Apremont l'Audardière vue


Les origines de l'Audardière se confondent avec celles de la famille Mauclerc, qui paraît bien l'avoir possédée depuis le début du XIIIème siècle.

Les Mauclerc, éteints au début du XIXème siècle, furent très nombreux en Bas-Poitou au Moyen-Âge. Au XIVème siècle, ils formaient de nombreuses branches, possédant des fiefs un peu partout dans le bocage et la région côtière ; mais leurs principales terres se trouvaient vers Palluau et Apremont.

C'est la branche aînée qui possédait l'Audardière, alors sur la paroisse de Coëx. Or, au milieu du XVIème siècle, Jacques Mauclerc, seigneur de l'Audardière, n'avait qu'une fille. Il souffrait certainement de ne pas avoir de descendants de son nom. Depuis quatre siècles, les Mauclerc habitaient à l'Audardière, dont lui-même n'avait cessé d'accroître l'importance et après lui, elle allait devoir passer à une autre famille. Son gendre, Jacques de la Touche, seigneur des Planches à La Garnache, appartenait à une famille au moins aussi ancienne que les Mauclerc et même plus importante par ses alliances. Jacques Mauclerc pouvait donc craindre que ses petits-enfants oublient leurs ancêtres Mauclerc. Il décida donc de rédiger l'histoire de sa famille pour que les siens n'en perdent pas le souvenir.

Pour cela, il ne se contenta pas de fouiller dans ses propres archives, "le trésor de l'Audardière" comme on désignait alors les chartriers mais il se rendit encore dans les demeures de tous ceux de son nom, pour y faire aussi des recherches.

Le résultat fut une histoire Mauclerc très différente des généalogies habituelles, faites avant tout pour prouver la noblesse d'une famille et ainsi la maintenir dans ses privilèges fiscaux. Jacques Mauclerc veut surtout conserver le souvenir de ses ancêtres et de leurs parentés. Il néglige facilement dates et références. Si ses descendants veulent des précisions, ils n'ont qu'à chercher, comme lui dans leurs archives. Il va, lui, donner les alliances, n'oublier aucune des filles, citer même parfois leurs descendants, surtout quand elles vivent dans le voisinage. Il note les faits importants ou qui lui paraissent comme tels. Une copie du XVIIème de cette généalogie existe au château de Fonteclose.

On possède également à Fonteclose tout un fonds d'archives Mauclerc concernant d'autres branches que celle de l'Audardière. Dans d'autres chartriers se retrouvent également des pièces originales très anciennes sur les Mauclerc. Elles concordent toutes avec la généalogie de Jacques Mauclerc. Seuls les premiers degrés de la branche de l'Audardière n'ont pu être vérifiés. En effet, les archives de l'Audardière n'ont pas été retrouvées. Peut-être ont-elles été détruites ? Peut-être dorment-elles en quelque château inconnu ? A partir du XVème siècle on retrouve dans d'autres fonds suffisamment de pièces originales pour vérifier l'authenticité du travail, mais avant c'est impossible. Mais il serait étonnant que Jacques Mauclerc ait négligé sa branche sur laquelle il avait plus de facilité pour en établir l'histoire et on a donc tout lieu de penser que, malgré l'absence de références, son travail est valable.

Il cite d'abord un Jehan Mauclerc, valet, seigneur de l'Audardière "à titre d'Hoirie de ses prédécesseurs". En 1400, l'Audardière était à un autre Jehan Mauclerc et il y avait entre eux huit générations ; en comptant 30 ans par génération cela fait donc un intervalle de 240 ans. Le premier seigneur connu de l'Audardière aurait donc vécu vers 1160. On sait qu'il eut un fils, Gérard Mauclerc, qualifié de chevalier. Au début du XIXème siècle, on conservait encore au château du Verger, à Saint-Christophe-du-Ligneron, une généalogie Mauclerc établie par le généalogiste Le Laboureur, qui donnait ce Gérard comme l'auteur de toutes les branches. Cette généalogie a malheureusement disparu.

Plusieurs Mauclerc vont ainsi se succéder à l'Audardière dont plusieurs sont qualifiés chevalier. L'un d'eux, Geoffroy Mauclerc, fait l'objet d'un article un peu plus long parce que sa fille, Amour Mauclerc, épousa un Fruschard, seigneur de la Clergie, fief relevant de l'Audardière, et reçut à cette occasion certains avantages. La fortune des Mauclerc va s'accroître par un mariage Ancelon. Cette famille qui possédait la Mothe-Freslon, la Gerbaudière et l'Île Bernard va en effet s'éteindre dès le début du XVème siècle et ses importants domaines passeront à des familles alliées comme les Mauclerc, les Buor et les Mesnard.

A partir du XVème siècle, on recoupe parfaitement la généalogie de Jacques Mauclerc avec les documents originaux.

Un Jean Mauclerc, marié vers 1440 à Perette Bardonneau, eut un fils aîné, Lucas, qui paraît être mort avant son père. Ce Lucas était parent de René de la Tremblaye, religieux de l'abbaye de Jard. Par le travail fait sur cette abbaye par l'abbé Delhommeau, on apprend que René de la Tremblaye fut vers 1480 élu abbé de Jard par les religieux. Mais Jean de la Trémoille, protonotaire apostolique et abbé de Sainte-Croix de Talmont, convoitait l'abbaye de Jard, dont il voulait réunir les revenus à ceux de ses autres bénéfices. Avec ses partisans, Jean de la Trémoille vint donc envahir l'abbaye le 27 janvier 1484 et au cours de l'attaque Lucas Mauclerc fut tué. Sa veuve, Marie Marchand, de la branche du Plessis-Mauclerc au Fenouiller, poursuivit à ce sujet l'abbaye de Jard et obtint une indemnité.

Son fils Jean qui se maria deux fois eut sept enfants de son premier mariage et un du second. Sur ces huit ne survécurent que des filles et un fils, notre Jacques Mauclerc.

Ce dernier épousa une Buor, fille de la seconde femme de son père qui était elle-même veuve du seigneur de la Mothe-Freslon. En 1547, ce Jacques Mauclerc achète au seigneur d'Apremont un certain nombre de droits de juridiction sur des fiefs entourant l'Audardière tant sur Coëx que sur Apremont. On ne sait pas exactement la date de sa mort. Mais sa fille unique, Marie Mauclerc, va porter l'Audardière à Jacques de la Touche, seigneur des Planches, qu'elle a épousé par contrat du 12 février 1552.

Ainsi après douze générations de Mauclerc, l'Audardière va passer à d'autres familles. Elle va alors se transmettre le plus souvent par les filles, et ainsi ses seigneurs vont changer de nom presque à chaque génération.

Les La Touche qui arrivent ainsi à l'Audardière tirent leur nom de la seigneurie de la Touche en la paroisse de la Limousinière dans les Marches du Poitou et de la Bretagne ... La branche aînée qui fut alliée aux Rohan et Rochechouart s'éteignit au XVème siècle, mais la branche cadette que l'on trouve possédant la seigneurie des Planches à La Garnache dès 1382 forma de nombreux rameaux. Jacques de la Touche était fils de demoiselle Rouault de la Rousselière, d'une des plus grandes familles du Bas-Poitou. Il était veuf sans enfants de Françoise de Vendel, qui paraît être décédée peu après son mariage.

Malgré l'absence de documents, on peut penser que Jacques de la Touche va surtout habiter l'Audardière. Il aura neuf enfants et c'est son fils Jean qui lui succédera comme seigneur de l'Audardière.

Ce Jean de la Touche va jouer un rôle particulièrement important dans l'histoire de l'Audardière. Il va en effet acquérir une part de la seigneurie de la Mothe du Fenouiller. Cette part présente l'intérêt suivant : elle lui confère le droit de chemier. En effet, lorsqu'une seigneurie était dans l'indivision, il y avait un des propriétaires qui était chargé de rendre hommage au suzerain, mais aussi avait droit de recevoir les aveux des vasseaux. Ce droit qui, lors du premier partage, était accordé à l'aîné, restait attaché à la part qu'il possédait même si cette part était revendue. Or la Mothe du Fenouiller était une seigneurie plus importante que l'Audardière. Elle relevait directement d'Apremont. En 1599, Jean de la Touche va transiger à ce sujet avec le seigneur d'Apremont. Il est dit dans cet acte qu' "à la Mothe du Fenouiller, il n'y a pas d'hôtel, ni de maison logeable, et que l'hôtel de l'Audardière à Coëx, ci-devant tenu à hommage et rachat de la seigneurie de la Mothe du Fenouiller, a été incorporé à icelle, par l'achat qu'en a fait le seigneur de la Touche, si bien qu'actuellement tout est en un seul et même hommage." Dans ces conditions le seigneur d'Apremont est d'accord pour que l'hôtel et maison de l'Audardière "soit le siège de la seigneurie de la Mothe du Fenouiller et de l'Audardière et le tout formera une châtellenie avec droit de haute et moyenne juridiction, pour tout ce qui en relève à l'intérieur de la paroisse de Coëx. En conséquence l'hôtel de l'Audardière pourra être parachevé avec tours, fossés, douves et pont-levis."

En réalité cet accord qui figure dans l'inventaire du chartrier d'Apremont, ne faisait en ce qui concerne les constructions de l'Audardière que confirmer une situation déjà existante. La tour de l'Audardière porte en effet la date de 1586 et on peut penser que Jean de la Touche avait en même temps fait creuser les douves et mettre sa demeure au goût du jour.

Jean de la Touche laissa trois enfants, dont deux, seuls, nous intéressent. Ils vont épouser le frère et la soeur. Charles, le nouveau seigneur de l'Audardière, sera marié à Madeleine du Puy du Fou ; il va mourir sans postérité et aura pour héritière sa soeur, Diane de la Touche qui, elle, est mariée à René du Puy du Fou, seigneur du Puy du Fou et marquis de Combrande.

Ainsi après à peine trois générations, le château de l'Audardière va passer à une autre famille.

Les Puy du Fou possèdent ailleurs de très grands châteaux comme le Puy du Fou aux Épesses. Pour eux l'Audardière est une petite chose, seulement utile pour doter les filles. Elle passera à la fille de René et de Diane : Anne du Puy du Fou, dame de Coëx et de l'Audardière, qui va épouser à Paris le 11 juillet 1636, Jérôme de Diximieu, comte de Diximieu, baron de Saint-Victor, grand maître des Eaux et Forêts du Dauphiné, gouverneur pour le roi de Vienne et du Viennois, Mme de Diximieu va vivre soit à Paris, soit en Dauphiné. Elle meurt à Vienne, en 1669, et ne vint sans doute jamais à l'Audardière. C'est sa fille qui va en hériter. Elle épouse un grand seigneur savoyard, Alexandre de Scaglia, comte de Verrue, premier écuyer à la cour de Turin. La comtesse de Verrue sera dame d'honneur de la duchesse de Savoie. En 1685, leur fils qui a succédé à son mère, mort jeune, dans sa charge, épouse une des filles du duc de Luynes [Jeanne-Baptiste d'Albert de Luynes]. Ce sera la célèbre comtesse de Verrue, maîtresse du duc de Savoie, dont les aventures ont été longuement contées par Saint-Simon.

Jeanne-Baptiste d'Albert de Luynes

Cette jeune comtesse était fort belle. M. de Savoie, qui était jeune aussi et qui la voyait souvent à la cour, la trouva à son gré. Mme de Verrue s'en rendit compte et prévint son mari et sa belle-mère. Mais ceux-ci refuseront de l'écouter et comme elle insistait, lui dirent que tout cela n'était que le fruit de son imagination et qu'elle voulait se donner de l'importance. Le duc de Savoie, lui ayant fait parler, elle les prévint de nouveau, mais ils ne voulurent pas l'entendre. Elle feignit alors d'être malade et obtint d'aller prendre les eaux à Bourbon, où elle avait demandé à son père le duc de Luynes de venir la voir. On la fit accompagner par l'oncle de son mari, l'abbé de Verrue, "qui avait de l'âge, était passé par des emplois considérables et par des ambassades". Mme de Verrue fit part à son père de ses craintes en ce qui concernait le duc de Savoie. Celui-ci en fut très effrayé. Il pensa que le plus sage était d'inviter son gendre à venir faire un long séjour en France à la cour du roi. Cela ne pouvait qu'être utile à sa carrière et pendant ce temps le duc de Savoie aurait le temps d'oublier. Pensant "qu'un vieillard important et rompu aux affaires" le comprendrait et entrerait dans ses vues, il fit part à l'abbé de Verrue de son opinion. Il ne se doutait pas "qu'il se confessait au renard et au loup qui ne voulait rien moins que dévorer la brebis".

L'abbé fit semblant d'approuver, mais une fois le duc de Luynes parti, il découvrit sa passion à la jeune femme et devant l'échec de ses avances, cette passion se tourna en rage.

A leur retour à Turin, il accusa sa nièce des pires méfaits et arriva à convaincre la mère et le fils. Tous les mauvais traitements furent alors appliqués par les siens à la jeune comtesse. Devant leurs persécutions, elle n'eut plus d'autres ressources pour éviter leur méchanceté que de céder au duc de Savoie. Une fois la chose faite, elle y prit goût et devint impérieuse et arrogante. Cela lui valut beaucoup d'ennemis, qui tentèrent même de la faire empoisonner. Le duc de Savoie parvint à la sauver grâce à un contrepoison et elle ne le quitta plus pendant dix ans, ayant de lui deux enfants qui furent légitimés. Mais elle finit par se lasser de cette vie à Turin. Lors du passage d'un de ses frères, elle parvint à s'enfuir et à gagner Paris. Elle se retira d'abord dans un couvent et y resta jusqu'à la mort de son mari. Ce dernier, "après ses malheurs" avait quitté la Savoie et avait pris du service dans les armées du Roi de France. Il fut tué au cours d'un combat en 1704. Cette mort, dit Saint-Simon, "dégrilla sa femme". Elle mena désormais une vie mondaine et, toujours d'après Saint-Simon, spécula d'une façon scandaleuse dans l'affaire Isaw où elle aurait gagné des millions. Ce serait cette comtesse de Verrue, qui aurait donné à la légende de la "maîtresse royale venue se retirer à l'Audardière".

De son mariage avec le comte de Verrue, elle avait eu un fils et des filles. Le fils mourut peu après son père et les filles furent religieuses. La comtesse de Verrue, en héritant de son fils, devint donc dame de l'Audardière et le 27 mai 1717, elle la vendit pour 94.000 livres à André Serventeau, écuyer, seigneur de la Brunière.

Les SERVANTEAU étaient originaires des Sables-d'Olonne, ou plutôt de La Chaume. Pendant plusieurs générations, les hommes sont capitaines de navire et les filles épousent des marins. Certains meurent en mer, d'autres reviennent avec de grosses parts de prises et au XVIIème siècle l'un d'eux, André Servanteau, peut devenir armateur. Cela exige un capital important mais procure des revenus très supérieurs aux parts de prise d'un capitaine. André Servanteau réussit brillamment, acquiert la noblesse grâce à une charge de secrétaire du roi et laisse à ses deux enfants, Anne et André, une fortune considérable. Anne épouse d'abord un Charbonneau de l'Échasserie puis un officier général, M. Jay de Mianne. Elle paraît avoir hérité des talents d'administrateur de son père et va accroître sa fortune, mais n'aura qu'une fille, morte sans enfants avant sa mère.

André Servanteau, le fils, celui qui a acheté l'Audardière en 1717, a épousé demoiselle Marie Goulard en 1703. On peut penser qu'il vint habiter l'Audardière et la mit au goût du jour. On lui doit les perrons extérieurs, les aménagements intérieurs. C'est un homme riche, fier d'être devenu le seigneur d'une châtellenie et il cherche à faire oublier les origines un peu récentes des siens.

André Servanteau aura treize enfants, dont onze filles. Trois de ses filles meurent jeunes mais sept se marieront et leurs descendants sont nombreux en Vendée.

Le fils aîné, André-Charles, né en 1720, a épousé Marie-Thérèse de Surineau. Il meurt à l'Audardière le 25 mars 1771 ayant un seul fils, encore mineur.

CHARLES-ANDRÉ-AUGUSTIN-MARIE SERVANTEAU laissera de tristes souvenirs. Il sera d'abord chevau-léger de la Garde royale et, dès 1775, épouse Anne-Marie-Yolande de Baudry d'Asson, dont il n'aura pas d'enfants. Sa tante Anne Servanteau lui abandonne l'Échasserie, à La Bruffière. Il va s'installer dans cette nouvelle demeure.

[Mariage le 3 novembre 1773 de Charles-André-Augustin-Marie Servanteau, chevau-léger de la garde ordinaire du Roy, chevalier, seigneur de l'Échasserie, des châtellenies de Coëx et l'Audardière, la Clergie, seigneurie de la Moîte, du Fenouiller, le Perrier, la Belle-Chaussée et l'Auvrignère et autres lieux, fils de haut et puissant seigneur messire André-Benoist-Charles Servanteau, chevalier, seigneur de l'Audardière et des dites seigneuries, et de haute et puissante dame Renée-Marie-Thérèse Surineau de la Ménolière ; 

et puissante demoiselle Anne-Marie-Yolande Baudry d'Asson, fille de haut et puissant seigneur messire Esprit-René Baudry d'Asson, chevalier, seigneur de la Boissière et autres lieux, et de haute et puissante dame Anne-Françoise-Hyacinthe de Goulaine.]

 

Les débuts de la Révolution lui tournent la tête. Il semble être un disciple de Rousseau et ne songe plus qu'à réformer la société. Mais il a l'esprit étroit et tâtillon. On va le nommer maire de La Bruffière [à partir du 2 août 1792] et il va vouloir imposer ses idées et ses administrés. Ces derniers sont d'abord choqués de le voir abandonner Yolande de Baudry d'Asson pour vivre avec une certaine Jeanne Garreau qu'il nomme "sa femme de confiance" et dont il aura un fils.

SERVANTEAU SIGNATURE

Il persécute maladroitement son curé, auquel il veut imposer de fêter le 14 juillet. Mais, surtout, il veut tout réglementer dans la nouvelle commune, qu'il s'agisse du prix du pain ou de la façon de tailler les haies. Il s'intéresse à la divagation des chiens, aux oies et aux canards, à l'écoulement des eaux champêtres. Tout cela contribue à exaspérer la population qui est restée à la fois catholique et royaliste.

Cela va finir mal et, en 1795, Charles-André Serventeau sera massacré par une bande royaliste.

Il laisse une succession embrouillée. Jeanne Garreau réclame une part pour son fils ; Yolande de Baudry d'Asson a aussi des droits et surtout combat les prétentions de sa rivale. Par ailleurs les héritiers naturels sont au nombre de quinze dont huit émigrés.

Un partage avec la Nation aura lieu le 25 floréal an VIII. La famille n'a droit qu'à 7/15e, le reste étant confisqué comme représentant la part des émigrés. Les Chroniques paroissiales de La Bruffière disent que dans ce partage l'Audardière et l'Échasserie restèrent à la famille. On sait dans quelle condition cette dernière vendit l'Échasserie à la famille Richard ; mais on ne trouve pas de traces de la vente de l'Audardière et ce n'est que vers 1837 qu'on arrive à trouver des documents écrits sur les possesseurs de l'Audardière.

Cependant, d'après M. Renaud de la Faverie, il semble que les héritiers Serventeau ont vendu l'Audardière à un de ses ancêtres, François Renaud, sieur de la Faverie. Celui-ci, avant la Révolution, était procureur fiscal des châtellenies de Coëx et de l'Audardière. Il était ami de Charles-André Servanteau qui lui aurait souvent emprunté de l'argent. François Renaud était bien vu de Travot et facilita peut-être certains règlements entre les héritiers Servanteau et l'administration départementale, lors de la liquidation de la succession. Par ailleurs sa famille possédait d'autres biens dans la région et rien de surprenant à ce qu'il ait acquis l'Audardière. Toujours d'après M. Renaud de la Faverie, la famille Renaud de la Faverie fit de mauvaises affaires après la Restauration, ce qui la conduisit à revendre l'Audardière.

C'est ainsi qu'on arrive à dame Marie Sebois qui possède l'Audardière en 1837. Elle meurt vers 1842 ayant eu des enfants de deux mariages, l'un avec M. Boulais, l'autre avec M. Prébois. Comme il n'y a pas accord entre les héritiers, l'Audardière sera vendu par adjudication le 30 novembre 1842. L'acquéreur sera une des héritières, Mme Charles Bosset, née Clara Boulais.

En 1882, les deux filles de Mme Bosset : Mme Charles Chauvet et Mlle Amélie Bosset, qui toutes deux demeurent à Nantes, vont échanger l'Audardière avec M. et Mme Éléonor Honoré Rangaine et la mère de celui-ci, née Le Cellier.

Tous viennent habiter l'Audardière où Mme Rangaine mère meurt en 1942 laissant l'Audardière à son neveu, M. Hubert Rancaigne, qui habite Clermont-Ferrand.

L'Audardière sera alors échangé avec M. et Mme Hileriteau et ces derniers vendront, en 1951, l'Audardière au comte et à la comtesse de Bonneval.

GUY DE RAIGNIAC
Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée (1975)
AD85 - BIB PC 16/47