NOIRMOUTIER MAISON DE TINGUY 3

MAISON DE TINGUY

On appelle ainsi la maison en pan coupé qui fait un coin du carrefour dit Puits de Lorraine, au centre de la ville, et qui se distingue par son caractère plus ancien que toutes les habitations visines, fenêtres à meneaux, armoiries et sculptures, niche au sommet, sur façade, pignon et toitures à angle aigu. Elle tire son nom de la famille qui l'a bâtie et habitée.

René de Tinguy, gentilhomme de Saint-Gervais, fut nommé gouverneur de l'Île après qu'elle eut été prise par Charette, en 1793.

En 1794, ne pouvant résister avec ses 1.500 hommes à l'attaque d'une armée républicaine bien supérieure en nombre, il capitula ; mais il eut l'imprudence de capituler sans écrit, et fut englobé dans le massacre de la garnison.

La maison de Tinguy, confisquée par la Révolution servit probablement à loger des représentants du gouvernement, en 1794, bien que les registres communaux n'en parlent pas. Elle fut ensuite vendue. En 1836, d'après le cadastre, elle appartenait à la veuve Jean-Antonin Desprès, puis passa à Mme Baffé, née Casauban, et ensuite à la famille Plantier, qui l'a revendue à M. Rousseau, épicier.

Malheureusement on a fait disparaître le blason et la tête Renaissance qui étaient la partie la plus intéressante de la maison ; les encadrements et les sculptures de la façade ont été maladroitement blanchis à plusieurs reprises. La tête en question représentait une femme qui a tué un homme, d'o^ù le nom de tête homicide qu'on lui donnait.

NOIRMOUTIER NOIZILLAC



MAISON DE NOIZILLAC

Elle est située sur la place du Marché.  Elle a  appartenu au duc de la Vieux-Ville, puis à la famille de Rorthays, qui comptait au moins deux branches, celle de Saint-Révérend et celle du Lindor.

On raconte qu'à la bataille de Mansourah, le roi saint Louis, passant devant le chevalier Louis de Rorthays, entama conversation avec lui - "Je n'ai que deux lis dans mes armes, lui dit le chevalier. - Eh bien, dit le roi, je t'en accorde un troisième. - Alors, dit de Rorthays, je serai comme le roi." A son retour des Croisades, il porta effectivement trois lis dans ses armes. Ces armes on dû disparaître de la façade de la maison.

A la Révolution, les de Rorthays émigrèrent à Jersey.

Au retour de l'émigration, la maison de Noizillac fut achetée par un M. Pineau ...

Cette maison est peut-être la plus intéressante de Noirmoutier ; certaines parties remontent au XIVème siècle. A l'intérieur, une pierre placée en voûte porte les lettres D.V.P. (Dieu vous protège).

 

MAISON GUÉRY DE FORTINIÈRE

Guéry de la Fortinière était un gentilhomme poitevin qui avait habité Noirmoutier avant la révolution comme officier garde-côtes et s'y était toujours fait connaître pour un homme doux et loyal.

Il devint chef vendéen dans le Marais et vint attaquer Noirmoutier, qui capitula. Mais, peu de temps après, il fut obligé d'abandonner l'île, en apprenant que des forces républicaines considérables arrivaient pour l'attaquer.

La maison Guéry-Fortinière est au commencement de la Grande-Rue, et à l'entrée de la place du Marché. Elle se distingue par quelques ornements d'architecture. Si Guéry ne l'avait pas bâtie, du moins l'avait-il habitée comme officier garde-côtes ; de là le nom qui lui est resté. Elle fut acquise par la famille Dampayrou, et eu pour héritier M. Viallier, de Tarare (Rhône).

NOIRMOUTIER LA MADUÈRE

MAISON DE LA MADUÈRE

Cette maison appartenait à la famille Pidoux de la Maduère.

Cette famille, qui eut une certaine célébrité à Poitiers, appartenait à la noblesse de l'île, dès le XVIème siècle. Un acte, recueilli par M. de la Nicollière, dans un vieux registre conservé à la mairie, en fait foi et donne le nom de plusieurs autres familles notables. En voici la traduction : "Le 13e jour du mois de mai de l'année du Seigneur 1557, Bonaventure, fille de maître Guillaume Pidoux, seigneur de la Maduère, et de Bonaventure Dorineau, son épouse, a reçu le sacrement de baptême sur les Fonts de l'église baptismale de Saint-Philibert de Noirmoutier. Elle a eu pour parrain, Vincent Pineau, seigneur des Isleaux, époux de Pétronille Macé ; et pour marraine Louise Dorineau, veuve de Gilles Boutin, écuyer, et demoiselle Catherine boutin."

Le généralissime d'Elbée recevait l'hospitalité dans la maison de la Maduère, pendant son séjour à Noirmoutier, et c'est là qu'il fut pris pour être bientôt lâchement fusillé. Précieux souvenir pour cette maison.

LA MAISON DU PAVILLON

Parmi les nombreuses familles de petite noblesse, on trouve, au XVIIIème siècle, dans les registres paroissiaux, le nom de Coindet des Pavillons. Mais ce n'est pas à ce nom qu'il faut rattacher la maison dont nous parlons.

On trouve parmi les victimes signalées dans les listes officielles en 1794, le nom de "Pineau du Pavillon", instigateur de l'insurrection à Legé, nommé par Charette, commandant de la garnison de Noirmoutier. C'est lui qui était le propriétaire du Pavillon.

La maison du Pavillon, au point de vue des matériaux, de la construction, de la charpente et de la couverture à angle aigu, a une grande ressemblance avec l'ancien prieuré et d'autres vieilles maisons de Noirmoutier. Elle est passée des Pineau du Pavillon aux Duchemin et est devenue, par acquisition, la propriété de Mme Léonard Brisset.

MAISON DU PALAIS

On appelle Palais la maison appartenant à Mme Pradel-Plantier ; nous ne pouvons en suivre la propriété plus loin que la famille Plantier.

Il semble bien qu'autrefois c'était une des principales habitations de Noirmoutier, soit une demeure princière, une sorte de seigneurie, soit plutôt un siège de justice : son nom de Palais se prête à ces deux interprétations ; et peut-être la seconde serait plus conforme à la vérité, si l'on songe que les seigneurs de l'île avaient déjà pour habitation les vastes constructions de la seigneurie, sur le quai.

C'était assez probablement, croyons-nous, la demeure du sénéchal seigneurial. Ce magistrat était un juge de justice subalterne, dépendant du seigneur et agissant sous son mandat.

Quoiqu'il en soit, la maison ne manque pas d'intérêt, elle est dans le style du XVIIème siècle. Au rez-de-chaussée, deux vastes chambres, avec plancher aux poutres apparentes, plutôt basses d'étage, sont ornées de deux vastes cheminées en tuffeau, avec des ornements sobres et non dépourvus de goût ; les cadres des portes arquées, sont également en tuffeau. On accède à l'étage par une tour ; dans une des chambres hautes se voit une troisième cheminée de même style que les précédentes.

Avant la Révolution, elle était sur le bord de la grève et presque baignée par les flots de la mer comme toutes les maison qui sont sur la ligne nord de ce quartier. Quant aux maisons du côté sud, il en existait, avant la Révolution, fort peu ; on n'a pu y bâtir qu'en exhaussant le terrain mouvant de la grève, et l'on n'a pu réussir, de ce côté, qu'à faire des puits d'eau non potable et plutôt salée que douce.

Tout près du Palais existe une maison assez intéressante : elle fut construite, dit-on, avant la Révolution, par un Godefroy, capitaine d'artillerie. Cette maison, bâtie sur pilotis, sur le bord de l'ancienne grève, aurait, au dire des anciens, coûté fort cher, 60.000 francs. Acquise, après la Révolution, par la famille Nau ...

 

NOIRMOUTIER JACOBSEN

HOTEL JACOBSEN

Cette maison est la plus importante de la ville de Noirmoutier. Elle fut construite en 1767, par Cornils-Guislain Jacobs ou Jacobs'en, dont la famille est originaire des Pays-Bas. "L'île, écrit M. le docteur Viaud-Grand-Marais, doit aux Jacobsen une grande partie de ses dessèchements, ses principaux embellissements et les grands pins maritimes qui tombèrent sous la hache pour faire place à des villas."

Le premier qui vint dans l'île, Cornils-Guislain, était né à Dunkerque en 1709. Amené à Noirmoutier par le commerce assez intense qui se faisait entre l'île et les ports du Nord, il s'y fixa pour se livrer aux entreprises de dessèchements, si familières aux habitants des Pays-Bas, et nommées par eux "polders". Il se rendit cher aux habitants en leur créant du travail et en leur procurant des moyens d'existence pour eux et leurs enfants.

Il fit le dessèchement de la Lyde, du côté de Barbâtre, puis celui de la Crosnière, près de Beauvoir (1767).

Jean-Cornils, son fils, conquit le Grand et le Petit-Müllenbourg (1842-1844) ; Auguste, son petit-fils, la nouvelle Brillet et le Tresson, ce qui donne un total, pour la famille, de 511 hectares.

Antiquaire et homme de goût, Jean-Cornils Jacobsen était lié avec le cardinal Loménie de Brienne et en rapport avec un grand nombre de célébrité de son temps. Il enrichit de gravures, de livres précieux, d'objets d'art, l'hôtel construit par son père sur la place d'Armes. On lui doit les embellissements du Pélavé, des Sorbets et de la Grande-Lande.

Auguste Jacobsen fut longtemps maire de Noirmoutier (1847-1865).

Les armes des Jacobsen sont : d'azur à la fasce ondée d'or, accompagnée en chef d'un compas ouvert du même métal, et en pointe d'un cimeterre aussi d'or, posé en pal, la pointe haute.

Leur devise est formée de deux mots flamands ; Wyselick, Vromelick, Force et Courage.

 

NOIRMOUTIER Vénérable mère Pelletier

MAISON PELLETIER

Cette maison, sur la Grande Rue, non loin de la place du Marché fut sous la Révolution, la demeure du chirurgien Pelletier, venu de Soullans pour trouver un asile de paix à Noirmoutier, à une époque si troublée.

Là naquit une célébrité de la sainteté et de la vie religieuse (1796-1868), la vénérable mère Pelletier ; là elle fut ondoyée, au foyer paternel ; là, elle vécut jusqu'à 15 ans.

Cette maison fut achetée pour l'usage des soeurs du Bon-Pasteur d'Angers, en souvenir de cette sainte religieuse, leur fondatrice. Un orphelinat y a été tenu quelques années.

La chapelle, organisée dans la maison même, est un petit chef-d'oeuvre de goût et d'art.

NOIRMOUTIER MAISON PELLETIER

AD85 - Bulletin paroissial de 1909