marans église St-Etienne

 

 

RENÉ-FRANÇOIS HODÉ, DIT L'EXTERMINE, né à Marans, le 29 mai 1770, un des premiers insurgés du pays de Segré, fit la campagne de Vendée en 1793.

 

acte naissance René-François Hodé L'extermine


L'année suivante, dit l'abbé Le Monnier, Ménard "Prend pour second le brave l'Extermine, comme lui Vendéen avant notre ruine".

En 1795, Hodé, chef du canton de Segré dans la division Sans-Peur.

M. Port (Dictionnaire de Maine-et-Loire, au mot Marans), prétend que Ménard et Hodé étaient, après la pacification de Hoche, "tous deux ralliés à la République et acharnés à imposer la cocarde nationale."

Cet auteur aurait pu ajouter qu'en 1799-1800, Hodé était lieutenant-colonel dans l'insurrection royaliste, et chevalier de Saint-Louis. Sous le Consulat, maire de Marans [du 23 septembre 1799 au 12 novembre 1803], et en 1815, chef du 1er bataillon de la légion Sans-Peur ; capitaine adjudant-major, le vicomte de Dieusie ; 1ère compagnie, Sainte-Gemmes-d'Andigné, capitaine Bellanger ; 2e compagnie, Loiré, capitaine Rayer ; 3e compagnie, Marans, la Chapelle-sur-Oudon et Andigné, capitaine Raimbault ; 4e compagnie, Challain, capitaine Bodié ; 5e compagnie, Angrie, capitaine Gaillard.

Simple ouvrier couvreur, Hodé, chargé de 10 ou 15 enfants, était, pendant l'Empire, dans une grande gêne. La Restauration lui donna une pension de 800 francs et la perception de Gené et Marans, qui valait environ 1.000 fr. "Je désespère plus que jamais", écrit, en 1824, le vicomte de Dieusie, receveur particulier de Segré, au général d'Andigné, "de pouvoir conserver à Hodé sa perception, son fils ne voulant pas mettre plus d'ordre que par le passé."

Hodé savait à peine écrire, il signait : Hodé chevalie de St-Louis. Sa perception lui fut retirée, mais il obtint une pension de 300 fr. comme chevalier de Saint-Louis.

Une descendante des Turpin de Crissé, Mlle de Lostanges, veut bien nous signaler la conduite particulièrement honorable de l'Extermine, qui rendit les plus grands services aux familles nobles du pays en conservant scrupuleusement le secret des nombreuses cachettes que son métier et la confiance dont il jouissait le mettaient à même d'organiser.

Dans Une paroisse vendéenne, par le comte de Quatrebarbes, p. 50, on trouve ce trait : L'Extermine, appelé par une famille pour cacher une somme d'argent assez considérable, fut chargé, le même jour, d'une visite domiciliaire dans cette maison. - "Ne craignez rien, madame", dit-il en entrant, "le capitaine des Chouans a oublié ce soir ce que le couvreur a fait ce matin".

En 1819, Hodé se trouvait endetté ; il implora la charité de M. Charles de Maquilé, qui s'empressa de régler le plus pressé. Mais l'année suivante, il ne pouvait payer la pension de son fils à Combrée. "Vous sentez vous-même", lui écrit l'abbé Drouet, "qu'on ne me donne pas les provisions dont je nourris mes écoliers. Avec quoi voulez-vous que je paie, si je ne suis pas payé ? Pour vous prouver que je ne suis pas sac-à-diable, je vous fais remise de 50 francs".

Aussitôt Mlle Rose d'Avoisnes se fit quêteuse pour le vieux chouan ; elle reçut diverses sommes des familles de Turpin, de Villemorge, de Grignon, de Dieusie, d'Armaillé, de la Paumelière, du Boberil, de Caradeuc, de Senonnes, de la Haye, Bobi et de la Faucherie. Le comité des chevaliers de Saint-Louis du département de Maine-et-Loire accorda une subvention.

En 1828, Hodé était toujours dans un état de gêne, qui, d'après le maire de Marans, "ne peut être attribué à la conduite du sieur Hodé, laquelle est irréprochable."

Cette même année, le comte de Bourmont recommandait chaleureusement Hodé à la bienveillance de l'intendant général de la maison du Roi. -

[René-François HODÉ est décédé en sa maison au bourg de Marans, le 20 avril 1837, à l'âge de 67 ans.]

 

 

acte décès René François Hodé l'Extermine

 

 

L'éminent architecte, René Hodé, né à Marans, le 24 mai 1811, et mort à Angers, le 18 octobre 1874, était fils de l'Extermine.

 

acte naissance fils René Hodé

Extrait : Mémoires de la Société Nationale d'Agriculture, Sciences & Arts d'Angers - Cinquième Série - Tome I - Année 1898