Le Pas 53 église

 

Après le passage de l'armée de la Vendée et la déroute qu'elle éprouva non loin de Dol, un nommé Joseph Lelasseux et Pierre Brionne dit Pierrot, qui avait suivi la Vendée se cachèrent dans le pays du Pas.

Ils parvinrent à décider quelques déserteurs de la République et quelques réfractaires comme eux à les suivre et à s'armer pour correspondre avec les partisans de Jean Chouan.

sabots et baluchon

Joseph et Pierrot organisèrent leur compagnie en peu de jours. Leur nombre grossit ; malheureusement, il s'en trouva parmi eux un certain nombre qui déshonorèrent le parti par leur conduite licencieuse, par des assassinats, par des exactions et par l'ivrognerie ; on les nomma "les Chouans du Bissac".

Bientôt, le pays fut couvert de cantonnements républicains. Il ne se passa pas de semaine que des colonnes de soldats républicains nommés bleus, envoyés de Mayenne, Ernée et Domfront, ne vinssent dans la contrée faire des fouilles domiciliaires cherchant à découvrir les chouans. Quelques émigrés rentrés vinrent augmenter le nombre des révoltés.

M. de Frotté fils, de Châteauneuf du Saussay, qui était campé à Couesmes, envoya un jour un de ses capitaines nommé Lefèvre, de Couesmes, chercher une lettre au bourg du Pas. Lefèvre fut assailli par un bataillon de bleus qui le poursuivirent et le fusillèrent dans la rue creuse de la Lucerie.

Le Pas La Croix du Pin

Un autre jour, les bleus du cantonnement d'Ambrières enlevèrent des bestiaux pris chez des fermiers soupçonnés d'avoir des fils parmi les chouans ; ils furent atteints près de la Croix du Pin par une colonne de la division de M. de St Paul qui en tuèrent plusieurs. En ce moment, le capitaine de la dite division reçut à la tête une balle lancée du champ voisin.

A l'instant, Julien Rouillet du haut du Bourg qui venait de s'enrôler parmi les chouans et les suivait sans armes, s'en étant aperçu, saute dans le champs assène au tireur bleu plusieurs coups de bâton ; il le couche là et s'empare de son fusil.

Les républicains réussirent néanmoins à enlever les bestiaux.

La commune du Pas devint alors très suspecte aux bleus qui ne cessaient de fouiller et de surveiller.


Extrait : Monographie communale - Le Pas - AD53 - MS80 10/05