la prévière église

 

L'abbé Louis-Charles Piel refusa le serment et fut exilé à Jersey. Après le départ de l'abbé, le culte catholique fut exercé clandestinement par l'abbé Georges Dutertre, qui se cachait dans la région de Craon, puis par l'abbé Duclos, de Juigné-les-Moutiers, ainsi que Louis Avranche, vicaire de L'Hôtellerie-de-Flée, René-François Dumesnil, vicaire de Saulgé-l'Hôpital, Michel Paillard, vicaire de Vergonnes et François Trochon de la Théardière, curé de Vergonnes.

 

signature curé Piel

La Prévière carte

 

Les habitants prirent part à la chouannerie, sous la conduite de leur capitaine de paroisse, Pierre-Jean Besnier, dit d'Autichamp, cultivateur.


Au printemps 1795, une colonne républicaine de 120 à 130 hommes, allant de Juigné à Pouancé, est attaquée près de l'étang des Rochettes et perd le tiers de son effectif.


Le tombeau de l'Émigré, érigé vers 1850 par le marquis d'Aligre à la mémoire d'un "homme courageux mort pour son Dieu et son roi", en 1794, dont l'identité est restée mystérieuse (évêque, dit-on, ou abbé mitré) attire beaucoup de personnes venant implorer des guérisons ;

 

Tombeau de l'Emigré

"Le tombeau de l'Émigré, en Cornillé, sur le chemin de La Prévière, entre le bois et l'étang des Rochettes, c'est d'abord un tertre de gazon couvert de petites croix et lieu de pèlerinages, malgré les représentations du clergé ; qui était-ce ? ... Évêque ? Laboureur ?

Un récit romanesque convainquit les incrédules :

Gérard d'Airvault, jeune Vendéen, officier de marine, s'était fiancé à Mlle de Pressigny. Éconduit par le père, à cause de son peu de fortune, il apprit, au retour d'une expédition, que sa bien-aimée, - grâce à un odieux subterfuge, - avait épousé le marquis de Cerisay. Il provoqua son rival et le tua en "combat singulier".

Retiré dans un cloître, il devint abbé commendataire de Saint-Sauveur.

Chassé par la révolution, il combattit avec Stofflet et retrouva, près de Pouancé, sa fiancée blessée, expirante. Lui-même, tué peu après, fut enterré par les paysans dans le bois de Cornillé.

Le marquis d'Aligre fit élever une croix de pierre sur cette tombe vénérée.

Le statuaire Varin y sculpta l'anneau, la croix, la crosse et quatre fleurs de lys.
Inscription : 1794. "Hommage à l'homme courageux, mort pour son Dieu et pour son roi !" (Extrait : Société d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers - Sixième série - Tome XIII - année 1938)

 

La Prévière - la branche verte

 

dans ce même bois de Cornillé, surplombant la route d'Ancenis à la sortie du bourg, se voyait la "branche-verte" d'un hêtre qui chaque année, en mars, se couvrait de feuilles longtemps avant la végétation voisine ; cet étonnant phénomène fut étudié au début du siècle par Préaubert, président de la Société Scientifique qui conclut à une mutation, au collet même de la racine, lors de la germination de la graine, provoquant deux individualités végétatives distinctes réunies sous la même écorce. Explication scientifique que l'on oublia vite pour ne garder que la poésie de la légende :

La tradition veut qu'une jeune fille ait été violentée par des Bleus qui l'auraient ensuite pendue par les cheveux à cette branche ... Selon cette légende, quiconque osait couper cette branche voyait le sang de la jeune fille s'en écouler.

L'arbre, hélas, a été abattu par la tempête en mars 1986.

AD49 - Dictionnaire de Maine-et-Loire