François Piet

 

Fils de Simon Piet, receveur des droits réunis de Montmedi, et de demoiselle Élisabeth-Charlotte Mouton, François Piet est né le 6 juin 1774, à Montmédy (Meuse).

 

François Piet acte naissance

 

Les premières leçons de l'alphabet lui furent données par l'abbé Piet, son cousin germain, devenu curé de Chantilly.

Il fut élevé au collège de Charleville, autrefois régi par des Jésuites, et qui l'était alors par des ecclésiastiques très instruits.

Il sortit du collège à seize ans, après avoir fait de bonnes études.

C'était le moment de choisir un état. Il entra d'abord dans l'étude d'un notaire ; mais il n'y resta que deux mois : il était alors bien loin de soupçonner que cette profession serait un jour la sienne.

Il se fit bientôt apprenti imprimeur. C'est aux progrès qu'il fit dans ce dernier état qu'il a dû la faculté d'imprimer lui-même plus tard une partie de ses oeuvres.

A l'âge de dix-huit ans, il entra dans le bataillon de volontaires des Ardennes, armé contre les allemands, et où il fut successivement fourrier de sa compagnie, écrivain du bataillon et musicien, puis sous-lieutenant et assista aux combats de Jemmapes et de Nervinde.

Piet fit ensuite partie des troupes républicaines envoyées contre la Vendée, assista, le 22 septembre 1793, à la bataille de Saint-Fulgent, et fut nommé bientôt capitaine par le général Dutruy, qui se l'attacha particulièrement. Il suivait Dutruy, à la reprise de l'île de Noirmoutier par le général Haxo. Il devint alors un des membres les plus influents des commissions républicaines, et maire de 1799 à 1804.

 

PIET signature

 

L'île lui plut, il s'y fixa, après la Révolution, et se maria avec Mlle Marie-Eulalie-Victoire Maublanc d'une famille bourgeoise de l'île, il exerça la profession de notaire jusqu'en 1828.

Après la Révolution de juillet 1830, il fut nommé juge de paix du canton de Noirmoutier, fonctions qu'il a remplies jusqu'au jour de sa mort, arrivée le 18 janvier 1839, alors qu'il entrait à peine dans sa 65e année.

 

PIET FRANÇOIS acte décès

 

Piet avait des goûts d'écrivain. Il fut l'initiateur et l'âme de l'Académie ambulante. Il a publié les Mémoires laissés à mon fils, (Noirmoutier, imprimerie de l'auteur, 1809), ouvrage publiée à seize exemplaires et divisé en cinq livres.

Les trois premiers renferment son autobiographie jusqu'à la reprise de Noirmoutier ; le quatrième est consacré à la topographie, à la statistique et à l'histoire de Noirmoutier ; le cinquième est le récit des évènements dont l'auteur fut témoin oculaire depuis son arrivée dans ce pays, et complète les recherches historiques.

Plus tard, son fils, Jules, compléta ces deux derniers livres, les mit à jour et les publia en 1863 ...

F. PIet a publié aussi de nombreux articles dans l'ancienne publication le "Lycée armoricain". Il fut correspondant de plusieurs sociétés savantes, et a laissé un grand nombre de manuscrits sur divers sujets.

Nul ne connaissait mieux l'art de s'occuper : lire, écrire, herboriser, imprimer, telle était la principale division de ses heures de loisir ; aussi avait-il inscrit pour épigraphie, en tête du dernier ouvrage qu'il a imprimé lui-même en 1835 à un très petit nombre d'exemplaires, cette pensée de Droz :

"Quelques hommes disent que la vie est longue : ils souffrent donc beaucoup ou ne savent pas s'occuper."

L'ouvrage en question a pour titre : Souvenirs et rêveries d'un vieil insulaire des côtes de l'Ouest de la France, et forme un volume in-8° de 204 pages. On y trouve un récit très humoristique de sa visite à la Trappe de Meilleraye, en 1828.

AD85 - Bulletins paroissiaux de Noirmoutier-en-l'Île - 1909

AD55 - Registres paroissiaux de Montmédy

AD85 - Registres d'état-civil de Noirmoutier


 

A Noirmoutier, la première commission militaire, d'après François Piet, qui fut son accusateur public, était ainsi composée :

Collinet, président ;
Simon, Foré, Tyroco, juges ;
François Piet (21 ans), accusateur public.

D'après le même, Foré était lâche et Tyroco cruel. Cette Commission condamna à mort plusieurs femmes : Mme d'Elbée, Mme Mourain de l'Herbaudière et deux demoiselles Angibaud-Morinière.

A côté de ces juges sanguinaires se trouvait un auxiliaire ridicule, le général Sabatier-Libre, que François Piet nous fait connaître :

"Le général Sabatier (de l'école des Léchelle, des Rossignol, des Ronsin, etc.) était un ancien guichetier des prisons de Nevers, dit Mutius-Scévola, dit Sabatier-Libre, plus connu sous le nom du général Là-ou-Là. Ce sobriquet lui était venu de son cachet, où l'on voyait gravées la Liberté et la Mort, et, entre les deux figures, ces mots : Là ou Là. Il avait le portrait de Robespierre, en miniature, et le baisait, en discourant à la tribune du club.

Sur la grande place de Noirmoutier, il fit élever une montagne en face de sa demeure ; les habitants et jusqu'aux femmes y travaillèrent.

La nouvelle du 9 thermidor arrive ; Là-ou-Là va, au club, déclamer contre Robespierre, et puis, publiquement, brise son portrait."

La Commission Collinet interrompit ses fonctions ; à quelle époque, je l'ignore. Ce qui est certain, c'est qu'elle fut réinstallée, le 15 floréal, avec les mêmes membres, et en vertu de deux arrêtés, l'un de Hentz et Francastel, l'autre de Prieur de la Marne. Ces actes étaient, bientôt, sanctionnés par le Comité de salut public, qui, le 28 floréal, rendait l'arrêté suivant :

La commission révolutionnaire de Noirmoutier est maintenue et continuera ses travaux.

Du 16 floréal au 26 prairial, la Commission tint huit séances où furent prononcés 26 condamnations à mort et de nombreux acquittements. Trop nombreux, sans doute, car, dès le 22 prairial, pour "donner à ses jugements une nouvelle activité", Bourbotte et Bô, de Nantes, renouvelèrent entièrement son personnel, qui fut alors composé de membres de la Commission Félix et de commissaires recenseurs d'Angers.

(Extrait : La justice révolutionnaire, août 1792 - prairial an III - Volume 1 - par M. Berriat Saint Prix - 1870)