Armoiries : La famille Jacobsen porte "d'azur à la fasce ondée d'or, au compas de même en chef, et au cimeterre de même en pointe."

Devise : Wyselick Vromelyck - Force et courage.


Fils de Cornil Jacobsen ou Jacobs, maire de Bourbourg, et de Marie Gocolgeluck, CORNIL-GUISLAIN était né le 11 septembre 1709 ; il fut baptisé, le même jour, dans l'église paroissiale de Saint-Baptiste, à Bourbourg (59)

Jacobsen acte naissance

Après avoir fait ses études à l'université de Louvain, il était au moment d'embrasser l'état ecclésiastique, lorsque le baron de Reutlitsh, ami de la famille, l'en détourna et lui procura le crédit nécessaire pour prendre la carrière du commerce. D'après les conseils de ce protecteur, il alla s'établir, en 1740, dans l'île de Noirmoutier, où son hôtel existe encore.

Le 13 mai 1743, il épousa dans l'église paroissiale de Saint-Filibert de la ville de Noirmoutier, Suzanne-Élisabeth Cormerye, fille de Gabriel-Germain, major de la capitainerie générale de l'île et de Élizabeth Jolly. 

Cette même année, il fut nommé aide-major des milices garde-côtes de la capitainerie de l'île.

Son épouse mourut le 24 août 1752 ; il laisse un texte émouvant de ses "réflexions sur sa digne et vertueuse épouse" ainsi qu' "une prière pour son âme".

"Que Dieu me console & me fortifie dans l'affliction
Ma chère épouse est morte le 24e aoust 1752, à une heure et demy, après midy, & enterrée au cimetière suivant sa volonté, près de son père & sa mère & ses enfants.
Vertus & perfections de ce précieux trésor
Elle a été un exemple de piété, elle a édifié tout le monde par sa grande dévotion
un exemple de charité envers son prochain & à secourir les pauvres
un exemple de chasteté, on peut l'apeller la Chaste Suzanne
un exemple de modestie dans ses moeurs & habillements avec toutte humilition (humilité ?)
un exemple de prudence dans toutes ses actions
un exemple de tempérance dans le boire & manger
un exemple de douceur estant la douceur mesme
un exemple de discrétion à ne jamais mal parler ny revêche
un exemple de sagesse, sage comme un ange
un exemple de courage par son travail assidu dans son ménage & à vous élever, mes chers enfants
en un mot un exemple de toutes les vertus & perfections qu'une âme sainte peut désirer.
Voilà mes chers enfants le trésor que vous & moy avons perdu, ayés toujours devant vos yeux ses vertus, je vous le conjure & pratiqués-les pour que Dieu vous bénisse en ce monde & vous couronne après de sa gloire dans l'Éternité comme il a couronné votre très chère mère, mais ce n'est qu'en y mettant ses vertus que vous pouvez espérer cette Grace, ainsi forcés-vous à l'imiter."

 

Jacobsen - réflexions

 

Le 13 décembre 1757, il fut appelé aux fonctions d'aide-major d'une compagnie d'infanterie Saint-Filibert dans la capitainerie garde-côtes de Noirmoutier.

Pendant la guerre de Sept ans, Jacobsen se souvenant des glorieux exploits de ses ancêtres ne voulut pas rester en dehors du mouvement national et résolut d'armer en course contre les Anglais. Il mit en mer un bâtiment auquel il donna le nom de Duc de Bourbon en souvenir de Louis-Henri, duc de Bourbon, propriétaire de Noirmoutier. L'équipage composé de soixante matelots était commandé par Jolly, assisté de Bouhier, second, et Hallot, premier lieutenant. Le Duc de Bourbon, qui n'avait que quatre canons et douze pierriers, s'empara à sa première campagne d'un corsaire anglais, à la seconde, il amarina un navire de 18 canons ; mais à la troisième, il fut pris par une frégate de 36, qu'il avait eu l'audacieuse témérité d'attaquer. Les 18 canons enlevés à l'ennemi, restèrent longtemps déposés dans la cour du château de Noirmoutier, comme un trophée de la bravoure du vaillant équipage. Le registre de catholicité de la paroisse porte à la date du 18 décembre 1760 : "Une grande messe volive pro peregrinantibus, avec psaume et les versets des communs suffrages, tempore belli, a été célébrée en cette église, pour l'heureuse course du corsaire le Duc de Bourbon".

C'est Jacobsen qui, le premier, dans l'île de Noirmoutier, entreprit des dessèchements qui forcèrent la mer à reculer. En 1755, il renferma les lais (1) de mer de la Fosse, dont il avait obtenu la concession et sauva de la misère, dans cette année de disette, toute la population indigente, par des grains qu'il fit venir de l'étranger. Avant lui, le commerce de l'île se réduisait à quelques échanges avec le continent. Sous son impulsion, les bâtiments de Bretagne et du Nord vinrent dans ses ports.

Il fut le créateur et le fondateur de l'île de la Crosnière qu'il gagna sur la mer.

CROSNIERE PLAN

NAISSANCE DE LA CROSNIÈRE

Ce fut le 1er avril 1767 qu'il déroba cette île à l'Océan, avec l'aide de 11.000 hommes qu'il avait rassemblés de dix-sept paroisses du continent voisin. Il avait commencé cette belle entreprise, imitation des travaux des polders de la patrie de ses premiers ancêtres, par une digue qui devait bientôt mesurer près de 10.000 mètres. A l'abri de cette première clôture, il fit élever un immense baraquement en planches pour y abriter tous ses travailleurs.

Avant d'entreprendre ses vastes travaux, il avait fait mettre tous ses ouvriers à genoux, et entonnant lui-même le Veni Creator, il leur dit : "Ici, mes enfants, sera bâtie une église".

En effet, cinq ans après, en 1772, il obtint l'érection d'une cure sous le vocable de Notre Dame, dans l'île de Pé, dite de la Crosnière. Cette église fut consacrée par l'évêque de Luçon, Mgr Jacquemet-Gaultier d'Ancyse, le 16 janvier 1772.

 

Crosnière1831

 

Il construisit sur cette île trente maisons.

Outre l'accroissement d'un nouveau territoire à la France, ce dessèchement a procuré une communication par terre, à mer basse, de Noirmoutier au Continent (le Gois). Personne n'avait encore osé y passer à cheval ; c'est Jacobsen qui en fit l'essai le premier ; puis sa fille Élisabeth (Madame du Berceau) y passa en voiture.

Pour sa grande entreprise, Jacobsen s'était associé M. du Berceau, son gendre. C'est à ces deux citoyens que le prince de Condé avait concédé, en 1766, le terrain submergé qui forme la Crosnière.

Pour récompense de ses travaux, le roi donna à Jacobsen le titre de seigneur et de premier patron de l'île de la Crosnière, dont il avait la permission de porter le nom ainsi que ses descendants.

Dans les dernières années de sa vie, Cornil-Guislain, secondé par son fils Jean-Cornil, réunit tous les documents nécessaires pour prouver l'ancienneté de la noblesse de sa famille. Ainsi, sa demande fut accueillie, et, en mars 1787, Louis XVI lui octroyait des lettres de noblesse.

"C'est avec d'autant plus de satisfaction, dit le Roi, que nous nous déterminons à conférer au sieur Jacobsen ou Jacobs, les honneurs de la noblesse, que nous sommes instruits que depuis cinquante ans, il a fixé son séjour dans l'île de Noirmoutier, où il a été nommé, le 24 novembre 1743, aide-major de la capitainerie de cette île, et ensuite, le 13 décembre 1757, aide-major de la compagnie détachée d'infanterie dans la même capitainerie, qu'il a contribué, ainsi qu'il résulte des témoignages qui nous en ont été données, à rendre cette île florissante, soit en donnant à ceux qui l'habitent, l'exemple d'un commerce actif avec l'étranger, dont il a rappelé les vaisseaux dans ses ports, soit en sollicitant du gouvernement, la concession de terrains qu'il a couvert de digues et qu'il a fait défricher à grands frais et en donnant par là l'existence à l'île de la Crosnière qui n'était auparavant qu'un banc couvert des eaux de la mer et qui se trouve aujourd'hui couvert de maisons habitées et d'une église paroissiale qu'il y a fait bâtir et dont il est le premier fondateur."

La construction d'un moulin à vent était en projet, et pour ce faire, un devis fut dressé, il se montait à 4.132 #. Il semble que ce projet ne vit jamais le jour.

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Cornil-Guislain mourut le 19 24 mars 1787, à Noirmoutier où ses vertus le faisaient respecter de tous. D'après ses dernières volontés, son corps fut transporté dans le cimetière de l'île de la Crosnière.

Jacobsen acte décès

Jacobsen acte inhumation La Crosnière

L'église et le presbytère qu'il avait fait bâtir ont été détruits pendant la première révolution. Il n'en reste plus qu'une croix et le cimetière où, selon les archives paroissiales, reposent 88 corps dont plus de la moitié sont des enfants. Aucune tombe n'est visible aujourd'hui si ce n'est celle de Cornil-Guislain Jacobsen et celle de son fils, Jean-Corneille qui voulut y rejoindre son père, en 1834, bien que ce cimetière fût alors désaffecté depuis près de trente ans, et celle de dame Jeanne-Thérèse-Louise Lauwers, (native de Bourbourg, décédée le 25 octobre 1780 et inhumée le 27) épouse du "premier habitant et premier régisseur de cette l'île" nommé par Jacobsen, Pierre-Joseph Lefebvre (natif de Blaringhem - Flandres) .

 

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Il laissait cinq enfants, quatre filles et un garçon.

Suzanne-Louise-Élizabeth, qui épousa Joly du Berceau, Jacques-Augustin, subdélégué de l'intendance à Noirmoutier. Elle mourut veuve, sans enfant.

Jeanne-Marie, épousa N... Doré, armateur à Nantes, sans postérité.

Gabrielle-Angélique, épousa Lamandé François-Laurent, ingénieur de la généralité de Rouen ; né en 1735 et mort en 1819 ; il était officier de la Légion d'honneur et inspecteur-général des Ponts et Chaussées ; il s'est fait connaître par de beaux travaux dans les ports du Havre, des Sables-d'Olonne, de Dieppe, de Fécamp et de Honfleur. En 1777, ils eurent un fils, Mandé. Né aux Sables-d'Olonne, il est mort en 1837. Ingénieur comme son père, il a construit à Paris, les ponts d'Austerlitz et d'Iéna.

Victoire-Élizabeth, qui épousa Moutain de l'Herbaudière, subdélégué de l'intendance de Noirmoutier, secrétaire du roi, maison, couronne de France et de ses finances. Par son mariage, elle devint la tante de l'écrivain Mourain de Sourdeval. Pendant la Révolution, elle fut condamnée à mort et fusillée sur la place du Marché, à Noirmoutier, en même temps que la femme du général vendéen d'Elbée. Mourain de l'Herbaudière fut aussi condamné à mort par le tribunal révolutionnaire des Sables. Ils ont laissé un fils marié à mademoiselle de Sourdeval et une fille mariée au chevalier de Badreau.

Jacobsen fils acte baptême

5° JEAN-CORNEILLE, baptisé le 27 décembre 1750, qui devint capitaine des chasses et inspecteur-général des bois du roi dans l'île de Noirmoutier, continua comme son père, à s'occuper de dessèchements et de travaux agricoles. Lorsqu'au commencement de 1811 et de nouveau en 1820, les digues furent forcées et la Crosnière envahie par les flots, il montra la plus grande énergie pour réparer le désastre et relever les digues renversées sur une longueur de plus de six kilomètres.

A l'entrée du port de Noirmoutier, il dessécha plus tard le grand et le petit Mullembourg, connus sous le nom de terrains Jacobsen. En résumé, il livra à l'agriculture plus de quatre cent hectares auparavant recouverts par l'océan. La Société d'encouragement pour l'Industrie nationale lui donna, en récompense de ses services, une médaille d'or, en 1829.

Maire de Noirmoutier, conseiller général de la Vendée, de 1806 à 1830, il était chevalier de la Légion d'honneur et membre de la Société patriotique Bretonne.

Jacobsen fils légion d'honneur

Armée Royale Vendéenne - Division des Marais

Nous soussigné Chef et officiers supérieurs de la Division des Marais certifions à tous ce qu'il appartiendra que dès l'instant où l'autorité du Roi fut attaquée, nous projetâmes la prise de l'Ile de Noirmoutier, enclavée dans la dite Division, avec Messieurs les Anglais sous la Bannière de Sa Majesté Louis XVIII ; que Monsieur Jacobsen, Chevalier de la Légion d'honneur nommé par le Roi et de l'ordre chapitral dit des Quatre-Empereur, Maire de la Ville et Ile de Noirmoutier, de concert avec Monsieur de Rorthais, Capitaine de la deuxième Compagnie de la dite Ile, fit tout ce qui était en son pouvoir pour nous en faciliter l'entrée qui eut lieu le 27 de juillet 1815. Certifions en outre qu'il nous donna tous les renseignements nécessaires sur la quantité de poudre, canons, fusils, cartouches, projectiles et la force d'hommes dévoués à l'Usurpateur, et qu'il fut destitué de ses fonctions de Maire par le général Lamarque, parce que le dit Sieur Jacobsen avait eu la fermeté de refuser son serment de fidélité au Tyran. A ces causes, nous avons dit qu'il est un des maires vendéens qui ait le mieux mérité de la munificence Royale.

Enfin de quoi, nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir partout où besoin sera.
Fait à Saint-Jean-de-Monts, le 6 janvier mil huit cent seize,
Signé :
Robert de Chataignier, chef de la Division
Le Chevalier B. de Maynard, commandant la Division des Marais
Fortin, major de la Division des Marais

Le Sous-Préfet de l'arrondissement des Sables-d'Olonne, Chevalier de Saint-Louis se joint à MM. les Chefs et Officiers supérieurs de la Division de l'Armée Royale des Marais pour reconnaître les bons et utiles services de Monsieur Jacobsen, et attester que le Roi ne compte aucun serviteur plus franc, plus loyal, plus dévoué que ce respectable Magistrat.
Aux Sables, le 8 janvier 1816
Signé : H. de Régnon.

Nous Préfet du Département de la Vendée, ne pouvons que rendre de pareils témoignages, d'après les renseignements qui nous sont parvenus ; et certifier véritable l'exposé ci-dessus des services de M. Jacobsen.
Bourbon-Vendée le 10 janvier 1816
Le Préfet
Signé de Roussy.

Très instruit, il avait rassemblé dans sa demeure une collection importante de livres, objets d'art et d'autographes. Parmi ces derniers figuraient ceux qui provenaient du cabinet de Thieriot, correspondant et légataire de Voltaire, ce qui lui permit de publier un volume intitulé : Correspondance et Pièces inédites de Voltaire (Paris, P. Didot, 1810, in-8° et in-12°.

Jacobsen qui, sous l'ancienne monarchie, était député de l'île de Noirmoutier à la cour de France, fut nommé, le 30 septembre 1787, par Philippe de Limbourg, duc de Schleswig-Holstein, grand-croix de l'ordre du Mérite du Lion de Limbourg sous l'invocation de saint Philippe et membre de l'Ordre chapitral et illustre Association d'ancienne noblesse.

[Le brevet original est conservé par les descendants de Jacobsen. Ces deux ordres ont été fondés, en 1768, pour honorer la mémoire des empereurs de la maison de Limbourg-Luxembourg : Henri VII, Winceslas, Sigismond et Charles IV. L'ordre des Quatre-Empereurs ou d'Ancienne Noblesse, créé pour le soutien et la conservation de la noblesse en général était composé de grand-croix, de commandeurs et de chevaliers ; il devait avoir pour grand-maître un souverain, un comte régnant de l'Empire. Pour y être admis, il fallait faire preuve de haute noblesse. L'ordre du Lion de Limbourg ou du Mérite sous l'invocation de saint Philippe, avait été institué pour honorer la science, les talents et la vertu dans toutes les classes de la société. Il était divisé comme celui de l'ancienne noblesse. Emportés par les évènements qui bouleversèrent les pays d'outre-Rhin pendant la révolution française, ils furent rétablis en 1815. La famille Jacobsen possède une copie, signée de Jean-Corneil, d'un brevet de généalogiste de l'Ordre chapitral accordé le 6 juillet 1816 à Viton de Saint-Allais. Une ordonnance de Louis XVIII proscrivit ces ordres en France, le 16 avril 1824.]

Il était en outre grand-maître des cérémonies desdits ordres en France.

 

Jean-Corneille Jacobsen

Jean-Corneille Jacobsen mourut en 1834.

Il avait épousé (contrat du 24 avril 1790) Balzamie Danguy de Vuë(en Retz), fille de Charles-François, chevalier de Saint-Louis, Seigneur de Vuë, Arthon, la Blanchardais et de Marie Balzamie de Foyal de Donnery, petite-fille du côté maternel de Michel Bégon, intendant de la marine, et petite-nièce de Scipion-Jérôme-Bégon, évêque de Toul.

Ils eurent sept enfants :

Charles, mort célibataire, étant lieutenant de vaisseau en retraite. Au retour d'une campagne aux Antilles, ne voulant pas reconnaître Louis-Philippe pour son roi, il revint à Toulon avec le drapeau blanc hissé à la corne du bâtiment qu'il commandait, préférant briser sa carrière plutôt que de changer son drapeau.

Marie, morte de faim, lors de la révolution, dans la maison Jacobsen à Noirmoutier, pendant que cette demeure était livrée au pillage.

3° Adolphe, mort en bas-âge

4° Adolphe, mort au petit séminaire de Chavagnes

Marie-Armand, curé de Mallièvre

6° Alexandre, qui épousa Mlle Beaussand de la Vallière, est mort à Paris. Il laissait trois enfants, un garçon Michel, décédé célibataire, et deux filles, Mme la baronne Gabrielle de Saint-Amand et Mme Marie de Samboeuf.

7° - Auguste, né à Nantes, devint maire de Noirmoutier, et suivi les exemples de son père et de son grand-père. De 1829 à 1833, il obtint les magnifiques dessèchements de la Nouvelle-Brille et de la Tresson. Il épousa Mlle Antonie-Cornélie Vallée de la Chassetière, fille de Philippe, chef de bataillon du génie, et d'Angélique-Eulalie Lamandé. Cette dernière était la fille de François-Laurent Lamandé, et de Gabrielle-Angélique Jacobsen. Ils eurent 5 enfants


(1) Lais : terrain que la mer ne recouvre plus et est mis en culture.

- Union Faulconnier - Société Historique de Dunkerque & de la Flandre maritime - Bulletin - Cinquième année - Tome V - 30 juin 1902

- La Fin de la Rabinaïe  - n° 125 - Juin 1996


 

Crosnière cassini

En 1772, la paroisse est fondée, dépendant de Noirmoutier et plus particulièrement de Barbâtre.

Bien que rattachés à la paroisse de Barbâtre malgré le Gois, la proximité relative de Beauvoir semble avoir incité les premiers habitants à y porter baptiser leurs enfants. Les registres de Beauvoir le confirment dès le 25 mars 1768.

Le 11 octobre 1772, on procéda à la bénédiction de l'église et de la cloche qui fut nommée "Louise-Rosalie" par Pierre-Joseph Lefebvre, représentant M. Jacobsen, et par Jeanne-Louise L'anivere (?), représentant Madame Bourdon des Plantes.

prise de possession église par Rodrigue

Le même jour fut consigné dans le registre la prise de possession de la nouvelle cure par François-Ambroise Rodrigue, né dans la paroisse de Saint-Vincent de la ville de Nantes, en présence de Missire Nicolas Jacquin-de-la-Barre, curé de Saint-Gervais et de Monsieur Jacques-Guillaume Maublanc, négociant à Beauvoir.

Le premier acte officialisé est celui de la sépulture d'un enfant de deux ans et demi, le 3 novembre 1772.

Le 5 février 1776, l'abbé Rodrigue signe son dernier acte ; il est remplacé par M. Theus, chanoine régulier de l'ordre de la Trinité. A partir du 17 septembre de la même année, c'est l'abbé Dubois qui administre la Crosnière, assisté parfois par M. Flambard, chanoine régulier de l'ordre de la Sainte Trinité ; l'abbé Dubois démissionne en 1779.

En 1777, Mgr de Mercy confirme onze garçons et dix-huit filles.

En 1778, une violente épidémie de dysenterie décime adultes et enfants ... Il y a 20 décès ...

A partir du 15 février 1779, M. Jacques Desplobein reprend la rédaction des registres, jusqu'au 23 septembre 1780, puis vient le Frère François Gaulland, religieux de l'ordre de Cisteaux, desservant la paroisse de la Crosnière

L'abbé Pêtel tient les registres à partir du 28 avril 1784.  Il prête le serment à la Constitution civile du clergé et à compter du premier décembre 1792, il signe en tant qu'officier public jusqu'au 8 mars 1793. Les registres sont alors repris par Nicolas-Gabriel Monnier, fermier.

Selon le Dictionnaire des Vendéens (AD85), l'abbé Pétel serait né à La Haye-Pesnel (50)  ; vicaire à Triaize en janvier 1781 puis vicaire de Sallertaine en novembre 1781 ; et serait mort massacré par les insurgés entre le mois de mars et le mois de mai 1793.

Trois maires se succédèrent de 1792 à 1799. Les derniers actes de l'an VIII sont encore établis sur des registres spéciaux mais par les soins de la municipalité de Beauvoir.

L'année suivante, le nom de Crosnière disparaît.

Aucun acte officiel n'enregistra cette disparition.

 


 

Légende de la Crosnière

Au village de la Crosnière, le fantôme le plus redouté est le miaque, sorte de lutin, qui saute sur les meilleurs chevaux du marais, et les lance dans des courses folles, jusqu'à les exténuer. Dans ces galops vagabonds, le miaque mêle de telle sorte la crinière du coursier, qu'elle ne peut plus être démêlée par aucune main humaine.

(La Vendée avant 1793 - Pierre-L. Prunier - 1893)


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