Vaudelnay-Rillé ancienne église

 


François Paterne est né à Saint-Lambert-des-Levées, le 25 septembre 1748, fils de Jean Paterne, architecte.

 

acte naissance François Paterne

 

Nommé, à l'âge de 25 ans, chanoine de l'église du Puy-Notre-Dame, il fut appelé le 27 janvier 1783, à la cure de Vaudelnay. Lors de la constitution civile du clergé, il prêta serment, bientôt il renonça à la prêtrise (3 frimaire an II), et se maria à Saumur, en faisant la déclaration suivante : "La raison, la liberté triomphent et m'appellent à la dignité d'époux". [mariage avec dame Renée du Portalle]

L'ancien curé embrassa d'ailleurs avec ardeur les idées républicaines et prit une part active aux affaires de la commune ; c'est lui qui obtint du district de Montreuil-Bellay la réunion des deux paroisses de Saint-Pierre [de Vaudelnay] et Saint-Hilaire [de Rillé] en une seule commune sous le nom de Vaudelnay-Rillé. [25 messidor an 5 - 13 juillet 1797]

De 1815 à 1825, Paterne fut notaire à Montreuil-Bellay, puis vint se fixer de nouveau au Vaudelnay-Rillé.

Intelligent, habitué aux affaires, Paterne exerçait une influence au milieu de cette population rurale, tandis qu'à Montreuil-Bellay, où une bourgeoisie riche et éclairée à la tête des affaires, l'influence de l'ancien curé fut à peu près nulle.

Aussitôt de retour dans son ancienne paroisse, Paterne prit en main les intérêts de son ancienne paroisse et les défendit avec succès.

Il mourut au Vaudelnay, le 10 janvier 1831, laissant inédits des Mémoires sur Montreuil-Bellay et une étude sur Le Vaudelnay, publiée dans la Revue de l'Anjou, 1855, pp. 112-120.

 

acte décès François Paterne

 

Ces mémoires, écrits dans le style emphatique de l'époque, sont curieux à plus d'un titre, sans doute. Paterne se trompe assez souvent, mais il ne faut pas oublier qu'à son époque les connaissances archéologiques étaient très rudimentaires. D'ailleurs, la plupart de ses renseignements sont absolument exacts.

Curé de Vaudelnay, chanoine du Puy-Notre-Dame, avant la Révolution, c'est-à-dire avant la dispersion de titres précieux qu'il eut le loisir de consulter, ensuite notaire à Montreuil-Bellay, il fut admirablement documenté.

Le vicaire Jacques Baillou reste en place jusqu'en 1802 après avoir prêté serment. Il a été nommé dans un autre diocèse en 1802.

 

signature François Paterne

 


Deux trésors furent découverts le 23 mai 1767 et 23 février 1792 dans l'église de Vaudelnay, le second en creusant une fosse pour enterrer le Christ et le tabernacle de l'église de Rillé, désaffectée ; ils consistaient, note le curé dans son registre paroissial de 1792, en pièces d'or du Xe siècle au XIVe siècle, représentant des rois de France ... "J'ai lu Philippus ... Carolus, etc. Un roi portoit un écusson de la main gauche, chargé de fleurs de lys sans nombre, un autre un sceptre et une épée. Les uns portaient de la barbe, les autres paraissaient jeunes ..."

 

EGLISE VAUDELNAY

 

1868  -  HISTOIRE D'UN BANC

Le conseil municipal n'a point droit à un banc gratuit dans l'église paroissiale.

En matière de location des bancs, la publicité des affiches est exigée pour l'affermage général de tous les bancs et chaises de l'église, mais cette publicité n'est plus indispensable lorsqu'il ne s'agit que de la location d'un ou de quelques bancs seulement.

La publication et l'affichage sont encore prescrits par l'article 69 du décret du 30 décembre 1809, pour les demandes de concessions, qui doivent être faites par écrit et apposées pendant un mois à la porte de l'église, mais en l'absence de semblables demandes, la fabrique n'est point tenue à ces formalités.


Ces solutions, intéressantes pour toutes les fabriques, résultent d'une lettre de M. le ministre des cultes au préfet de Maine-et-Loire, en date du 8 février 1868, et dont nous allons faire connaître le texte à nos lecteurs.

Le conseil de fabrique de la paroisse du Vaudelnay-Rillé, dans le diocèse d'Angers, désireux d'augmenter les ressources trop modiques de l'église, avait retiré au conseil municipal la jouissance d'un banc occupé gratuitement depuis des années par ce conseil, et l'avait affermé à des particuliers. Le maire réclama ; il prétendit d'abord que la commune avait droit à la possession gratuite de ce banc. Obligé bientôt de renoncer à cette prétention, il se rejeta d'un autre côté et soutint alors que la concession nouvelle du banc était irrégulière, comme n'ayant pas été précédée des affiches prescrites par les art. 67 et 69 du décret du 30 décembre 1809.

C'est dans ces circonstances que l'affaire fut portée à M. le ministre des cultes, et que Son Excellence, conformément à l'avis motivé qui lui avait été transmis par Mgr l'évêque d'Angers, adressa à M. le préfet de Maine-et-Loire, le 8 février 1868, la dépêche suivante, qui consacre les propositions ci-dessus.

"Paris, le 8 février 1868.

Monsieur le Préfet, j'ai examiné les divers documents que vous m'avez transmis sur la réclamation formée par le maire et les conseillers municipaux de Vauldenay-Rillé, contre la location d'un banc d'église occupé depuis 1829, par le conseil municipal.
Le droit de la fabrique sur ce banc n'est plus maintenant en question. Il n'y a donc pas lieu de le discuter. Quant aux formalités à remplir par cet établissement pour les concessions de cette nature, elles sont formellement exprimées dans le décret du 30 décembre 1809, il ne saurait donc y avoir de difficulté.

Lorsqu'il s'agit d'affermer tous les bancs ou chaises d'une église, opération importante qui peut être consentie au profit de personnes étrangères à la commune, l'art. 67 du décret précité exige la publicité des affiches. Pour la location d'un ou de quelques bancs seulement, cette publication n'est plus nécessaire. Toutefois il est d'usage d'avertir les habitants par voie de publications au prône, mais cet avertissement n'est exigé par aucune disposition. L'art 69 du décret du 30 décembre 1809 réclame, il est vrai, la publication et l'affichage, mais ce n'est que pour les "demandes des concessionnaires" qui doivent être faites par écrit et apposées pendant un mois à la porte de l'église. En l'absence de semblables demandes, la fabrique n'est tenue ni aux publications ni aux affiches.

Dans tous les cas, comme il ne s'agit pas ici d'interpréter un acte administratif, mais seulement d'appliquer un décret organique et de savoir si le contrat intervenu entre un établissement public et des particuliers est ou non valable, l'affaire rentre, sous ce rapport, dans les attributions des tribunaux judiciaires chargés de résoudre les difficultés d'application que peuvent présenter les lois et règlements généraux (arrêts du conseil d'Etat des 4 juin 1826, 12 décembre 1827, 31 décembre 1837, 19 octobre 1838).

Telles sont, Monsieur le Préfet, les observations auxquelles me paraît devoir donner lieu la réclamation de M. le maire de Vaudelnay-Rillé.

Recevez, etc., etc. le garde des sceaux, ministre de la justice et des cultes.

Signé : J. Baroche."

Sources :

Bulletin des Lois civiles ecclésiastiques - par M. G. Dechampeaux - tome vingt-et-uniène - 1869

AD49 - Dictionnaire de Maine-et-Loire

AD49 - État-civil de Saint-Lambert-des-Levées et de Vaudelnay