PAPOUIN BERNARD, DIT MARTIN

Fils de Pierre Papouin et de Jeanne Fertigné (?), né et baptisé le 31 août 1771 à Loré (61).

acte de naissance Bernard Papouin


Fils d'un riche meunier du Gué de Loré près Mayenne ; - un des premiers et des plus braves soldats de l'insurrection ; - un frère fusillé, sa mère et ses trois soeurs incarcérées, son père forcé de s'expatrier ; - lui-même arrêté, évadé, arrêté de nouveau ; - dévoué et guerroyant jusqu'à la pacification de 1800.
La mort de sa femme, la maladie d'un fils qui se destinait au sacerdoce et qui perdit la raison, le jetèrent dans le désespoir, l'abrutissement et la misère.
(Abbé Paulouin, t. III, p. 146 ; - État de 1814)


"Loré est le lieu de la résidence de cet homme qui a quitté sa profession de meunier par suite de la gêne où l'a mis sa mauvaise conduite ; il s'adonne avec excès à la boisson" (AD85 - SHD XU 29-21)

 

Loré - Le Gué de Loré

 

"Le père de Papouin était le plus riche meunier du pays, nonobstant les pertes énormes que lui avait fait éprouver la révolution. Son fils aîné, parfaitement étranger aux mouvemens insurrectionnels, avait été égorgé par le cantonnement de bleus de Chantrigué, le lendemain de la Quasimodo. Il revenait de voir quelques parens, et, passant par ce malheureux bourg, un habitant le dénonça à cette troupe. Quoique muni d'un bon passeport et d'une carte civique telle qu'on l'exigeait dans ce temps, il n'en fut pas moins arrêté ; on le mena au corps-de-garde, où il passa la nuit, jouet des sarcasmes d'une troupe effrénée ; et le lendemain, en le conduisant de cet endroit à Mayenne, on l'assassina à une demi-lieue de ce cantonnement ; on le dépouilla de ce qu'il avait, au mépris de la suspension d'armes (1795).

La mère Papouin et trois de ses filles furent incarcérées le 7 janvier suivant, et ne recouvrèrent leur liberté qu'à la paix de cette année (juillet 1796). Entre ces deux époques, le moulin et la maison furent absolument abandonnés. Le père Papouin s'était sauvé au moulin de Brive, près Mayenne, chez un de ses neveux.

En 1798, ce même Bernard Papouin, pris pour la deuxième fois avec deux de ses camarades, conduit dans les prisons de Laval, de Rennes et de Tours successivement, ne dut sa vie et sa liberté qu'à l'avènement de Bonaparte au consulat.

Une de ses soeurs s'était rendue près de lui à Laval, pour intercéder en sa faveur près du commissaire du gouvernement ; elle y fut arrêtée, atteinte et convaincue d'avoir été blessée au sein dans une affaire meurtrière entre les chouans et les républicains ; des témoins déposèrent l'y avoir reconnue. Ô lâcheté ! ô perfidie ! elle était en prison à Domfront ; elle produisit son écrou ; il ne fit pas foi, et elle fut déportée à l'île d'Oléron ... ; elle y périt victime de sa piété filiale.

Papouin était généralement regardé comme le plus brave soldat de la division, peut-être même de l'armée, mais il manquait de conduite.

 

Le Gué de Loré

 

A la paix de 1800, il fit un excellent mariage ; il avait succédé à son père au moulin du Gué-de-Loré, le mieux achalandé du pays ; son peu de conduite eut bientôt dissipé son avoir : sa pauvre femme en mourut de chagrin.

Il lui restait un fils unique ; la plus jeune de ses soeurs, non mariée, s'en chargea et le fit instruire, de sorte qu'au moment de recevoir les ordres du sous-diaconat, ce pauvre jeune homme, excellent sujet d'ailleurs, est devenu fou.


Papouin, livré à lui-même, ne mit plus de bornes à ses dérèglemens ; l'ivrognerie, le jeu, etc. Tout devint passion chez lui, et, pour l'assouvir, le métal fut sa divinité. ...

(Mémoires de Billard de Veaux ... par Alexandre Billard de Veaux - 1832)

 

PAPOUIN