BONNET JOSEPH-THOMAS acte naissance

Fils de Messire Joseph-Julien Bonnet, marchand de draps, et de Anne-Pélagie Allain, Joseph-Thomas Bonnet est né à Montaigu, paroisse Saint-Jean-Baptiste, le 18 mars 1751.

Vicaire de Saint-Martin-des-Noyers, canton des Essarts, fut emprisonné à Saint-Clément, le 17 juillet 1792, puis transféré au Château. 

NANTES CHATEAU

La consigne du Château, beaucoup plus sévère que celle de Saint-Clément, enlevait complètement aux détenus la consolation de recevoir leurs amis. Les médecins eux-mêmes ne pouvaient pénétrer que sur la présentation d'un permis délivré par les commissaires municipaux. Les ouvriers devaient se faire connaître par leurs patrons. Deux barbiers, nominativement désignés, avaient néanmoins le droit d'entrer. Une barrière, "pour contenir les prêtres", fut peu après établir sous la voûte vis-à-vis le corps de garde. (Alfred Lallié - Les noyades de Nantes).

Le 8 septembre, Joseph-Thomas Bonnet déclara qu'il voulait aller en Espagne. Il ne partit pas néanmoins, puisqu'on retrouve son nom sur la liste des prêtres enfermés aux Carmélites.

Conduit sur le navire La Gloire, le 28 octobre 1793, il fut noyé dans la nuit du 16 au 17 novembre.

La Revue du Bas-Poitou et des provinces de l'Ouest - 18ème année - 1ère livraison - 1905

NOYADES 8

Alfred Lallié, dans son ouvrage Les Noyades de Nantes, nous rapporte les détails de cette horrible nuit où Joseph-Thomas Bonnet a trouvé la mort :

Les prêtres étaient à bord de La Gloire depuis environ trois semaines, lorsque le 26 brumaire (16 novembre 1793), Fouquet et Lamberty, accompagnés de plusieurs autres, vinrent durant la nuit établir un corps de garde dans l'auberge de la femme Pichot, à la Sécherie. De là, ils se transportèrent à la galiote où étaient les prêtres. "La femme Pichot les vit amener une sapine ou chaland, dans lequel des charpentiers faisaient des ouvertures, sans connaître leur usage, suivant le rapport qui fut fait par eux ; que cela lui fit croire que c'était pour noyer les prêtres, qui le furent effectivement." Le bateau avait été acheté deux cents livres par Lamberty. Comme il n'y avait pas encore de charpentier attitré pour les noyades, ce fut à un constructeur nommé Baudet que l'on s'adressa, afin d'en obtenir des ouvriers pour préparer le bateau. "Deux inconnus étaient venus, au nom de la loi, le requérir de fournir des ouvriers pour la confection des sabords d'une gabare, qui, disaient-ils, devait être conduite dans une petite rivière, et fermer par ce moyen le passage des rebelles". On n'osait pas encore dire tout haut ce dont il s'agissait.

Un canonnier nommé Wailly, qui était, dans la nuit du 26-27 brumaire an II (16-17 novembre 1793), de faction à bord du ponton de la Samaritaine, stationné devant la Sécherie, et qui assista à l'évènement, l'a raconté ainsi :

"Environ minuit et demi, huit particuliers de moi inconnus se sont approchés du bord dudit ponton, montés sur un canot ; je les ai hélés, et, au mot de : "Qui vive !" il m'a été répondu : "Commandant, nous allons à bord." En effet, ils se sont approchés et m'ont demandé la liberté de passer avec un gabareau, qu'ils me dirent être chargé de quatre-vingt-dix brigands (que j'ai su depuis être quatre-vingt-dix prêtres). Je leur ai répondu que la consigne qui m'était donnée était de ne laisser passer aucun bâtiment, que l'on ne m'apparaisse d'ordre supérieur. Sur ma réponse, l'un de ces individus, nommé Fouquet, me menaça de me couper par morceaux, parce que, ajouta-t-il, lui et sa troupe étaient autorisés à passer partout sans qu'on pût les arrêter. Je leur demandai à voir leurs pouvoirs ; ils obéirent et me présentèrent un ordre conçu à peu près en ces termes, et signé Carrier, représentant du peuple : "Permis aux citoyens Fouquet et Lamberty de passer partout où besoin sera avec un gabareau chargé de brigands, sans que personne puisse les interrompre ni troubler dans ce transport."

Muni de l'ordre du représentant Carrier que Fouquet et Lamberty venaient de me présenter, je ne crus pas devoir insister davantage ; en conséquence les particuliers montant le canot et le gabareau contenant les individus passèrent sous la batterie du ponton où j'étais en faction, et un quart d'heure après j'entendis les plus grands cris partir du côté des bateaux qui venaient de se séparer de moi, et, à la faveur du silence et de la nuit, j'entendis parfaitement que les cris de ceux que j'avais entendus auparavant étaient ceux des individus renfermés dans le gabareau, que l'on faisait périr de la façon la plus féroce. Je réveillai mes camarades du poste, lesquels, étant sur le pont, ont entendu les mêmes cris, jusqu'à l'instant où tout fut englouti."

Le gabareau se brisa-t-il sur le bord, emporté par la violence du courant, ou bien les bourreaux, novices encore, avaient-ils oublié de clouer les panneaux du pont ? Chacune des deux hypothèses est vraisemblable, puisque quatre des victimes échappèrent à la mort, et que plusieurs corps de noyés furent, le lendemain ou le surlendemain, retirés de l'eau par l'équipage d'un navire.

Des quatre prêtres qui échappèrent, l'un était le recteur de Corsept et se nommait Thomas Lacombe ; l'autre était un prêtre de Sainte-Croix, M. Brianceau ; le nom du troisième est resté inconnu. "Ils avaient été roulés sur le port et recueillis avec humanité par les matelots, qui leur donnèrent leur eau-devie pour les réchauffer." Le quatrième, M. Landeau, curé de Saint-Liphard, emporté d'un autre côté, accosta une barque de pêcheurs où on le cacha si bien qu'il survécut à la Terreur. (Alfred Lallié - Les Noyades de Nantes)

 

Bonnet Joseph-Thomas signature

 

Un acte de notoriété passé devant Me Thibaud, notaire à Montaigu, le 18 germinal an IV, indique que Joseph-Thomas Bonnet serait le père de Joseph-Thomas ... :


18 germinal an IV (7 avril 1796)
NOTORIÉTÉ BONNET

Pardevant nous, notaire public à Montaigu, Département de la Vendée, en présence des témoins cy après nommés soussignés ont comparus en personnes :

Joseph-Mathurin Faverou, maréchal taillandier, demeurant actuellement en la commune de Saint-Denis-la-Chevasse
Mathurin Blanchard, tisserand, demeurant à La Rangisière, commune de Saint-Georges
Jean Badereau, entrepreneur de bâtiments
Jean-Gabriel Pairaudeau [Payraudeau], tanneur, demeurants les deux derniers à Montaigu ;

Lesquels ont déclarés et affirmés scavoir lesdits Faverou et Blanchard avoir parfaitte connoissance que Joseph-Thomas Bonnet, L'enfant naturel de Catherine Lhommeau, demeurant à La Rangisière, âgé de trois ans et huit mois et quelques jours, a été baptisé et enregistré en la commune de Saint-Georges pour de la part dudit Faver sous le nom de Joseph-Thomas Bonnet, prêtre demeurant pour lors à Montaigu pour de la part dudit Faverou, avoir fait l'enregistrement en qualité d'officier public de la commune dudit Saint-Georges, et ledit Blanchard avoir été présent au baptême et à l'enregistrement, comme aussi qu'ils ont parfaitte sont bien persuadé, ainsi que lesdits Badereau et Pairaudeau, que ## Ledit Bonnet prêtre étoit réellement le père dudit enfant, et ce qui leur fait croire c'est qu'à leur connoissance laditte Lhommeau a touché une somme de deux cents livres, à laquelle ledit Bonnet prêtre avoit été condamné par jugement du tribunal de district dud. Montaigu, pour ses dommages et intérest, qui lesdits Badereau et Pairaudeau ont bien aussi ouï dire par la sage femme qui auroit accouché laditte Lhommeau que ledit enfant était des oeuvres dud. Bonnet prêtre et que laditte Lhommeau lui avoit dit que c'étoit le septième enfant mâle qu'il avoit fait, de tout quoy laditte Lhommeau présente, pour et au nom de son enfant a requis le présent acte, ne pouvant se procurer un extrait de l'enregistrement dud. enfant (les registres ayant selon toute apparence étés brûlés et incendiés) ; ce que nous lui avons octroyé pour lui valloir et servir ce que de raison ; fait et passé au faux bourg de Saint-Jacques de Montaigu, étude de moy Thibaud, notaire, en présence de René Eriau, boucher et Aimé Douillard menuisier, demeurants les deux séparément au faux bourg de Saint-Jacques, témoins requis et appelés cejourd'huy dix huit germinal an quatre de la République française, une et indivisible, après midy, lû les parties et témoins ont signé avec nous, notaire, à l'exception de laditte Lhommeau qui a déclaré ne le scavoir, de ce enquis et interpeller :
## Joseph Thomas
Seize mots rayés nuls.

Enregistré à Montaigu le 22 germinal an 4
Reçu dix francs en assignats
F. Hignard

AD85 - Montaigu : Minutes notariales - Étude E (1779-1793, an IV-1816) - P.-M. Thibaud - p. 21

Il n'y a pas de famille Lhommeau à Saint-Martin-des-Noyers pour cette période, il pourrait s'agir de CATHERINE HOMMEAU, née le 13 mars 1767 à Saint-Martin-des-Noyers.

 

Hommeau Catherine acte naissance