Jourdain armoiries

JOURDAIN, famille noble et ancienne sortie des Jourdain, Seigneurs d'Ambleville, de la province de Saintonge.

Une enquête ordonnée le 26 août 1562 par le lieutenant général de Poitou, à la requête de François Jourdain, écuyer, Sgr des Forges, prouve que tous les papiers de cette famille furent brûlés ou dispersés lors du pillage de la maison des Forges, qui eut lieu le 7 août 1562. "Ce malheur, commun avec beaucoup d'autres maisons du Poitou empêche aujourd'hui celle de Jourdain de faire connaître son ancienneté."

Cependant on la retrouve dans tous les bans et arrière-bans de la province du Poitou, notamment dans ceux des années 1533, 1491, et dans le ban de 1467 de la province de Saintonge d'où est originaire la famille de Jourdain. (Nobiliaire du diocèse et généralité de Limoges : Tome 2 - 1863)

 

LE SACRIFICE DE LA FAMILLE DE LA MARTINIÈRE

Les Herbiers - La Martinière


A l'époque de la Révolution, ce logis était habité par la famille Jourdain des Hermitans, qui habitait aussi le Logis jouxtant le donjon roman sis près de l'église St-Pierre des Herbiers, logis aujourd'hui disparu.

Léon Jourdain, (né le 20 août 1737) chevalier, seigneur des Hermitans, était en même temps châtelain de la moitié des Herbiers qu'il avait héritée de sa mère Jeanne-Hélène Bouëxon des Herbiers ; il était aussi lieutenant des vaisseaux du Roi et Chevalier de Saint-Louis.

Dès le début de la Révolution, il avait émigré pour répondre à l'appel des Princes, frères du Roi, qui, sous prétexte de délivrer Louis XVI et sa famille, avaient formé l'Armée d'Outre Rhin, avec l'aide de la noblesse française, faute très grave qui hâta la chute de la monarchie.

Au début de l'année 1795, M. Léon Jourdain des Herbiers rentra en Vendée, où il se cacha près du château de la Tremblaye entre Mortagne et Cholet. C'est là qu'un traître le livra à la Garde Nationale de Cholet, le mercredi des Cendres 1795 (18 février). Il fut fusillé sur place. Son frère cadet, qui servait dans l'Armée Vendéenne du Centre, avait péri à Savenay, au retour de la Virée de Galerne.

Pendant un de ses congés, Léon Jourdain des Herbiers avait épousé le 26 février 1770, Jeanne-Victoire Le Boeuf, des Moulinets. De ce mariage naquirent trois filles, baptisées aux Herbiers : Jeanne-Victoire, le 27 février 1772, Louise-Félicité, le 3 août 1773 et Olive-Louise le 23 juillet 1776 (*). 

Jusqu'à la fin de 1793, Mme de Jourdain et ses filles continuèrent d'habiter leur maison des Herbiers et la Martinière, donnant asile aux chefs vendéens, dont Charette, lorsque les armées vendéennes campaient aux Herbiers, et ce fut peut-être chez elles que Charette fut élu général en chef des Armées du Bas-Poitou. Et quand les troupes républicaines revenaient aux Herbiers, elles allaient se cacher par crainte de représailles, pendant de longs séjours, dans les ravins entourant la colline des Alouettes.

Mais en janvier 1794, le maire des Herbiers, le citoyen Marcateau, qui prenait ombrage de l'hospitalité qu'elles accordaient aux Vendéens les fit arrêter et les livra aux agents de Carrier.

A Nantes, elles comparurent le 7 janvier (18 nivôse an II) devant le Tribunal Révolutionnaire et condamnées "comme complices des Brigands à périr dans les eaux de la Loire". La sentence fut exécutée immédiatement.

Jeanne-Victoire, Louise-Félicité et leur mère montèrent les premières sur les sinistres pontons, et comme la plus jeune, Olive-Louise, montait sur le bateau, un jeune officier épris de ses charmes, pour la sauver, lui proposa de l'épouser. Elle parut d'abord l'écouter, mais arrivée sur le bord de la Loire et débarrassée de ses liens, elle se jette dans le fleuve en s'écriant : "Oh ! ma mère, je ne serai pas séparée de toi". Tombée sur un monceau de cadavres qui l'empêchaient de couler, elle s'écrie "Je n'ai pas assez d'eau, aidez-moi".

Les bourreaux la poussent et elle est engloutie.

Cette famille entièrement décimée par la Révolution, ne revit jamais la Martinière qui fut achetée comme Bien National, avec les métairies des Haute et Basse Martinière, de Belleville et de Boulocheau, par le citoyen Pierre Ageron, acquéreur du domaine du Landreau, qui prit le nom d'Ageron de la Martinière, et son épouse Honorée-Thérèse Martineau, puis à leur mort sans héritiers, la Martinière passa à Louis-René Guyet, propriétaire du Bignon, puis depuis en plusieurs mains, après avoir été incendiée en partie par les colonnes infernales.

JEAN LAGNIAU
Extrait : La fin de la Rabinaïe - n° 49 - Juillet-Août 1989

Jourdain des Hermitans

  

(*) Léon Jourdain, seigneur des Hermitans et Jeanne-Victoire Le Boeuf eurent, non pas trois filles, mais quatre. La dernière née se prénommait Henriette et vit le jour aux Herbiers, le 28 septembre 1779. Baptisée le lendemain, elle eut pour marraine sa soeur aînée, Jeanne-Victoire. Je n'ai hélas pas trouvé d'écrit citant Henriette. Le dépouillement des registres démontre qu'il n'y a pas eu décès dans la petite enfance. Mais la révolution est arrivée ... Qu'est-il advenu de la jeune Henriette ?

 

Jourdain Jeanne-Victoire

 

Jourdain Louise-Félicité

Jourdain Olive-Louise

Jourdain Henriette