959 - Pierre Delahaye, 53 ans, mort en prison à Fontenay, le 15 février 1794.

4960 - Gautrain, métayer et fabricant de laine à la Jarousselière. Il s'était retiré à Niort pour échapper aux vexations des républicains, mais quand il revint chez lui, trois mois après, il fut arrêté et passé par les armes.

4961 - Marquis, cultivateur, massacré à la Mignonnière, en 1794.

4962 - Quitet, de la Vianderie, massacré en 1794.

4963-4964 - Remegé, métayer à la Plénelière, fusillé, ainsi que sa femme à la Boissonnière, où ils s'étaient réfugiés en 1794. (Ces noms nous furent communiqués, en 1894, par M. René Vallette, et furent imprimés à cette époque dans une notice sur Saint-Pierre-du-Chemin)

4965 - Pierre Gourmaud, 45 ans, décédé le 31 octobre 1793, dans son transport à l'hôpital. Son cadavre, jeté dans une des salles basses du palais de justice, y resta oublié plusieurs jours.

4966 - Jean Crésou, 50 ans, mort en prison à Fontenay, le 31 décembre 1793.

4967 - Jean Bouet, domestique, 22 ans, cité dans la Vendée Historique, comme victime de la Révolution.

4968 - Jean Couturier, 55 ans, laboureur au Petit-Puy, mort à la Châtaigneraie, le 20 août 1794, des suites de l'assassinat commis sur lui l'avant-veille.

4969 - Coutanceau, chantre de Saint-Pierre-du-Chemin, arrière-grand-père de M. l'abbé Casimir Coutanceau, qui est mort curé de Saint-Sornin, le 30 janvier 1910. Ce dernier a raconté ce qui suit devant M. le curé de Bazoges, qui s'en porte garant :
"Je viens rarement à Fontenay, mais je n'y viens jamais sans monter à la place Viète ; c'est là que mon arrière-grand-père a été tué, en 93, en haine du bon Dieu et du roi. Et voici, ajouta-t-il, si tu veux le savoir en quelles conditions :
Il était de Saint-Pierre-du-Chemin et avait été arrêté comme suspect à la Châtaigneraie, où il était venu pour ses affaires. De là, il avait été amené à Fontenay pour y subir un jugement et y être exécuté, bien entendu. Sa femme, qu'il avait trouvé le moyen de faire informer de son arrestation, envoya dès le lendemain son fils, encore un enfant, du côté de Fontenay, pour y apprendre quel sort on faisait subir au pauvre prisonnier. Et voilà, le petit gâs parti à la garde du bon Dieu.
Arrivé à Fontenay sans trop de peine, il s'informe auprès de la première personne qu'il rencontre des prisonniers amenés depuis deux jours de la Châtaigneraie.
L'excellente dame à laquelle il s'est adressé l'interroge à son tour et, le prenant en pitié, l'emmène chez elle, le traite avec bonté, et, après informations discrètes, l'envoie par les rues écouter aux ouïes des caves de plusieurs maisons où elle a appris qu'on avait parqué des prisonniers. L'enfant obéit et, au bout de deux jours, reconnaît la voix de son père qui causait avec ses co-détenus dans une cave. Il se couche auprès du mur, après avoir bien constaté que personne ne le voit, puis il appelle tout bas d'abord, puis un peu plus fort son père qui finit par l'entendre et reconnaît à son tour la voix de son petit gâs.
Aussitôt s'engage entre les deux la conversation qu'on devine : "C'est vous, papa ? - Oui, et c'est toi, mon gâs ? Qui t'a envoyé là ? - C'est maman, pour savoir ce que vous étiez devenu. - Depuis quand es-tu là ? - Depuis deux jours, j'ai été reçu par une bonne dame, c'est elle qui m'a envoyé là. - C'est bien mon fils ; puisque tu es là, il faudra que tu ailles tous les matins au tribunal écouter les noms de ceux qui sont condamnés à mort et qui doivent être guillotinés le lendemain, tu viendras ensuite me dire si j'en suis ; mais sois bien sage et bien prudent, surtout ne fait rien sans avoir consulté la bonne dame. - Oui, papa ..."
Là-dessus, le pauvre petit, fidèle à la consigne qu'il a reçue, va au tribunal, écoute attentivement, et trois jours de suite, descend dire à son père : "Papa, vous ne serez pas tué demain, on n'a pas parlé de vous."
Le quatrième jour, le petit gâs est à son poste, comme les précédents, quand soudain sonne à son oreille le nom de Coutanceau. Aussitôt il s'env a tête baissée avec, aux yeux, des larmes qu'il refoule pour ne pas se trahit, annoncer à son père qu'il est condamné à mourir le lendemain.
Le brave père, après quelques mots de tendresse à son petit gâs et quelques commissions pour sa femme lui dit : "Tu vas t'en aller prier la bonne dame de chercher un prêtre que tu amèneras ici cette nuit pour me confesser et me faire communier, puis quand je serai mort, tu t'en retourneras à Saint-Pierre le dire à ta mère, tu lui diras que je suis mort, en l'aimant, et que je l'attends au paradis. Toi mon gâs, aime toujours le bon Dieu, ta mère et le roi."
Ce qui fut dit fut fait : au milieu de la nuit, un prêtre, sous la conduite du petit, vint à l'endroit indiqué, entendit la confession du pauvre condamné et lui donna la sainte communion.
Au matin suivant, à l'heure ordinaire des exécutions, Coutanceau, à l'appel de son nom, sortait de sa prison et prenait le chemin de la guillotine, suivi à quelques pas de son gâs qui ne pleurait pas, mais qui voulait tout voir avant de partir pour tout dire à sa mère et à tous ceux de chez lui.
Dès qu'il fut sur la rue, en face de la place Viète, ayant déjà en vue la guillotine qui se dressait au haut de l'escalier, mon grand-père, s'arrêtant soudain et s'adressant à ceux qui l'emmenaient ou l'accompagnaient, leur dit : "Voilà 42 ans que je suis chantre à Saint-Pierre, j'ai chanté bien des Libera, il ne sera pas dit qu'il n'en sera pas chanté un à mon enterrement", et de sa voix émue, mais ferme et forte encore, il entonne un Libera qu'il chante jusque sous le couperet de la guillotine.
Voilà ce que m'a raconté mon grand-père, le petit gâs d'ici ; voilà la scène que je viens me représenter à cette place, tous les deux ou trois ans ; voilà où je viens me réchauffer le sang. Ici, je ravive en mon coeur l'amour de Dieu et du roi."

SAINT-SULPICE-EN-PAREDS

4970 - Jacques Blanchard, curé. Il refusa le serment schismatique et s'embarqua pour l'Espagne, le 10 septembre 1792, en compagnie de plusieurs confrères du voisinage, M. Jacques Baudry, curé de la Châtaigneraie ; M. Jacques Baudry, curé de Marillet ; M. Henri Desnoyers, vicaire de Saint-Maurice-des-Noues ; M. Charles Genays, curé de Loge-Fougereuse ; M. Pierre Rautureau, curé du Breuil-Barret ; M. Jean Mercier, vicaire de Saint-Hilaire-de-Voust ; M. René Mosnay, curé de Saint-Germain-l'Aiguiller ; M. Pierre Roguier, curé de Saint-Maurice-le-Girard, etc. On croit qu'il revint d'exil et qu'il desservit quelque temps la paroisse du Breuil-Barret.

4971 - Jean Gobin, âgé de 43 ans, condamné à mort par la Commission militaire de Fontenay, le 15 avril 1794, pour avoir pris part au soulèvement de la Vendée.

4972-4974 - Louis Planchet, sabotier, âgé de 22 ans et François Orion, laboureur, âgé de 20 ans, tous deux originaires de Saint-Sulpice-en-Poitou (?) détenus à la citadelle d'Angers et condamnés à mort, dans les premiers jours de l'année 1794, comme ayant fait partie de l'armée vendéenne depuis le commencement des hostilités ; Jean-Baptiste Tiennay, même origine que les précédents, condamné à mort à Savenay, le 23 décembre 1793, pour le même motif.

LA TARDIÈRE

4975 - M. François Blay, curé de Chaix d'abord et ensuite de la Tardière. Il refusa comme tant d'autres d'adhérer à la Constitution civile du clergé et dut en conséquence partir pour l'exil. A son retour, il fut nommé à la cure de la Châtaigneraie. On peut croire sans témérité que les privations endurées loin du pays natal et que les difficultés de ses premiers travaux apostoliques influèrent sur sa santé d'une manière sensible et le conduisirent trop rapidement aux portes du tombeau. Sa mort survint en 1808.

Exécutés à Fontenay :
4976 - Jacques Grizon, tisserand, âgé de 58 ans, le 10 avril 1793.

4977 - Marie Moriceau, femme Chénoleau, âgée de 51 ans, le 14 janvier 1794, ainsi que les suivants. L'acte de condamnation la signale comme "brigande dangereuse".

4978 - René Rigaudeau, domestique, âgé de 32 ans, coupable "d'avoir monté la garde pour les Vendéens et d'avoir assisté à plusieurs batailles".

4979 - Pierre Sionet, journalier, âgé de 37 ans, que le jugement désigne comme "brigand forcené".

4980 - Pierre Avril, bordier, âgé de 55 ans, désigné de la même manière.

4981 - Marie Baraton, âgé de 29 ans, chef de brigands, le 16 janvier 1794, accusé "d'avoir bu le vin des patriotes, monté la garde, armé de fusil et de pistolet, et refusé de livrer ses armes à la municipalité".

4982 - René Barbarit, farinier, âgé de 22 ans, le 10 février suivant, "comme ayant porté les armes contre la République et ayant toujours été reconnu comme contre-révolutionnaire."

4983 - Jacques Germain, âgé de 30 ans, le 4 mars de la même année.

4984 - Mathurin Morisset, farinier, âgé de 75 ans, le 14 janvier précédent, pour avoir pris part à l'insurrection vendéenne.

4985 - Antoine Baly, alias Baty, fusillé à Angers au début de l'année 1794. Il était âgé de 26 ans.

4986 - Louis Caillaux, âgé de 38 ans, condamné à mort à Nantes, le 4 janvier 1794, avec deux cent neuf compagnons d'infortune.

4987 - Jacques Girard, tisserand, condamné à mort le 10 janvier suivant, par le tribunal de la Sarthe, comme soldat de la Vendée.

4988 - Alexis Pauleau, âgé de 16 ans, domestique, fusillé aux Ponts-de-Cé, à Angers, le 19 décembre 1793. Il se trouvait au nombre des 200 vendéens qui se rendirent volontairement à la municipalité d'Ingrandes et furent tous condamnés à mort par le tribunal militaire de Maine-et-Loire.

4989 - François-Jérôme Bangeau, âgé de 45 ans, mort dans les prisons de Fontenay, le 5 janvier 1794.

4990 - Augustin de Hargues d'Étiveau, d'une famille hollandaise fixée à la Rochelle depuis le XVIe siècle. Fait prisonnier à la bataille d'Antrain, il fut exécuté en novembre 1793.

THOUARSAIS-BOUILDROUX

4991 - Nous avons parlé précédemment de M. Jacques Palvadeau, curé de Mouilleron-en-Pareds. Il nous suffira de dire ici qu'avant d'administrer cette paroisse, il avait gouverné celle de Bouildroux, en qualité de prieur-curé, et qu'à son retour d'exil, il fut chargé, au même titre, de Thouarsais, qui eut alors comme annexe le territoire de Bouildroux. M. Simon-Joseph Camus était curé de Thouarsais avant la Révolution. Ayant refusé le serment, il s'embarqua aux Sables pour l'Espagne, le 11 septembre 1792. Après plusieurs années d'exil, il revint en Vendée et rejoignit l'armée catholique, dont il fut l'aumônier. A la déroute du Mans, les révolutionnaires s'emparèrent de lui et peu après le massacrèrent à coups de sabre.

Exécutés à Fontenay :

4991 - Jacques Chevallereau, marchand de guenilles, âgé de 32 ans, le 25 mars 1793, pour avoir pris les armes contre la République.

4992 - Mathurin David, de Bouildroux, âgé de 25 ans, porte-drapeau de l'armée vendéenne à plusieurs batailles ; "brigand enragé", dit le jugement du tribunal. Son exécution eut lieu le 11 janvier 1794.

4993 - Jean Roy, âgé de 56 ans, le 21 janvier de la même année. "Vrai brigand, a assisté à toutes les batailles et a monté la garde pour arrêter les patriotes".

4994 - Jean Grolleau, âgé de 44 ans, le 3 avril suivant, "pour avoir suivi les brigands et porté les armes contre la République".

Condamnés à mort à Nantes :

4995 - Pierre Catron, âgé de 32 ans, le 29 décembre 1793, par la Commission Bignon ; fusillé dans les carrières de Gigant.

4996 - Mathurin Ganneau, le 3 janvier 1794, comme soldat de la Vendée.
4997 - Joseph Gaudet, le 3 janvier 1794, comme soldat de la Vendée.
4998 - François Girard, le 30 décembre 1793, comme soldat de la Vendée.
4999 - Jean Marsay, le 1er janvier 1794, comme soldat de la Vendée.
5000 - René Ménard, le 3 janvier 1794, comme soldat de la Vendée.
5001 - François Ménard, le 3 janvier 1794, comme soldat de la Vendée.
5002 - Pierre Misandeau, le 29 décembre 1793, comme soldat de la Vendée.
5003 - Pierre Petit, le 2 janvier 1794, comme soldat de la Vendée.
5004 - Louise Soyer, le 7 janvier 1794, comme complice.

5005 - Louis Raffenaut, âgé de 37 ans, de Bouildroux, marchand, le 20 janvier 1794, exécuté avec 250 camarades, qui tous ont reconnu avoir pris les armes que pour le soutien de la religion catholique, apostolique et romaine.

5006-5007 - Pierre Astré et Toussaint Aubin, domiciliés à Thouarcé (sans doute Thouarsais), canton de Montaigu (?) l'un le 3 et l'autre le 6 janvier 1794, comme soldats de la Vendée.

Beaucoup de Vendéens, comme il est facile de le constater, ont été fusillés, guillotinés ou noyés à Nantes et sont tombés victimes de la férocité sanguinaire de Carrier.

VOUVANT

5008 - M. Antoine-Charles Morin, âgé de 55 ans, curé de Surin, diocèse de la Rochelle, originaire de Vouvant. Ayant refusé le serment, il resta quand même dans le pays. De mauvais patriotes le dénoncèrent et le firent mettre en prison. On le condamna à la déportation ; mais comme il n'était pas facile de le conduire à Cayenne, à cause des croisières anglaises, on l'interna dans la citadelle de l'Île de Ré, avec 1.200 prisonniers, alors que le nombre réglementaire n'était que de 400. Quelles souffrances atroces durent subir ces malheureux captifs, n'ayant pour lit que la terre nue et pour nourriture que des aliments infects ! M. Morin, qui était d'une santé délicate, ne put résister au régime de cette dure prison. Il tomba dangereusement malade. Un pharmacien de Saint-Martin, M. Bernier, catholique dévoué, obtint de le faire transporter chez lui, mais, malgré les soins les plus attentifs, le pauvre prêtre mourut, le 30 mars 1800, victime de sa fidélité à la religion catholique.

Exécutés à Fontenay :

5009 - Henri Héreau, 27 ans, le 1er janvier 1794, convaincu d'avoir assisté à plusieurs combats dans les rangs des Vendéens.

5010 - Marie Pousson, veuve Gayot, 61 ans, le 26 février de la même année, coupable d'avoir donné asile à des Vendéens et de leur avoir fourni des vivres.

5011 - Jean Furgeaud, 36 ans, métayer, le lendemain.

5012 - Pierre Touzeau, charbonnier, le 17 décembre 1793.

5012-5013 - Jacques Jeoffrion, 63 ans, et Jacques Boutin, 34 ans, morts dans les prisons de Niort, l'un, le 10 mars 1794, et l'autre le 7 avril suivant.

5013-5015 - Victimes de la Révolution au début de 1793 : Pierre Héraud, 69 ans, guillotiné à Fontenay, ainsi que Marguerite Gréau, 65 ans et Renée Léliat, femme Jaufrein.

5016 - Jeannte-Charlotte-Louise Charonneau de la Noue, épouse de Julien du Bois de la Véronnière, massacrée à Blain (Loire-Inférieure) au commencement de septembre 1793. Dans un acte notarié publique, publié par la Revue du Bas-Poitou (7e année, page 247), Louis Millouain, employé aux vivres près de l'armée de l'Ouest, a déclaré ce qui suit : "Ayant été averti par le citoyen Chevallier de Luçon qu'on allait fusiller une femme de son pays, dans une auberge près de l'église, il s'y transporta de suite et y étant arrivé, il demanda à cette femme qui elle était : elle lui dit qu'elle était la femme du citoyen Dubois, domiciliée à Vouvant ; qu'elle avait avec elle deux enfants, un petit garçon (de 7 à 8 ans) et une petite fille (de 6 à 7 ans), avec une gouvernante ; qu'à l'instant où il lui eut parlé, des canonniers de l'artillerie légère la fouillèrent, lui prirent deux montres, de l'argent et d'autres effets, et la tuèrent ensuite à coups de sabre." Un autre témoin, Louis Ducret, sous-lieutenant de carabiniers, a entendu les enfants dire à la gouvernante : "Qui sera notre maman à présent ? Ce sera donc toi, Rose ?" Ému par ces paroles si attendrissantes, l'officier s'occupa des petits orphelins et les rendit à leur père.

DOYENNÉ DE L'HERMENAULT

L'HERMENAULT

5017-5018 - M. François Ballereau, curé. Ayant refusé le serment constitutionnel, il fut obligé de prendre la route de l'exil et s'embarqua aux Sables pour l'Espagne, le 9 septembre 1792, sur le bateau que commandait le capitaine François Picard. Il était accompagné de 75 confrères. Nous n'avons trouvé que fort peu de renseignements à son sujet. Au retour de son lointain voyage, accablé sans doute par l'âge et les fatigues, il vécut à Charzais comme prêtre habitué. L'un de ses successeurs à la cure de l'Hermenault nous est davantage connu. M. Alexis-Marie Geay, né à Fontenay, le 23 septembre 1764, fut ordonné prêtre à La Rochelle et nommé vicaire de l'Île de Ré. Lui aussi préféra l'exil à l'apostasie et dut se réfugier en Espagne, comme la plupart des ecclésiastiques français. De retour en France, il exerça le ministère notamment à Vix et à Nalliers, puis à l'Hermenault, où il mourut en 1838, à l'âge de 74 ans.

5019-5022 - Marie Audains. L'Histoire générale et impartiale des crimes de la Révolution nous apprend qu'elle fut condamnée à mort, à Nantes, comme complice des brigands vendéens, et exécutée le 7 janvier 1794 ; Pierre Bonneville, propriétaire, qui fut guillotiné à La Rochelle, comme conspirateur, le 4 septembre 1793 ; François-Alexis Thibault, notaire, qui fut exécuté le même jour, au même lieu et pour le même motif ; Jean Mercier, laboureur, âgé de 18 ans, qui est indiqué par la Vendée Historique comme victime de la Révolution.

BOURNEAU

5023-5027 - Louis Quarier, 55 ans, exécuté à Fontenay, le 20 février 1794, pour avoir porté les armes contre la République ; Pierre Charron, tué au même lieu et pour le même motif, le 27 mars 1794 ; Jean Aumond, tué au même lieu et pour le même motif, le 4 janvier de la même année ; François Nord, 44 ans, condamné à mort, à Nantes, l'avant-veille, avec 289 camarades de la cause vendéenne ; Louis Chupin, mort en prison à Fontenay, le 22 décembre 1793.

SAINT-CYR-DES-GATS

5028 - M. Joseph Brunetière, prieur-curé. Il refusa de s'exiler et resta dans sa paroisse, où il eut à souffrir toutes sortes de privations. Un jour on le trouva mort dans une étable où il se cachait pour échapper aux recherches des révolutionnaires.

5029 - M. Vincent Aymar ou Aymon, dit Brodu, âgé de 40 ans, marchand de bois, exécuté à Fontenay, le 29 octobre 1793, comme soldat de la Vendée.

Furent aussi exécutés à Fontenay, le 1er février 1794 :

5030 - Philippe Dréau, 45 ans, bordier, pour avoir "été un des premiers à engager à courir après les patriotes et pris part lui-même aux batailles".

5031 - Rose Chambelland, femme Seichon, 49 ans, pour "avoir été parmi les brigands".

5032 - Jacques Belleau, 36 ans, charron, "accusé d'avoir lié des patriotes pour les mener en prison".

5033 - Jean Belleau, 43 ans, regardé comme "suspect et brigand ; accusé d'avoir porté les armes contre la République, et pillé les patriotes".

5034 - Pierre Belleau, 33 ans, laboureur, mis à mort, au même lieu, le 15 février suivant.

5035 - Jean Billeaud, 33 ans, exécuté au même lieu, le 8 avril suivant, comme contre-révolutionnaire.

5036-5037 - Pierre Biotteau, 32 ans, et Vincent Dion, 27 ans, fusillés à Savenay, comme soldats de la Vendée, l'un le 23 décembre 1793 et l'autre le lendemain.

SAINT-LAURENT-DE-LA-SALLE

5038 - M. Charles Bouron, curé. Né à Fontenay, il fit honneur à son pays et à sa paroisse, en refusant le serment schismatique. Il s'embarqua pour l'Espagne, aux Sables-d'Olonne, le 9 septembre 1792, sur un navire commandé par François Picard, et en compagnie de 74 confrères. M. Pierre Michaud, dans la Vie du V.P. Baudouin, cite un fait qui montre combien était grande alors la haine du prêtre, haine inspirée par la Révolution. "Ce capitaine, dit-il, était un excellent homme. L'un de ses matelots avait nom Berthomé. Dès que le bateau fut arrivé en pleine mer, Berthomé dit : "Ce n'est pas cela, il s'agit de couper une oreille à chacun de ces prêtres ; il faudra les reconnaître, ces gaillards-là, quand nous irons les reprendre en Espagne. - Très bien, mon ami, répliqua le brave Picard, seulement nous allons commencer pat toi. Après nous jugerons s'il convient de faire subir la même opération à ces messieurs". Berthomé n'insista pas, mais sa parole ne fut pas oubliée. Il ne porta plus que le nom d' "oreille de prêtre" et il mourut dans la misère. M. Bouron se fixa à Calaborra, dans la Vieille-Castille, où il reçut la plus gracieuse hospitalité chez M. et Mme Raon, ainsi que nous l'apprennent les lettres adressées à son frère, procureur général du département de la Vendée, à Fontenay. Cet excellent prêtre mourut sur la terre d'exil.

5039 - François Sarrasin, chef du comité royaliste, exécuté à Fontenay, le 13 février 1794, "pour avoir assisté à de nombreuses batailles et avoir tué beaucoup de patriotes".

5040 - Auguste-César de Nicou, noble, âgé de 73 ans, mis à mort au même lieu, le surlendemain, pour les mêmes motifs.

5041 - Jean Casseron, 24 ans, fusillé à Savenay, le 23 décembre 1793, comme soldat de la Vendée.

5042 - René Bridonneau, 52 ans, mort dans les prisons de Niort, le 5 mars 1794.

5043 - François-Félix Charrieau, de Saint-Laurent (?) condamné à mort, à Nantes, le 17 janvier de la même année, pour avoir fait partie de l'armée vendéenne.

MARSAIS-SAINTE-RADEGONDE

5044 - M. Augustin-Jean Robin, curé de Marsais. Sa conscience ne lui ayant pas permis de prêter serment, il dut se résoudre à prendre le chemin de l'exil et s'embarqua, aux Sables, pour l'Espagne, le 9 septembre 1792, sur le Jean-François, navire commandé par le capitaine François Picard. Après le Concordat, l'autorité diocésaine le nomma curé de Saint-Jean de Fontenay.

5045-5046 - Etienne Portué, condamné à mort à Savenay, le 25 décembre 1793, comme soldat de la Vendée ; Jean-François-Joseph Daux, noble, condamné à mort, le 3 septembre 1793, par le tribunal de la Charente-Inférieure, pour avoir exercé les fonctions de chef royaliste.

MOUZEUIL- SAINT-MARTIN-SOUS-MOUZEUIL

5047 - M. Jean Gaudin, vicaire de Mouzeuil. Il refusa d'adhérer au schisme par le serment, et s'embarqua pour l'Espagne avec le curé de Marsais, dont nous avons parlé précédemment. Que devint-il ensuite ? Nous n'avons aucun renseignement à son sujet, ce qui ferait croire qu'il mourut en exil.

5048 - Vincent Bodin, régisseur du Domaine national à Mouzeuil ; arrêté par les cavaliers républicains du camp des Quatre-Chemins, près Luçon, le 28 juillet 1793 ; trouvé porteur d'un passeport des "rebelles", il fut conduit par deux cavaliers de Chaillé à Marans, et de là à La Rochelle, où il fut incarcéré et succomba. (Note de M. R. Vallette dans son Essai de Martyrologe)

NALLIERS

5049 - M. Adrien-Henri Pilot, prêtre insermenté, dont on ne sait pas l'origine. A son retour de Cayenne, où il eut à souffrir toutes sortes de privations, il fut nommé curé de Nalliers, où il mourut en 1817. Il n'était âgé que de 52 ans, et nous ne serons pas téméraire en disant que sa dure détention, à la Guyane, ne fut pas étrangère à sa mort prématurée.

PETOSSE

5050 - Jean Mallet, condamné à mort par la Commission militaire Bignon et fusillé à Savenay, le 26 décembre 1793, pour avoir fait partie de l'insurrection vendéenne.

SÉRIGNÉ

5051 - Louis Bourriau, 54 ans, condamné à mort à Nantes, le 5 janvier 1794, pour le même motif. Le nombre des victimes, ce jour-là, fut de 252.

DOYENNÉ DE SAINT-HILAIRE-DES-LOGES

SAINT-HILAIRE-DES-LOGES

5052-5053 - M. Pierre-Thomas Jousselin, curé. Il était vicaire de Mortagne quand éclata la Révolution, et fidèle à son devoir sacerdotal, il partit pour l'Espagne, le 16 septembre 1792, sur le Jeune-Aimé, bateau des Sables, commandé par le capitaine Martin Logeais. 26 ecclésiastiques faisaient partie du voyage. Au Concordat, l'exilé revint en France, administra quelque temps la paroisse de Mortagne et fut ensuite nommé curé de Saint-Hilaire, où il vécut pendant 31 ans, jusqu'en 1832, très estimé de la population. Le vicaire, M. Antoine Donat Cibard, fidèle lui aussi à l'Église, s'était embarqué pour la même destination, au port des Sables, sur le brick la Marie-Gabrielle, capitaine François Lambert, le 11 septembre précédent. Après la pacification, l'évêché le nomma curé de Montreuil, dont il avait été vicaire avant d'aller à Saint-Hilaire, et où il mourut en 1829.

5054-5056 - Jean Sessieu, 30 ans, fusillé à Savenay, le 24 décembre 1793, comme soldat de la Vendée ; François Fumeray, condamné à mort à Nantes pour le même motif, le 4 janvier 1794 ; Pierre Vinette, id.

FAYMOREAU

5057 - Au moment de la Révolution, la paroisse était administrée par M. Jacques Gallot, curé, sur lequel nous n'avons trouvé aucun renseignement. Après le Concordat, elle eut pour pasteur M. Joseph Goicheau, ancien curé de Lesson, qui avait préféré l'exil à l'apostasie, et s'était embarqué pour l'Espagne, le 10 septembre 1792. Il y est mort en 1828.

5058 - Philippe Bossard, 39 ans, mort en prison à Fontenay, le 27 septembre 1794. On ne sait pas pour quel motif il avait été mis aux fers, sans doute, comme tant d'autres, pour des raisons politiques ou religieuses.

FOUSSAIS-PAYRÉ-SUR-VENDÉE

5059-5061 - Quand éclata la Révolution, la paroisse de Foussais était administrée par deux prêtres frères : M. Fidèle-Jean Girard, curé, et M. René Girard, vicaire. Tous les deux refusèrent le serment et s'embarquèrent, le 22 octobre 1792, pour l'Espagne, non pas aux Sables comme la plupart de leurs confrères, mais au port de Saint-Gilles-sur-Vie. Le premier revint au Concordat et fut de nouveau placé à la tête de sa paroisse, jusqu'en 1827, époque de sa mort. Le second mourut en exil au cours de 1793. Leur voisin, M. Jacques Poupeau, prieur curé de Payré, les imita dans leur fidélité à la sainte Église, mais à cause de son âge et de ses infirmités, il fut obligé de rester au pays. Les révolutionnaires le regardaient comme un prêtre dangereux : ils le firent incarcérer à Fontenay, puis condamner à la déportation en Guyane. Finalement, ils durent le laisser à l'hospice de Fontenay, et plus tard, ce vénérable prêtre se retira au bourg de Foussais où il mourut.

Furent guillotinés à Fontenay :

5062 - Jean Caillet, 61 ans, maire de la commune, chef de vendéens, le 16 janvier 1794, "pour avoir voulu voler le cheval du curé de Foussais, bon patriote (il s'agit ici du curé assermenté) ; engagé les citoyens à se soulever contre les troupes de la République et à les repousser, de concert avec Charles Vexiau et plusieurs autres".

5063 - Charles Vexiau, 25 ans, le même jour, comme complice du précédent.

5064 - Augustin Maupetit, le 27 mars suivant, "pour avoir été avec les brigands, s'être battu, puisqu'il porte des coups de sabre, et toujours été dans les mauvais principes".

5065 - Jean Lardy, le 15 avril suivant, comme soldat de la Vendée.

5066-5069 - Jacques Roy ; Jacques Talon, bordier ; Jean Boureau, domestique ; Jean Liaigre, le 16 janvier précédent.

5070 - Jean Vadé, 50 ans, exécuté à Niort, le 24 mars 1794.

5071 - Pierre Minaud, laboureur, de Payré, dont le nom se trouve aux Archives d'Angers, comme ayant été mis à mort, le 18 avril 1793, en qualité de soldat vendéen.

SAINT-MARTIN-DE-FRAIGNEAU

5072 - M. Pierre-David Chaigneau, curé. Il refusa le serment et s'embarqua aux Sables, pour l'Espagne, le 10 septembre 1792. Il revint d'exil, mais on ignore ce qu'il devint dans la suite.

MERVENT

5073 - Pierre Pannier, 26 ans, mort en prison, à Niort, le 7 avril 1794.

SAINT-MICHEL-LE-CLOUCQ

5074 - M. Jacques Fort, curé. Il était vicaire du Breuil-Barret en 1791. Ayant refusé le serment, il partit pour l'exil le 9 septembre de l'année suivante et, à son retour, il fut chargé successivement de Saint-Michel-le-Cloucq et de La Tardière.

5075 - Joseph Gabard, 37 ans, condamné à mort par la commission présidée par Bignon, à Blain, et Juvillé, à Savenay, le 23 décembre 1793, pour avoir été pris les armes à la main.

NIEUL-SUR-L'AUTISE - DENANT

5076-5077 - M. Raymond-Pierre Sabouraud de la Pommeraie, curé de Nieul après la Révolution. N'ayant pas adhéré à la Constitution civile du clergé, à l'exemple de son frère qui était aumônier de l'hôpital, il s'embarqua pour l'Espagne le 9 septembre 1792. Son frère, Pierre-Baptiste, mourut sur la terre étrangère. Pour lui, il revint au Concordat et administra avec zèle la paroisse qui lui fut confiée. La mort le frappa en 1824, alors qu'il était vicaire général du diocèse de La Rochelle.

5078 - M. Augustin-Jean Claveau, aumônier de Religieuses et curé de Denant avant la Révolution. Déporté en Espagne pour refus de serment, le 9 septembre 1792, il fut à son retour successivement curé de Saint-Michel-le-Cloucq et aumônier de l'Hospice à Fontenay.

5079 - M. Antoine Brard, ancien vicaire de Notre-Dame à Fontenay, curé de la paroisse de Denant. Il refusa le serment et se cacha soit chez l'une de ses paroissiennes, Mme Pellerin, soit à Fontenay, notamment chez les Religieuses de l'Union Chrétienne. Un jour, est-il dit dans l'Histoire de cette Communauté, une troupe de révolutionnaires se présente chez les Soeurs pour faire une perquisition. "Citoyens, que voulez-vous ? - demande la soeur Rocher. - "Il y a des calotins par là ?" - "Cherchez !" Et la bonne religieuse les mène partout. Pendant ce temps, M. Brard, dit Jeannet (ainsi nommé parce qu'il portait les habits de Jean, domestique de Mme Pellerin), gagne la cachette préparée d'avance en cas d'alerte ; c'était dans la boulangerie, sous un escalier de pierre assez étroit. On avait eu soin d'en cacher l'ouverture avec des fagots d'ajoncs si bien disposés et couverts de tant de poussière qu'on les aurait crus dans cet endroit depuis au moins dix ans. Le vénéré prisonnier, de petite taille, tenait tout juste dans cette cachette, ne recevant d'air que par les vieilles marches branlantes.
La patrouille, après avoir fureté partout, arrive enfin dans la boulangerie, pestant contre les maudits calotins qui étaient invisibles. Dieu aveugla les persécuteurs ; car ils ne remarquèrent point l'escalier et n'eurent pas l'idée de sonder avec leurs baïonnettes les fagots d'ajoncs, ni les interstices des pierres disjointes et usées par le temps. Autrement, le ciel aurait compté un martyr de plus. Pendant ce temps, un ami du bon prêtre avait fait porter, sur la route de Niort, une lettre à l'adresse de M. Brard. Un gendarme la ramasse, et tout de suite la nouvelle se répand dans la ville que le prêtre poursuivi se sauve dans la direction de Poitiers. On devine le reste ! Hommes et chevaux galopent au loin, dans l'espoir d'atteindre le fugitif et les Soeurs remercient la divine Providence d'avoir ainsi écarté le danger. Pour reconnaître le dévouement de ces excellentes Religieuses, M. Brard se constitua gratuitement leur aumônier jusque vers 1830. Sa mort survint en 1837.

5080-5081 - Marie-Angélique-Jacqueline et Adélaïde Duchesne de Denant, condamnées à mort par la Commission militaire de Nantes, le 6 janvier 1794.

5082 - Marie-Angélique-Geneviève de Jouvencourt, épouse de Jacques-Charles-Florent Duchesne, qui avait suivi les armées vendéennes, morte de misère dans les prisons du Mans, le 21 décembre 1793.

OULMES

5083-5084 - M. Pierre Gouzon, curé, qui s'embarqua pour l'Espagne, aux Sables-d'Olonne, le 9 septembre 1792, avec son vicaire, M. Jacques Goguet. Le manque de renseignements sur son compte laisse croire qu'il est mort en exil. Le vicaire revint en France après la pacification et mourut curé de Charzais en 1836.

PUY-DE-SERRE

5085 - Louis Aimé, 36 ans, domestique, et Jean Aimé, 40 ans, journaliers, tués tous les deux à Fontenay, le 9 février 1794, "pour avoir été avec les brigands, depuis le commencement des brigandages, armés de fourches et de fusils."

5086 - Jean-René Baudry, 46 ans, mis à mort au même lieu, le 8 avril suivant, comme contre-révolutionnaire.

5087 - Jean Brancard, laboureur, à Pied-de-Cerf (sic), condamné à mort comme soldat de la Vendée, le 6 avril de la même année, par le tribunal des Deux-Sèvres.

DOYENNÉ DE MAILLEZAIS

MAILLEZAIS

5088 - M. Pierre-Jean Giraud, curé. Il naquit à Maillezais, en 1761, et venait de recevoir l'onction sacerdotale, quand éclata la Révolution. Sa conscience lui fit refuser le serment, et force lui dut de songer à l'exil. "Dans ce but, raconte M. l'abbé Baraud, il se concerta avec quelques confrères pour aller s'embarquer à la Rochelle. Lorsqu'il arriva dans cette ville, le navire qui devait le transporter sur la terre étrangère venait de lever l'ancre et s'éloignait du port. Qu'on juge de son désespoir. Il allait être à la merci de ses ennemis. Il se mit alors à faire des signes de détresse. Son appel fut compris. Sur le navire, un de ses meilleurs amis courut se jeter aux pieds du capitaine, le suppliant de ne pas abandonner sur le rivage le malheureux qui lui tendait les bras. Le capitaine se laissa toucher, et arrêtant sa marche, envoya chercher M. Giraud, qui put ainsi gagner l'Espagne". Les tribulations que le pauvre exilé trouva dans ce pays le forcèrent à se réfugier en Afrique, d'où il revint, en 1803, pour être curé de sa paroisse natale. Ses occupations y furent écrasantes, car les prêtres manquaient dans les paroisses voisines. Il quitta ses fonctions pastorales, vers 1831 ou 1832 et resta comme prêtre habitué, dans sa paroisse, où il mourut en 1838.

5089 - M. Jean-Gabriel Rabiel, vicaire de Maillezais bien avant la Révolution. Il resta lui aussi fidèle à la sainte Église et se réfugia d'abord en Espagne, puis en Angleterre, où, en 1797, il mourut comme un saint, après une longue maladie.

5090 - M. Jean-Henri Villain, successeur de M. Rabiel comme vicaire de Maillezais. Il naquit à Mortagne. A l'âge de 17 ans, il vint travailler à Maillezais comme ouvrier tailleur, et le curé de cette dernière paroisse, frappé de ses bonnes dispositions, se mit à lui donner des leçons de latin. L'élève répondit aux soins de son maître et, plus tard, après des études rapides et brillantes, devint son vicaire. Ayant refusé le serment schismatique, il dut prendre le chemin de l'Espagne pour échapper à la persécution qui sévissait alors contre les prêtres fidèles. Son embarquement eut lieu aux Sables, le 11 septembre 1792, sur la Marie-Gabrielle. Sur la terre étrangère, il continua son métier de tailleur qui lui procura facilement le pain quotidien. Au Concordat, l'autorité diocésaine le nomma curé de Treize-Vents. Il mourut prêtre habitué à Mortagne, en 1841.

BENET-LESSON

5091 - M. Louis Boissinot, curé. Il eut le malheur de prêter serment, mais il se rétracta bien vite du haut de la chaire, disant : "Je veux vivre dans la Religion catholique, apostolique et romaine. Je n'ai qu'une âme et je veux la sauver." D'abord incarcéré à Fontenay, il partit pour l'Espagne, le 10 septembre 1792, sur l'Heureux-Hasard. Nous ne savons rien de plus sur lui.

BOUILLÉ-COURDAULT

5092 - M. Jean Alleaume, curé de Bouillé avant la Révolution. Le serment qu'il fit, sous réserve "des décisions de la sainte Église catholique, apostolique et romaine", ne fut pas regardé comme suffisant par l'administration civile, et il dut prendre le chemin de l'exil, c'est-à-dire s'embarquer pour l'Espagne, le 9 septembre 1792, sur le Jean-François. Après le Concordat, l'autorité lui confia trois paroisses, Bouillé, Courdault et Oulmes. Il mourut, en 1808, à l'âge de 69 ans, et fut enterré dans le cimetière de Bouillé.

5093 - M. Ambroise Goujon, curé de Courdault avant la Révolution. Il s'embarqua sur le même navire que M. Alléaume et M. Pierre Goujon, son frère, curé d'Oulmes, et mourut sur la terre étrangère.

5094 - Louis Ducas, 17 ans, condamné à mort à Nantes, le 18 janvier 1794, avec 53 autres jeunes gens.

5095-5096 - Henriette-Marie de Lespinay, épouse de Louis-Alexandre Buor de la Voy, fille puînée de Louis-Gabriel de Lespinay, chevalier, seigneur de Beaumont et du Pally, et de Suzanne d'Appelvoisin, dont le père, Jacques d'Appelvoisin, était chevalier et seigneur de Bouillé. Dans un acte authentique daté du 17 décembre 1800 et publié dans les Chroniques diocésaines, il est dit que Henriette-Marie de Lespinay fut mise, sur un bateau à soupape, à Nantes, et qu'elle a péri avec les prisonniers qui s'y trouvaient, dans la nuit du 6 au 7 janvier 1794. Son fils, Théodore, fut massacré à Laval pendant la guerre de Vendée.

SAINTE-CHRISTINE

5097-5098 - Jean Gremeau, 30 ans, et Jean Greffier, 36 ans, condamnés à mort à Nantes, le 1er janvier 1794.

5099 - Jacques Rai, fusillé à Saumur, le 26 décembre 1793.

5100-5101 - On cite les noms de deux curés, M. Bichon, qui disparut en août 1792, sans doute pour aller en exil, et M. Antoine Gagelin, qui mourut le 13 juillet 1791, après avoir écrit un serment admirable de fidélité envers la sainte Église.

DAMVIX

5102 - Nous n'avons que peu de renseignements sur M. François Clion, curé, ancien vicaire de Sainte-Christine ; on sait seulement qu'il partit pour l'Espagne, le 9 septembre 1792, sur le Jean-François, bateau des Sables, commandé par le capitaine François Picard, mais on ignore s'il revint en France après la pacification.

DOIX

5103 - M. François-André Chabot, vicaire, puis curé, en remplacement de son frère, M. Michel-André Chabot, qui fut nommé, en 1788, aumônier de l'Hôpital de la Rochelle. Après avoir refusé le serment schismatique, il s'embarqua, aux Sables, pour l'Espagne, le 10 septembre 1792, et, à son retour d'exil, il reprit son ancien poste qu'il occupa jusqu'en 1831, époque de sa mort.

5104 - M. Jean Fillonneau, vicaire général du diocèse de la Rochelle, originaire de Doix. Il refusa son adhésion à la Constitution civile du Clergé et partit pour l'Angleterre d'où il revint en 1802.

5105 - M. Jean-Baptiste Goguet, vicaire. Il ne put se résoudre à prêter serment et s'embarqua pour l'Espagne, le 11 septembre 1792, sur la Marie-Gabrielle, bateau des Sables, commandé par le capitaine François Lambert. Il ne semble pas être revenu d'exil.

5106 - M. Jean-Baptiste-René Gaignet, vicaire, originaire du Gué-de-Velluire. Il refusa lui aussi un serment que lui défendait sa conscience et s'embarqua pour l'Espagne avec M. Goguet. Son séjour n'y fut pas de longue durée. Il se rendit en Angleterre et voulut profiter de l'expédition de Quiberon pour rentrer en France. Le 25 janvier 1795, il débarqua avec Mgr de Hercé et 39 prêtres. On sait la suite des évènements. L'armée royale fut anéantie ou faite prisonnière. Au mépris de la parole donnée, la capitulation fut regardée comme nulle et les prisonniers, traduits devant les Commissions militaires, furent condamnés à mort. L'exécution eut lieu le 27 juillet. M. Gaignet n'avait que 31 ans. "Comme il est notoire, dit l'abbé Guillon, qu'il retournait en France pour servir la cause religieuse, c'est bien véritablement pour elle qu'il est mort."

5107 - Marie-Rose Billaud, épouse de René-Charles d'Orfeuilles, âgée de 70 ans, morte en prison à Celles.

MAILLÉ

5108 - M. Joseph Herbert, curé avant la Révolution. Ayant refusé le serment, il fut jeté en prison, au mois de juin 1791, à Fontenay, où il partagea le sort du vénérable Père Baudouin, fondateur des Pères de Chavagnes et des Ursulines de Jésus. Un pieux auteur a écrit ces paroles qui font honneur à M. Herbert :
"Pendant sa captivité, Louis-Marie Baudouin fut consolé et fortifié par la présence des autres prêtres, et surtout par les discours et les exemples d'un vénérable vieillard dont il s'était concilié l'affection : c'est M. le curé de Maillé ..." Ce premier emprisonnement ne dura que quelques semaines. M. Herbert, remis en liberté le 12 juillet, fut appréhendé de nouveau, en mars 1792, "comme perturbateur de l'ordre public et ennemi dangereux de la Constitution civile du Clergé". La loi du 26 août 1792 brisa ses fers, mais, tandis que la plupart de ses confrères prenaient le chemin de l'exil, le curé de Maillé resta dans sa paroisse pour continuer, malgré toutes sortes de dangers, l'administration des sacrements. Dénoncé par un apostat, il fut arrêté, pour la troisième fois, et conduit à La Rochelle où le tribunal révolutionnaire le fit guillotiner, le 5 septembre 1793. Le courageux prêtre disait dans son testament écrit le jour mort :
"Je meurs innocent pour la foi, pour et par mes paroissiens à qui je pardonne de tout coeur. Je meurs pour notre sainte religion catholique, apostolique et romaine, à laquelle j'ai toujours été attaché et hors de laquelle il n'y a point de salut à attendre. Je meurs plein d'espérance en Dieu et en ses divines miséricordes. Je regarde le jour (de ma mort) comme le plus beau jour de ma vie, car j'espère qu'il m'ouvrira le ciel."

5109 - M. Louis-Pierre Raison, diacre en 1791, originaire de Maillé, curé de sa paroisse natale après la Révolution. A l'exemple de son curé, il ne voulut point se soumettre aux lois révolutionnaires. Il partit pour l'Espagne, le 10 septembre 1792, et fut ordonné prêtre sur la terre d'exil. Au Concordat, l'autorité diocésaine le nomma curé de Maillé où il mourut, après un ministère très laborieux, au commencement de janvier 1832, à l'âge de 66 ans.

5110-5111 - Jean Chené, 20 ans, condamné à mort, à Nantes, le 5 janvier 1794, et Pierre Penox, 25 ans, condamné à mort, à Angers, par la Commission Bignon, le 23 décembre 1793.

SAINT-PIERRE-LE-VIEUX

5112 - M. Jubien, curé, qui fut incarcéré à Fontenay pour avoir refusé le serment, et qui mourut en prison faute de soins.

SAINT-SIGISMOND

5113 - M. Jaretrier, curé. Pour sa fidélité à la sainte Église, il fut condamné à la déportation. Il fut interné à l'Île d'Aix et à la citadelle de Blaye et mourut avant la pacification.

5114 - M. Madiot, vicaire. Il resta à son poste jusqu'en 1796 et disparut ensuite, sans doute victime de la persécution révolutionnaire.

VIX

5115 - M. Paul Boudet, curé. De concert avec ses deux vicaires, il refusa le serment et partit pour l'Espagne, sur l'Heureux-Hasard, le 10 septembre 1792. Il mourut en exil.

5116 - M. Jacques-Benjamin Tudeau, vicaire. Il s'embarqua sur la Marie-Gabrielle, le 11, et ne revint pas d'Espagne.

5117 - M. René Bichon, vicaire. Il prit passage sur le Saint-André, le 3 octobre suivant, et mourut aussi en Espagne.

DOYENNÉ DE POUZAUGES

POUZAUGES

5118-5265 - Le général Grignon, commandant d'une colonne infernale, vint à Pouzauges, à la fin de janvier 1794, et fit mettre le feu à la ville. Sept maisons seulement échappèrent à l'incendie. "Pendant que le feu accomplit son oeuvre, est-il dit dans la Revue du Bas-Poitou (IXe année, 4e livraison, p. 429), le général, suivi de son état-major, monte au château et fait fusiller une trentaine de personnes, des femmes, qui y étaient enfermées. Parmi elles se trouvaient, avec leurs familles, deux jeunes filles d'une remarquable beauté. Deux officiers leur font la proposition de les sauver si elles veulent les suivre. L'une accepte et échappe à la mort ; l'autre, Mlle Jannière, noble et touchante victime, répond qu'elle aime mieux mourir avec les siens que de vivre sans eux et elle est sacrifiée, après avoir été outragée par les bandits qui accompagnaient Grignon.

"Dans les campagnes environnant Pouzauges, la terreur n'est pas moindre. D'innombrables habitations sont la proie des flammes. Nous citerons notamment : La Petite et la Grande Barre, le Plessis et le Moulin-Bonnet, la Roussière, l'Augerie, l'Oufraire, la chapelle de Champortais, les servitudes de la Cacaudière, et la Barboire, où dix personnes, dont plusieurs membres de la famille Cosset, sont massacrées. Roy, de Puy-Giraud ; Vincendeau, de la Goupilière ; Poupin, du Plessis ; Gaborieau, de la Roussière ; Humeau, des Suppes ; les deux Garneaux et cent autres, sont impitoyablement fusillés, tandis que M. Fabre de la Grange est brûlé vif dans sa demeure des Burouchelles."

5266 - M. Jean-André Roussereau, curé, qui refusa d'adhérer à la Constitution civile du clergé et dut en conséquence prendre le chemin de l'exil. A son retour, en 1803 et jusqu'en 1813, il administra la paroisse de Benet et, à cette dernière date, il se retira à la Châtaigneraie où il mourut en 1827, à l'âge de 87 ans.

5267 - M. Joseph-Louis-Jean Brillanceau, vicaire de Pouzauges-le-Vieux. Résistant aux tristes exemples de son curé, le trop célèbre Dillon, qui apostasia, il resta fidèle aux lois de l'Église et s'embarqua pour l'Espagne, le 3 octobre 1792, sur le Mandé, capitaine Ravoud, en compatnie de 8 ecclésiastiques. Quand il revint en France, l'autorité diocésaine lui confia les deux anciennes paroisses de Pouzauges réunies en une seule, et c'est dans ce poste qu'il mourut le 8 octobre 1838.

Furent fusillés à Fontenay :

5268 - Pierre Aubineau, cordier, le 30 avril 1793.

5269 - René Coussaud, pareur, âgé de 40 ans, condamné à mort, le 14 décembre 1793, "pour avoir tué des volontaires, distribué l'étape aux soldats de la Vendée et fait fondre le suif des bestiaux qu'ils consommaient".

5270 - Le 24 décembre 1793, Jean Mauricet, âgé de 45 ans, du Vieux-Pouzauges, qui fut arrêté alors qu'il revenait de monter la garde pour les Vendéens, à Réaumur. Quand on lui cria : Qui vive ? Il répondit : Vive Louis XVII.

5271 - Le 26 mars 1794, Jean Curateau, maçon, âgé de 38 ans, du Vieux-Pouzauges, accusé d'avoir "monté la garde avec les Vendéens et d'être toujours resté dans le pays insurgé malgré les arrêtés des représentants".

5272 - Le même jour, Pierre Guillot, âgé de 45 ans, accusé lui aussi "d'être toujours resté avec les brigands".

5273 - Le 3 avril 1794, Rose Bertrand, veuve Souchet, âgée de 40 ans, accusée "d'avoir pillé chez les patriotes".

5274-5275 - Le 10 novembre 1793, Jean Gouby, boucher, au Vieux-Pouzauges, et Louis Souchet, marchand de tabac à Pouzauges, tous les deux membres du Comité royaliste.

5276-5277 - Le 20, René Chaillou, marchand de moutons, et François Guicheteau, tisserand et sacristain, du Vieux-Pouzauges, condamnés comme soldats de la Vendée.

Morts en prison :

5278 - Louis Pasquier, à Celles.
5279 - Pierre Sauzeau, 28 ans, à Niort, le 7 avril 1794.
5280 - Louis Guédon, meunier, à Fontenay, le 26 novembre 1793.
5281 - Pierre Nauleau, à Fontenay, le 29 novembre 1793.
5282 - Jean Mingueret, laboureur, à Fontenay, 58 ans, le 8 décembre 1793.
5283 - Jacques Falourd, maçon, 46 ans, à Fontenay, le 12 décembre 1793.
5284 - Femme Héraud, à Fontenay, le 27 décembre 1793.
5285 - Jacques Cottereau, à la Châtaigneraie, 60 ans, le 4 octobre 1794.
5286 - Marthe Bellion, 40 ans, à Fontenay, le 12 février 1794.

5287-5289 - Jean Hutteau, fusillé à Angers, le 1er février 1794 ; Pierre Bernard, âgé de 22 ans et Jean Husseau, âgé de 29 ans, condamnés à mort à Nantes, l'un le 18 janvier 1794, et l'autre le 2 du même mois, ce dernier comme munitionnaire des Vendéens.

5290-5292 - Marie Bireau, femme Tisseau, Marie Bodais, âgée de 24 ans, et la femme Friconnaire, âgée de 21 ans, sont nommées par divers auteurs, comme victimes de la Révolution, les deux dernières à la date du 14 décembre 1793.

5293-5294 - M. Alexis-Hilaire des Nouhes de Loucherie, né à la Cacaudière, époux de dame Jeanne-Françoise-Marie-Madeleine Mercier de Marigny (de la Gallière, paroisse des Aubiers, Deux-Sèvres), chef d'une division vendéenne. A la déroute de Savenay, il tint tête à l'armée victorieuse de Kléber et fut massacré par les républicains, ainsi que sa courageuse femme qui l'avait accompagné dans tous ses combats.

5295 - Le comte Joseph-Gabriel-Toussaint Grignon de Pouzauges, fils de Mre Joseph-Toussaint de Grignon, marquis de Pouzauges, et de dame Joséphine de Grignon, officier vendéen supérieur, qui habitait le château des Échardières. Il fut tué à Chambretaud, dans une surprise des républicains.

LE BOUPÈRE

5296-5315 - Dans les premiers jours de février 1794, Grignon, qui venait de brûler Pouzauges et la Meilleraie, se rend au Boupère avec un détachement de hussards. Il y trouve la garde nationale sous les armes et se contente de la désarmer. 19 prisonniers sont égorgés ; trois mille boisseaux de blé, huit cents mille de foin et trois mille livres de laine sont livrés aux flammes. Au village des Combes, le sieur Vendé est horriblement mutilé.

Furent exécutés à Fontenay :

5316 - Le 22 décembre 1793, Georges-Marie Réneteau, âgé de 44 ans, pris les armes à la main et accusé "d'avoir été avec les insurgés".

5317 - Le 23 décembre 1793, Louis Villeneuve, domestique farinier, 28 ans.

5318-5320 - Le 24 janvier 1794, Jean Boissinot, 40 ans, meunier, "accusé, ainsi que Pierre Thomas, meunier, 37 ans, ainsi que Thomas Bréaud, sabotier, 40 ans, de s'être transporté chez les patriotes, d'y avoir bu et mangé et cherché à les empoisonner en jetant du poison dans les vaisseaux qu'ils avaient d'ordinaire à mettre de l'eau."

5321-5325 - Le même jour, Jean Girard, 37 ans, meunier, chef de bande ; Louis Morin, métayer, membre du Comité, "toujours des premiers à aller aux batailles" ; François Ravaud, 61 ans, charpentier, qui "a monté la garde avec un fusil qu'il n'a jamais voulu remettre à la municipalité et a été trouvé nanti de papiers contre-révolutionnaires" ; Pierre Mouchard, 45 ans, journalier, et Jean Boisseau, 35 ans, sabotier, membre aussi du Comité, accusés "d'avoir pillé des patriotes".

5326 - Le 26 janvier 1794, Joseph Gaucher, 36 ans, convaincu "d'avoir été avec les brigands".

5327 - René Villeneuve, travailleur aux mines de La Ramée, condamné à mort comme soldat de la Vendée, par le tribunal criminel du Mans, le 11 janvier 1794.

5328 - Louis Charrier, 16 ans, domestique, fusillé à Angers, au début de l'année 1794.

5329 - Pierre Monnet, 40 ans, mort en prison à Niort, le 12 mars 1794.

5330-5335 - Jean Biraud, 60 ans, tisserand, guillotiné à Fontenay comme "brigand de la Vendée", le 21 novembre 1793 ; Jean Biraud, fils probablement du précédent, tisserand, exécuté au même lieu, le même jour et pour les mêmes motifs ; Jean Garnier, boulanger, 60 ans, guillotiné au même lieu, le 14 décembre 1793 ; Pierre Pasquereau, 42 ans, et Jean Pasquereau, aussi laboureur, guillotinés trois jours auparavant ; Louis Rochard, nommé par la Vendée Historique comme victime de la Révolution.

5336 - Jean Bertin, marchand, 32 ans, accusé d'avoir été, suivant les uns, courrier des Vendéens, ou, suivant d'autres, un des chefs insurgés de la paroisse ; d'avoir en cette qualité, au mois d'avril 1793, pénétré dans Saint-Hermant, aux cris de : vive Louis XVII ! avec l'armée vendéenne ; d'y avoir pris, chez la femme d'André Sasse, aubergiste, trois chevaux et de l'avoine, en compagnie de Loué, de Challans, et de Pierre Biret, de Féole, et de Blanchard, de la Réorthe, et d'avoir réquisitionné chez cette même femme une chambre pour loger les 36 hommes qu'il commandait. Il fut arrêté chez lui et traduit devant la Commission militaire de la Rochelle qui, après l'avoir trois fois interrogé, l'envoya à la mort le 19 novembre 1793.

5337 - Pierre Guittau, journalier, 37 ans, fusillé à Saint-Malo, le 14 janvier 1794.

5338 - Bibard, tailleur d'habits, arrêté le 9 décembre 1793, livré ce même jour à la municipalité de Villemoisan, près Ingrandes, incarcéré à la citadelle d'Angers, probablement mis à mort à la fin de décembre 1793, ou au commencement de l'année suivante.

5339-5342 - Louis Soullard, domestique de métairie, Louis Chariot, maçon, Pierre Simon, closier, et François Houdard, 14 ans, journalier, condamné à mort par la commission militaire des Deux-Sèvres, le 11 janvier 1794.

5343 - Jacques-Auguste de la Douespe du Fougeray, propriétaire à la Biffardière, incarcéré à Fontenay. Il était protestant, mais les excès de la Révolution le firent tourner du côté des Vendéens. Fort de son innocence et se croyant injustement condamné par le faux témoignage de ses ennemis du Boupère, il s'échappa de la prison avec 24 de ses co-détenus. Sa poursuite fut vivement organisée par l'administration départementale, qui fit proclamer à son de caisse : "La mort est le seul châtiment de ceux qui favorisent l'évasion des prisonniers ou les recèlent". Quelques jours après, aux environs de la Grigonnière, il fut reconnu par des patriotes du Tallud, qui le reconduisirent à Fontenay. Il fut condamné à mort, le 30 novembre 1793, et exécuté le 2 décembre, à l'âge de 70 ans.

LES CHATELLIERS-CHATEAUMUR

5344-5345 - M. Serrillé, curé des Châtelliers, refusa le serment schismatique et resta caché dans le pays. On ne sait ce qu'il devint au sortir de la Révolution. Son voisin, M. Henri-Louis Delavaud, curé de Châteaumur, demeura lui aussi fidèle aux lois de l'Église et comme il était infirme et âgé de 66 ans, il ne songea pas à partir pour l'exil. Arrêté dans sa paroisse, le 16 février 1798, il fut conduit en prison à Fontenay, puis remis en liberté peu après. Il mourut l'année suivante.

5346 - M. Camus (Julien-Anne) était religieux au couvent des Carmes de la Flocellière, quand éclata la Révolution. On l'arrêté pour les brochures qu'il avait répandues contre la Constitution civile du clergé et on le força ensuite à partir pour l'Espagne, le 3 octobre 1792. Au retour de l'exil, il exerça le saint ministère aux Châtelliers, puis à Saint-Paul-en-Pareds et revint aux Châtelliers où il mourut le 16 mars 1810.

5347-5350 - François Coudray, 29 ans, condamné à mort à Nantes, le 2 janvier 1794, ainsi que Francheteau, 18 ans, et Jean Fresneau, 22 ans. - François Javot, 17 ans, fut exécuté au même lieu, le 5 janvier suivant.

CHAVAGNES-LES-REDOUX

5351 - M. Antoine-Alexandre Fumoleau, curé depuis 1767 jusqu'à sa mort. Il ne voulut point faire le serment exigé par les lois républicainces et resta dans la contrée, où il eut à subir toutes sortes de privations et d'angoisses, sans cesse poursuivi par les révolutionnaires, mais toujours assez heureux pour échapper à leurs embûches dans l'administration de son périlleux ministère. La tradition rapporte qu'il se cachait souvent au château des Touches, chez M. Majou, qui paya, de sa vie, sa générosité hospitalité. Le prêtre fidèle mourut des suites de la persécution vers la fin de la période révolutionnaire.

5352-5353 - M. René-Auguste Majou, dont nous venons de parler, agriculteur et fournisseur de bois pour la marine française, domicilié au château des Touches. Il fut arrêté vers la fin de 1793, emmené à Fontenay et condamné à mort, à l'âge de 48 ans. On le guillotina le 31 décembre de la dite année. Convaincu "d'avoir fourni des subsistances aux Vendéens ; engagé les habitants de sa commune et des autres circonvoisines à se réunir à eux ; fait jeter des arbres par terre dans les chemins où il savait que l'armée républicaine devait passer pour poursuivre les rebelles ; retiré chez lui des prêtres réfractaires, ainsi que les trois principaux chefs des rebelles, et resté lui-même avec eux à Châtillon pendant huit jours". André Bournaud, son jardinier, âgé de 31 ans, guillotiné avec son maître, et ayant été accusé d'être courrier des brigands et vrai brigand lui-même.

5354 - Louis Danyeau, 44 ans, marchand, exécuté à Fontenay, le 8 mars 1794, "pour avoir été avec les brigands".

5355 - Marie Goyeau, femme Guillon (ou Guitton), 44 ans, exécutée au même lieu, le 26 du même mois, pour "avoir hébergé des brigands".

5356 - Angélique Goineau, 31 ans, exécutée également à Fontenay, le même jour, comme contre-révolutionnaire.

5357 - Jacques Baudin, 31 ans, mort de misère dans les prisons de Niort, le 16 avril 1793.

5358-5361 - René Rothureau, 36 ans ; Pierre Delaine, laboureur, 36 ans ; Pierre Martineau, 38 ans, meunier, indiqués par la Vendée Historique comme victimes de la Révolution, ainsi que Michel Breton, laboureur, 34 ans.

5362 - Pierre Chupart, fusillé à Savenay, le 25 décembre 1793.

5363 - François Rocher, 23 ans, mort en prison à Niort, le 7 avril 1794.

5364-5365 - Pierre Drouet et Louis Gaborieau, condamnés à mort à Nantes, le 6 janvier 1794.

5366 - Jean Chapot, 30 ans, condamné à mort, par la Commission militaire de Blain, le 23 décembre 1793.

5367 - Jean-Mathias Germon, âgé de 40 ans, vicaire. Né à Chavagnes (?) et domicilié à Talmont, il fut condamné à la déportation. Libéré, le 12 décembre 1800, il revint en France, mais on ne sait pas ce qu'il devint ensuite.

LA FLOCELLIÈRE

5368-5408 - Les historiens de la Vendée donnent des détails affreux sur les massacres ordonnés, dans cette paroisse par le général Grignon, de sinistre mémoire, le 27 janvier 1794. Nous ne pouvons que les résumer :

20 jeunes gens sont égorgés, ainsi que des officiers municipaux en écharpe. De nombreux habitants sont fusillés, sans exception, ni formalité. 10 hommes de la garde nationale sont sabrés ; d'autres sont égorgés. La troupe pilla, incendia à tort et à travers ... Les demoiselles Alquier, de la Bergelière, sont coupées en morceaux ; Mlle Périneau, fille du régisseur de la Sominière, est brûlée vive ; deux paysans, du nom de Lumineau, sont massacrés sous les châtaigniers de la Fromentinière ; les deux demoiselles de Marboeuf sont sciées vivantes ; plusieurs Sourisseau, de l'Ardonnière, sont mis à mort au moulin Brochet ; une dame Morand, trouvée près du moulin de la Châgnais, est également passée par les armes, etc.

5409 - M. Emeric, prieur du couvent des Carmes. Il se retira en Belgique, où il eut beaucoup à souffrir par suite de l'occupation de ce pays par les autorités françaises. Arrêté on le transféra à Saintes, son diocèse d'origine, où il mourut après quelques jours d'emprisonnement. Mgr de Beauregard, qui avait partagé son sort dans les geôles de Poitiers, avait gardé le meilleur souvenir de ce vertueux prêtre.

5410-5414 - Furent condamnés à mort à Nantes :

- Le 1er janvier 1794, Pierre Hérault, 28 ans ;
- Le 4 janvier 1794, Pierre Renaud, 40 ans ;
- Le 5 janvier 1794, Louis Blanchard, 25 ans ;
- Le 6 janvier 1794, Louis Blanchard, 23 ans ;
- Le même jour, Pierre Clandernède, 27 ans.

Furent exécutés à Fontenay :

5415 - Pierre Sicot, 26 ans, tisserand, fusillé, le 19 décembre 1793, pour "avoir assisté à plusieurs batailles armé d'un fusil et rempli les fonctions de courrier".

5416 - Jacques Guignard, employé aux traites, condamné à mort, comme séditieux, le 3 décembre précédent ;

5417 - Jacques Guignard, son fils, sans doute, condamné à mort, comme séditieux, le 3 décembre précédent ;

5418-5419 - Pierre Segui, procureur de la commune ; Pierre Segui, son fils, sans doute, employé aux traites, condamné à mort, le même jour et pour le même motif.

5420-5421 - Gabrielle Paillou, veuve de René Guéri, 63 ans, morte en prison à Celles ; Jacques-René Paillou, 38 ans, avocat et sénéchal de la Flocellière, membre du comité royaliste de Châtillon. Il passa la Loire avec l'armée vendéenne, fut fait prisonnier à la bataille de Dol et immédiatement fusillé, le 10 janvier 1794.

5422-5426 - Pierre Millaguet, 60 ans, contrôleur des greniers à sel, exécuté à Niort, le 22 janvier 1794 ; Marie-Louise Dupont, épouse du sieur Boutillier du Retail, condamnée à mort comme brigande de la Vendée, par le tribunal de la Vienne, le 2 janvier de la même année ; Jean Teillais, meunier, condamné à mort, à Cron, comme rebelle, le 21 juillet suivant ; Marie-Anne Héraud, 30 ans, veuve de Jean Germond, tisserand à Châtillon, née à la Flocellière, fusillée au Champ des Martyrs à Angers, le 25 janvier 1794 ; Marie Baudry, morte en prison, à Fontenay, 54 ans, le 15 février suivant.

LA MEILLERAYE-TILLAY

Le 30 janvier 1794, les habitants du bourg, leur curé en tête, l'abbé Rabillé, assermenté, étaient rassemblés à l'église ; ils furent tous fusillés par l'ordre de Grignon, à pas un seul qui s'échappa. Dans les environs, des infirmes furent brûlés vif dans leur lit.

5427-5429 - M. Jean Reynard, curé, condamné à mort comme réfractaire, le 18 mars 1794, par le tribunal criminel de la Vienne.

M. Guignard, ancien curé de Saint-Prouant, natif de la Meilleraye. S'étant caché dans le pays, il échappa à toutes les poursuites, jusqu'au 16 août 1797, époque à laquelle il fut arrêté et incarcéré, comme suspect, dans les prisons de Fontenay.

M. Charles Augis, prêtre lazariste, curé de Beaulieu-sur-Mareuil, desservant de la Meilleraye, depuis le mois de juin 1793 jusqu'au 11 avril 1796. Il mourut à cette dernière date, à l'âge de 68 ans, des suites de ses excessives fatigues.

5430 - Antoine Jadeau, 26 ans, guillotiné à Fontenay, le 5 janvier 1794. Le jugement porte : "A aidé à égorger un patriote et assisté à plusieurs combats. Fameux brigand forcené."

5431 - Pierre Péquin, de Tillay, chef du comité royaliste, guillotiné à Fontenay, le 16 janvier suivant.
5432 - Jacques Drouet, 40 ans, domicilié au même lieu et guillotiné le même jour, avec la même mention. 

5433 - Louis Lecointre, aussi de Tillay, condamné à mort à Savenay, comme brigand de la Vendée, le 25 décembre 1793.

5434 - François Paillat, mort la veille, dans les prisons de Fontenay.

SAINT-MESMIN

5435 - Le comte de Vasselot, officier de marine. Il émigra, essaya ensuite de rentrer en France pour se battre contre les révolutionnaires, fut fait prisonnier sur les côtes de Bretagne et enfin laissé en liberté. Retiré au Château de Saint-Mesmin, il réussit, malgré la surveillance de la police, à organiser un soulèvement, avec le marquis de Grignon de Pouzauges. A la tête de huit cents hommes, ces deux chefs battirent les républicains sur plusieurs points, notamment à Saint-Michel-Mont-Mercure, aux Épesses et à Saint-Laurent-sur-Sèvre, mais ils furent écrasés à Chantonnay, le 30 mars 1795, et le lendemain à Saint-Vincent. Le comte de Vasselot se réfugia alors au château de Mesnard, mais il fut bientôt arrêté, conduit aux Herbiers et condamné à mort par la Commission militaire de cette ville. Il avait trente ans. Son exécution eut lieu, dit-on, dans la cour du château de Mesnard, sous les yeux de sa fiancée, Mlle de Mesnard.

5436-5443 - Furent fusillés à Fontenay :

Le 22 décembre 1793, Charles Boissinot, 31 ans ; André Danieau, 45 ans, marchand de tabac ; Pierre Guédon, 30 ans, voiturier ; François Gray, 43 ans, voiturier, accusés tous les quatre d'avoir été avec les insurgés ; Le 23, Charles Mingret, 46 ans, cabaretier, et Pierre Royat, 65 ans, tourneur, accusés d'avoir assisté à plusieurs combats avec les Vendéens ; Le 29 - Jacques Texier, journalier, 43 ans, chef des brigands ; Le 9 février 1794, René Vrignaud, sabotier à la Chenelière, 58 ans, convaincu "d'avoir été avec les rebelles, depuis le commencement des hostilités, armé d'une fourche et d'un fusil".

5444 - Pierre Berthelot, 30 ans condamné à mort à Nantes, le 23 décembre 1793.
5445 - Jean Jeanneur, 40 ans, condamné à mort à Nantes, le 1er janvier 1794.
5446 - Jean Liconnière, 27 ans, condamné à mort à Nantes, le surlendemain.
5447 - Jean Cotillon, 34 ans, exécuté à Niort, le 16 avril suivant.
5448 - François Daviau, métayer, condamné à mort à Saumur, comme soldat de la Vendée, le 17 décembre 1793.
5449 - Pierre Oger, condamné à mort, le 26 du même mois, au même endroit et pour le même motif.

5450 - Louis Châtellier, 16 ans, laboureur, fusillé aux Ponts-de-Cé, près d'Angers, le 19 décembre 1793. Sans armes, il s'était rendu prisonnier volontaire, avec un grand nombre de compagnon à Ingrandes, et avait été malgré cela, condamné à mort par la Commission militaire de Maine-et-Loire.

SAINT-MICHEL-MONT-MALCHUS

5451 - M. Lebreton, originaire de la Sarthe, qui se réfugia, pendant la révolution, à Saint-Michel, qu'il administra avec un zèle tout apostolique. Arrêté et conduit à la déportation en Guyane, il fut incarcéré dans la citadelle de Saint-Martin-de-Ré, où il est mort vraisemblablement avant la fin des troubles.

5452 - Jacques Tranchet, 27 ans, tisserand, qui fut guillotiné à Fontenay, le 14 janvier 1794. Le jugement porte : "Brigand dangereux, a toujours refusé de rendre les armes".

5453-5456 - Mathurin Bonnet, 38 ans, maçon ; François Gelot, 38 ans, tisserand ; François Peneau, 18 ans, marchand de sel, et Jacques Clouc, 28 ans, laboureur, tous accusés d'avoir fait cause commune avec les rebelles et condamnés à mort, le 11 mai 1794, par la Commission militaire à Noirmoutier.

5457-5459 - Jacques Pautteaux, 30 ans ; Pierre Gelot, 25 ans et Jacques Sarrazin, tous trois de Saint-Michel (?), morts en prison à Niort, le 12 mars 1794.

5460 - Marguerite-Geneviève Grenon, veuve Merlet, victime de la persécution républicaine et jetée dans les dites prisons de Niort, le 27 décembre 1793.

MONTOURNAIS

Les citoyens Carpenty et Morel, commissaires près les colonnes infernales, adressaient, le 24 mars 1794, à la Convention, le rapport suivant :

"A Montournais, aux Epesses et dans plusieurs autres lieux, le général Amey fait allumer les fours, et lorsqu'ils sont bien chauffés, il y jette les femmes et les enfants. Nous lui avons fait des représentations convenables. Il nous a répondu que c'est ainsi que la République veuf faire cuire son pain. D'abord on a condamné à ce genre de mort les femmes brigandes, mais aujourd'hui les cris de ces misérables ont tant diverti les soldats et le général Turreau, qu'ils ont voulu continuer ces plaisirs, même sur les femmes des vrais patriotes. La veuve Pacaud, dont le mari a été tué à Châtillon, par les brigands, s'est vue, avec ses quatre petits enfants, jetée dans un four. Nous avons voulu interposer notre autorité, les soldats nous ont menacés du même sort". D'après le révolutionnaire, Prudhomme, la persécution aurait immolé en Vendée 15.000 femmes et 22.000 enfants.

5461 - M. Jean-Hyacinthe Baudry, curé, né en 1759. Fidèle aux lois de l'Église, il dut, comme la plupart de ses confrères, se résigner à prendre le chemin de l'exil et s'embarquer aux Sables, le 23 octobre 1792. A son retour, on lui confia la paroisse de Montournais, où il mourut en 1827.

5462-5469 - Furent fusillés à Fontenay :
Le 16 décembre 1793, Jean L'Hommedé, 16 ans, domestique, pris les armes à la main, à la suite d'une déroute ; Le 24, Pierre Besly, 37 ans, charpentier, accusé d'avoir sonné le tocsin pour les rebelles et d'avoir été de leur parti. - Jacques Girard, 45 ans, journalier, Jacques Bénéteau, 21 ans, et Jean Bénéteau, 37 ans, charpentier, soldats volontaires, arrêtés comme ils venaient de monter la garde pour les Vendéens à Réaumur ; Le 28, Simon Bénéteau, 32 ans, courrier des armées vendéennes ; Le 13 janvier 1794, François Albert, 41 ans, tisserand, "chef des brigands, qui a pris des chevaux aux patriotes pour aller à la bataille" ; Le 14 novembre 1793, Jacques Caillaud, affranchisseur de bestiaux, condamné à mort pour avoir fait partie de l'armée vendéenne.

5470-5471 - Louis Rousseau, 30 ans, mort en prison à Niort, le 12 mars 1794 ; Marguerite Point, morte dans la même prison, le 14 avril 1795.

5472 - Louis Bodin, métayer, guillotiné à Saumur, le 19 décembre 1793, comme soldat de la Vendée

5473 - Jean Girault, métayer, condamné à mort l'avant-veille au même lieu et pour le même motif.

5474-5475 - Louis Guillet, bordier, et N. Albert, 42 ans, massacrés, le 22 février 1794, par deux hussards républicains.

5476 - Louis Gaucher, bordier, tué, le 11 janvier 1794, par une patrouille de gardes-nationaux.

5477 - Pierre-Guillaume Poupin, capitaine de l'armée catholique, qui a reçu douze blessures et a pris part à cinquante combats.

MONSIREIGNE

5478 - M. Charles-Louis Graffard, curé, né aux Herbiers, en 1745. Il prêta d'abord serment, mais se rétracta bientôt. Sa tête fut mise à prix. Arrêté, il fut condamné à la déportation en Guyane et interné à Rochefort, où il eut beaucoup à souffrir sous tous les rapports ; le Directoire le fit transférer sur la Charente avec 92 compagnons d'infortune, puis transporter dans la citadelle de Saint-Martin-de-Ré. A peine libéré, à la fin de 1799, ce prêtre courageux revint au milieu de ses chers paroissiens de Monsireigne.

5479 - Pierre Blanchard, 32 ans, mort en prison à Niort, le 16 avril 1794.

5480-5483 - Jacques Thibaud, 25 ans, meunier ; Jacques Richard, 30 ans, voiturier ; Marie Humeau, 13 ans, tisserand ; Jean Foriau, 14 ans, meunier, indiqués par l'abbé Uzureau, dans la Vendée Historique comme victimes de la Révolution.

LA POMMERAYE

Après avoir massacré 300 personnes dans les environs de Cerizay, le général révolutionnaire Grignon brûla le bourg de la Pommeraye et fit tuer, par sa sinistre bande, le 25 janvier 1794, les malheureux habitants qui furent surpris autour de leurs foyers en ruines ou dans leurs champs dévastés.

5484 - M. Jean-Marie Réthoré, chanoine régulier de la Congrégation de Sainte-Geneviève et prieur d'Usseau (Deux-Sèvres) prêta le serment schismatique, mais il se rétracta bientôt et s'en alla rejoindre en Espagne ses confrères, qui déjà avaient préféré l'exil à l'apostasie. Après le Concordat, l'autorité diocésaine lui confia la cure de la Pommeraye où il mourut, à l'âge de 75 ans, le 24 octobre 1820.

5485 - Joseph Landreau, marchand, 26 ans, emprisonné à Fontenay et fusillé, comme chef de Vendéens, le 14 décembre 1793.

5486 - Charles Gaborit, 75 ans, mort en prison à Celles.

5487 - Louis Brevet, 36 ans, condamné à mort à Nantes, le 29 décembre 1793 et fusillé le même jour dans les carrières de Gigant.

5488 - Jean Bioteau, 50 ans, condamné à mort à Nantes, le 1er janvier 1794.

5489 - Jean Grumeau, 21 ans, condamné à mort à Nantes, le 1er janvier 1794.

5490 - Jacques Holimeau, 36 ans, condamné à mort à Nantes, le 1er janvier 1794.

5491 - Charles Oloué, 18 ans, condamné à mort à Nantes, le 1er janvier 1794.

5492 - Jacques Beduneau, 18 ans, condamné à mort à Nantes, le 2 janvier 1794.

5493 - Pierre-Jacques Belouin, condamné à mort à Nantes, le 4 janvier 1794.

5494 - Paul Bourreau, condamné à mort le 10 décembre 1793, par la Commission militaire de Doué.

5495 - Mathurin Brûlé, condamné à mort, le 2 du même mois par la Commission militaire des Ponts-de-Cé.

5496-5497 - Mathurin Pitton, 28 ans, métayer et René Gaborit, tisserand, fusillés à Angers, le 15 avril 1794.

5498-5502 - René Boré, 16 ans, métayer ; Jean Cousineau, 54 ans, marchand ; François Delaunay, 38 ans, maréchal-ferrant ; Jean Desbois, 47 ans, serrurier ; et Jean Noyer, 28 ans, voiturier, tous indiqués par la Vendée Historique comme victimes de la Révolution.

RÉAUMUR

Cette paroisse fut particulièrement éprouvée dans deux circonstances principales, lors du passage de Westerman, le 30 septembre 1793, et à la suite d'un combat funeste aux Vendéens, le 14 mars 1794. Quelques personnes ayant été massacrées aux abords de la chapelle, leurs corps, pieusement recueillis, furent inhumés sous le petit porche, comme le rappelle une inscription placée naguère par les soins du curé, M. l'abbé Pajot.

5503 - Au sortir de la Révolution, les ruines du sanctuaire furent relevées par un confesseur de la foi, M. Pibouing. Dans son intéressante notice sur Notre-Dame de Réaumur, M. l'abbé Raffin, curé de la Gaubretière, s'est plu à faire revivre la physionomie éminemment sacerdotale de ce vénérable prêtre. M. Pibouing était vicaire de Réaumur quand le serment schismatique fut exigé des ecclésiastiques ; il le refusa courageusement et, au lieu de s'exiler, resta dans le pays, pour continuer, au péril de sa vie, l'exercice de son ministère. Sur le point d'être pris, par suite d'une dénonciation, il s'enfuit du côté de la Bretagne. Mais il fut arrêté, dans les environs de Vannes et jeté en prison. Nous ne savons par quel miracle, le proscrit resta onze mois dans les fers et fut libéré le 8 mai 1794, sous la condition expresse de ne pas quitter la ville. Quand la paix fut enfin rendue à l'Église de France, les habitants de Réaumur, apprenant que leur ancien vicaire vivait encore, firent d'instantes démarches pour le faire revenir au milieu d'eux comme curé. L'un de ces braves chrétiens, le père Vendée, sella un jour ses deux meilleurs chevaux et partit à la grâce de Dieu, pour aller chercher son cher pasteur. Le voyage dura quinze jours et l'abbé Pibouing revint triomphalement au milieu de ses paroissiens.

5504 - Pierre Brot, fusillé à Savenay, le 23 décembre 1793.

5505 - Jean Beneteau, 30 ans, condamné à mort, à Nantes, le 5 janvier 1794.

5505-5507 - Pierre Bonnin, 48 ans, mort en prison à Niort, le 17 janvier 1794, ainsi que Mathurin Beneteau, âgé de 36 ans, et Baptiste Guérin, 24 ans, le 7 avril suivant.

5508 - François Papion, officier municipal, condamné à mort, comme conspirateur, le 13 mars 1794, par le tribunal de la Charente-Inférieure.

Morts dans les prisons de Fontenay :

5509-5512 - Jacques Babin, âgé de 45 ans environ, le 5 décembre 1794 ; Jacques Auger, laboureur, 50 ans, le 2 avril de la même année ; François Ayraud, cultivateur, 69 ans, le 9 juin suivant ; Joseph Baudry, administrateur, 69 ans, le 3 janvier précédent.

LE TALLUD ET SAINTE-GEMME-DES-BRUYÈRES

Ces deux paroisses d'autrefois n'en forment qu'une seule aujourd'hui : le Tallud-de-Sainte-Gemme.

5513 - M. Jean-Louis Grignon, curé du Tallud en 1792. Ayant refusé d'adhérer à la Constitution civile du clergé, il dut se résigner à l'exil. Son embarquement eut lieu aux Sables, le 11 septembre de la dite année, et le navire, la Marie-Gabrielle, qui l'emporta, avec 38 de ses confrères, prit la direction de Saint-Sébastien. Le manque absolu de renseignements sur son compte ferait croire qu'il est mort en Espagne.

5514 - M. Gabriel-Célestin Giraud de la Clairie, curé de Sainte-Gemme-des-Bruyères. Comme son voisin, il demeura fidèles aux lois de l'Église et dut lui aussi s'expatrier. Il prit passage aux Sables, le 10 septembre, sur l'Heureux-Hasard qui devait le conduire également en Espagne. A la fin des troubles révolutionnaires, il revint à Sainte-Gemme où il mourut en 1812.

ARCHIPRÊTRÉ DES SABLES

DOYENNÉ DES SABLES

LES SABLES

Les jugement prononcés, aux Sables, par le tribunal révolutionnaire et la Commission militaire, sont ainsi résumés :
Du 1er avril au 10 mai 1793, 68 condamnations à mort.
Du 17 au 30 mai, 7 condamnations à mort.
Du 1er au 28 décembre, 16 condamnations à mort.
Du 6 janvier 1794 au 13 avril, 36 condamnations à mort.
Soit au total : 127 condamnations à mort.

Les corps de ces victimes furent inhumés dans le cimetière qui se trouvait dans l'emplacement occupé aujourd'hui par le calvaire et la maison curiale. Il suffit d'y creuser, à quelques centimètres de profondeur, pour découvrir les ossements des martyrs.

D'autre part, les juges sablais firent déporter, à Noirmoutier, 200 personnes environ qui, pour la plupart, furent mises à mort, au bois de la Chaize, par l'ordre du trop célèbre Tiroco.

L'Histoire nous apprend aussi qu'un vendéen et 28 femmes vendéennes furent expédiés à Paris et internés à la Conciergerie. Dix de ces malheureuses furent acquittées, mais les autres furent condamnées à mort le 24 juin 1794.

Un auteur contemporain (Les prisons de Paris sous la Révolution, par Dauban) a écrit ces lignes douloureuses à leur sujet : "Vingt femmes du Poitou, pauvres paysannes pour la plupart, furent assassinées ensemble. Je les vois encore ces malheureuses victimes. Je les vois étendues dans la cour de la Conciergerie, accablées de la fatigue d'une longue route et dormant sur le pavé ... Elles furent exécutées toutes peu de jours après leur arrivée. Au moment d'aller au supplice, on arrache à l'une de ces infortunées l'enfant qu'elle nourrissait et qui, au moment même, s'abreuvait d'un lait dont le bourreau allait tarir la source. O cris de la douleur maternelle, que vous fûtes aigus ! Mais vous fûtes sans effet. Quelques femmes sont mortes dans la charrette et on a guillotiné des cadavres ..."

Le clergé des Sables donna l'exemple de la fidélité et fournit de nombreuses victimes à la haine révolutionnaire.

5515 - M. Charles-Joseph Boitel, curé des Sables depuis 1770. Ayant refusé le serment voté par la Constituante, il fut tout de suite persécuté par une municipalité intransigeante, alors que le peuple lui témoignait une grande affection. La police voulut même l'arrêter, sous le fallacieux prétexte qu'il avait fomenté une émeute au Château-d'Olonne et, un jour qu'on le savait à l'hôpital, les municipaux firent cerner l'établissement afin de s'emparer de sa personne. Le bon pasteur allait-il être pris ? Dans l'enclos de la maison, des marins avaient étendu une voile de navire pour la faire sécher. Ils y placent leur curé, le roulent doucement dans la voile qu'ils emportent sur leurs épaules sans provoquer la moindre défiance dans la pensée des sentinelles. Quelques jours après, il fallut employer le même moyen pour transporter le vénérable prêtre sur un bateau en partance pour l'Espagne. Au retour de l'exil, M. Boitel redevint curé des Sables, jusqu'à sa mort en 1810.

5516 - M. Pierre-Noël Vrignaud, vicaire de Cheffois, curé du Boupère, des Sables, à la mort de M. Boitel, et chanoine honoraire. Adversaire déclaré des erreurs révolutionnaires, il resta dans le pays pour les combattre et pour rendre service aux âmes privées des pasteurs. Longtemps il réussit à échapper aux poursuites des terroristes, mais un jour il fut surpris et il eut à souffrir toutes sortes de vexations. Il parvint à s'enfuir. Plus tard, après avoir administré les deux paroisses que nous avons nommées, il mourut pour un voyage qu'il fit à Nantes. C'était en 1824. "Pour conserver sa mémoire, écrit M. l'abbé Baraud, ses paroissiens firent placer une plaque de marbre sur la plate-forme du Calvaire."

5517 - M. Gourdin, originaire de Normandie, vicaire des Sables. A l'exemple de son curé et de tout le clergé sablais, il refusa d'accepter la Constitution civile et, après mille tracasseries qui lui furent suscitées pour l'empêcher d'exercer le saint ministère, il dut se résoudre à l'exil. Sa mort survint peu de jours après son arrivée en Espagne, par suite des fatigues extrêmes de son voyage.

5518 - M. François Boulineau, ancien vicaire d'Aizenay, vicaire et aumônier de l'hôpital des Sables. L'auteur du Clergé vendéen pendant la Révolution lui a rendu ce beau témoignage : "Il fut l'un des plus énergiques confesseurs de la foi, bravant tous les dangers, exposé vingt fois à la mort, s'introduisant dans les prisons des Sables et se trouvant sur le chemin qui menait à l'échafaud, pour confesser et absoudre les condamnés ..." En juin 1792, il est dénoncé "pour avoir administré et confessé les fanatiques de la paroisse et pour ce motif il est incarcéré à Fontenay où il eut à souffrir, pendant plusieurs mois, toutes sortes de privations et d'angoisses". On le remet enfin en liberté, et, à cause de son âge, on le dispense de l'exil. Mais ses ennemis ne désarment pas. Bientôt, il doit se cacher et se déguiser. "Un jour, raconte l'auteur déjà cité, travesti en bonne femme et la quenouille au côté, il fut reconnu par le juge Regain, au cours d'une visite domiciliaire, mais Regain, par égard pour son épouse, ferme et douce, chrétienne, pleine de vénération pour le vieil aumônier, ne montra pas qu'il l'avait reconnu et, rentrant chez lui, se contenta de dire à sa femme de recommander au vieillard de mieux se déguiser à l'avenir." Après avoir échappé aux dangers de la Terreur et rendu les plus signalés services, ce vénérable prêtre mourut, en 1811, âgé de plus de 80 ans.

5519 - M. Christophe Guyard, aumônier des bénédictines. Sur son refus de prêter serment et "comme il continuait, malgré les ordres de la municipalité, de confesser, d'administrer les sacrements et de dire la messe, les portes ouvertes", son arrestation fut décidée et 40 gardes nationaux reçurent la mission de le conduire à la prison de Fontenay. Il y resta pendant près d'un an et faillit être massacré, quand trois mille soldats de la Gironde et cinq cents Mayençais essayèrent, en mars 1793, de forcer les portes de la prison pour égorger les détenus. Remis en liberté, après la prise de la ville par les Vendéens, au mois de mai suivant, il se retira dans le pays de Chauché, pour remplir le saint ministère, puis aux Sables même, où, en 1800, il lui fut enfin permis de célébrer publiquement les offices de l'église. Sa mort survint vers 1802.

5520 - M. Jacques Cazes, aumônier de religieuses. Il refusa le serment et réussit à déjouer les persécutions révolutionnaires. Plus tard, l'autorité diocésaine le nomma professeur au séminaire de Chavagnes.

5520 - M. Joseph Cougnaud, clerc tonsuré, né aux Sables. Poursuivi pour faits de propagande religieuse, il fut emprisonné pendant deux mois et remis en liberté.

5521-5526 - M. Jean Pallardy, prêtre, prisonnier à Nantes. Il allait être mis en liberté quand survint une opposition du Comité des Sables. La Commission militaire le condamna à mort, le 13 septembre 1794, "pour avoir combattu, à Chantonnay, contre les troupes républicaines."

Deux religieuses bénédictines de Sainte-Croix - dont le monastère s'élevait où s'est trouvé depuis le petit séminaire - la soeur Perrocheau, de la Chaume, et la soeur Mercier ; Véronique Boublay, supérieur des religieuses de la Charité ou de Saint-Vincent-de-Paul, la soeur Catherine ; la soeur Jaunet et une autre dont on ignore le nom, chassées de l'hôpital, arrêtées comme suspectes, sur la dénonciation de Biret, devenu agent national, expédiées à Noirmoutier où elles furent fusillées, avec 50 autres victimes, au bois de la Chaize, sur l'ordre du féroce Tiroco, membre du Comité révolutionnaire (avril 1794).

5527 - Joseph de la Barthe, fusillé après la malheureuse expédition de Quiberon.

5528 - Jean Fuseau, dit Bordier, condamné à mort, le 8 décembre 1793, comme rebelle de la Vendée.

5529 - François Monard, fusillé, au même titre, par ordre des représentants, en novembre de la même année.

5530 - Antoine Angély, chef vendéen, fusillé le 27 septembre précédent.

5531 - Victoire Laude, femme Boisbaudron, noble, née aux Sables, condamnée à mort, le 4 février 1794.

5532 - Jacques Braud, notaire, condamné à mort par la Commission militaire de la Charente-Inférieure, le 26 mars 1794, comme complice des Vendéens.

LA CHAUME

5533 - M. Henri-Herbert, curé à Saint-Hilaire-la-Forêt. De la Chaume, il fut transféré à Aizenay, peu de temps avant la Révolution. Fidèle à l'Église, il refusa le serment et prit le chemin de l'Espagne, le 9 septembre 1792. A son retour d'exil, l'Évêché lui donna de nouveau la direction de son ancienne paroisse, avec les pouvoirs de vicaire général. Il mourut à Maché, en 1838, comme prêtre habitué.

5534 - M. Pierre Deau, ancien vicaire des Sables, curé de la Chaume, au moment de la Révolution. Comme les autres membres du clergé Sablais, il refusa énergiquement d'adhérer à la Constitution civile et dut se résoudre en conséquence à quitter ses paroissiens. C'est le 3 juillet 1792, qu'il s'embarqua pour Saint-Jean-de-Luz, où il resta pendant dix ans. A la fin des troubles, sa paroisse lui fut rendue, jusqu'en 1816, époque de sa mort.

5535 - Nous avons nommé plus haut une religieuse Chaumoise, la soeur Perrocheau, qui a été fusillée à Noirmoutier. Un homme de ce nom, son frère probablement, Joseph Perrocheau, maçon à la Chaume, âgé de 34 ans, fut condamné à mort aux Sables le 18 avril 1793 et fusillé le surlendemain. Il avait été rejoindre les soldats de la Vendée, mais quand il voulut revenir chez lui, on l'arrêta, porteur de papiers importants. Il essaya de les détruire, en les mettant dans sa bouche, mais les agents de police réussirent à lui en arracher quelques morceaux, dans lesquels il était question d'une nouvelle attaque de la ville. Son jugement fut ainsi motivé : "Il résulte que l'accusé est convaincu d'être un espion qui faisait les commissions des rebelles, ayant été arrêté nanti d'une lettre contre-révolutionnaire, et d'avoir suivi l'armée des brigands de son propre mouvement."

LE CHATEAU-D'OLONNE

5536 -  M. Jean-François Poiraud, ancien curé du Château, prêtre habitué à Saint-Georges-de-Pointindoux. Après une dénonciation, il fut traduit devant la Commission militaire des Sables et expédié à Noirmoutier avec 62 suspects et 25 brigands. Il mourut d'une fluxion de poitrine, le 8 mai 1794, prisonnier dans l'église, où les soins les plus élémentaires lui furent refusés.

5537 - M. Charles-Germain Lebédesque, curé successivement du Château, de Saint-Fulgent et de Chavagnes. Il refusa le serment, ainsi que son vicaire, M. Maymaud, et depuis lors les deux prêtres furent l'objet d'une hostilité haineuse de la part d'une municipalité imbue des idées nouvelles. Ils furent traqués, comme des êtres dangereux, et obligés de quitter la paroisse. Sur l'ordre du Directoire, les prêtres insermentés devaient se mettre sous la surveillance de la police de Fontenay. M. Lebédesque se rendit dans cette ville où, pour tout logement, il ne trouva qu'un misérable grenier. Après un séjour de trois mois, force lui fut d'obéir à un nouveau décret et s'expatrier en Espagne. L'exil dura cinq ans. Il lui tardait, ainsi qu'à son ami le vénérable Père Baudouin, de revenir en France pour se dévouer au salut des âmes. On était alors en pleine persécution. Mais la divine Providence, qui les conduisit aux Sables, veilla sur eux et leur fit éviter les plus graves dangers. Après la pacification, M. Lebédesque reprit, pour quelque temps, la direction de son ancienne paroisse et fut ensuite successivement curé de Saint-Fulgent et de Chavagnes.

5538 - M. Charles-René Maymaud de la Malvoye, vicaire de Soullans, du Château et curé des Moutiers-les-Mauxfaits. Il suivit la même ligne de conduite que son curé et fut soumis aux mêmes persécutions. Sa famille demeurait à la Malvoye, en Saint-Hilaire-de-Talmont. Il s'y réfugia pendant quelques semaines, mais il fut bientôt obligé de quitter son pays et de s'enfuir en Espagne. A son retour d'exil, il fut nommé à la cure des Moutiers-les-Mauxfaits où la mort le visita en 1820.

SAINTE-FOY

5539 - M. Duranceau, curé. Au lieu d'abandonner ses paroissiens et de s'exiler, il préféra, malgré les extrêmes dangers qu'il allait courir et les grandes privations qu'il lui faudrait supporter, rester en Vendée et se dévouer à l'accomplissement parfois héroïque du ministère sacerdotal. On ne sait pas la date de sa mort.

5540 - M. Gilaizeau, prêtre du diocèse de Nantes, desservant de Sainte-Foy pendant la Révolution. Le Directoire ordonne qu'il soit arrêté et conduit, par les soins de la gendarmerie, à la prison de Palluau. Le manque de renseignements ultérieurs, nous fait croire que cet ecclésiastique a été victime de la persécution.

5541 - M. André Ruillié, 22 ans, condamné à mort, à Nantes, le 5 janvier 1794. Ce jour-là, le nombre des martyrs fut de 252.

L'ÎLE-D'OLONNE

5542 - M. Giraudeau, curé. Il s'embarqua pour l'Espagne, le 22 juin 1792, sur un bateau breton qui, après une violente tempête, le conduisit à Saint-Sébastien. L'exilé habita successivement Vittoria, Cordoue et Tolosa et si parfois, dans ces localités, la charité chrétienne sut alléger ses souffrances, souvent, par contre, il trouva bien amer le pain de la terre étrangère. On croit qu'il est mort en Espagne.

5543 - M. André-Thomas Paillaud, vicaire d'Aizenay, curé successif de Chauché, de Nieul-le-Dolent et de l'Île-d'Olonne. Très attaché aux lois de l'Église, il ne voulut à aucun prix entendre parler du serment schismatique et la conséquence de sa fidélité fut son exil immédiat. En Espagne, il se lia d'amitié avec M. Giraudeau. Au retour de la paix, l'administration diocésaine lui confia la direction de l'Île-d'Olonne, sa paroisse natale, où il mourut en 1823.

5544 - Louise Blaisot, veuve Merson, 62 ans, morte en prison, aux Sables, le 14 janvier 1794.

OLONNE

5545 - M. Pierre-Jean Giraud, vicaire d'Olonne avant la Révolution. Il ne put se résoudre à prendre le chemin de l'exil. Les menaces des révolutionnaires et les persécutions qu'il dut en souffrir ne l'empêchèrent pas de se dévouer au service des âmes et la main de Dieu le protégea pendant toute la durée de la tourmente. Plus tard, ses supérieurs l'appelèrent au poste de Maillezais.

5546 - M. Etienne-Mathurin Mauclair, gardien du couvent des Cordeliers, à Olonne. Obligé de s'exiler en Espagne, après avoir refusé le serment, il entra dans une maison de son ordre et ne revint pas en France.

5547 - M. Menanteau, jésuite, né à Olonne, prieur du Puybelliard, en résidence aux Sables depuis la dissolution de la Compagnie de Jésus. Son refus catégorique d'adhérer à la Constitution civile du clergé, le mit en butte aux tracasseries de l'administration et il se disposait à quitter le pays quand la mort vint le délivrer des persécutions, le 27 mai 1792.

5548 - Henriette-Aimée Baudry-d'Asson, 44 ans, condamnée à mort, le 26 avril 1793, aux Sables, et exécutée le lendemain, "convaincue d'avoir arboré la cocarde blanche, fourni aux rebelles une serviette pour faire un drapeau blanc marqué L. B. qui lui a été représentée et qu'elle a déclaré en avoir effectivement fournie une, mais qu'elle ne sait pas si c'est la même, qu'elle a dansé dans les rues avec les brigands et crié : Vive Louis XVII ! et été en correspondance avec plusieurs personnes suspectes, ce qui s'est justifié par plusieurs lettres anonymes, dont elle était nantie lors de son arrestation". (Plusieurs historiens écrivent : Henry-Aimé Baudry-d'Asson, chef des brigands, condamné à mort aux Sables, le 26 avril 1793. Nous pensons qu'ils font erreur et qu'il s'agit uniquement ici d'Henriette-Aimée Baudry-d'Asson.)

5549 - Pierre Bonnevin, 20 ans, condamné à mort, à Nantes, le 31 décembr 1793, comme soldat de la Vendée.

5550 - M. Jean-Baptiste Triquerie, religieux cordelier du couvent d'Olonne. Arrêté à Laval, son pays de naissance, avec 13 autres prêtres âgés ou infirmes, qui avaient, comme lui, refusé de prêter serment et de quitter la France, il fut jeté en prison et délivré par les Vendéens. Ces courageux ministres de Jésus-Christ, contents de souffrir pour leur divin Maître, se constituèrent spontanément prisonniers, quand l'armée catholique évacua le pays. Dans l'interrogatoire qui suivit leur nouvelle incarcération, on leur demanda s'ils voulaient renoncer à la religion catholique, apostolique et romaine. Leur réponse fut unanime : "Non, jamais !" On leur demanda ensuite s'ils continueraient encore à enseigner la dite religion. "Oui, dirent-ils, dès que nous le pourrons !" Ils furent condamnés à mort le 21 janvier 1794.

5551 - Marie-Louise-Françoise Beaudry, veuve d'Hastrel, sortie de la maison d'arrêt pour cause de maladie, décédée aux Sables, le 16 février 1794.

VAIRÉ

5552 - M. Pierre-Louis Villeneau, curé. Ce fut l'un des adversaires les plus acharnés de la Constitution civile du clergé, qu'il combattit par tous les moyens en son pouvoir. Décrété d'accusation en 1792, fut-il arrêté et emprisonné ? On ne le sait pas. On pense qu'il est mort, victime de la persécution, mais nous n'avons trouvé aucun document pour en fournir la certitude.

5553 - Louis Fruchard, 49 ans, maire de Vairé, condamné à mort aux Sables, le 15 avril 1793, et exécuté le 19, "convaincu d'avoir été l'agent des attroupés, d'avoir été chargé de la distribution des subsistances, d'avoir abusé de ses fonctions pour soutenir l'attroupement et d'avoir annoncé qu'il avait chez lui un drapeau blanc, qu'il porterait devant l'ennemi."

5554 - Jacques Rivalin, 51 ans, marchand, condamné à mort, le 18 avril 1793 et exécuté le surlendemain aux Sables, "convaincu d'avoir eu un grade parmi les attroupés, d'avoir été leur courrier, d'avoir participé à plusieurs pillages, d'avoir assisté au combat, d'avoir pris la cocarde blanche et les armes contre la patrie, d'avoir donné des ordres par écrit pour forcer les citoyens à leur fournir ce qu'ils demandaient".

5555 - Mathurin Trouvé, 17 ans, condamné à mort, à Nantes, le 5 janvier 1794. Ce jour-là, le nombre des victimes fut de 252.

5556 - Charles-André-Auguste Lavoyrie, officier de l'armée de Charette, déporté à l'Île de Ré, le 6 avril 1796. Il était âgé de 17 ans.

DOYENNÉ DE BEAUVOIR

BEAUVOIR

5557 - M. André Gergaud, curé, qui fut élu député du Clergé à l'Assemblée électorale de Poitiers, en 1789. Ayant refusé le serment schismatique, il se trouva l'objet de menaces insolentes et de vexations sans nombre ; force lui fut de se cacher, mais sa retraite fut découverte et il dut se constituer prisonnier à Fontenay. Son incarcération ne fut pas de longue durée. Il réussit à s'échapper de la prison et revint dans sa paroisse, où la surveillance de la police le suivit à chaque pas. Il lui fallut se cacher de nouveau et c'est dans la ville de Nantes qu'il se retira. Sa présence fut précieuse à beaucoup de condamnés à mort, notamment à M. Mathieu de Gruchy, son ancien vicaire, qui purent, grâce à lui, recevoir une dernière absolution avant de monter sur l'échafaud. En 1800, ce prêtre courageux et fidèle retourna au milieu de ses paroissiens, qu'il édifia jusqu'en 1813, époque de sa mort.

5558-5561 - L'histoire doit un souvenir à M. Jean-Louis Reignier, religieux trinitaire, à M. Vidal Le Large, du même couvent, à M. Alexandre Martin, leur supérieur, et à M. Le Roux, prieur des Jacobins, qui furent expulsés de Beauvoir par les lois sacrilèges de la Révolution.

5562-5563 - Prosper Angibaud, juge de paix, et François Angibaud, dit Morinière, demeurant tous les deux dans la ville de Beauvoir, condamnés à mort aux Sables le 18 avril 1793 "Pour avoir eu des grades parmi les attroupés, participé à plusieurs pillages, assisté au combat, pris la cocarde blanche et les armes contre leur patrie et donné des ordres par écrit pour forcer les citoyens à leur donner ce qu'ils demandaient".

5564 - Florence-Marguerite Lefebvre, veuve de Jacques O'Birn, gentilhomme irlandais et chevalier de Saint-Louis, ayant trois de ses enfants parmi les chefs vendéens, âgée de 50 ans, condamnée à mort le 14 janvier 1794, et exécutée le lendemain aux Sables.

5565 - Jacques Bernard, 20 ans, laboureur, demeurant au village du Port de Beauvoir, condamné à mort par le même tribunal et exécuté le même jour, "ayant été convaincu, dit le jugement, d'avoir fait partie des attroupements, en qualité d'instigateur et de chef".

Parmi les victimes qui furent exécutées à Noirmoutier les 14 et 15 mai 1794, nous trouvons les noms de 9 habitants de Beauvoir :

5566 - Louis Gouilleau, dit Volton, laboureur, 52 ans ;
5567 - Pierre Sauret, 36 ans, jardinier ;
5568 - La veuve Laurent, 41 ans, tailleuse ;
5569 - Marie Abillard, épouse de Ch. Burgaud, 34 ans ;
5570 - Marguerite Chaurois, dite Grenouillou, 20 ans, journalière ;
5571 - La veuve Réziou, née Marie-Anne Lassourd, 39 ans, journalière ;
5572 - Jacques Chanson, dit Leray, 68 ans, marin ;
5573 - Céleste Gillet, 38 ans, marchande ;
5574 - Jacques Péraudeau, 44 ans, meunier ;

5575-5576 - Marie Angibaud, 31 ans, et Jeanne Angibaud, 38 ans, auxquelles on reprochait d'avoir fait tuer, par représailles, le porc d'un patriote qui avait été le leur.

5577 - La veuve Breton Racaud, 38 ans ;

Tous inculpés d'avoir tenu une conduite attentatoire à la liberté, puisqu'ils avaient porté les armes contre leur patrie, monté la garde armés, pillé les maisons patriotes, et suivi les rebelles dans différents combats contre les républicains.

5578 - Jean Jodet, commandant, pour le Roi, à Beauvoir, 34 ans, fusillé avec d'Elbée, à la prise de Noirmoutier, le 8 janvier 1794.

5579-5583 - Victoire Poilane, 29 ans, lingère ; la veuve Devineau, née Marie Michaud, 38 ans ; Rose Bethuis, 32 ans, fille de confiance de Madame Maublanc ; Marie Besseau, 36 ans ; Marie Bouvier, femme Maublanc, 29 ans, négociante, accusée d'avoir logé Charette, chef de brigands, et de faire sa société des nobles et des prêtres réfractaires ; toutes regardées comme suspectes et condamnées à la détention, les 14 et 15 mai 1794.

BOUIN

5584 - M. Ange-François Coussays, curé, qui refusa le serment et partit pour l'Espagne. A son retour d'exil, il dirigea de nouveau sa paroisse, où il mourut, en 1815, à l'âge de 72 ans.

5585 - Joseph Riou, 27 ans, chirurgien, exécuté à Nantes, le 9 septembre 1794. Il fut accusé d'avoir, après avoir déserté les armées de la République, servi pendant cinq mois dans le rassemblement des brigands commandé par Charette, portant à sa veste un Sacré-Coeur de Jésus surmonté d'une croix, à son chapeau une cocarde noire et un ruban autour duquel étaient inscrits ces mots : La Religion, le Roy, la Paix ou la Mort !" (Docteur Pelletier)

5586 - Marie Rousteau, 30 ans, servante, fusillée à Noirmoutier, le 29 juillet 1794, convaincue, dit le jugement, "d'avoir servi les projets sanguinaires et contre-révolutionnaires des infâmes brigands de la Vendée ; d'avoir marché avec eux contre les patriotes à différents combats, armée d'une broche à rôtir pour égorger les défenseurs de la patrie". (Docteur Pelletier)

5587 - Pierre Alais, 27 ans, exécuté à Noirmoutier, le 3 août 1794, "pour avoir eu des intelligences avec les brigands de la Vendée, de les avoir suivis en différents combats et d'avoir fait couler le sang des défenseurs de la patrie."

5588-5594 - Julienne Gervier, 27 ans ; Madeleine Robart, 21 ans ; Marie-Éléonore Robart, 64 ans ; Catherine Brochet, 53 ans ; Marie Vincendeau, veuve Gouvard, 38 ans ; Marie-Anne Ardouin, femme Jean Gervier, 38 ans ; Rose Gouvard, femme Baudry, 60 ans ; exécutées le même jour que le précédent et au même lieu "inculpées d'avoir, par leurs perfides conseils, provoqué l'emprisonnement et le massacre des patriotes ; cherché à rétablir la royauté et à détruire la liberté, l'égalité et la République".

5595 - Abraham Barraud, voiturier, 37 ans, condamné à mort aux Sables, le 18 avril 1793, et exécuté le surlendemain. La sentence porte qu'il est convaincu d'avoir eu un grade parmi les rebelles, d'avoir assisté au combat, porté la cocarde blanche et pris les armes contre la patrie.

5596 - François-Marie Lambert, pris dans un combat à Bouin, condamné à mort à Machecoul, le 25 avril 1793.

5597 - Marie Lasseau, veuve Guéret, condamnée à mort, comme complice des rebelles, le 15 juillet 1794, par la Commission révolutionnaire de Craon.

5598 - Le sieur Dubreuil, natif de Bouin, âgé d'une vingtaine d'années, sorti depuis quelques mois de Nantes, où demeurait son père, négociant. Il fut tué par les républicains, le 11 octobre 1795, et inhumé à Legé, selon le témoignage de l'abbé Gillier, vicaire de la paroisse.

5599 - Le commandant Pajot, très connu dans le marais de Bouin où il rendit de grands services à Charette par son courage et son activité. Il fut tué d'un coup de feu.

SAINT-GERVAIS

5600-5606 -Jean Rousseau, 19 ans, laboureur ; Jean Barreau, 31 ans, domestique ; Noël Brisard, 26 ans, laboureur ; Jacques Delaprée, 21 ans, laboureur, pris les armes à la main, condamné à mort, aux Sables, le 15 avril 1793, exécutés le 19. Denis Bourgeois, 38 ans, employé aux douanes ; Joseph Brochet, 31 ans, jardinier, et François Poiraud, 34 ans, domestique dans la famille de Tinguy, condamnés à mort aux Sables, le 18 avril 1793, ayant été convaincus, dit le jugement, "d'avoir eu des grades parmi les attroupés, d'avoir été leurs courriers, d'avoir participé à plusieurs pillages, d'avoir assisté au combat, d'avoir pris la cocarde blanche et les armes contre leur patrie, etc.", exécutés le surlendemain.

5607-5609 - Pierre Bonnet, 39 ans, sacristain ; Pierre Pajot, 47 ans, marchand de bois et, André Redois, 37 ans, journalier, condamnés à mort par la Commission militaire de Noirmoutier, les 10, 12 et 13 juin 1794, sur leur aveu d'avoir pris part aux révoltes contre-révolutionnaires.

5610 - Jean Rouleau, 52 ans, condamné à mort, à Noirmoutier, le 3 août 1794, "pour avoir pris les armes, assisté à plusieurs combats contre la République, fait couler le sang des défenseurs de la patrie."

5611 - Louis Vasselot de Reignier, 34 ans, commandant du château de Noirmoutier, fusillé en janvier 1794, lors de la prise de cette place par les républicains.

5612-5620 - Jeanne Cornevin, femme Bonnet, 39 ans ; Françoise Chauvin, 22 ans ; Anne Lambert, femme Rouland, 50 ans ; La veuve Maurice Billon, 46 ans ; Joseph Devineau, 56 ans ; Jacques Barbereau, 40 ans ; Pierre Tessier, 33 ans ; Louis Pouvreau, 20 ans ; Marie Huguet, femme Cougnaud ; tous désignés comme fanatiques et condamnés à la détention.

SAINT-URBAIN

5621 - M. Mazerolles, curé originaire du Berry. Il administrait la paroisse depuis 20 ans, quand éclata la Révolution. Sa conscience ne lui permit pas de prêter le serment, mais au lieu de fuir en Espagne, comme tant d'autres, pour éviter la persécution, il se retira dans son pays natal, d'où il revint en 1797, bravant tous les dangers qui menaçaient alors les prêtres. Il rendit de grands services à ses paroissiens et aux habitants des paroisses voisines. Sa mort survint en 1803.

5622 - Le sieur Bomler (Baumler), d'origine alsacienne, régisseur, à la Bonnelière, de M. de Montaudouin ; il prit les armes, en 1793, et fut capitaine des deux paroisses de Saint-Gervais et de Saint-Urbain. Fait prisonnier, il fut jugé et exécuté à Nantes.

DOYENNÉ DE CHALLANS

CHALLANS

5623 - M. Pierre-Alexis Tortereau, ancien curé de la Roche-sur-Yon, curé de Challans depuis 1753. Il refusa le serment et fut jeté en prison d'abord aux Sables, puis à Fontenay, où les Vendéens, au mois de mars 1793, le mirent en liberté. Son dévouement le ramena au milieu de ses paroissiens. Les révolutionnaires s'emparèrent de nouveau de ce prêtre courageux et le conduisirent à Angers. C'est là qu'il fut condamné à mort, le 13 juillet 1793, et exécuté, le même jour, sur la place de la Billange.

5624 - M. Joachim-Victor Voyneau, ancien vicaire au Grand-Luc, vicaire général du diocèse, curé de Challans. Fidèle lui aussi aux lois de l'Église, il dut partir pour l'Espagne d'où il revint en 1800, mais il fut arrêté à Bordeaux et peu après remis en liberté sur l'ordre de Napoléon. L'autorité diocésaine lui confia la paroisse de Challans, qu'il administra de 1801 à 1808, époque à laquelle il prit sa retraite aux Lucs et mourut dans le cours de cette même année. Son jeune frère, l'abbé Joseph, qui n'était que diacre, le suivit en exil ; il fut ordonné prêtre en Espagne et l'on croit qu'il mourut sur la terre étrangère.

5625 - M. Jean Dorie, vicaire de Soullans d'abord, puis de Challans, où il était titulaire du bénéfice de la Belle-Croix. Rebelle aux lois de la Révolution, il s'embarqua pour l'Espagne, le 11 septembre 1792, et, à son retour d'exil, fut nommé curé du Bourg-sous-la-Roche.

5626 - M. Pasquier, qui desservit Challans au début de la Révolution. Il suivit ensuite l'armée vendéenne et mourut au passage de la Loire.

5627 - M. Augustin-Robert de Lézardière, diacre, massacré aux Carmes, le 2 septembre 1792. Il appartient à la paroisse de Poiroux, où sa famille habitait le château de la Proutière ... Cependant la paroisse de Challans a quelque droit de voir figurer ici le nom de ce martyr, puisque c'est au château de la Vérie qu'il est né, le 27 novembre 1768, et que c'est dans l'église paroissiale de Challans qu'il fut baptisé le même jour.

5628 - Sylvestre-Joachim-Robert de Lézardière, élève de la marine, 27 ans, né à Challans, condamné à mort à Paris, le 7 juillet 1794, comme complice d'une conspiration dans la maison d'arrêt du Luxembourg, où il était détenu.

5629 - Son frère, Jacques-Paul, 32 ans, lieutenant de vaisseau, né aussi à Challans, même sort.

5630 - Nicolas Guilloneau (ou Guittonneau) 51 ans, marchand, condamné à mort, aux Sables, le 18 avril 1793, "pour avoir assisté au combat, pris la cocarde blanche et les armes contre la patrie."

5631-5632 - Jean-Baptiste Simonneau, 40 ans, et André Poissonnet, 54 ans, marchands, condamnés à mort par le même tribunal et pour les mêmes motifs, les 21 et 22 du même mois.

5633 - François Chabot, 41 ans, marchand, natif de la Génétouze, demeurant à Challans, condamné à mort au même lieu, le 4 avril 1794, "convaincu, dit le jugement, d'avoir monté la garde au Perrier, avec les brigands, auxquels sa maison servait d'asile et de corps de garde, les cavaliers y logeant et y étant bien accueillis ; d'avoir recherché les brigands et fui les patriotes et d'être un véritable brigand très dangereux".

5634 - Marianne Salomon, 30 ans, transférée à Paris avec 20 autres femmes de la Vendée, interrogée par Fouquier-Tinville et condamnée à mort, le 25 juin 1794, "comme complice de prêtres et de nobles, qui ont inondé, au nom du Ciel, le territoire français du sang de nos concitoyens et contribué à cette guerre désastreuse et sanguinaire qui a coûté tant de citoyens à la patrie ..."

5635 - Jean Caffin, épicier, fusillé à Noirmoutier, le 17 juin 1794, "pour avoir eu des intelligences avec les brigands ; leur avoir donné du vin ; avoir conversé familièrement avec leurs courriers et enfin avoir allarmé les bons citoyens de Challans, en leur faisant une lettre qui annonçait la prise de Nantes par les brigands".

5636 - Jeanne Guérineau, veuve Boisard, 68 ans, condamnée à mort, à Noirmoutier, le 3 août 1794, "pour avoir, par ses conseils perfides, provoqué l'emprisonnement et le massacre des patriotes.

5637 - Jeanne Merlet, femme Boursier, dont le mari avait été procureur-syndic du district de Challans, condamnée à la déportation, par le tribunal de Nantes, le 23 avril 1794, "comme aristocrate et fanatique".

5638 - Jacques Siré, 34 ans, ayant servi pendant huit ans dans le régiment de la Sarre, infanterie, accusé d'avoir commandé une compagnie de brigands dans les environs du Marais et de passer pour le plus intrépide au feu, c'est-à-dire le plus acharné au massacre des patriotes, exécuté sur la place du Bouffay, à Nantes, le 16 août 1794.

5639 - Pierre Batard, 44 ans, condamné à mort, le 25 avril 1793, par la Commission de Machecoul, pour "avoir monté la garde, pris part au combat de Challans, avec le grade de sergent, et reçu un coup de baïonnette".

5640 - Le chevalier Henri-Robert de Boisfossé, fait prisonnier à Quiberon et fusillé à Auray, le 29 juillet 1795, malgré la capitulation acceptée de part et d'autre. Se trouvant dans un fossé, où il était tombé de lassitude, il reprit sans hésiter le chemin que suivaient ses compagnons d'armes pour aller à la mort. Des femmes cependant lui disaient : "Jetez-vous dans la traverse et, à trois quarts de lieue, vous trouverez les Chouans." - "Ce m'est impossible, répondit-il ; je suis engagé par la parole de mon chef ; je veux, d'ailleurs, partager le sort de mes camarades." N'est-ce pas sublime ?

5641 - Sa mère, Mme Louis-Robert de Boisfossé, née Éléonore-Robert de la Jarrie, condamnée à mort à Nantes, le 3 mai 1794, "comme une contre-révolutionnaire et une instigatrice, qui de son mieux a coopéré aux émeutes et révoltes des campagnes.

5642 - François Hardouin, 16 ans, de l'Île-Challans, maintenu en état d'arrestation, à Nantes, le 17 janvier 1794, pour avoir monté la garde avec les rebelles.

5643-5644 - Le général Jean-Baptiste-René de Couëtus de la Vallée, né à Nantes, et Lapierre, officier royaliste, arrêtés au Clouzeau, paroisse de Bois-de-Cené, pendant une suspension d'armes, condamnés à mort, à Challans, par une Commission militaire et fusillés, le 28 décembre 1795, près du cimetière, sur le chemin du Bois du Breuil.

5645 - Le sieur Lory, lieutenant de la cavalerie vendéenne, massacré par les républicains lors de l'évacuation de Machecoul.

5646 - Le chevalier Donatien-Rogatien Rouault des Rallières, blessé à Quiberon et mort de ses blessures à Southampton, en Angleterre.

5647 - Jean Véronneau, de la Véronnière, massacré à coups de sabre dans sa maison, le 31 août 1794, par les soldats républicains venus du camp de Saint-Christophe.

5648 - Mme de la Barbelais, née Gabrielle de Goulaine, massacrée par les républicains, en janvier 1794, et inhumée dans le cimetière de Legé. (Manuscrit de l'abbé Gillier)

5649 - Louis Averty, 32 ans, laboureur, mort en prison, aux Sables, le 3 janvier 1794.

5650 - Badereau, père, procureur du roi au présidial de Nantes, accusé de modérantisme, arrêté dans sa maison près de Challans et condamné à la détention perpétuelle, le 4 janvier 1796.

5651 - Louis Basteau, mort en prison, à Fontenay, le 17 octobre 1794.

BOIS-DE-CENÉ

5652 - Pierre Caillaud, 62 ans, farinier, condamné à mort, à Nantes, le 24 août 1793, "pour avoir fait partie d'attroupements de rebelles".

CHATEAUNEUF

5653 - Nicolas Pouvreau, 46 ans, journalier, condamné à mort aux Sables, le 24 février 1794, exécuté le lendemain. Il fut accusé d'avoir monté la garde avec les rebelles dans l'île de Bouin ; de s'être offert à tuer 40 patriotes pour une modique somme d'argent ; d'avoir voulu arrêter un patriote qui passait auprès de sa maison et d'avoir fréquenté le comité de brigands établi à Châteauneuf.

5654 - Joseph Gagnière, 28 ans, condamné à mort le 6 janvier 1794, comme soldat de la Vendée.

FROIDEFONT-COUDRIE

La paroisse de Froidefont et celle de Coudrie eurent beaucoup à souffrir pendant les guerres de Vendée. Ce n'était partout que pillage, meurtres et incendies.

5655-5659 - Jean Seigneuret fut massacré par les bleus, ainsi que Marie Fort, son épouse, et Jean Boisseleau, son gendre. Le curé de Froidefont, M. Julien Barbé, après avoir refusé le serment, se retira dans la Manche, son pays natal. Il eut comme successeur M. Julien Jagueneau, ancien trinitaire de Beauvoir, qui, après avoir suivi l'armée vendéenne au-delà de la Loire, fut emprisonné à Nantes, puis à Paris, et ne recouvra la liberté qu'au retour des Bourbons. Il mourut prêtre habitué à La Garnache en 1830, à l'âge de 68 ans.

5660 - Le Curé de Coudrie, M. Augustin Testard, refusa de se soumettre à la Constitution civile et, après avoir passé quelques mois dans la prison de Fontenay, dut s'embarquer pour l'Espagne où il mourut.

5661 - Madame Louis-Henri de La Roche-Saint-André, née Marie-Madeleine Binet de Jasson, 25 ans, demeurant à Coudrie, condamnée à mort à Nantes, le 28 avril 1794, pour avoir suivi l'armée vendéenne, avec son mari, qui avait été exécuté le 19 mars précédent, comme chef des rebelles.

5662 - Étienne Berchet, 23 ans, né à Froidefont, demeurant au village du Pas, en Saint-Etienne-de-Mer-Morte, tué le 1er mai 1793, et inhumé à Legé.

5563 - Jean Thomazeau, fermier à la Coudrie, fidèle compagnon de madame de La Rochefoucault, de la Garnache, pris avec elle et condamné à mort aux Sables, comme brigand de la Vendée, le 24 janvier 1794.

LA GARNACHE

5664 - Mathurin Gourraud, curé, refusa le serment et dut quitter sa paroisse, mais on ignore ce qu'il devint pendant la Révolution.

5665 - M. Jacques Hervouet, son vicaire et son successeur. Il resta dans la contrée pour administrer les sacrements et sa tête fut mise à prix. Son déguisement le sauva de tout péril ; les paysans ne le connaissaient que sous le nom de "bonhomme Jacques". Après la tourmente, l'autorité diocésaine le nomma curé de la Garnache, et lui permit de feonder un petit séminaire. En 1829, il entra chez les Missionnaires de Saint-Laurent.

5666 - M. Louis Chappot, vicaire. Il ne put se résoudre à prêter le serment schismatique et partit pour l'Espagne, d'où il revint en 1800, pour être curé de la Roche-sur-Yon.

5667 - M. Augustin Paulmier, prêtre habitué. Il avait d'abord prêté serment, mais il se rétracta du haut de la chaire et dut ensuite s'embarquer pour l'Espagne.

5668 - Le chevalier Gabriel Baudry d'Asson, l'un des plus vaillants chefs de l'insurrection vendéenne, tué à la bataille de Luçon, le 13 août 1793.

5669 - Mme Henry-Aimée Baudry d'Asson, condamnée à mort aux Sables, le 26 avril 1793, "pour avoir fourni un drapeau blanc aux rebelles, en criant : Vive Louis XVII !"

5670 - Louis-Marie, marquis de la Roche-Saint-André, demeurant aux Planches, tué à Savenay, le 23 décembre 1793.

5671 - Augustin-Joseph, fils du précédent, chevalier de Malte, mortellement blessé à Dol, le 20 novembre 1793.

5672 - Mme Marie-Adélaïde de La Touche-Limouzinière, épouse du comte Pierre-Marie de La Rochefoucault-Bayers, capitaine de vaisseau, demeurant au château de Puy-Rousseau, instigatrice des premiers rassemblements vendéens, arrêtée près de Dompierre, le 14 janvier 1794, et exécutée aux Sables, le 24 du même mois, à l'âge de 30 ans.

5673 - Le général Charette, demeurant au château de Fonteclose, vaillant chef de l'armée vendéenne, victorieux dans de nombreux combats contre les soldats de la Révolution, intrépide défenseur de l'autel et du trône, fait prisonnier dans le bois de la Chabotterie, condamné à mort, à Nantes, et fusillé le 29 mars 1796, à l'âge de 33 ans.

5674 - Le sieur Thouzeau, fils d'un marchand de grains de La Garnache, aide de camp de Charette, chef divisionnaire du Marais, en remplacement de Pajot, fait prisonnier par déloyauté avec M. de Couëtus, qui demandait une entrevue aux républicains, et fusillé immédiatement.

5675 - Le sieur Goulepot, officier vendéen des environs de La Garnache, arrêté par les révolutionnaires, après la pacification de la Jaunais, et fusillé à Nantes, avec onze de ses soldats.

5676-5678 - Pierre Barraud, chirurgien, 25 ans, fils, capitaine de La Garnache, et son père, Pierre Barraud, également chirurgien, 51 ans, officier d'État-major de la comtesse de La Rochefoucault, fusillés tous deux à la prise de Noirmoutier, avec le général d'Elbée, le 3 janvier 1794, ainsi que Joseph Béthuis, 26 ans, distributeur de vivres dans l'armée vendéenne.

5679 - Jean-François Bouteiller, 32 ans, marchand, condamné à mort aux Sables le 18 avril 1793, et exécuté le surlendemain, "convaincu, dit la sentence, d'avoir assisté à plusieurs combats, d'avoir porté la cocarde blanche et pris les armes contre la Patrie."

SALLERTAINE

5680 - M. Mathieu Noirot, curé. En union avec les prêtres du pays, il écrivit une belle lettre à Mgr de Mercy, évêque de Luçon, pour affirmer la soumission absolue du clergé vendéen aux lois de l'Église catholique et romaine, et il reçut du prélat une réponse admirable de nature à encourager les prêtres fidèles et à faire réfléchir les dissidents. Cette correspondance fut découverte par la police et M. Noirot, par arrêté départemental du 9 mars 1792, fut emprisonné à Fontenay et l'on ne sait rien de plus à son sujet.

5681 - M. Joseph-Pascal Michaud, originaire d'Olonne, vicaire. Ayant refusé le serment, il lui fallut s'exiler en Espagne et, à son retour, il desservit successivement les paroisses de Menomblet, Sallertaine et Ardelay.

5682 - M. François Poiron, revenant d'Espagne en 1801, demanda au préfet, sur la recommandation de M. l'abbé Paillou, vicaire général, l'autorisation nécessaire pour se rendre à la cure de Sallertaine, ce qui lui fut accordé sans peine, à la condition de faire la promesse de fidélité, exigée alors par le gouvernement.

5683 - Jacques Charrier, laboureur à Boisjean, ancien officier municipal, 59 ans, condamné à mort, aux Sables, le 3 mai 1793, exécuté le 12, "convaincu d'avoir porté la cocarde blanche ; d'avoir fait des billets portant ordre de prendre l'argent de la République et forcé la femme du préposé de leur en compter pour payer les attroupés ; d'avoir fait mettre plusieurs patriotes en prison ..."

5684 - Jacques Jaunet, 39 ans, condamné à mort, à Noirmoutier, le 3 août 1794, "pour avoir suivi les brigands dans divers combats qu'ils ont eus avec les armées de la République, étant tous armés de fourches et de fusils, avec lesquelles armes ils ont fait couler le sang des défenseurs de la patrie ; provoqué au rétablissement de la royauté, à la destruction de la liberté et à l'anéantissement de la souveraineté du peuple français ..."

DOYENNÉ DE SAINT-GILLES-SUR-VIE

SAINT-GILLES-SUR-VIE

5685 - M. François-Louis-Laurent Bouhier de la Davière, curé, originaire de Noirmoutier. Il refusa le serment, et au lieu de se constituer prisonnier à Fontenay, il se retira au Fenouiller, chez son ami Fusilier. C'est là que la police vint l'arrêter et force lui fut de prendre le chemin de l'exil. A son retour, il devint prêtre habitué dans son pays natal.

5686 - M. Abraham Graux, ancien prieur des Bernardins de Notre-Dame de la Blanche en Noirmoutier, curé de Saint-Gilles après la Révolution. Avec ses six religieux, il crut pouvoir prêter le serment qui lui fut demandé, mais Mgr de Mercy l'ayant désapprouvé, il s'empressa de le rétracter. Pour se soustraire à la persécution, le prieur s'embarqua pour l'Angleterre en 1792, avec son frère Frédéric qui était économe de l'abbaye et un autre de ses religieux, dom Cousin, qui plus tard devint curé de l'Épine. Après la tourmente révolutionnaire, M. Graux fut successivement curé de Saint-Gilles et directeur de l'école impériale fondée à Saint-Jean-de-Monts.

5687 - André-Ephrem Cavois, négociant, officier municipal, âgé de 39 ans, condamné à mort, aux Sables, le 26 avril 1793, exécuté le lendemain, "coupable, dit le jugement,d'avoir été l'agent des attroupés, d'avoir obtenu parmi eux un grade, d'avoir donné des billets de laissez-passer, d'avoir causé amicalement avec un chef des brigands, et correspondu avec la plus scélérate femme qui existe et avec un prêtre réfractaire".

L'AIGUILLON-SUR-VIE

5688 - Étienne Robin, laboureur, 42 ans, condamné à mort le 27 avril 1793, exécuté le même jour aux Sables, "convaincu d'avoir participé aux attroupements, pillé du blé et donné par écrit des ordres pour aller en chercher, et monté la garde".

5689 - François Robin, boulanger, condamné à mort à Saint-Malo, le 17 novembre 1793 (le 7 décembre d'après quelques auteurs) "pour avoir suivi l'armée des brigands en qualité de munitionnaire."

BRETIGNOLLES

5690 - M. Claude-Florent Deschamps, curé. Sa conscience ne lui permit pas d'obéir aux lois révolutionnaires et en particulier d'admettre la validité des dispenses de mariage accordées par l'évêque constitutionnel. Le district des Sables, en conséquence le fit interner à Fontenay pendant plus de six mois et l'obligea ensuite à s'embarquer pour l'Espagne. A son retour d'exil, il resta au milieu de ses paroissiens jusqu'en 1806, époque à laquelle l'administration diocésaine le nomma curé de La Mothe-Achard, où il mourut en 1839.

5691 - L'abbé Hilaire, curé. Il refusa le serment, dit M. Guillon, dans ses Martyrs de la Foi, fut traîné avec deux autres prêtres devant la Commission militaire de Saumur, et guillotiné vers la fin de 1793.

5692 - Jean Grondin, dit Poulin, 42 ans, farinier, condamné à mort le 21 avril 1793, exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'avoir arboré la cocarde blanche, fait sonner le tocsin et pris les armes contre la patrie."

5693 - Jacques Fradin, 31 ans, condamné à mort à Nantes, le 30 décembre 1793.

LA CHAIZE-GIRAUD

5694 - Charles Marceteau, 30 ans, maréchal, condamné à mort aux Sables, le 30 avril 1793, "convaincu d'avoir fait partie des attroupés, pris les armes contre sa patrie, assisté au combat du Vendredi-Saint, ayant un fusil et la cocarde blanche ..."

COËX

5695 - M. Pierre Babin, curé insermenté. Pour fuir la persécution, il dut quitter le pays et s'enfuir dans le Bocage. M. Dugast-Matifeux assure qu'il a été fusillé du côté de Montaigu, en 1794.

5696 - M. Gabriel Rezeau, vicaire d'abord à Beaufou, puis curé de Fougeré, de Coëx, de Saint-Denis-la-Chevasse. Ayant refusé le serment, il dut s'embarquer pour l'Espagne, le 10 septembre 1792, et occupa successivement, à son retour, les trois postes que nous venons de désigner. Sa mort survint en 1828, à Fougeré, où il vivait, depuis dix ans, comme prêtre habitué.

5697 - M. Benoist Gaudin, vicaire, qui prit le chemin de l'Espagne et ne reparut plus en France.

5698-5699 - Les deux frères Riou, l'aîné, diacre, âgé de 25 ans, et l'autre, sous-diacre, âgé de 23 ans. Ils se cachèrent dans le pays et furent arrêtés en 1793. Leur père, procureur de la commune de Coëx, comme nous le verrons tout-à-l'heure, paya de sa tête son attachement à la religion et au roi et fut exécuté en avril 1794. Que devinrent ses enfants ? On croit qu'ils furent envoyés à Noirmoutier et qu'ils doivent être comptés parmi les victimes de la Révolution.

5700 - Louis-Jean Mechine, dit des Gravières, 53 ans, officier de santé, condamné à mort le 15 mars 1794, exécuté le surlendemain aux Sables. "Il a fait partie des attroupements, dit la sentence, a été un parfait brigand, chirurgien en chef des rebelles."

5701 - Louis-René-Simon Riou, natif d'Apremont, 61 ans, agriculteur, procureur de la commune de Coëx, père des deux frères Riou nommés plus haut. Il fut condamné à mort le 5 avril 1794 et exécuté le lendemain aux Sables. Le jugement porte : "Le fait est constant que Riou, père, a fait partie des attroupés ; qu'il est venu à l'attaque des Sables, armé de pistolets à sa ceinture ; qu'il témoignait de la joie quand les insurgés avaient quelques avantages ; qu'il a été leur conseil et instigateur."

COMMEQUIERS

5702 - Jean Grivet, tisserand et sacristain, 40 ans, condamné à mort le 20 mai 1793, et exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'avoir eu un grade parmi les brigands, d'avoir fait des balles chez la dame de La Roche d'Avau, de Commequiers, arboré la cocarde blanche, pris les armes contre sa patrie, assisté au combat du Pas-au-Peton, monté la garde, etc."

5703-5705 - Louis Doux, 58 ans, fermier, condamné à mort le 8 novembre 1793, et exécuté le 17 décembre suivant aux Sables, "convaincu d'avoir été chef des révoltés, en correspondance avec la femme La Roche, qui était chef des rebelles et qui lui transmettait ses ordres, d'avoir placé en haut de son moulin le drapeau de la rébellion et arboré la cocarde blanche, etc." Il avait deux frères, Pierre, qui était maire de la commune, fut guillotiné à Bressuire. Nicolas, qui fut surpris un jour qu'il coulait des balles pour les chouans, est mort dans la prison des Sables. Le fils de ce dernier, Jacques, répondit aux patriotes qui voulaient lui faire crier : Vive la République !" : "Comment voulez-vous que je l'aime ? Elle a tué tous mes ancêtres !" La famille Doux habite le moulin des Reliques.

5706 - Barthélémy Grondin, 62 ans, journalier, demeurant au village de la Brigassière, exécuté le même jour et au même lieu, "convaincu d'avoir parcouru les maisons de la commune, engageant les gens à s'attrouper pour soutenir la bonne religion, disant que les garçons qui n'étaient pas à l'armée catholique étaient des gens perdus, d'avoir emprisonné des républicains et arboré la cocarde blanche".

5707-5709 - Etienne Toublaud, 65 ans, maréchal-taillandier, condamné à mort le 15 décembre 1793, et exécuté le surlendemain aux Sables, "convaincu d'avoir commandé les rebelles, de leur avoir distribué des vivres, d'avoir signé des billets comme membre du Comité contre-révolutionnaire, etc." Deux de ses fils, dont l'un s'appelait Etienne, furent assassinés par les bleus, dans le chemin qui conduit au bourg de Commequiers au village de la Chaulière.

5710 - Pierre Troussicot, 33 ans, maréchal-taillandier, condamné à mort le 19 décembre 1793, et exécuté le 14 janvier suivant aux Sables, "convaincu d'avoir fabriqué des sabres et des piques et aiguisé un sabre pour les révoltés, d'avoir chanté une chanson contre-révolutionnaire, arboré la cocarde blanche, etc." On dit qu'il avait même aiguisé le couperet de la guillotine.

5711-5713 - Jacques Sire, 50 ans, journalier ; Jean Nicolleau, colporteur, 37 ans ; René Jutard, 25 ans, domestique de Jean Joly, laboureur à la métairie du Moulin-au-Vent, condamnés à mort le 28 décembre 1793, et exécutés le 14 janvier suivant, aux Sables, "convaincus d'avoir fait partie des attroupements, monté la garde avec les rebelles, assisté à différents combats, emprisonné des patriotes, fourni des subsistances, aux révoltés, etc. ; ledit Jutard, convaincu d'avoir tué un défenseur de la patrie".

5714-5715 - François Chiron, 40 ans, laboureur à la Mussardière, et Pierre Biron, 35 ans, journalier à la Brigassière, condamnés à mort et exécutés, aux Sables, le 23 février 1794, "convaincus, le premier, d'avoir porté les armes contre sa patrie, monté la garde aux prisons où étaient détenus les patriotes, d'avoir aidé à conduire un patriote en prison ; le second, d'avoir fait partie des attroupements, d'avoir été le courrier des rebelles, d'avoir enlevé le blé des patriotes, etc."

5716 - Un autre Pierre Biron, journalier, fusillé à Savenay, comme soldat de la Vendée, le 25 décembre 1793.

5717 - Jacques Guerry du Cloudy, demeurant à la Touche, en Commequiers, originaire du Cloudy, en Saint-Hilaire-de-Riez, frère du chevalier du Cloudy de la Fortinière, chef vendéen, commandant des côtes de Beauvoir aux Sables, fait prisonnier et fusillé à Challans. Au moment de mourir, il demanda aux assistants de prier pour son âme.

5718-5719 - Les dames De La Roche et De l'Espinay, parentes l'une de l'autre, habitant le château d'Avace. Elles furent arrêtées et fusillées à Noirmoutier, chantant le cantique : Avancez mon trépas, Jésus, ma douce vie.

5720 - Un prêtre du nom de l'Espinay, au château d'Avace, et que, dans la famille, on désignait sous le nom de Lili. Pour échapper aux bleus qui le cherchaient, il se mit à couper des épines, dans un champ voisin de sa demeure, mais son peu d'habileté dans ce travail le fit reconnaître malgré son déguisement. Il fut emmené et ne reparut plus.

SAINTE-CROIX-DE-VIE

5721 - M. Alexandre Ténèbre, curé de Sainte-Croix-de-Vie, desservant de Saint-Étienne-du-Bois, de Saint-Jean-de-Monts, curé de Vairé. Ne voulant pas se soumettre aux lois de la Révolution et pour éviter la persécution qui sévissait en 1792 contre les prêtres fidèles, ce dévoué pasteur, au lieu de se résoudre à l'exil, se cacha au village de la Tullévrière, paroisse de Saint-Etienne-du-Bois, et y demeura plusieurs années. Chose étrange ! Ce coin de bocage ne fut pas découvert par les colonnes infernales, et telle était la tranquillité de cette heureuse contrée que l'on conçut l'idée de construire une chapelle sous le vocable de Notre-Dame-des-Martyrs du Bas-Poitou. M. Ténèbre en fit la bénédiction le 29 décembre 1794. L'année suivante, par suite d'injures grossières proférées par de mauvais catholiques, ce bon prêtre dut quitter son cher asile de la Tullévrière et se retirer dans le marais de Saint-Jean-de-Monts, où il rendit pendant deux ans les plus signalés services aux chrétiennes populations de ce pays. Mais un jour il fut arrêté. C'était à Coëx, au moment où il venait de faire faire la première communion à deux cents enfants. Condamné à la déportation, il fut traîné de prison en prison et conduit à Rochefort, où il fut embarqué pour la Guyane, avec cent soixante-douze prêtres et trente-trois laïques. Sa vie fut là-bas, comme celle de tous ses confrères, une vie de douleurs et de privations. A son retour d'exil, en 1802, l'autorité diocésaine le nomma curé de Vairé, où il mourut, à 80 ans, le 21 octobre 1822.

5722 - Pierre Guyon, 44 ans, marin, condamné à mort, le 26 avril 1793, et exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'avoir fait partie des attroupés, assisté le vendredi-saint (29 mars 93), en qualité de canonnier, à l'attaque vigoureuse qu'éprouva la ville des Sables ; monté une corde au haut de l'arbre de la liberté, à Saint-Gilles, pour le faire abattre, et aidé les attroupés à piller des voiles et des souliers chez le capitaine Petit, arboré la cocarde blanche et commis bien d'autres crimes qui le mettent hors de la loi."

LE FENOUILLER

5723 - M. François Goupilleau, curé. Il prêta le serment restrictif approuvé par le chef du diocèse, mais le Directoire du département le considéra comme nul et le prêtre fidèle fut arrêté, conduit à Fontenay, puis embarqué pour l'Espagne, le 9 septembre 1792. L'exil lui pesait. Il voulut retourner en France, avant la pacification, mais la police l'arrêta au port de Noirmoutier et le jeta dans la prison du château. Cette situation lui parut aussi cruelle que la précédente. Malheureusement l'évasion n'était guère possible. Cependant, en homme courageux, il l'essaya. Une corde fut préparée avec ses draps et ses couvertures. Hélas ! cette corde se rompit au moment où le prisonnier allait toucher la terre. Il se brisa une jambe. Des amis accoururent et réussirent à le cacher pendant les troubles. M. Goupilleau habita Noirmoutier, malgré les persécutions de la bourgeoisie, jusqu'en 1812, époque à laquelle il reprit la direction de son ancienne paroisse. C'est là que la mort vint le frapper en 1822.

5724 - M. Frédéric Graux, religieux bénédictin de la Blanche en Noirmoutier, où il remplissait les fonctions d'économe. Il prêta le serment, mais le rétracta aussitôt, fut chassé de son monastère, et se retira en Angleterre. A son retour d'exil, l'Évêché lui confia successivement les paroisses du Fenouiller et de Saint-Mars-la-Réorthe. Il mourut à Nantes, en 1836, s'étant retiré du ministère depuis quelque temps.

5725 - Michel Rabaud (ou Rabreaud), 42 ans, agriculteur, maire de la commune, condamné à mort, le 27 mars 1794, et exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'avoir pris part aux attroupements, d'avoir offert toute sa commune à Coulon, chef des rebelles, d'avoir été lui-même instigateur et chef, manquant ainsi à la fidélité du serment qu'il avait prêté comme fonctionnaire public".

5726 - Louis Voisin, arrêté pour avoir caché un prêtre dans sa maison de la Colombière et emprisonné aux Sables. Il fut condamné à mort et devait être guillotiné le lendemain, mais le matin de l'exécution, on le trouva mort, tenant son crucifix à la main.

GIVRAND

5727 - M. Philippe-Elisée Degounor, curé d'abord de Givrand, puis desservant de la Chaume et curé de Croix-de-Vie. Il eut le malheur de prêter serment, mais il s'en repentit et remplit tous ses devoirs avec dévouement. Au lieu de quitter le pays, il se cacha dans une maison de la Chaume et rendit de grands services aux fidèles de cette paroisse et des Sables. En 1803, la cure de Croix-de-Vie lui fut confiée, mais au bout de quelques années il se retira aux Sables, où il mourut en 1806.

SAINT-HILAIRE-DE-RIEZ

5728 - M. Pierre Guinement, curé de l'Aiguillon-sur-Vie et de Saint-Hilaire-de-Riez, avant la Révolution. Réfractaire au serment constitutionnel, il fut arrêté, incarcéré à Fontenay pendant trois mois et enfin déporté en Espagne. C'est tout ce que l'on sait de précis sur son compte.

5729 - M. André-François Hilairet, d'abord professeur de Seconde au Séminaire de Luçon, vicaire aux Essarts, puis curé de Saint-Hilaire-de-Riez. Il prêta le serment restrictif, dont ne voulut pas se contenter l'administration civile, et force lui fut de s'embarquer aux Sables, le 27 septembre 1792, à destination de Saint-Sébastien. A son retour en France, le vénérable exilé fut nommé curé de Saint-Hilaire-de-Riez et c'est à ce poste que la mort vint le frapper en 1808.

5730 - André Chevrier, dit Pontoiseau, 21 ans, marchand de volailles, condamné le 3 avril 1793 et exécuté le surlendemain aux Sables. Il avait été arrêté porteur d'une fourche et de la cocarde blanche.

5731 - Pierre Jaunet, 23 ans, maçon, mis à mort, le même jour, au même lieu et pour les mêmes motifs.

5732-5733 - François Lachaise, maçon 43 ans, et Jacques Toublanc, 37 ans, farinier, condamnés à mort le 16 avril 1793 et exécutés aux Sables, l'un le 19 et l'autre le 23 du même mois, "convaincus d'avoir été les agents des révoltés, en qualité de sergents dans les compagnies, d'avoir distribué des armes aux brigands, et de leur avoir fourni du bois et des vivres, etc."

5734 - Jacques Benesteau, dit le Prince, laboureur, condamné à mort et exécuté aux Sables, le 17 avril 1793, "convaincu d'avoir été l'agent des chefs rebelles, emprisonné des citoyens par leurs ordres, monté la garde, porté la cocarde blanche, etc."

5735 - Pierre Génevier, 44 ans, douanier, condamné à mort le 26 avril 1793 et exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'avoir été parmi les attroupés, assisté au combat du Vendredi-Saint en qualité de commandant et donné des ordres par écrit."

5736 - Pierre Renou, 37 ans, marchand, condamné à mort le 2 mai 1793 et exécuté le 12, aux Sables, "convaincu de s'être joint aux rebelles, parmi lesquels il avait un grade, d'avoir pris les armes contre sa patrie, porté la cocarde blanche et assisté à plusieurs combats."

5737 - Pierre Charron, 26 ans, menuisier, courrier vendéen, condamné à mort et exécuté aux Sables, le 23 février 1794, "convaincu d'avoir été dans la cavalerie des révoltés, combattu les patriotes, auxquels il a volé des chevaux et tenu des propos contre-révolutionnaires".

5738 - Jean Moreau, 40 ans, laboureur à la Neuvière, condamné à mort le 8 mars 1794, et exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'avoir fait partie des attroupements, comme sous-chef et instigateur, commis des pillages, conduit des patriotes en prison, cherché à recruter pour Joly, chef des rebelles."

5739 - Louis Marchais, meunier, 38 ans, condamné à mort à Noirmoutier, le 3 août 1794, coupable "d'avoir assisté à plusieurs combats contre les armées de la République, armé de fourche ou de fusil et fait couler le sang des défenseurs de la Patrie".

5740 - Pierre Burlot, 26 ans, fusillé à Savenay, comme soldat de la Vendée, le 23 décembre 1793.

5741 - Pierre-René Marchand, fusillé le 30 avril 1793.

5742 - Pierre Molard, fils, bordier, fusillé le 25 décembre de la même année.

5743 - Pierre Barraud, chef de paroisse, fusillé à la prise de Noirmoutier en janvier 1794.

LANDEVIEILLE

5744 - M. François-Germain Huet, d'abord vicaire de Soullans, puis curé de Landevieille, enfin desservant de Luçon. Ayant refusé d'adhérer aux lois révolutionnaires, il fut incarcéré à Fontenay, transféré à Niort, condamné à la déportation, dont il fut dispensé à cause de son âge, emprisonné de nouveau à Fontenay, remis en liberté, hospitalisé à Luçon chez M. Merland de Chaillé qui, pour ce fait, se vit plus tard arrêté et interné dans la citadelle de Brouage, jeté une troisième fois dans les fers à Luçon, enfin libéré définitivement. Telle est en quelques mots la biographie de ce vénérable prêtre, qui exerça jusqu'à sa mort, en 1801, les fonctions du ministère sacerdotal dans la paroisse de Luçon.

5745 - Jean Gautreau, 22 ans, laboureur à la Roche-Henry, condamné à mort le 21 avril 1793 et exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'avoir arboré la cocarde blanche, pris les armes contre sa patrie, d'avoir été l'agent et le commissionnaire des brigands, d'avoir fait sonner le tocsin, etc."

5746 - Augustin Gouineau, 23 ans, tisserand, condamné à mort le 22 avril 1793 et exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'avoir été le courrier des vendéens et d'avoir fait sonner le tocsin".

5747 - Jacques Jousseaume, l'aîné, tisserand, secrétaire de la commune, 52 ans, condamné à mort le 7 octobre 1793 et exécuté le 6 novembre suivant aux Sables, "convaincu d'avoir fait partie de l'attroupement en qualité de commandant des révoltés, en faisant fournir au citoyen Bouquard, de la Canterie, paroisse de Saint-Martin-de-Brem, 21 boisseaux de froment pour la subsistance des rebelles, suivant son billet daté du 22 mars dernier, signé : Jousseaume, commandant ; d'avoir arboré la cocarde blanche et violé le serment qu'il a fait lors de son élection de secrétaire de ladite commune de Landevieille."

5748 - Gabriel Pertuzet, 41 ans, chirurgien, commandant la paroisse, condamné à mort, le 15 avril 1793 et exécuté le 19, aux Sables, "comme chef de révoltés".

SAINT-MAIXENT-SUR-VIE

5749 - M. Antoine-Jean Lafond, originaire de la Creuse, curé de Saint-Maixent. Ayant refusé le serment schismatique, il dut s'expatrier et, le 3 octobre 1792, s'embarqua pour l'Espagne. Après l'exil, on lui confia la paroisse de Xanton, où il mourut en 1823.

5750 - C. Bonnin, veuve Picard, 60 ans, condamnée à mort le 25 juin 1794 et guillotinée le même jour, à Paris, à la Barrière du Trône, avec 35 compagnons d'infortune. Le jugement qui donne les motifs de condamnation pour un certain nombre de victimes est muet en ce qui concerne la veuve Picard.

5751 - Jérôme Sauzeau, d'une force herculéenne, qui alla provoquer les MM. la Violais, de Saint-Christophe-du-Ligneron, reconnus comme patriotes, et qui fut fusillé par eux dans leur cour.

SAINT-MARTIN-DE-BREM - SAINT-NICOLAS

3452-3457 - M. Jean-Augustin Epaud, né à Sainte-Flaive, curé de Saint-Martin. Il refusa le serment, mais la gendarmerie fut incapable de l'arrêter, car des paroissiens dévoués veillaient sur sa personne. Parmi ces vaillants défenseurs, M. l'abbé Baraud cite Jean Chanteclerc, 23 ans, Joseph Guérin, 24 ans, Jean Raffin, 40 ans, Alexis Viaud, 45 ans et Louis Nicolleau, notaire à Saint-Martin, 45 ans, qui furent emprisonnés aux Sables en 1793 ; le dernier fut condamné à mort par le tribunal de Fontenay en décembre 1793. Le bon curé, pour ne pas compromettre plus longtemps ses fidèles gardiens, se laissa arrêter et fut embarqué pour l'Espagne le 11 septembre 1792. L'exil lui semblait trop cruel et il résolut de revenir en France avant la fin des troubles. Malheureusement le bateau qui le conduisait vint échouer à l'Aiguillon, non loin d'un poste de soldats. On le condamna à la déporation et on l'enferma dans les prisons de Rochefort, où il eut à souffrir les plus dures privations. Libéré enfin en 1800, le confesseur de la foi revint à Saint-Martin, où il mourut en 1804.

5758 - Pierre Achard, 34 ans, laboureur à Saint-Nicolas, condamné à mort le 18 avril 1793, et exécuté aux Sables le surlendemain, "convaincu d'avoir eu un grade parmi les attroupés, d'avoir été leur courrier, d'avoir pris part à plusieurs combats, porté la cocarde blanche, etc."

5759 - Jean Trainot, de Saint-Nicolas, 29 ans, fusillé à Savenay, le 24 décembre 1793.

5760 - Alexis Viaud, 42 ans, meunier, guillotiné aux Sables le 22 avril 1793, "convaincu d'avoir été le courrier des rebelles et d'avoir sonné le tocsin".

NOTRE-DAME-DE-RIEZ

5761 - M. Jacques-André Ganachaud, curé. Il refusa énergiquement d'obéir aux lois révolutionnaires et se cacha dans le pays au lieu d'aller à Fontenay comme il en avait reçu l'injonction. Son asile fut découvert et force lui fut de s'exiler. Au retour de la terre étrangère, l'administration diocésaine lui permit de reprendre la direction de son ancienne paroisse. Après quelques années de ministère, il se retira à Saint-Hilaire-de-Riez, où il mourut en 1809.

5762 - Jacques Rablot, 38 ans, maire de la commune, condamné à mort le 18 avril 1793 et exécuté aux Sables le surlendemain, "convaincu d'avoir eu un grade parmi les rebelles, d'avoir assisté au combat, porté la cocarde blanche, pris les armes contre sa patrie et donné des ordres par écrit pour forcer les citoyens à lui fournir ce qu'il leur demandait."

SAINT- RÉVÉREND

5763 - M. Jacques Petiot, 48 ans, curé et maire, qui refusa de se soumettre aux décrets de la Convention et resta courageusement au milieu de ses paroissiens, avec l'espoir du martyre. Il ne fut pas déçu. Les bleus l'arrêtèrent au bourg de la Mothe-Achard et la Commission militaire des Sables le condamna à mort, le 5 avril 1793, "parce qu'il avait dit la messe à Vairé et à Commequiers et suivi les rebelles". L'exécution eut lieu le même jour, sur le Remblai. "Il marcha calme, ferme et souriant vers le lieu du supplice, au milieu de deux prisonniers, les soutenant par ses paroles et son exemple. Il portait son bréviaire sous le bras. Pendant la marche il chanta d'une voix forte et avec l'accent d'une piété toute céleste cette strophe d'un cantique du Bienheureux Père de Montfort : - Allons, mon âme, allons - Au bonheur véritable ... Arrivé en face de la guillotine, il demande à celui qui préside à l'exécution la faveur de mourir le dernier, afin de pouvoir encourager, au moment décisif, ceux qu'on allait exécuter avant lui. Enfin il monte le dernier sur l'échafaud, pour recevoir le coup qui va trancher sa vie, en lui ouvrant le ciel. Il baise, comme saint André, l'instrument de son supplice, embrasse son bourreau et lui fait présent de sa montre en or. Puis le doux martyr courbe sa tête sous le couteau, qui fonctionna avec peine, frappa trois fois la victime avant de l'immoler." (M. l'abbé Prunier)

5764 - Jean Fusilier, journalier, 60 ans, de la Sicaudière, condamné à mort aux Sables, le 27 novembre 1793, "convaincu d'avoir enlevé nuitamment, au poste du Pas-au-Peton, deux pierriers dans un fossé, lors de l'attaque que firent au dit poste des rebelles, repoussés par les républicains, et les avoir transportés à l'armée catholique à Palluau ; d'avoir sollicité des patriotes de se joindre à l'armée des rebelles, porté les armes contre sa patrie et arboré la cocarde blanche".

5765-5766 - Rorthais des Chateigners, seigneur de Saint-Révérend, et une dame de Rorthays, prisonniers à la prise de Noirmoutier, 2 janvier 1794, emmenés à Nantes et morts soit dans les prisons, soit sur l'échafaud, soit dans les flots de la Loire.

DOYENNÉ DE L'ÎLE-DIEU


5767 - M. Jacques-Marie Barbeau, vicaire, puis curé de l'Île-Dieu. Il rétracta courageusement le serment schismatique qu'il avait prêté par faiblesse et résuma ainsi sa profession de foi : "Je suis et serai toujours prêtre catholique, apostolique et romain". Par suite des persécutions qu'il eut à subir, force lui fut de s'embarquer aux Sables pour l'Espagne. Au retour de l'exil, l'autorité diocésaine le nomma curé de l'Île-Dieu, poste qu'il occupa jusqu'en 1818. A cette époque, il se retira à la Verrie, chez son neveu, M. l'abbé Guilloton, curé de la paroisse, mais dès l'année suivante, la mort vint le frapper, l'enlevant à l'affection des fidèles qui le regardaient comme un saint prêtre.

5768 - M. Mathurin Belloteau, de la Chaume, vicaire de l'Île-Dieu, puis curé de la Tranche. Ayant refusé d'adhérer aux lois révolutionnaires, il dut partir pour l'exil et, au retour, il reprit la direction de son ancienne paroisse, dans laquelle il mourut en 1812.

5769 - Jacques Beau, notaire, condamné à mort comme complice des brigands de la Vendée, le 26 mars 1794, par le tribunal criminel de la Charente-Inférieure.

DOYENNÉ DE SAINT-JEAN-DE-MONTS

SAINT-JEAN-DE-MONTS

5770 - M. Pierre-Victor Morand, curé, né en 1756. Ce prêtre, fidèle et courageux, avait dit qu'il ne prêterait jamais le serment et il avait ajouté devant le tribunal : "Je ne quitterai ma cure que contraint par la force, prêt à mendier mon pain et à souffrir le martyre plutôt que d'abandonner mon poste." Peu de temps après, poursuivi par la police qui avait ordre de l'arrêter, il réussit à gagner la frontière allemande et s'exila en Westphalie, d'où il revint en 1800, pour reprendre ses fonctions curiales. Étant donné l'état d'ignorance dans lequel croupissait la jeunesse depuis dix ans, l'idée lui vint d'ouvrir un collège, au bourg de Saint-Jean-de-Monts et son projet fut approuvé par le Gouvernement qui fournit les fonds nécessaires. Ouvert en novembre 1808, cet établissement fut transféré à la Roche-sur-Yon en 1815. M. Morand était mort en 1812, laissant suivant les paroles du préfet, la réputation d'un homme recommandable par son instruction et son dévouement.

5771 - M. René-Urbain Morand, frère et vicaire du précédent. Il suivit son frère en exil et devint plus tard curé de Bournezeau et de Rochetrejoux. Sa mort survint dans cette dernière paroisse en 1825.

5772 - Jean Tarraud, 28 ans, tisserand, condamné à mort le 1er avril 1793, et exécuté le 6 aux Sables-d'Olonne. "Il avait été arrêté parmi les brigands qui avaient bombardé la ville".

5773 - Pierre Daniel (ou Daniot), 23 ans, farinier, pris les armes à la main et porteur de la cocarde blanche, condamné en conséquence le 2 avril 1793, puis exécuté le même jour et au même lieu que le précédent.

5774 - Pierre Bouteiller, maréchal-ferrant, condamné à mort, comme contre-révolutionnaire, le 5 décembre 1793, par le tribunal des Bouches-du-Rhône.

5775 - Jean Desbertois (de Saint-Jean, Vendée), condamné à mort, à Savenay, comme brigand, le 25 décembre 1793.

5776 - Labbé, chef de la division du Marais, mort sur le champ de bataille.

LA BARRE-DE-MONTS

5777 - M. Jean-François Bouteau, vicaire à Saint-Martin-de-Brem, curé de la Barre-de-Monts et de Saint-Martin-de-Brem, puis vicaire général. Il était originaire de Noirmoutier, La Révolution le trouva fidèle aux lois de l'Eglise et le condamna pour ce motif à un dur et lointain exil. Sa mort survint en 1832 et Mgr Soyer rendit à ce digne prêtre le témoignage suivant : "La mort, en me le ravissant, m'a enlevé un ami, un conseil au besoin et à ce diocèse un administrateur distingué, qui possédait entièrement votre confiance, comme il possédait mon estime et mon affection".

NOTRE-DAME-DE-MONTS

5778 - M. François-Guillaume Dorval (ou Derval), originaire de la Chaume, sous-diacre au moment de la Révolution. Il refusa d'émigrer, fut jeté en prison aux Sables, et envoyé en captivité à Noirmoutier où il échappa aux massacres qui eurent lieu dans cette île. Ce n'est qu'après la pacification qu'il fut ordonné prêtre et nommé à la cure de Notre-Dame-de-Monts.

LE PERRIER

"Cette paroisse, dit l'abbé Baraud, étant le centre du marais insurgé, a subi les coups les plus rudes de la part de la colonne infernale commandée par Turreau. Les maisons ont été dévastées et incendiées. Les soldats, pour se soustraire à ces soldats sanguinaires, se cachaient dans les fossés, au milieu des joncs et des roseaux. Beaucoup, néanmoins, furent pris et massacrés".

5779 - M. Antoine Delabarre, curé avant et après la Révolution. On croit qu'il s'est exilé.

5780 - M. François Poiron, vicaire. Il dut s'exiler et, à la fin des troubles, l'autorité ecclésiastique le nomma curé de Bois-de-Cené, où il mourut en 1804.

5781 - André Gration (ou Gratien), 60 ans, condamné à mort, comme brigand de la Vendée, le 29 décembre 1793, par la Commission Bignon, et fusillé dans les carrières de Gigant, à Nantes.

5782 - Barraud, chef de paroisse, fusillé par les bleus, à la prise de Noirmoutier, en janvier 1794.

SOULLANS

5783 - M. François Noeau, prieur-curé. Il refusa de prêter un serment que réprouvait sa conscience sacerdotale, mais au lieu de s'exiler comme tant d'autres, il resta au milieu de ses paroissiens. La gendarmerie l'arrêta et le conduisit à la prison de Fontenay, d'où il s'échappa pour revenir à Soullans. Un jour, il fut surpris au moment où il achevait une cérémonie religieuse. A peine eut-il le temps de recommander son âme à Dieu. Il fut impitoyablement massacré, avec un compagnon fidèle, près de la ferme des Clouzils.

5784 - M. Guillon, prieur-curé, prédécesseur de M. Noeau, en 1772. C'était un homme remarquable par sa science théologique et philosophique, autant que par ses vertus. Pour ces divers motifs, l'évêque de Luçon lui confia le jeune Mathieu de Gruchy qui fut son élève et son vicaire. A cause de sa mauvaise santé, il dut se démettre en faveur de son vicaire, mais il resta au bourg de Soullans. C'est là que la Révolution vint le prendre pour l'envoyer en exil. Ce prêtre distingué dut mourir peu après son retour d'Espagne.

5785 - M. Pierre-Alexandre Couperie, vicaire à Challans, à Saint-Etienne-du-Bois, curé de Soullans, missionnaire de Saint-Laurent, enfin évêque de Babylone. Il n'était que diacre au moment de la Révolution. Il se retira dans les Etats pontificaux où il fut ordonné prêtre en 1797. A son arrivée en Vendée, plusieurs postes lui furent successivement confiés, à Challans, au Bernard, à Longeville, enfin à Soullans, comme curé, en 1803. Sept ans plus tard, son entrée chez les missionnaires de la Compagnie de Marie est décidée et il s'occupe de prêcher des retraites et des missions, donnant aussi des instructions très appréciées aux Filles de la Sagesse. Le Pape lui confia, en 1820, la mission de Babylone, dont il fut évêque. De nombreuses conversions récompensèrent son dévouement apostolique, mais hélas ! le 25 avril 1831, la peste, qui sévissait pour la seconde fois dans son diocèse et qui avait déjà frappé les deux tiers des missionnaires, atteignit le prélat lui-même, victime de la charité, alors qu'il recueillait dans sa maison les prêtres frappés par le terrible fléau.

5786 - M. Mathieu-François de Gruchy, vicaire de Soullans, de Challans, de Beauvoir, de Bois-de-Cené, de Saint-Jean-de-Monts, et curé de Venansault. Il était d'origine anglaise, étant né à Jersey, en 1761. Fait prisonnier par un navire français et détenu à Saumur, il fut protégé par la marquise de Toucheprès, qui lui procura le moyen de s'instruire et d'apprendre le métier de menuisier. Déjà il avait abjuré l'hérésie du protestantisme et bientôt, confié aux soins du curé de Soullans, il commença l'étude du latin et se prépara au sacerdoce. Prêtre, il évangélisa avec succès les paroisses nommées plus haut. Mais la Révolution survint. D'autre part, M. de Gruchy rêvait de retourner dans sa patrie pour convertir sa famille. Il fit le voyage et il réussit à baptiser sa soeur. M. Brumauld de Beauregard le ramena en Vendée. C'est le 15 novembre 1797 que fut arrêté ce saint prêtre, au moment où, déguisé en ouvrier menuisier, il se préparait à quitter le port de Nantes pour revenir à Jersey. Reconnu comme prêtre, il fut enfermé dans la prison du Bouffay. Sa condamnation était certaine. L'exécution eut lieu le 28 du même mois. Pendant que les soldats préparaient leurs armes pour le fusiller, le martyr, le coeur en fête, chantait le cantique populaire : - Allons, mon âme, allons - Au bonheur véritable.

5787 - Marie du Bois, veuve Petiteau, 35 ans, condamnée à mort à Noirmoutier, le 3 août 1794, pour avoir donné asile à M. Noeau. Ses juges, qui voulaient la sauver, lui demandèrent de nier les faits : "Je ne saurais sauver ma vie par un mensonge, répondit-elle courageusement ; et si c'est un crime d'avoir donné à manger à un malheureux prêtre, traqué et mourant de faim, ce crime je l'ai commis, croyant remplir un devoir d'humanité."

5788 - Henriette-Dorothée Faudry, veuve de du Bois de la Guignardière, médecin à Soullans, mère du chef royaliste de ce nom, condamnée à mort, à Nantes, pour ce motif, et guillotinée sur la place du Bouffay, le 23 août 1794. Le jugement porte : "Veuve du Bois, 61 ans, d'intelligence avec les brigands, a fréquenté les brigands, habillée en femme de la campagne, et portant sur sa poitrine un soi-disant Sacré-Coeur de Jésus, à Bouin et Noirmoutier ; a été vue souvent avec l'ex-prieur de Soullans, prêtre réfractaire, un de ceux qui aiguisaient et bénissaient les poignards qui devaient assassiner les défenseurs de la liberté ; elle a indiqué aux brigands Régnier, Tinguy, Barreau et autres les différents genres de supplices que devaient subir les patriotes prisonniers ; a provoqué au rétablissement de la Royauté et à l'anéantissement de la République."

5789 - Benjamin du Bois de la Pastellière, originaire de Soullans, capitaine de la garde nationale de cette paroisse. Il fut nommé par Charette, commandant de la place de Noirmoutier, sous les ordres du gouverneur de Tinguy. Lors de la prise de cette ville par les républicains, il fut massacré le 3 janvier 1794, sous les yeux de Hyacinthe de la Roberie, qui en a témoigné. Il ne s'est donc pas tué lui-même, comme l'on dit à tort Crétineau-Joly et de la Fontenelle de Vaudoré.

5790-5791 - René Delaunay, 30 ans et Laurent Guittonneau, 28 ans, condamnés à mort, à Nantes, le 31 décembre 1793.

DOYENNÉ DE LA MOTHE-ACHARD

LA MOTHE-ACHARD

5792 - M. Claude-Pierre Lansier, curé de la Mothe-Achard, de Palluau, chanoine, originaire de Palluau ; il était fils de Pierre-Auguste Lansier, licencié-ès-lois, sénéchal de Palluau et de Falleron. Sa nomination à la cure de la Mothe date de 1785 et quand éclata la Révolution, rien ne put le décider à prêter un serment que réprouvait sa conscience de prêtre fidèle. En conséquence, les autorités civiles l'internèrent d'abord à Fontenay, et le forcèrent ensuite à s'embarquer pour l'Espagne, le 9 septembre 1792. A son retour d'exil, il fut nommé chanoine et curé de Palluau, où il mourut en 1815.

5793-5797 - La Vendée Historique, d'après M. l'abbé Uzureau, cite comme victimes de la Révolution ; Pierre Sorin, laboureur, 32 ans ; Jean Lefranc, laboureur, 16 ans ; Michel Jolain, laboureur, 43 ans ; Jean Habert, métayer, 13 ans ; Clément Gueffier, laboureur, 33 ans.

BEAULIEU-SOUS-LA-ROCHE

5798 - M. Pierre-Joseph Audureau, curé. Il demeura fidèle aux lois de l'Église et fut obligé de s'exiler en Espagne, d'où il revint, après la pacification, pour gouverner à nouveau son ancienne paroisse. Il mourut à son poste en 1806.

5799 - René-Louis de Rorthais de la Savarière, 74 ans, condamné à mort le 2 mai 1793 et exécuté le 12, aux Sables, "convaincu d'avoir fait partie de l'attroupement en qualité de commandant, fait des billets pour sommer des bouviers pour les brigands, pour les autoriser à piller les pain, vin, bois et bestiaux des patriotes, d'avoir arboré la cocarde blanche et d'avoir été pris à la suite du combat de Beaulieu, armé d'un fusil et d'un couteau de chasse".

5800 - Pierre Martineau, laboureur et cabaretier, 49 ans, condamné à mort le 15 décembre 1793 et exécuté le surlendemain aux Sables, "convaincu d'avoir été chef des rebelles, de leur avoir distribué des vivres, d'avoir écrit et signé des billets comme membre du Comité contre-révolutionnaire, que lesdits rebelles avaient établi, d'avoir donné des ordres de piller les blés et vins des patriotes et d'avoir arboré la cocarde blanche".

5801 - Marie Robreteau, femme du précédent, 40 ans, condamnée à mort le surlendemain de la mort de son mari et exécutée aux Sables, le 14 janvier de l'année suivante. "Convaincue d'avoir engagé plusieurs républicains gendarmes d'aller avec Pierre Martineau, son mari, qui était caporal ou sergent des rebelles ; d'avoir aussi engagé des soldats du 60e régiment qui étaient en garnison à Beaulieu, lesquels étaient logés chez elle et que le dit Martineau fit fusiller ; d'avoir pillé dans différentes maisons des patriotes."

5802-5807 - Parmi les noms de ceux qui furent condamnés à mort à Nantes, nous relevons les suivants : Pierre Gaudineau, 30 ans, le 31 décembre 1793 ; Louis Lebleu, 50 ans, le 5 janvier 1794 ; Jean Lucas, 36 ans, le 5 janvier 1794 ; Mathurin Lambin, 33 ans, le 6 janvier 1794 ; Pierre Marchand, 27 ans, le 6 janvier 1794 ; René Beauffreton, cordager, condamné à mort comme conspirateur, à Saumur, le 23 décembre 1793.

5808-5815 - M. l'abbé Uzureau cite dans la Vendée Historique, comme victimes de la Révolution les noms qui suivent : François Morin, métayer, 17 ans ; Pierre Deschamps, laboureur, 38 ans ; Charles Duc, laboureur, 16 ans ; Etienne Perdrieau, tisserand, 16 ans ; François Bodet, laboureur, 68 ans ; Etienne Baudrier, meunier, 17 ans ; René Baudry, laboureur, 22 ans ; Mathurin Pineau, laboureur, 39 ans.

LA CHAPELLE-ACHARD

5816 - M. Louis Amiaud, curé de Mormaison et de la Chapelle-Achard. Il refusa le serment schismatique, mais au lieu de s'exiler comme la plupart de ses confrères, il resta dans le pays, au milieu des privations de tout genre et des dangers continuels, heureux de souffrir et d'exposer sa vie pour ses paroissiens. Il mourut en 1855, à l'âge de 90 ans.

5817 - M. Mathieu Gautier, prêtre. Réfractaire au serment, il dut s'exiler en Espagne, où il mourut au cours de la tourmente révolutionnaire.

5818 - Jacques Vrignon, 59 ans, tisserand, procureur de la commune, condamné à mort le 18 mars 1794 et exécuté le même jour aux Sables, "convaincu de son propre aveu, d'avoir sonné le tocsin et monté la garde pour les brigands".

LA CHAPELLE-HERMIER

5819 - M. Louis-Jean Brillaud, curé. Ayant refusé d'adhérer au schisme, que les lois révolutionnaires voulaient lui imposer, il fut menacé de la prison et dut se cacher, chez son parent, M. Joly, procureur de la commune, le futur chef Vendéen, qui jouissait dans le pays d'une grande popularité. Le prêtre fidèle fut découvert caché dans un coffre et fut emprisonné à Fontenay. Son départ pour l'Espagne eut lieu le 11 septembre 1792 et l'on croit qu'il mourut sur la terre étrangère.

5820-5823 - La famille Savin. Le général de ce nom, célèbre par sa bravoure, après des alternatives de défaites et de victoires, mourut d'une façon assez obscure. D'après quelques historiens, il se serait trouvé un dimanche aux Épesses, où des soldats l'auraient pris pour un espion et l'auraient mis à mort. Deux de ses fils furent tués au combat de Legé, et sa femme, une Nicolleau, originaire d'Apremont, parente d'un curé de La Chapelle-Hermier, fut massacrée à Malvoisine, près La Roche-sur-Yon.

5824 - Jacques Tousbert de La Court Goronière, âgé de 33 ans, fait prisonnier à Quiberon et fusillé à Vannes, le 31 juillet 1795.

5825 - Jean-René Guilbaud, 19 ans, natif de Chauché, domestique chez la dame Tousbert de la Court, condamné à mort le 23 mai 1793 et exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'avoir participé aux attroupements, d'avoir commandé des rebelles, d'être venu aux Sables aux combats du dimanche des Rameaux et du Vendredi-Saint, d'avoir pris les armes contre sa patrie et arboré la cocarde blanche."

5826 - Jean Brochard, tisserand, 25 ans, canonnier vendéen, condamné à mort le 31 janvier 1794 et exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'être l'un des auteurs de la révolte première du mois de mars et le porte-drapeau des rebelles".

5827 - Pierre-Jean Mainguet, 79 ans, secrétaire de la Municipalité et du Comité Vendéen, condamné à mort le 16 février 1794 et exécuté le 20 aux Sables.

5828 - Jacques Pouclet, 32 ans, farinier au moulin de la Ruette, condamné à mort le 8 mars 1794, et exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'avoir fait partie des attroupements, commis des pillages, conduit des patriotes en prison, cherché à recruter pour Joly, chef des rebelles ; sous-chef et instigateur."

5829 - Jacques Trichet, 40 ans, laboureur, condamné à mort le 13 avril 1794 et exécuté le même jour aux Sables, "convaincu d'avoir fait partie des attroupements qui désolent la Vendée ; d'avoir été l'un de ceux qui ont pris et arrêté cinq patriotes, lesquels, conduits devant Joly, ont été fusillés ; d'avoir ainsi contribué et participé à leur mort".

5830 - Mathurin Guitteau, 40 ans, condamné à mort, à Nantes, comme rebelle de la Vendée, le 5 janvier 1794.

SAINTE-FLAIVE

5831 - M. Pierre Poingt, ancien vicaire de Saint-Hilaire-de-Talmont et de Mouchamps, curé de Sainte-Flaive au moment de la Révolution. Résolument opposé à la Constitution civile du clergé, il fut, pour ce motif, emprisonné à Fontenay et dut partir pour l'Espagne, d'où il revint, en 1803, pour remplir les fonctions de curé à la Mothe-Achard, pendant deux années seulement. Les privations et les fatigues de l'exil le conduisirent ainsi rapidement au tombeau.

5832 - Louis Renaud, 39 ans, farinier au Moulin des Évêques. Condamné à mort le 10 novembre 1793 et exécuté le 17, aux Sables, "convaincu d'avoir fait partie des attroupements, en qualité de commandant des rebelles, de leur avoir fait fournir des subsistances, d'avoir pillé et fait piller différentes maisons de patriotes, d'avoir arboré la cocarde blanche et pris les armes contre sa patrie".

5833 - Jacques Garandeau, laboureur notable, demeurant à la Guinairie, 35 ans, condamné à mort le 15 décembre 1793 et exécuté le surlendemain aux Sables, "convaincu d'avoir été chef des rebelles, signé des billets comme membre du Comité contre-révolutionnaire, arboré la cocarde blanche, etc."

SAINT-GEORGES DE POINTINDOUX

5834 - François Quaireau, 44 ans, fabricant de paniers, condamné à mort le 3 avril 1793 et exécuté trois jours après aux Sables, "ayant été arrêté armé d'une fourche et porteur de la cocarde blanche".

5835 - Jacques Richard, fusillé à Savenay, comme brigand de la Vendée le 26 décembre 1793.

5836 - Pierre Bessard, 36 ans, condamné à mort au Mans, comme soldat de la Vendée, le 14 décembre 1794.

5837 - Jean Chaussillier, maçon, 21 ans, de Saint-Georges ? indiqué par la Vendée Historique comme victime de la Révolution.

La famille de Rorthays :

5838 - Louis-René-Charles, seigneur de Saint-Georges, tué dans un combat près des Sables ;

5839 - Urbain, seigneur de la Cointardière ;

5840 - Thomas-Augustin, seigneur de la Senaigerie ;

5841 - René-Léon, seigneur du Giron d'or ;

5842 - Charles-Auguste, seigneur de la Poupelinière, tous les quatre morts dans les rangs de l'armée Vendéenne ;

5843 - Louis-Augustin, père du précédent, 75 ans, exécuté à Nantes, le 4 avril 1794 ;

5844 - Marie de Rorthais de la Senaigerie, 20 ans, morte dans les prisons de Nantes ;

5845 - Louise-Julie de Rorthais du Giron d'Or, épouse de Jacques-Victor Jousbert de la Court-Goronnière, mentionné plus haut à la Chapelle-Hermier, disparue dans la déroute de Savenay ;

5846 - Sa mère, Louise-Julienne de la Ganry, tuée au Mans ;

5547-5849 - Marie-Anne de Rorthais, dame Le Maignan de l'Ecorce, fille de Louis-Augustin de la Poupelinière, exécutée à Nantes, le 10 avril 1794, sur la place du Bouffay. Il est dit dans le jugement que deux de ses fils avaient été exécutés à Noirmoutier ;

5850-5851 - Marie et Élisabeth de Rorthais, 25 et 18 ans, exécutées à Noirmoutier, dans les dunes de la Claire, le 3 août 1794, "convaincues d'avoir eu des intelligences avec les brigands de la Vendée ; d'avoir, en leur qualité de nobles, maintenu, par leur présence, les rassemblements de cette horde scélérate et de les avoir suivis dans leur marche contre-révolutionnaire ; d'avoir par leur conduite ou leurs conseils, provoqué au rétablissement de la royauté et à la destruction de la liberté, de l'égalité, à l'anéantissement de la République française, etc."

GIROUARD

5852 - M. Louis Ancel, religieux de Bois-Grolland. Chassé de son courent, il dut s'exiler en Espagne, d'où il revint pour être curé de Girouard, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort, en 1823.

5853 - René Bourasseau, 56 ans, maréchal-taillandier, officier municipal, demeurant à la Grande-Benatrie, procureur de la commune, condamné à mort le 30 mai 1793, et exécuté le 20 septembre suivant, aux Sables, "convaincu d'avoir fait partie des attroupés, pris les armes contre sa patrie, arboré la cocarde blanche, sonné le tocsin, assisté aux combats des Sables, violé les serments faits lors de son élection d'officier municipal et de procureur de la commune".

SAINT-JULIEN-DES-LANDES

5854 - M. Charles Jourdain, curé. Il refusa le serment, fut en conséquence interné à Fontenay et ensuite obligé de s'expatrier en Espagne, d'où il revint pour être de nouveau curé de Saint-Julien. Il mourut à son poste en 1828, à l'âge de 77 ans.

5855 - M. Louis-Marie-François Dubois, vicaire d'abord aux Sables, puis à Saint-Julien. Comme son curé, il demeura fidèle à l'Église et subit les mêmes peines. A son retour d'exil, l'administration ecclésiastique lui confia la cure de Sainte-Flaive, où il est mort en 1824.

5856 - René Baboyat, 33 ans, condamné à mort, à Nantes, le 2 janvier 1794, comme brigand de la Vendée, en même temps que 229 compagnons d'infortune.

5857- Etienne Arnaud, 40 ans, mort dans la prison de la Coupe, aux Sables, le 29 juin 1794.

5858 - Charles-Julien Morisson de la Bassetière, lieutenant d'artillerie, qui fit la guerre de Vendée et mourut de fatigue, à Apremont, en 1793.

5859 - Honoré Prudent Morisson de la Bassetière, qui servit dans l'armée des princes, échappa à la mort dans les massacres de Quiberon, fut blessé au combat de Chauché et massacré dans la forêt de la Chaize-le-Vicomte.

5860 - Louis-François-Henri Morisson de la Bassetière, qui fit la campagne des princes et après l'affaire de Quiberon, fut fusillé à Vannes, le 3 septembre 1795.

5861 - Calixte-Charles Morisson de la Bassetière, qui servit également dans l'armée des princes et après l'affaire de Quiberon, fut fusillé à Auray, le 29 juillet 1795.

LANDERONDE

5862 - M. François Voisin, curé, originaire de Luçon. Il avait été ordonné prêtre à Mouchamps, par Mgr de Mercy, en 1778, et dirigeait la paroisse de Landeronde au moment de la Révolution. Très opposé aux idées révolutionnaires, il ne voulut point se soumettre aux lois sacrilèges de l'époque et resta au milieu de ses paroissiens, malgré tous les dangers qui le menaçaient. Les privations qu'il dut endurer réduisirent sa santé à un état très précaire et il mourut peu de temps après la pacification.

5863- M. Pierre-François Drouet, vicaire, originaire de Beaulieu-sous-la-Roche. Après avoir refusé le serment, il fut obligé de s'embarquer pour l'Espagne, d'où il revint en 1797. Mais les soldats s'emparèrent de lui et il fut condamné à la déporation à la Guyane. L'existence là-bas était intolérable par suite de la chaleur excessive, du manque d'habitation et de nourriture. Alors que tant de malheureux succombèrent sous le poids de leurs souffrances, M. Drouet put y résister victorieusement et dès les premiers jours de la pacification, il put revenir en France et remplir les fonctions de curé à Landeronde. Il mourut chanoine en 1831.

5864 - Louis Fruchard, 23 ans, domestique à la Giboulière, condamné à mort le 23 février 1794 et exécuté le même jour aux Sables-d'Olonne, "convaincu d'avoir porté les armes contre sa patrie, assisté aux combats des Sables et séjourné parmi les rebelles".

5865 - Michel Fruchard, 14 ans, journalier, fusillé aux Ponts-de-Cé, comme soldat de la Vendée.

5866 - Jean Hochochou, 19 ans, pris sans armes, s'étant rendu volontairement devant le Comité d'Ingrandes, condamné à mort par la Commission révolutionnaire d'Angers, et fusillé aux Ponts-de-Cé, le 19 décembre 1793.

5867- Pierre Bonnin, 70 ans, mort dans la prison de la Coupe, aux Sables, le 26 mai 1794.

MARTINET

5868- M. Baptiste-Jacques Chauveau, curé, au moment de la Révolution. Il refusa le serment, fut interné à Fontenay et déporté en Espagne, d'où il revint, en 1802, pour être curé de Bois-de-Cené.

SAINT-MATHURIN

5869- Charles-Henri de La Roche-Saint-André, né à la Grassière, 39 ans, commandant en second. Etat de services : Entré au régiment de Viennois, en 1790 ; émigré avec les officiers de ce régiment ; a fait la campagne des Princes, à l'armée de Bourbon, en 1792 ; officier au régiment d'Hector, en 1795 ; a rejoint le général Charette la même année, a fait partie de son état-major ; resté auprès de ce général, lui trentième. Blessé et laissé pour mort sur le champ de bataille. Passé à Londres après sa guérison ; revenu en France en 1799 ; a repris les armes avec les royalistes, commandant une division sous son frère."

5870 - Le marquis Charles-Henri de la Roche-Saint-André, chevalier de Saint-Louis, 49 ans, chef de division, qui a été blessé deux fois gravement. Etat de services : "Aspirant de marine en 1777 ; garde de la marine en 1778 ; enseigne de vaisseau en 1784 ; lieutenant de vaisseau en 1786 ; émigré en 1791 ; a fait la campagne des Princes en 1792 ; lieutenant au régiment d'Hector en 1795 ; blessé à la jambe à Quiberon, dans la même année ; rentré en France avec M. de Suzannet, en 1796 ; a servi dans l'armée royale du Maine, sous les ordres de M. de Rochecotte, en 1797 ; commandant la division de Montaigu, sous les ordres de M. le comte de Suzannet, en 1899.

NIEUL-LE-DOLENT

5871 - Louis Robin, tisserand, 25 ans, condamné à mort le 5 avril 1793 et exécuté le lendemain aux Sables. Il avait été pris les armes à la main.

5872 - Pierre Barre, condamné à mort à Nantes, le 9 janvier 1794, comme brigand de la Vendée.

5873 - Gabriel Bareil, laboureur, décédé dans la prison de la Coupe aux Sables, le 31 mars 1794.

NOIRMOUTIER

Il y eut à Noirmoutier une foule de victimes, dit l'Echo de Saint-Philibert

A l'arrivée des troupes républicaines, dans les premiers jours de janvier 1794, le gouverneur et les officiers royalistes, ne se voyant pas en force, proposèrent la capitulation, qui fut acceptée par les commissaires de la Convention avec l'arrière-pensée de ne pas en tenir compte. Il fut convenu que la garnison mettrait de suite bas les armes et que tous, officiers et soldats, se constitueraient prisonniers dans l'église. Ces conditions furent exécutées, 600 hommes, avec quatre pièces de canon chargées à mitraille et braquées en face de l'église, furent employés à la garde des prisonniers. On fouilla partout, on s'assura des royalistes épars, du général d'Elbée, de son beau-frère Duhoux, de son ami Boisy, des prêtres et de toutes les personnes qui, comme eux, étaient venues chercher un abri contre la persécution. Il fut ordonné à tout habitant qui logeait un ou plusieurs étrangers d'aller en faire la déclaration sous peine d'être considéré comme traître à la patrie et puni comme tel. Le lendemain, malgré les représentations du général Haxo, tous les prisonniers furent voués à la mort par Turreau, Bourbotte et Prieur de La Marne. Les chefs vendéens ne firent que paraître et disparaître devant une commission militaire, chargée de recueillir leurs noms. Un hussard, nommé Félix, homme féroce entre tous, était chargé de les conduire au lieu de leur exécution et là, de les faire fusiller par un peloton de fantassins. Dans l'espace de deux jours, tous les sous-officiers et soldats succombèrent à leur tour. On les faisait sortir au nombre de soixante à la fois, pour les tuer et les ensevelir sur le bord de la mer. Il y eut ainsi au moins quinze cents victimes.

5874-5875 - Les dames Bouillé furent fusillées sans jugement près de leur demeure.

5876 - Le généralissime d'Elbée, qui était venu, sur les conseils de Charette, se reposer de ses blessures à Noirmoutier, subit presque mourant un long et perfide interrogatoire, auquel il répondit avec un courage digne d'un héros chrétien et royaliste qu'il était. Son exécution suivit de près, le 7 ou le 8 janvier. Il n'avait que 41 ans.

5877 - Alexandre Pineau, qui s'était distingué dans la prise de la ville et qui avait été nommé major général de l'Île, fusillé au pied de l'arbre de la liberté.

5878-5880 - Jean-François Palvadeau, chef d'état-major, fusillé au pied de l'arbre de la liberté ; le chevalier de Boisy ; Pierre Duhoux d'Hauterive, chevalier de Saint-Louis, gouverneur de Noirmoutier avant la Révolution, fusillés en même temps que leur général.

5881-5882 - Mme d'Elbée, née Duhoux d'Hauterive, suivit de près son mari, accompagnée de Mme Mourain de l'Herbaudière, née Élisabeth Jacobsen, veuve du maire de Noirmoutier, guillotiné, aux Sables, le 3 mai 1793.

5883-5904 - Un des plus sanglants épisodes de la tuerie révolutionnaire fut celui du 3 août 1794, raconté d'une manière dramatique et avec toutes pièces à l'appui, par M. le docteur Viaud-Grand-Marais : 22 personnes, presque toutes des femmes, furent conduites à la Claire, fusillées, achevées à coups de pelles et de crosses de fusils et ensevelies dans le sable des dunes. La tradition rapporte que, liées deux à deux, elles se rendirent au lieu du supplice en chantant, jusqu'au bord de la fosse, des cantiques et particulièrement le Magnificat, d'où le nom de chemin du Magnificat est resté à la route qu'elles suivirent.

5905-5906 - Le sieur du Bois de la Guignardière, commandant de la place de Noirmoutier, et l'officier de cavalerie Massip, signalés comme prisonniers et probablement exécutés à la même époque.

5907 - Philippe Lefebvre, décédé à l'hôpital des Sables, étant en état d'arrestation, le 29 novembre 1793.

5908 - Louis Couillon, 20 ans, laboureur, condamné à mort, le 14 janvier, et exécuté, le lendemain, aux Sables, "pour avoir fait partie des attroupements et en avoir été l'instigateur".

5909 - Suzanne Durand, condamnée à la détention, comme suspecte, le 8 mai 1794.

5910 - Marie-Anne Baud, morte en prison, aux Sables.

5911 - Joseph-Alexandre Bouhier, seigneur de Maubert, chevalier de Saint-Louis, chef de division des gardes-côtes à Noirmoutier, pris à Quiberon et fusillé le 2 août 1795.

5912 - Jacques Beaud, notaire à Noirmoutier, condamné à mort par la Commission militaire de La Rochelle, le 26 mars 1794.

5913 - Antoine Patureau, soldat au 25e régiment de chasseurs, condamné à cinq ans de fers pour désertion à l'intérieur.

5914-5915 - Les deux Friou, condamnés à dix ans de fers, "parce qu'ils étaient retournés au pays s'informer.

5916 - Louis Lefebvre, frère de Philippe sus-mentionné, tué dans un combat sur la côte de Saint-Jean-de-Monts.

5917- Françoise Ganachaud, son épouse, morte dans les prisons de Nantes.

5918 - Etienne-Benjamin Viaud, condamné à mort, le 25 mai 1793, "pour avoir commandé les rebelles et arboré la cocarde blanche ..."

Parmi les prêtres fusillés à Noirmoutier, on cite :

 - M. Louis-Joseph Blanchard, curé du Bourg-sous-la-Roche ;
 - Léon Rodier, chanoine et vicaire général de Luçon ;
 - René-Charles Lusson, aumônier de l'armée vendéenne ;
 - Jean-Baptiste Ballon, curé d'Ardelay ;
 - Billaud, curé de la Réorthe ;
 - Chabirand, vicaire de Saint-Malo ;
 - Jean-Baptiste Garnault, vicaire du même lieu ;
 - Joseph Durand, vicaire, né à Cugand ;
 - Le P. Louis Denonceau, religieux des Fontenelles, en Saint-André-d'Ornay ;
 - Pascroux, qui avait été emprisonné aux Sables et expédié à Noirmoutier, c'est-à-dire à la mort, le 16 juin 1794.

5919 - Les prêtres de l'Île prêtèrent serment, mais s'empressèrent de se rétracter dès que parut la lettre de Mgr de Mercy, relative à cette grave question. Le curé, M. Jacques Guyard, dans l'impossibilité absolue, à cause de ses infirmités, de se rendre à Fontenay ou de partir en Espagne, se cacha dans la maison de Mme Lefebvre-Viaud, où il mourut le 29 septembre 1792.

5920 - M. Bousseau, d'abord curé de Barbâtre, s'exila en Westphalie, d'où il revint en 1800 et fut, trois ans après, curé de Noirmoutier.

5921 - M. Morisset, ancien vicaire de Bretignolles, après un internement de quelques mois à Fontenay, dut s'expatrier et prit le chemin de l'Espagne. L'exil lui paraissant trop pénible, il revint avant la complète pacification et fut de nouveau incarcéré. Sur la demande de M. Gergaud, curé de Beauvoir, Bonaparte signa sa libération définitive et il remplaça M. Bousseau à la cure de Noirmoutier.

L'ÉPINE

5922 - M. François-Paul Payraut, chapelain de l'Épine. Il accompagna M. Bousseau dans son exil de Westphalie et en revint avec lui, mais épuisé par un voyage de trois cents lieues, il mourut à Noirmoutier dès le lendemain de son arrivée.

5923-5925 - René Gadebure, 36 ans, Charles Burgaud, 47 ans, et sa femme, Marie Abillard, condamnés à mort à Noirmoutier, le 3 août 1794, "pour avoir suivi les brigands en divers combats contre les armées de la République, étant armés de fourches et de fusils, avec lesquelles armes, ils ont fait couler le sang des défenseurs de la patrie". Marie Abillard, dont le mari était regardé comme chef, était accusée "d"avoir, par ses conseils perfides, provoqué l'emprisonnement et le massacre des patriotes".

BARBÂTRE

5926 - M. Bousseau, dont nous avons parlé plus haut, était curé de Barbâtre avant la Révolution. Dans son exil de Westphalie, il fut accompagné, non seulement de M. Payraut, chapelain de l'Épine, mais encore de M. Liboire Deshayes, vicaire de Barbâtre.

5927 - M. Grondin, ancien vicaire de Barbâtre ; on ne sait pas au juste s'il partit pour l'Espagne ou pour l'Angleterre, mais on est sûr qu'il mourut en exil.

5928-5929 - Les deux frères Dugast, nés à Barbâtre, l'aîné, Jean-François, curé d'Angles, et son jeune frère, Jacques-Clément, qui s'enfuirent en Angleterre pendant la tourmente révolutionnaire. Le premier fut plus tard curé de Sainte-Cécile, puis d'Angles, son ancienne paroisse. Finalement il se retira auprès de son frère, à Saint-Cyr-en-Talmondais, où il mourut en 1827.

5930- M. Jacques-Nicolas Palvadeau, né à Barbâtre, qui refusa le serment, s'embarqua aux Sables pour l'Espagne et fut, à son retour, curé de Thouarsais-Bouildroux.

5931 - M. Aimé Palvadeau, né aussi à Barbâtre, ancien vicaire de Noirmoutier. Au retour d'exil, il fut successivement vicaire dans sa paroisse natale et au Fenouiller, où il mourut en 1809.

5932 - P. Gouin, nommé par Charette, après la prise de Noirmoutier, commandant de Barbâtre, fait prisonnier et fusillé le 7 janvier 1794.

DOYENNÉ DE PALLUAU

PALLUAU

5932 - M. Gallet, curé. Au lieu de s'en aller en exil, il préféra rester au milieu de ses paroissiens. Au mois de mai 1793, la police réussit à l'arrêter et à le jeter en prison. On ne sait pas ce qu'il est ensuite devenu.

5933 - M. Jacques Gilardeau, vicaire. Après avoir refusé le serment schismatique, il dut s'exiler en Espagne, le 9 septembre 1792, et il ne semble pas être revenu en Vendée après la Révolution.

5934 - M. Nicolas Daumaille, originaire de Normandie, et ancien religieux eudiste. A son retour d'exil, il fut successivement professeur au séminaire de Chavagnes et à celui de La Rochelle. Ensuite il administra la paroisse de Palluau, comme sucesseur de M. Lansier, dont nous avons parlé plus haut, comme curé de la Mothe-Achard. M. Daumaille se retira à La Roche, où il mourut en 1836.

Parmi les victimes conduites à Paris et condamnées par le trop célèbre Fouquier-Tinville, nous relevons les noms qui suivent :

5935-5943 - Charles Olliveau, 36 ans, serrurier ; Julie Boisard, journalière, 18 ans ; Agathe Gréaud, couturière, 19 ans ; Louise Gibut, veuve Liénard, domestique, 50 ans ; Marie Joly, couturière, 22 ans ; Véronique Picard, femme Champfort, 30 ans ; Marie Bartheau, veuve Lhériteau, 67 ans ; Adélaïde Liénard, 17 ans ; Catherine Morisson, 29 ans. "Elles étaient toutes, dit l'acte d'accusation, les instruments et les complices des prêtres et des nobles qui ont inondé, au nom du ciel, le territoire français du sang de ses citoyens ; elles ont toutes contribué, soit personnellement, soit par leurs maris et leurs enfants, et par les secours qu'elles ont fournis à cette guerre désastreuse et sanguinaire, qui a coûté tant de citoyens à la patrie, et qui a livré des départements entiers à la dévastation et à l'incendie, enfin à tous les excès d'un fanatisme expirant".

5944 - Marie Abraham, femme Asselin, 42 ans, condamnée à mort à Noirmoutier, le 3 août 1794, "pour avoir, par ses conseils perfides, encouragé les brigands à se battre contre leur patrie, en les félicitant de leurs prétendues victoires, après lesquelles elle leur conseillait d'égorger les prisonniers patriotes et les forçait de mettre la propriété au pillage".

5945 - Jacques Lansier, 69 ans, tué à la Gaconnière-des-Lucs, le 28 février 1794.

5946 - J. Picard, 23 ans, couturière, condamnée à mort à Paris, le 25 juin 1794, "pour avoir servi de diverses manières les complots des prêtres, des nobles et des scélérats qui ont inondé de sang le département de la Vendée, en contribuant soit directement, soit indirectement, aux crimes des brigands, au pillage, à l'incendie qui a dévasté le département ; et enfin tous les excès dont se sont souillés les fanatiques, les aristocrates, les prêtres et tous les agents de l'Angleterre".

5947 - Anne Morisset, veuve Jolly, condamnée à mort également à Paris, le 1er juillet de la même année, comme complice des brigands.

APREMONT

5947-6026 - Pendant la Révolution, il y eut bien des massacres dans cette paroisse, notamment le 19 mars 1794, d'après le manuscrit de Collinet de la Chaume. "Le bataillon cantonné à Apremont, dit-il, a fait une nombreuse arrestation de brigands rentrés ou cachés chez eux, ou aux environs, auxquels on supposait de mauvaises intentions. 80 ont été fusillés après condamnation du district pour vengeance d'une scélératesse d'une troupe de brigands de 17, qui ont tué onze soldats, après témoignage d'amitié." On estime à 102 - 75 hommes et 27 femmes - le nombre des personnes qui furent fusillées sur le territoire d'Apremont.

6027 - M. Riou, curé. Il eut la faiblesse de prêter le serment civil, mais il le rétracta ensuite courageusement, disant qu'il était décidé à se faire couper le cou plutôt que de changer ses principes. On l'arrêta au milieu de ses paroissiens et on l'emprisonna à Challans, où il mourut, le 15 septembre 1791, d'après une communication de M. l'abbé Ch. Grélier.

6028 - M. Jacques-Augustin Bruhat, ancien vicaire de la Ferrière et d'Aizenay. Il refusa le serment et se réfugia en Espagne, d'où il revint, pour être curé de la Chapelle-Hermier d'abord et d'Apremont plus tard. Sa mort survint dans cette dernière paroisse en 1812.

6029 - M. Robert, prêtre habitué, qui refusa le serment et disparut pendant la Révolution.

6030 - M. Jean-Charles Durand, prêtre. Arrêté au milieu de sa famille par les bandits de Francastel, il fut conduit à Angers, avec M. Tortereau, curé de Challans. Devant les juges, ce digne prêtre proclama bien haut sa dignité sacerdotale et mérita ainsi d'être guillotiné le 17 novembre 1793.

6031 - René-Claude de la Rochefoucauld-Bayers, 30 ans, fusillé, à Vannes, après l'affaire de Quiberon, le 31 juillet 1795.

6032 - Suzanne Poitevin, épouse de Jacques-Louis de la Rochefoucauld-Bayers, demeurant au château de Boislivière, condamnée à mort par la Commission militaire des Sables, à l'âge de 68 ans, le 17 mai 1793, et exécutée le lendemain, pour avoir participé aux soulèvements de la Vendée.

6033 - N. Lemercier, qui servit avec courage parmi les Vendéens et fut tué par les révolutionnaires à la prise de Noirmoutier.

6034- Jacques Guittonneau, farinier, 26 ans, au bourg, condamné à mort, aux Sables, le 8 mai 1793, et exécuté le 12, "convaincu d'avoir participé aux attroupements, pillé du blé, pris les armes contre sa patrie et porté la cocarde blanche."

6035 - Jean Delaroze, laboureur, au bourg, 30 ans, condamné et exécuté avec le précédent, "convaincu d'avoir fait partie de l'attroupement en qualité de commandant, fait des billets pour sommer des bouviers au profit des brigands, pour les autoriser à piller le blé, le vin et les bestiaux des patriotes, arboré la cocarde blanche et pris les armes contre sa patrie".

6036 - Honoré Tessier, dit Jasmin, marchand et ancien sergent de la châtellenie d'Apremont, 40 ans, au bourg, "convaincu d'avoir participé aux attroupements, pris des bottes, des rasoirs et un chapeau chez différents patriotes, assisté aux combats de la Gachère et de la Grève, arboré la cocarde blanche et pris les armes contre sa patrie".

6037 - Germain La Touche, chirurgien, au bourg, 31 ans, convaincu d'avoir fait partie de l'attroupement en qualité de commandant, apposé les scellés sur les armoires des patriotes et emporté les clefs d'icelles, assisté à plusieurs combats, etc." ; les deux condamnés à mort aux Sables, le 10 mai 1793, et exécutés le surlendemain.

6038-6040- Furent condamnés le 12 et exécutés le même jour, aux Sables, pour les mêmes motifs : Jacques Goupilleau, 59 ans, notaire ; Louis Fradet, 58 ans, notable ; René Delarose, 26 ans, sans profession.

LA CHAPELLE-PALLUAU

6041 - M. Pierre Viaud, ancien vicaire de la Chapelle-Palluau, de Saint-Jean-de-Monts et de Beaulieu-sous-la-Roche, enfin curé de la Chapelle-Palluau. Il refusa le serment et dut s'exiler en Espagne, où il mourut, en 1795, aussi saintement qu'il avait vécu, selon le témoignage de ses confrères.

6042 - M. Antoine Fumoleau, curé. Comme la plupart de ses collègues, il ne voulut point se soumettre à la législation révolutionnaire et dut prendre le chemin de l'exil. A son retour d'Espagne, l'autorité diocésaine lui confia la paroisse de la Chapelle.

6043 - Jacques Joubert, bourgeois, de la Chapelle (?), fusillé après l'expédition de Quiberon.

6044 - Louis Gabory, fusillé à Savenay, le 25 décembre 1793, comme soldat de la Vendée.

SAINT-CHRISTOPHE-DU-LIGNERON

6045 - M. Joseph Regain, ancien vicaire de Nesmy et d'Aizenay. Il était vicaire de Saint-Christophe quand éclata la Révolution. A l'exemple de son curé, qui était grabataire, il refusa le serment et parla en chaire, avec beaucoup d'énergie, contre le nouveau gouvernement. Les paroissiens, résolus à défendre leurs prêtres, prirent les armes et il fallut mobiliser les gardes nationales de la région pour rétablir le bon ordre. Le vicaire, regardé comme l'auteur de l'émeute, fut décrété d'arrestation, mais il échappa à toutes les poursuites et s'enfuit en exil. A son retour, il administra successivement Saint-Christophe et la Bernardière.

6046 - N. Guinebault de la Grossetière, 17 ans, adjudant-major de Charette, tué à l'attaque de Saint-Cyr.

6047 - Pierre Rabillé, mort en prison, aux Sables.

6048 - Alexandre Deniot, 41 ans, laboureur, au Bignon, condamné à mort aux Sables, le 17 mai 1793, et exécuté le lendemain, "convaincu d'avoir fait partie des attroupés, pris les armes contre sa patrie, arboré la cocarde blanche, monté la garde plusieurs fois et assisté à différents combats".

6049 - Jacques Roquand, 60 ans, laboureur, à la Fourragerie, condamné à mort au même lieu, le 20 du dit mois, et exécuté le lendemain, "convaincu d'avoir un grade parmi les rebelles, de les avoir commandés, d'avoir pris les armes contre sa patrie, arboré la cocarde blanche, assisté au combat du Pas-au-Peton".

6050 - Marguerite Chevallier, fille, 26 ans, fusillée à Angers, au début de 1794.

6051 - Pierre Rousseau, cordonnier, 38 ans, condamné à mort, à Noirmoutier, le 3 août de la même année, "convaincu d'avoir fait parti de comités vendéens et provoqué au rétablissement de la royauté, ainsi qu'à la destruction de la liberté, de l'égalité et à l'anéantissement de la République française".

6052 - Marie Mauclerc, épouse du sieur Galbeau des Croutières, condamnée à mort, à Nantes, le 7 janvier 1794 ; "comme noble et pour être restée avec les brigands depuis le passage de la Loire".

6053-6054 - Pierre Albert, 46 ans, et Michel Angibaud, 50 ans, décédés en prison, à Fontenay, l'un le 17 octobre et l'autre le 21 novembre 1794.

6055-6060 - Sont mentionnés comme étant de Saint-Christophe (?) : Augustin Bernon, 19 ans, tué par l'ennemi, le 5 mars 1794 ; Jeanne Baconnière, femme Pogu, 57 ans, tuée en août 1793 ; Mathurin Huteau, 21 ans, condamné à mort à Nantes, le 4 février 1794, ainsi que Jeanne Robineau, 25 ans, domestique ; Pierre Héraud, condamné à mort à Nantes, le 2 janvier précédent ; Jacques Marey, condamné à mort à Nantes, le 30 décembre précédent, avec Joseph Teolourne, pour avoir pris part au soulèvement de la Vendée.

6061 - On doit admirer, dit l'abbé Deniau, comme une parole digne d'un martyr, cette réponse faite, dans le combat du 2 mai 1791, par un paysan de Saint-Christophe-du-Ligneron, nommé Guillon. Couvert de vingt-deux blessures, il continuait à se battre avec une fourche de fer. L'un des gendarmes lui cria : "Rends-toi !" - "Rendez-moi mon Dieu !" répondit-il, et il expira en répétant ce cri sublime. (Ce fait est attesté par Mme de la Rochejaquelein, par les administrateurs du district de Challans, et par Mercier du Rocher).

SAINT-ÉTIENNE-DU-BOIS

6062 - M. Étienne Barreteau, ancien vicaire de Nalliers et de La Garnache. Il refusa le serment et dut partir pour l'Espagne. Ses frères, Charles-Étienne, notaire à Saint-Étienne, et Étienne-Julien, juge de paix du canton de Palluau, ainsi que son neveu, Louis Savin, maire de la commune, ne purent le défendre contre la proscription. Son exil dura dix ans. Au retour, il redevint curé de Saint-Étienne, où il mourut en 1811.

6063 - M. Massé, son vicaire, qui fut également très opposé aux idées révolutionnaires. On croit qu'il s'exila avec son curé et qu'il mourut en Espagne.

6064 - M. Thouret, prêtre insermenté, qui desservit la paroisse au péril de sa vie pendant la Révolution et disparut au milieu des troubles, laissant le souvenir d'un pasteur plein de dévouement et d'énergie.

6065 - Louis-Marc-Antoine Savin du Parc, 25 ans, officier vendéen, fusillé avec d'Elbée, à la prise de Noirmoutier.

6066 - Jean-René-François-Nicolas Savin, général divisionnaire de l'armée vendéenne sous Charette, surpris en juin 1796, fait prisonnier à La Sauzaie près des Lucs et fusillé à Montaigu.

6067-6068 - Louise Fleury, veuve Tardy, 40 ans et Marie Thibault, veuve Lhéritaud, 40 ans, journalière, condamnées à mort à Paris, le 25 avril 1794, "comme complices des nobles et des prêtres, qui ont inondé le territoire français du sang de ses citoyens".

6069- Pierre Traineau, 62 ans, laboureur, condamné à mort à Nantes, le 5 avril 1794, "pour participation aux émeutes et révoltes, ayant constamment servi dans l'armée des rebelles".

6070 - Étienne Landais, 28 ans, condamné par le même tribunal le 6 janvier précédent.

6071 - Louis Martineau, dit Saint-Louis, colporteur et sacristain, condamné aussi à Nantes, le 24 août suivant, "pour avoir constamment suivi l'armée des brigands, été courrier et éclaireur dans leurs armées, et porteur, au moment de son arrestation, à cheval et muni de cartouches, d'un ordre signé de Charette et de Renaud de la Maldemée, tous deux chefs de brigands".

6072 - Julien Rayé, condamné à mort, à Châteaubriant, le 1er janvier 1794, et fusillé par ordre du général Marceau, parce qu'il était soupçonné d'être brigand.

6073- Charles Joly, condamné à mort, à Nantes, le lendemain au même titre.

6074 - Jeanne Roy, 22 ans, domestique, fusillée à Saumur, le 26 décembre précédent.

6075 - Jean Philatre, 58 ans, indiqué par la Vendée Historique, comme victime de la Révolution.

Furent assassinés par les Républicains, à Palluau, les 11 et 12 mars 1793 :

6076-6079- Guillaume Julien, Alexandre Massé, 33 ans, visiteur des rôles ; Louis Jouheneau, 38 ans, père de cinq enfants ; Lachèze, notaire, père de cinq enfants ;

6080 - Étienne Chabot, blessé mortellement au combat de Palluau et mort le 6 septembre suivant :

6081 - Marie-Madeleine Delaunay, épouse de Jean-Étienne Bossis, notable, âgée de 60 ans, massacrée devant sa maison, le 20 septembre suivant ;

6082 - Charles Leroy, 50 ans, mort "martyr pour la Religion", le 25 mars 1793 ;

6083-6084 - Louis Bignon, marchand-taillandier, 32 ans, et Jean Orceau, meunier, 40 ans, tués par les républicains, le 18 de la même année ;

6085 - François Mignon, 36 ans, époux de Jeanne Perrocheau, tué au combat de la Vivantière, le 23 avril de l'année suivante ;

6086 - Jean Vincent, tué au combat de Saint-Cyr, le 25 septembre 1795 ;

6087 - Pierre Goëchon, 40 ans, tué par les républicains aux Embardières, le 12 décembre suivant ;

6088-6093 - Marie Charrier, tuée au même lieu, avec cinq autres femmes, le 26 mars de l'année précédente.

D'autre part, M. l'abbé H. Boutin, dans sa Notice de l'abbé Ténèbre, a dressé la liste suivante, qu'on pourrait intituler le Martyrologe de Saint-Etienne :

6095 - Marie Charrier, mère, 29 janvier 1794, 48 ans, des Embarcadières.
6096 - Marie, sa fille, 29 janvier 1794, 20 ans, des Embardières.
6097 - Pierre Lachèze, 8 février 1794, 55 ans, des Embardières
6098 - Jacques, son frère, 8 février 1794, 48 ans, des Embardières.
6099 - Gilles Barreteau, 8 février 1794, 72 ans, des Embardières.
6100 - Renée Perrocheau, épouse de Pierre Orceau, 8 février 1794, des Embardières.
6101 - Marie Perrocheau, veuve d'Étienne Barreteau, 11 février 1794, 48 ans, des Embardières.
6102 - Marie-Anne Baudouin, épouse de Jean Barreteau, 11 février 1794, 70 ans, des Embardières.
6103 - Jeanne Grelier, épouse de Jacques Charrier, 12 février 1794, 20 ans, des Embardières.
6104 - Jean Creté, 13 février 1794, 25 ans, de Fontenit.
6105 - Jeanne Simonneau, 15 février 1794, de Fontenit.
6106 - Clément Bignon, veuf de Françoise Péraudeau, 18 février, 74 ans, de Fontenit.
6107 - Louise Guillet, épouse de Mathurin Poingt, 18 février 1794, 70 ans, des Embardières.
6108 - Charles Pérocheau, veuf de Marie Dugast, 21 février 1794, 63 ans, des Embardières.
6109 - Pierre Péraudeau, 22 février 1794, 66 ans, de Fontenit.
6110 - Pierre Orceau, veuf de Renée Pérocheau, 22 février 1794, 70 ans, des Embardières.
6111 - Marie Babinot, veuve de Pierre Charrier, 22 février 1794, 72 ans, de Chiron.
6112 - Étienne Barré, père, 29 février 1794, 54 ans, des Embardières.
6113 - Jean, fils, 29 février 1794, 27 ans, des Embardières.
6114 - Jean Péraudeau, 3 mars 1794, 50 ans, de la Lande.
6115 - Julien Royer, époux de Marie Raffin, 5 mars 1794, du bourg.
6116 - Jeanne Savariau, veuve Péroux, 5 mars 1794, 66 ans, de la Rotelière.
6117 - Françoise Rousseau, fille de N. Rousseau et de Louise Barreau, 9 mars 1794, 62 ans.
6118 - Jacques Montassier, 9 mars 1794, 60 ans, du bourg.
6119 - Marie-Anne, sa fille, 9 mars 1794, 22 ans, du bourg.
6120 - Jean Musseau, fils de Thomas et de Rose Seigneuret, 6 mars 1794, 30 ans, du bourg.
6121 - André Potier, époux de Marie Neau, 16 mars 1794, 60 ans, des Embardières.
6122 - Pierre Yvernogeau, 17 mars 1794, des Embardières.
6123 - Charles Charrier, frère de Marie, 26 mars 1794, 23 ans, de Fontenit.
6124 - Femme Angibaud, massacrée, de Martinière.
6125 - Femme Allain, massacrée, de Martinière.
6126 - Femme Pérocheau, massacrée, de Grande-Villeneuve.
6127 - Femme Rambaud, massacrée, du Pâtis.
6128 - Femme Laucoin, massacrée, de Bel-Air.
6129 - Femme Penisson (sourde), massacrée, de Mercerie.
6130 - Jacques Barré, 1er mars 1794, de Tullévrière.
6131 - Jeanne Vincent, sa femme, 1er mars 1794, de Tullévrière.
6132-6133 - Marie et Marie-Anne, leurs filles, 1er mars 1794, de Tullévrière.
6134-6135 - Pierre et Jean, leurs fils, 1er mars 1794, de Tullévrière.
6136 - Jeanne Pénisson, leur bru, 1er mars 1794, de Tullévrière.
6137 - Les deux enfants d'André Barré et de la dite Pénisson, 1er mars 1794, de Tullévrière.
6138 - Marie Orceau, leur servante, fille de Jacques et de Françoise Loiseau, 1er mars 1794, 16 ans, de Tullévrière.
6139 - Anne Braud, épouse de Jean Prineau, 1er mars 1794, 48 ans, de Tullévrière.
6140 - René Devineau, époux de Jeanne Arnaud, 1er mars 1794, 50 ans, de Tullévrière.
6141 - Jeanne-Catherine, fille de Jean Prineau et d'Anne Braud, 1er mars 1794, 7 ans, de Tullévrière.
6142 - Jeanne, fille de Pierre Prineau et de Jeanne Braud, 1er mars 1794, 55 ans, de Tullévrière.
6143 - Marie-Anne Tulièvre, fille de Pierre et de Françoise Tulièvre, 1er mars 1794, 30 ans, de Tullévrière.
6144 - Marie Boucard, veuve de Pierre Braud, 1er mars 1794, 50 ans, de Tullévrière.
6145 - Joseph Braud, époux d'Anne Prineau, 1er mars 1794, 45 ans, de Tullévrière.
6146 - François Ballays, 1er mars 1794, de Tullévrière.
6147 - Jacques Orceau, 1er mars 1794, de Tullévrière.
6148 - Françoise Tulièvre, 1er mars 1794, de Tullévrière.
6149 - Jeanne Garreau, 1er mars 1794, de Tullévrière.
6150 - Etienne Piberne, 1er mars 1794, de Tullévrière.
6151 - Pierre Braud, fils de feu Pierre et Marie Charrier, 60 ans, de Tullévrière.

Ces noms relevés dans les registres de l'époque permettent de croire que les personnes, décédées pour la plupart à la même date et demeurant au même village, sont des victimes de la Révolution.

FALLERON

6152 - M. Jacques-René Lansier, ancien vicaire d'Aizenay. Il eut la faiblesse de prêter serment et fut nommé curé constitutionnel de la Chapelle-Hermier, mais il se rétracta bientôt et s'exila en Angleterre. A son retour, l'autorité diocésaine lui confia successivement le poste de Falleron et celui de Saint-Hilaire-de-Riez. Sa mort survint, dans cette paroisse, en 1822.

6153- M. Jean-Louis Marchais, ancien curé de Saint-Jean-de-Beugné. Sa fidélité aux lois de l'Église lui valut l'exil. A son retour d'Espagne, il administra successivement les paroisses de Sainte-Flaive et de Falleron.

6154 - Périnne-Julienne Mulonnière, 47 ans, veuve de Raymond Cantin de la Chauvière, condamnée à mort, le 24 février 1794, et exécutée le lendemain, aux Sables, "attendu, dit la sentence, qu'elle a été arrêtée ayant avec elle deux prêtres réfractaires et déguisés et qu'elle l'était elle-même sous des habits de paysanne, que Charette a aussi été chez elle, qu'elle a eu des conversations particulières avec lui, qu'elle a fait distribuer du blé aux journaliers, à condition qu'ils iraient à l'attroupement des révoltés, qu'elle s'est répandue en propos contre-révolutionnaires, que les prêtres réfractaires disaient la messe dans sa maison où elle leur donnait asile, etc."

6155 - André Deloyau, tué au combat de Palluau, le 15 mai 1793, et enterré le lendemain à Saint-Etienne-du-Bois, d'après l'abbé Gillier, vicaire de Legé, qui ajoute : "Dans le mois de janvier suivant, on fusilla au bourg de Legé, 70 ou 72 habitants des paroisses de Falleron, Touvois et des environs, qui se croyaient en sûreté chez eux, ayant rendu les armes, d'après les promesses qu'on leur avait faites de les laisser sans les inquiéter".

GRAND-LANDES

6156 - M. Jean-Théophile Allain, curé réfractaire de cette paroisse. Il fut déporté en Espagne et il y mourut, victime de la Révolution.

6157 - M. Joseph-Jean Fabvre, son vicaire, suivit la même conduite et subit le même sort.

6158 - Anne Morisset, veuve Joly, 41 ans, condamnée à mort à Paris, le 25 avril 1794, avec 20 autres femmes de la Vendée, "comme complices des prêtres et des nobles, qui ont inondé le territoire français du sang des citoyens ..."

6159 - François Seigneuret, 28 ans, marchand de poteries, condamné à mort à Nantes et exécuté le 24 août 1794, "convaincu d'avoir constamment suivi l'armée des brigands, depuis le mois de mars 1793 (style esclave), comme courrier et éclaireur dans leurs armées, et d'avoir été trouvé, au moment de son arrestation, à cheval, muni de cartouches et d'un ordre signé : Charette et Renaud de La Maldemée, tous deux chefs de brigands".

6160 - Pierre Gauvrit, du Pas-Chateigner, époux de Marie Volard, 40 ans, tué dans la forêt de Touvois, au mois de mars 1794.

6161- Jean Beaudelair, des Chauffetières, tué probablement au combat de Fréligné, le 17 septembre suivant, d'après l'abbé Gillier.

MACHÉ

6162 - M. Louis Fleury, curé réfractaire. Il partit pour l'Espagne et n'en revint que pour mourir.

6163 - M. Pierre-François Renaud, aumônier de Charette, ancien vicaire de Chavagnes ; il était précepteur dans la famille de Guerry de Beauregard, quand éclata la Révolution. Il refusa le serment et il eut alors à choisir entre l'exil et la persécution. Au lieu de partir à l'étranger, il préféra rester dans le pays, se cachant dans les maisons amies, soit à l'Huilière, soit à Maché, chez Mlle Minguet. Plusieurs fois, il fut sur le point d'être pris par les révolutionnaires, mais la Providence lui permit toujours d'échapper aux incessantes poursuites de ses ennemis. Charette le choisit comme aumônier, et à ce titre il obtint la grâce des prisonniers que les Vendéens voulaient massacrer à Apremont, à Legé, au Poiré et dans d'autres endroits. Il fut laissé pour mort sur le champ de bataille et au combat de La Bécaudière, il eut le corps couvert de blessures. Les ennemis de l'autel et du trône étaient particulièrement acharnés contre lui parce qu'il était prêtre et qu'il prenait une part active à l'administration du pays insurgé. Doublement condamné comme prêtre réfractaire et comme brigand insoumis, il devait être fusillé dans les 24 heures. Au Concordat, la paix lui fut enfin accordée, avec sa nomination à la cure de Maché, et la Restauration le récompensa de ses services par la croix de Saint-Louis.

6164-6165 - Jeanne Rafin, veuve Reynard, 30 ans, journalière, et Catherine Bonnin, veuve Picard, 60 ans, couturière, condamnées à mort à Paris, le 25 avril 1794, comme "complices des nobles et des prêtres".

6166 - Jean Brossat, 19 ans, condamné à mort à Nantes, le 2 janvier précédent, comme soldat de la Vendée.

6167- Etienne Portué, condamné à mort à Blain, par la commission présidée par Bignon, le 26 décembre 1793.

SAINT-PAUL-MONT-PENIT

6168 - M. Ambroise-Jacques Rivereau, curé de Saint-Paul et de Commequiers. Ayant refusé d'adhérer aux doctrines révolutionnaires, il fut forcé de prendre le chemin de l'exil, mais il conçut alors une pensée singulièrement hardie. Après avoir dit la messe et consommé les saintes espèces contenues dans le ciboire, il laissa à dessein dans le tabernacle une hostie consacrée qu'il enveloppa avec soin dans un corporal, puis il referma la porte sur le divin Prisonnier, laissant son église et sa paroisse sous la garde de Jésus-Hostie. Plusieurs saintes personnes en furent averties et vinrent de temps en temps adorer le cher captif. Une bande de révolutionnaires occupa l'église pendant une semaine et ces misérables n'eurent pas l'idée d'ouvrir le tabernacle. Au bout de dix ans, l'heure de la délivrance sonna pour la Vendée et M. Lansier, curé de Palluau, vint dire la messe à Saint-Paul. Il trouva l'hostie dans un état de conservation parfaite. Elle était, affirment les chroniqueurs, M. Prunier et M. Baraud, aussi fraîche et aussi blanche que le jour qu'elle avait été consacrée.

6169 - M. Jacques Rivereau, vicaire et neveu du précédent. Fidèle comme son oncle, aux saintes lois de l'Église, il partit pour l'exil. L'Espagne fut le tombeau de ces deux bons prêtres.

6170 - Jean Grivet, sacristain. Il paya de sa vie son dévouement à la cause catholique et royaliste et fut exécuté, aux Sables, le 23 mai 1793.

6171 - René Sorin, condamné à mort, à Laval, le 21 janvier 1794, avec 14 prêtres vieux et infirmes.

6172 - Catherine Fièvre, condamnée à mort, à Nantes, comme complice des Vendéens, le 7 janvier 1794.

6173-6174 - Jean Fachot et Jean Fyon, condamnés à mort, à Savenay, le 25 décembre précédent, en qualité de soldats de la Vendée.

DOYENNÉ DE TALMONT

TALMONT

6175 - M. Jean-Jacques Barreau de Thorigny, curé. Après avoir refusé le serment, il s'embarqua, aux Sables, pour l'Espagne, le 9 septembre 1792, en compagnie de 75 confrères. On croit qu'il mourut en exil.

6176 - M. Jean-Mathias Germon, âgé de 40 ans, prêtre. Né à Chavagnes et domicilié à Talmont, il fut déporté sur la Décade et libéré le 12 décembre 1800. Il avait eu la faiblesse de prêter le serment schismatique, mais il se rétracta et reçut l'absolution du Pape.

6177 - M. Jean-Gilles Daniel, curé. Il était vicaire de Saint-Hilaire-de-Talmont au début de la Révolution et partit pour l'Espagne, après avoir refusé d'adhérer aux lois sacrilèges que réprouvait sa conscience. A son retour d'exil, il fut nommé curé de Talmont.

6178 - Antoine-Philippe de la Trémoille, prince de Talmont, né à Paris, le 25 septembre 1765, commandant général de la cavalerie vendéenne, renommé pour sa bravoure. Après la défaite d'Angers, il fut fait prisonnier et exécuté deux mois après, à Laval, devant le château de ses pères.

6179 - René Favreau, 29 ans, sellier, condamné à mort le 2 avril 1793, et exécuté quatre jours après, aux Sables, bien qu'il eût affirmé "qu'il avait été entraîné par les brigands à leur entrée dans Talmont, dont ils avaient fait armer les habitants avec douze fusils, trente fourches et une quarantaine de broches à rôtir ; que les brigands avaient pillé partout, mais que lui n'y avait pas participé ; qu'il avait été forcé de prendre la cocarde blanche que s'il avait été au devant des attroupés avec un drapeau blanc, c'était par crainte d'être égorgé."

6180-6181 - Jacques Boucard, 31 ans, maçon, et Louis Morisseau, journalier, condamnés à mort le 15 avril 1793 et exécutés aux Sables, quatre jours après, convaincus l'un et l'autre "d'avoir été les agents des révoltés.

6182 - François Birotheau, 21 ans, maréchal, condamné à mort le 17 avril 1793 et exécuté le surlendemain aux Sables, convaincu "d'avoir été l'agent des chefs des rebelles, d'avoir emprisonné des citoyens par leurs ordres, d'avoir arboré la cocarde blanche et pris les armes contre sa patrie, etc."

6183-6184 - Pierre Meunier, 34 ans, tourneur, et Louis Boureau, 37 ans, charpentier, condamnés à mort le 20 avril 1793 et exécutés le surlendemain aux Sables, convaincus "d'avoir arboré la cocarde blanche, pris les armes contre leur patrie, monté la garde avec les insurgés dont ils faisaient partie et aidé à piller différents patriotes."

6185 - Jean Bouquart, maçon, cité par plusieurs historiens comme ayant été condamné à mort, aux Sables, le 13 avril 1793. N'y aurait-il point confusion avec le Jacques Boucard, nommé plus haut ?

6186 - A.D. Gannot, 28 ans, signalé comme victime de la Révolution, sans plus de détails.

6187 - Etienne Rousseau, 17 ans, palefrenier du prieur de Talmont, condamné à mort, comme soldat de la Vendée, par la commission militaire de Châteaubriant, le 26 janvier 1794.

6188 - Marie-Anne Barbeau, 25 ans, décédée, le même jour, dans la prison de Rosnay, aux Sables.

6189- Marie Carnaux, 25 ans, fusillée à Saint-Malo.

6190 - Bénoni, fils de Jacques Dubois, âgé de 8 jours, mort dans la prison de Rosnay, aux Sables, où sa mère était également détenue, le 13 février 1794.

6191 - Pierre Caillet, 28 ans, fils de François Caillet et de Catherine Chabot, décédé le 31 juin 1795, à l'Aumônerie, commune de Saint-Pierre-de-Talmont, à la suite de blessures de coups de feu qui lui furent donnés par une patrouille, l'avant-veille à dix heures du soir, qui le prit avec plusieurs autres rebelles".

AVRILLÉ

6192 - M. François Massonet, curé. Il était précepteur chez M. le comte Du Chaffault, seigneur de La Sénardière, qui avait épousé demoiselle Françoise Marin de la Guignardière, et c'est grâce à la protection de cette noble famille que l'administration diocésaine confia la paroisse d'Avrillé, à ce digne prêtre bien qu'il fût originaire du diocèse de Nantes. Les difficultés commencèrent lors de la vente du presbytère, et il fallut requérir la force armée pour assurer l'ordre, mais chose remarquable ! les soldats refusèrent de marcher, "ne voulant pas faire le métier de bourreaux contre les populations de la contrée, soulevées par de sacrilèges spoliations". Le pasteur fidèle, ne pouvant se soumettre à la Constitution civile du clergé, dut se résoudre à l'exil, d'où il revint pour être curé de Machecoul. C'est là qu'il mourut en 1817, regretté de ses paroissiens qui l'aimaient d'une affection toute filiale.

6193- Jacques Porcher, domestique dans la famille Du Chaffault, âgé de 26 ans, exécuté à Fontenay, le 30 mars 1793. "Il montra, dit Mercier du Rocher, une fermeté inconcevable, disant à la foule que sa mort serait vengée".

6194 - Charles Boissard, tisserand, âgé de 40 ans, du village de la Brissonnière, condamné à mort le 22 avril 1793 et exécuté le lendemain aux Sables, "convaincu d'avoir été le courrier des brigands, d'avoir fait sonner le tocsin, porté la cocarde blanche, pris les armes contre sa patrie, etc."

LE BERNARD

6195 - M. Joseph-Benjamin Jallays, vicaire réfractaire au serment ; il dut prendre le chemin de l'exil, et il s'embarqua pour l'Espagne, le 11 septembre 1792, en compagnie de 38 confrères. Après la pacification, il fut successivement curé de Saint-Philbert-de-Pont-Charrault et de Saint-Martin-des-Noyers. C'est dans cette dernière paroisse que la mort vint le frapper, en 1836, à l'âge de 72 ans.

6196 - François Douin, tisserand, âgé de 30 ans, condamné à mort, le 23 février 1794, et exécuté le même jour, aux Sables, "convaincu d'avoir fait partie des attroupements, marché au combat contre les patriotes, servi dans la cavalerie des révoltés, pillé et maltraité les patriotes.

GROSBREUIL

6197 - M. Jean-Baptiste Allard, curé. Il eut la faiblesse de prêter le serment, mais bientôt il le rétracta courageusement. Que devint-il pendant la Révolution ? Nous le trouvons, en 1809, curé de Vendrennes, où il mourut à l'âge de 70 ans.

6198 - M. Jean-Baptiste Gillet, ancien religieux de l'abbaye de Bois-Grolland. Il ne put se résoudre à prêter le serment schismatique et s'embarqua pour l'Espagne, le 15 septembre, avec 25 confrères. L'exil lui fut très pénible et, dès l'année 1797, il revint en France pour se livrer au service des âmes, mais, poursuivi par les révolutionnaires, force lui fut de s'expatrier une seconde fois. En 1800, le généreux confesseur de la foi fut nommé curé de Grosbreuil et, douze ans plus tard, l'autorité diocésaine le désigna pour Nieul-le-Dolent, où il mourut.

6199 - Louis-Charles Gazeau de la Boissière, brigadier des armées du roi, âgé de 77 ans, demeurant à la Bénastonnière de Grosbreuil, condamné à mort, le 21 mars 1794, et exécuté le même jour aux Sables. Ce vieil officier, en raison de son grand âge sans doute, dit Collinet, avait comparu une première fois devant la Commission militaire, le 25 août précédent, et avait été renvoyé devant le tribunal criminel du département qui ne vint pas aux Sables. Ce fut donc la Commission qui le jugea et le condamna. Ce vieillard était paralysé, il fallut le porter au lieu de l'exécution. Voici le texte du jugement :
La Commission militaire,

Considérant qu'il résulte de plusieurs dépositions que Gazeau, au moment de l'insurrection, au lieu de se retirer dans un pays libre, s'est porté avec sa famille, sans aucune crainte, à la Boursière, commune de Venansault, pays alors en pleine insurrection ;
Considérant que les motifs présumés de ce voyage ne peuvent tourner qu'à la défaveur du dit Gazeau ;
Considérant que ledit Gazeau a reçu chez lui, à différentes fois, des brigands, leur a fait donner à boire et à manger et qu'il n'a éprouvé de leur part aucun mal ni pillage ;
Considérant aussi qu'il a fait porter à manger et à boire, au bourg de Grosbreuil, au sieur Duchaffault, chef des rebelles ;
Considérant encore qu'il a fourni deux barriques de vin à l'armée rebelle de Joly, qui ont été conduites par un de ses métayers à la Mothe-Achard ;
Considérant au surplus que ces faits sont avoués par Gazeau, qui se contente de dire qu'il y était obligé ;
Considérant enfin que la loi du 5 juillet, explicative de celles du 19 mars et du 10 mai, met au rang des chefs les ci-devant nobles qui ont pris part aux attroupements et que les vivres qu'il a fournis ont contribué à la nourriture des rebelles, ont protégé et soutenu les troubles,
Condamne le dit Gazeau, ci-devant noble, à la peine de mort.

SAINT-HILAIRE-DE-TALMONT

6200 - M. Jacques Maroilleau, ancien vicaire de Chauché, curé. Il prêta un serment restrictif, qui fut considéré comme insuffisant, et fut incarcéré à Fontenay. Sa mort survint peu après et le délivra des persécutions révolutionnaires.

6201 - M. Joseph Maroilleau, diacre, neveu du précédent. Il fut exécuté, aux Sables, le 6 avril 1793. André Collinet raconte ainsi l'exécution : "Entre trois et quatre heures du soir, le couteau fatal a tranché la tête à 12 rebelles. Un piquet de deux cents soldats entouraient le lieu du supplice. Le douzième, qui a subi la sentence, est un jeune diacre, d'environ 24 ans, appelé Maroilleau, de Saint-Hilaire-de-Talmont, neveu de l'ancien curé du dit lieu, à la cure duquel il devait succéder l'an dernier, après sa prêtrise, par droit de résignation. Il est mort avec beaucoup de fermeté. On assure qu'il avait beaucoup d'esprit".

6202 - M. Louis-Jean-Charles Savin, originaire du Poiré-sur-Vie, vicaire. Il refusa le serment et s'embarqua aux Sables pour l'Espagne où il mourut.

6203- M. Jacques-Benjamin Tudeau, ancien vicaire de Saint-Hilaire-de-Talmont et de Vix, curé. Par suite de son opposition aux lois impies de la Révolution, il dut s'expatrier comme tant d'autres ecclésiastiques. A son retour d'Espagne, il fut successivement curé de Bourneau et de Saint-Hilaire-de-Talmont. La mort vint le frapper, en 1825, dans ce dernier poste.

6204 - Jacques Maroilleau, agriculteur à la Guitière, 22 ans, condamné à mort, le 16 avril 1793, et exécuté aux Sables, trois jours après, "attendu, dit le jugement, qu'il résulte des procès-verbaux et interrogatoires que Maroilleau est convaincu d'avoir été l'agent des révoltés en qualité de sergent dans les compagnies, d'avoir distribué des armes aux brigands, et sommé plusieurs particuliers de monter la garde, etc."

6205 - Marc Boisard, condamné à mort comme soldat de la Vendée, à Nantes, le 31 décembre 1793.

6206 - René Aujard, âgé de 30 ans, tué le 28 juin 1795, à l'entrée du bourg, par une patrouille de révolutionnaires.

SAINT-HILAIRE-LA-FORÊT

6207 - Louis Coutanceau, laboureur à la Bretinière, âgé de 21 ans, condamné à mort, le 20 avril 1793, et exécuté, aux Sables, le surlendemain, "convaincu d'avoir arboré la cocarde blanche, pris les armes contre sa patrie, monté la garde avec les insurgés, dont il faisait partie, et aidé à piller différents patriotes.

JARD

6208 - M. Rampillon, curé. Il adhéra d'abord à la nouvelle Constitution, mais se rétracta bientôt, ce qui mit les autorités dans une grande colère, d'autant plus qu'il faisait beaucoup de zèle pour entraîner avec lui, dans la voie du repentir, quelques prêtres assermentés dans la région, notamment les curés d'Avrillé et de Château-d'Olonne. Le pauvre prêtre, a écrit M. l'abbé Barraud, fut emprisonné à Fontenay et finit par tomber dangereusement malade. Quand, le 15 mars 1793, la ville de Fontenay est menacée par l'armée royaliste, Cavoleau, craignant la délivrance des prêtres insermentés, ordonne leur transfèrement à Niort ; deux de ces prêtres ne peuvent être transportés dans des charrettes ; M. Rampillon et M. Brunetière y sont portés en litière, par un froid rigoureux. Dès leur arrivée, les détenus sont placés dans l'infirmerie. M. Rampillon mourut avant la fin des troubles.

6209 - M. Pierre-Joseph Bouanchaud, curé. A son retour d'Espagne, en 1801, il fut chargé de desservir à la fois Jard, Saint-Vincent-sur-Jard et Saint-Hilaire-la-Forêt. Plus tard, ses supérieurs lui confièrent la paroisse de Saint-Étienne-du-Bois qu'il administra jusqu'en 1849, époque à laquelle il se retira du ministère. Il mourut l'année suivante.

LONGEVILLE

6210 - M. Jacques-Jean Moizeau, ancien vicaire de Saint-Gilles-sur-Vie, curé. Après avoir refusé courageusement d'accepter les lois sacrilèges de la Convention, il fut en butte à la haine des révolutionnaires et dut s'expatrier. Il se rendit d'abord en Angleterre, puis à la Guadeloupe, d'où il revint au Concordat pour être successivement vicaire à Noirmoutier, sa paroisse, enfin curé de Longeville et du Bourg-sous-la-Roche. La mort vint l'atteindre, en 1829, au milieu de ses compatriotes, dont l'estime et l'affection le consolèrent grandement dans sa retraite volontaire.

6211 - Gabriel-René Baudry, seigneur de la Vesquière, condamné à mort, aux Sables, le 26 avril 1793, "convaincu d'avoir lui-même fait sonner le tocsin à Longeville, d'avoir montré aux brigands comme ils le devaient sonner, et monté dans le clocher à cet effet, d'avoir été au-devant des insurgés les recevoir amicalement, d'avoir été chef de différents soulèvements qui ont eu lieu avant ce temps dans son pays, etc."

6212 - Louis Grollier, 21 ans, laboureur, condamné à mort le 19 avril 1793 et exécuté aux Sables, convaincu d'avoir fait partie de l'attroupement, porté les armes et la cocarde blanche, en qualité de sergent d'une compagnie, et favorisé, le pillage chez les patriotes".

POIROUX

6213 - M. Jean-Pierre Arraudet, curé. Ne s'étant pas conformé aux lois révolutionnaires, il fut cerné à Fontenay, et six mois après, déporté en Espagne d'où il revint pour être curé d'Avrillé. C'est dans cette dernière paroisse qu'il est mort, après quelques années seulement de ministère.

6214 - M. Chrysostome Michaud, aumônier de la Proutière. Il ne semble pas être revenu d'exil.

6215 - M. Jacques Noirel, religieux de Bois-Grolland. La Révolution le chassa de son monastère. Il s'exila en Espagne et ne revint pas en Vendée.

6216 - Louis Ancel, religieux du même couvent. A son retour d'exil, il fut nommé curé de Girouard, où il mourut en 1823. M. Jean-Baptiste Gillet, dont nous avons parlé précédemment, comme curé de Grosbreuil, faisait partie du même établissement monastique.

(Famille Robert de Lézardière - voir Challans)

SAINT-VINCENT-SUR-JARD

6217- François Martineau, journalier, 40 ans, condamné à mort le 19 avril 1793 et exécuté aux Sables, le lendemain, "convaincu d'avoir fait partie de l'attroupement, porté les armes et la cocarde blanche, et participé au pillage chez les patriotes".

6218 - Nicolas Vauguirard, fusillé à Savenay, comme soldat de la Vendée, le 26 décembre 1793.

6219 - Jacques Péroquin, condamné à mort le même jour, au même lieu et pour le même motif.

L. TEILLET

AD85 - Semaine Catholique du Diocèse de Luçon - de 1904 à 1915

 

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