Bois de Cené cassini


Jean-Louis-Gaspard Josnet de la Violais était né, en 1733, le 22 janvier 1753, à Bois-de-Cené (Vendée) [pas de registres], d'après la feuille signée par lui-même, le 3 pluviôse an III, des "renseignements exigés par le décret du 29 frimaire", laquelle porte cette mention écrite de la main de Hoche : "Très bon patriote et aussi bon officier".

- Soldat au régiment d'Orléans-Infanterie le 1er juin 1768 ; puis au régiment de Saintonge, le 1er janvier 1773 ; breveté lieutenant de milice, le 12 mars 1779, avec le grade de lieutenant - "lieutenant de canonniers dans les gardes côtes de Beauvoir" ; il y devint capitaine le 21 septembre 1780.

 

Josnet signature capitaine de canonniers

 

Il avait le grade de capitaine dans ce corps lors de la formation de la garde nationale de Machecoul, qui l'élut son commandant en 1789. Le 9 novembre 1791, le premier bataillon des volontaires de la Loire-Inférieure le choisit pour son chef.

 

Rouxel de Blanchelande

Avec le bataillon, il fut envoyé à Saint-Domingue au mois d'août 1792. La plupart de ses compagnons d'armes, écrivait-il au Directeur La Revelière-Lépeaux, le 4 floréal an V, périrent "du poison donné par Blanchelande et ses adhérents", et il revint en France pourvu d'un "congé pour cause de maladie".

Tandis que le général Rouxel de Blanchelande était retiré du gouvernement de Saint-Domingue et traduit devant le tribunal révolutionnaire, qui le condamna à mort le 10 avril 1794, Josnet de la Violais était parvenu au grade de général de brigade par la protection de Xavier Audoin, et destiné à être employé soit à Saint-Domingue, soit à Sainte-Lucie (Lucie-la-Fidèle).

Il attendait son ordre de départ à Paris, quand le Comité de sûreté générale reçut cette dénonciation du Comité révolutionnaire de Nantes, signée Chaux, président, et Goullin :

"Nous vous dénonçons M. Josnet de la Violais, chevalier de Saint-Louis, lieutenant-colonel sous l'Ancien régime ; c'est un traître et conspirateur, qui a empoisonné son bataillon dans les colonies. Nous avons plus de pièces qu'il ne nous en faut pour le mener loin ; expédiez-le promptement, ou bien envoyez-nous-le, nous l'expédierons de même."

Josnet fut arrêté le 17 ventôse, mandé à la barre de la Convention le 19, et mis en liberté le 27 par ordre du Comité de Salut public. Par ordre du même Comité, et, sur la même dénonciation, réitérée avec pièces à l'appui, il fut le 24 prairial, tenu aux arrêts chez lui, rue du Temple, n° 109, à Paris, sous la garde d'un gendarme.

Aussitôt après la chute de Robespierre, le 11 thermidor, il réclamait "justice contre l'infâme dénonciation", et protestait de "son attachement à la Convention, de son amour pour la patrie et pour la République, avec le plus grand désir de donner son sang pour elles."

Il était remis en liberté le 19, sur ce certificat :

"La députation de Saint-Domingue rend les meilleurs témoignages de la conduite politique et militaire de Josnet-Laviolais, ainsi que de son attachement au nouveau gouvernement de la République. Les mêmes députés témoignent qu'ils l'ont considéré comme un bon patriote et qu'il ne leur est rien revenu qui puisse faire suspecter son civisme. Les mêmes députés assurent qu'il a pris les meilleures dispositions pour la défense des points qui lui ont été confiés, qu'il a maintenu l'ordre au milieu d'un camp dangereux, et qu'il a montré autant d'intelligence que de bravoure."

Le 20 fructidor an II (6 septembre 1794), par ordre du Comité de Salut public, il fut employé en qualité de général de brigade dans l'armée des côtes de Brest, et mis à la tête de la 8e division, ayant son quartier général à Laval.

En l'an IV, il lança contre Hoche "un dégoûtant libelle", que l'illustre général adressa, le 8 ventôse (27 février 1796) au Directoire exécutif, en réclamant "un conseil militaire pour examiner sa conduite et celle de son accusateur".

Josnet de la Violais l'Isle d'Yeu

[Il est nommé commandant militaire de l'Île d'Yeu. Veuf de Suzanne-Marie Dorion, il y épouse, le 22 août 1810,  Jeanne-Louise-Victoire-Aimée Bourgeois de la Billardière, née à Moricq (Angles, Vendée), le 6 juin 1788.]

Josnet - Bourgeois de la Billardière acte naissance

Josnet de la Violais signature

Josnet fut mis en disponibilité. Réformé pendant le Consulat, il fut admis à la retraite le 6 août 1811, et mourut le 19 janvier 1822, à Bouguenais (Loire-Inférieure), à la Basse Boultière, maison de son gendre. Sa veuve en secondes noces, née Bourgeois de la Billardière, obtint une pension de 1.000 francs par ordonnance royale du 12 mars 1823.

Josnet de la Violais acte décès Bouguenais

Dans une des pièces du volumineux dossier de Josnet, aux Archives administratives de la guerre, on voit qu'il avait eu à s'expliquer sur son nom de la Violais. Il déclara n'être pas né de la caste privilégiée, la désignation de "noble homme", assignée dans son acte de baptême à son père, n'étant qu'une formule locale sans conséquence, appliquée aux gens vivant de leur bien ; ce qui était le cas de son père, "cultivateur".

Cependant à la fin de sa lettre du 8 ventôse, Hoche écrivait : "Un trait suffira pour vous faire juger la moralité de J...., cousin germain de Charette. Après seize années de mariage, et après avoir mangé la fortune de sa femme, il divorce avec cette malheureuse et la laisse, avec trois enfants, sans pain ni vêtements".

Josnet de la Violais était, le 25 mai 1790, le témoin de sa cousine germaine, Angélique Josnet de la Doussetière, épousant Charette de la Contrie ... [il était domicilié, à cette époque paroisse Sainte-Croix, à Machecoul]


Extrait : La Préparation de la Guerre de Vendée - Tome 2 - CH.-L. CHASSIN - 1892

AD44 - Registres d'état-civil de Bouguenais

AD85 - Registres d'état-civil de l'Île d'Yeu et de Bois-de-Cené

Josnet lettre

 


Il épouse en premières noces, à Nantes, Suzanne-Marie Dorion, née à Bois-de-Cené le 20 octobre 1752.

 

Enfants nés de son premier mariage :

- Aimé-René, né le 30 septembre 1782, à la maison de la Violais
- Louis-François, né le 9 juillet 1784,
- Suzanne-Marie, née le 20 septembre 1787.

[Il ne divorce pas comme il a pu être dit ci-dessus, puisque l'acte de son second mariage le qualifie de "veuf".]

 

Enfants nés de son second mariage :

- Élie-Marie-Victor, né à la Violais, à Bois-de-Cené, le 19 mars 1813

- une fille née à la Violais, à Bois-de-Cené, le 14 octobre 1811, décédée le même jour.

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