JOUBERT PIERRE PORTRAIT

 

Fils de Pierre Joubert et de Jeanne Turpault, baptisé à Saint-Clémentin (Deux-Sèvres), le 6 juillet 1762, PIERRE JOUBERT se trouvait vicaire à Boismé, en 1789. [vicaire de Boismé depuis 1786 jusqu'en 1789 puis curé à partir de 1795]

 

JOUBERT PIERRE acte naissance

 

Il se cacha dans la contrée, sous la Terreur, notamment à la Gueffrie et aux Touches.

 

JOUBERT PIERRE carte

 

Il reprit ses fonctions le 15 juin 1795, et se lia d'amitié avec ceux de ses voisins : Texier, Guéniveau, Vion, Legrand, etc., échappés comme lui aux angoisses et à la mort.

En 1802, sous la direction de Brion, le groupe s'opposa au Concordat. Le desservant de Boismé ne pouvait guère prendre une décision de cette importance sans en référer aux châtelains de Clisson, avec lesquels il entretenait les plus cordiales relations. Le marquis Louis de La Rochejaquelein venait d'y entrer à la suite de son mariage, le 1er mars 1802, avec la veuve de Lescure.

Au château, on détestait Buonaparte ; on soupirait après le retour de Louis XVIII. Le Concordat, avec le serment de fidélité au gouvernement qu'il entraînait, était mal vu. Mme de Donnissan, mère de la marquise de La Rochejaquelein, affichait publiquement son hostilité au pacte de 1801.

 

JOUBERT SIGNATURE

 

Joubert refusa donc, en 1804, d'entrer dans l'Église Concordataire. Il continua cependant à célébrer la messe, jusqu'au jour où, recherché par la police impériale, il dut se cacher. Cette vie errante, toujours aux aguets, devait durer dix ans. Le marquis et la marquise, bien que ralliés au culte public, n'en gardaient pas moins d'ardentes sympathies pour les dissidents en général et pour leur desservant proscrit en particulier.

A la première restauration, l'abbé Joubert rentra, triomphalement dans son église. Il y eut à Boismé une grande manifestation, Te Deum, etc., pour fêter le retour des Bourbons. Une ombre passa, quatre mois plus tard, sur cette joie, à la suite de l'entrevue de Poitiers avec M. de Coucy : au lieu de l'accueil empressé et des compliments qu'ils espéraient, les trois prêtres dissidents trouvèrent un prélat gêné, réticent, presque hostile.

Quatre années s'écoulèrent encore, au cours desquelles le doute s'installa au coeur du desservant de Boismé. Il apprit la démission de son ancien évêque, la conclusion d'un nouveau Concordat, la nomination à Poitiers d'un prélat irréprochable. Allait-il s'obstiner à vivre en marge de l'Église ? L'abbé Joubert était trop instruit pour ne pas constater la faiblesse des arguments ressassés par les Blanchard, les Gaschet, les Vinson et consorts. Au château de Clisson, le marquis était mort ; mais la marquise et son fils, par soumission au roi, inclinaient vers un retour de leur pasteur à l'obéissance.

La circulaire de M. de Coucy, en date du 20 juin 1819, acheva de troubler l'âme du dissident. Il écrivit, par l'entremise de Mme de La Rochejaquelein, à l'archevêque élu de Reims, pour lui soumettre ses inquiétudes. M. de Coucy répondit, le 7 novembre 1819, par une lettre pressante. "Il me semble, mon cher ami, disait l'archevêque, que, dans ce moment-ci, vous pouvez moins que jamais vous refuser à une réunion qui est l'objet de tous mes voeux, comme ceux du nouveau pontife que l'Église vous envoie. Qu'attendriez-vous si l'autorité du Chef de l'Église, de tout l'épiscopat français, du Roi, ne vous suffisait pas ? Prenez garde qu'il est des bornes au-delà desquelles il n'est plus de véritable vertu ..."

Il lui en coûtait d'avouer son erreur passée. Mais soutenu par la famille des La Rochejaquelein, il se décida à "sauter le pas", le jour de Noël 1819 ... 

L'abbé PIERRE JOUBERT est décédé à son domicile, au presbytère de Boismé, le 29 avril 1849.

 

JOUBERT PIERRE acte décès

 

Le monument que l'on voit actuellement au centre du cimetière est en réalité la stèle tombale de Pierre Joubert, curé de Boismé jusqu'à sa mort le 29 avril 1849.

On peut lire, gravé dans le granit :

"ICI REPOSE LE CORPS DE MONSIEUR JOUBERT CURÉ DE CETTE PAROISSE PENDANT 62 ANS. DÉCÉDÉ A L'AGE DE 87 ANS LE 29 AVRIL 1849. IL ÉTAIT SIMPLE DANS SES ACTIONS ET DROIT DANS SA FOI. PRIEZ"

 

IMG_20160424_104827

 

Socle très massif en granit gris constitué de pierres de taille et surmonté d'un entablement supportant un fût ressemblant davantage à un second socle. La croix sans crucifix comporte de multiples symboles religieux et des décors végétaux. De chaque côté de la croix on trouve des éléments architecturaux ressemblant à de petites lanternes. La référence aux lanternes est probable, car les anciennes croix de cimetières étaient dénommées "lanternes des morts".

 

IMG_20160424_104821

 

 

JOUBERT PIERRE PORTRAIT 3

 

Sources

La Petite Église dans la Vendée et les Deux-Sèvres - Auguste Billaud

AD79 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Boismé

Le Lien de Boismé

Portraits : L'Album Vendéen de Louise de La Rochejaquelein - Légende revécue - Clisson - 1826