FRANÇOIS LALÈRE
CURÉ DE L'ÎLE-D'ELLE


Fils de Pierre Lalère et de Michelle Bodin, M. Lalère naquit à Longèves le 13 octobre 1736 [pas de registres] et fut nommé curé de l'Île-d'Elle en 1766. Il occupait donc cette paroisse depuis de longues années quand arriva la Révolution qui devait être pour lui une occasion de chute.

 

L'Île d'Elle - église

 

Le 10 février 1790, il accepta d'être élu président de la municipalité, prêta le serment d'être fidèle à la nation et au roi et de maintenir la constitution du royaume. Jusqu'alors, sa conduite fut régulière.

Son vicaire, Jacques Lambert, prêta volontiers le serment à la Constitution civile le 13 février 1791. Pour lui, il attendit quelques jours, et avertit ses paroissiens le dimanche suivant. Son embarras était extrême : il chercha à pallier son crime prochain : "Mes frères, dit-il, je me suis décidé à prêter serment, mais pendant que mes lèvres prononçaient la formule, mon coeur était tout à Dieu". Contradiction étrange !

 

Lalère greffier

 

M. Lalère demeura dans cette triste situation au milieu de ses paroissiens, exerçant ses fonctions pastorales jusqu'en 1793. Entré dans cette voie funeste, il devait aller jusqu'au bout. Le 12 pluviôse, an II, le Directoire départementale le nomma commissaire pour dresser le tableau des biens des émigrés à confisquer à l'Île-d'Elle. Bientôt, il assista en spectateur au pillage de son église et aux réunions révolutionnaires qui y furent tenues. Le 17 vendémiaire an VI, il prête le serment de haine à la royauté, à l'anarchie, et à la Constitution de l'an III.

Nous ignorons ensuite sa conduite, mais au Concordat, cédant à la sollicitation de ses amis, M. Lalère reconnut ses erreurs, revint sur ses égarements et confessa humblement son crime. Il obtint son pardon et fut absous des censures encourues, puis maintenu comme desservant à l'Île-d'Elle, afin que son repentir édifia les paroissiens contristés par ses égarements.

Aussi, trouvons-nous son nom sur l'État des prêtres en exercice après le Concordat, dressé par l'évêché de la Rochelle.

M. Lalère exerça son ministère jusqu'en 1804 (le 5 décembre - 14 frimaire an XIII), année de sa mort.

Malheureusement cette paroisse eut alors pour la desservir Guillaume Hervé, gardien des Capucins de Fontenay, qui également avait prêté tous les serments révolutionnaires. Ce ne fut pas pour longtemps, car à partir de 1806 jusqu'en 1826, elle fut administrée par les prêtres de Marans, qui eurent à réparer le scandale des années précédentes.

 

Lalère acte décès

 

A. Baraud, prêtre
AD85 - L'Étoile de la Vendée - n° 2231 - Jeudi 12 mars 1908