Aux frontières du Limousin et du Périgord, les Monts de Chalus, hauteurs bocagères autour desquelles gazouillent les premières fontaines de l'Isle, de la Dronne, du Bandiat et de la Tardoire, se groupent autour d'un sommet de 554 mètres, le Courbefy ; sur cette colline les Gaulois eurent une forteresse, puis les Romains une station (si toutefois Courbefy est bien l'antique Fines), et le XIIIe siècle y bâtit un château. (Le plus beau royaume sous le ciel - Onésime Reclus - 1899)

 

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COURBEFY (Curvifunium, peut-être Fines). - Le bourg de ce nom fut, dit-on, la patrie de saint Vaast, catéchiste de Clovis.
Le château placé sur une montagne très-élevée, vers les limites du Périgord et du Limousin, était, aux époques les plus reculées, une des clés de ces provinces. Il fut plusieurs fois occupé par les Anglais, dans les guerres du XIVe siècle, et par les Ligueurs, à l'époque des guerres de religion.

En 1660, dit Collin, les habitants de Limoges obtinrent la permission de démolir ce château, qui servait depuis longtemps de retraite à des voleurs. ... (Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts d'Arras - IIe série - Tome V)

 

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M. Arbellot a eu une excellente idée, c'est celle d'une visite à Courbefy : le 12 octobre 1884, nous avons fait une excursion archéologique à Courbefy, lieu de naissance de saint Vaast. ...

"... Descendus à la gare de Bussière-Galand, nous sommes arrivés, après une marche ascendante de quatre ou cinq kilomètres, au village de Courbefy, qui ne se compose aujourd'hui que de cinq à six maisons de paysans, auprès desquelles s'élève une pauvre église délabrée, sans aucun ornement, plus semblable à une grange qu'à une église (la cure de Courbefy ne comptait, avant la Révolution, que 140 communiants). Au XVIème siècle, elle était à la nomination du prieur du Chalard. La plus ancienne mention de cette paroisse, dans le Pouillé de Nadaud, est de 1515. Un acte de 1536 l'appelle "prieuré-cure et église paroissiale de Sainte-Marie et de Saint-Eutrope de Courbefy - Pouillés de Nadaud et de Legros).

Il y a deux sortes d'antiquités bien distinctes à Courbefy, les unes celtiques, les autres du moyen-âge :

L'oppidum gaulois et le château féodal :

1° L'oppidum gaulois, qui occupait le plateau de la montagne, et dont l'accès est défendu, du côté de l'ouest, par un fossé encore très apparent. Cet oppidum s'appuie, au nord, sur une espèce de citadelle entourée de deux larges fossés concentriques.

2° C'est au sommet de ce mamelon, et sur l'espace assez réduit qu'environnent ces deux fossés profonds, qu'on a construit le château féodal. Cette forteresse est mentionnée dans nos annales depuis l'an 1252 jusqu'au commencement du XVIIème siècle.

La construction de ce château paraît remonter au XIIIème siècle. Les courtines étaient flanquées, à l'ouest et à l'est, par deux tours carrées, dont on peut mesurer les fondements. Du côté sud, se dresse la base, à demi-ruinée et couverte de lierre, d'une tour octogonale qui servait de donjon, et qui a été renversée par la poudre. Ses deux étages supérieurs, ayant été détachés séparément, et étant tombés tout d'une pièce, gisent comme deux blocs gigantesques dans l'intérieur de la place. Les chambres des deux étages étaient voûtées comme des fours. Ce donjon, qui avait environ vingt mètre de hauteur, dominait toutes les campagnes voisines.

Le chanoine Collin, dans ses Vies des Saints, imprimées en 1672, dit, en parlant du château de Courbefy : "Les habitants de Limoges, ayant obtenu du Roy la permission de le démolir, pour ce qu'il servoit de retraite à quantité de voleurs qui se retiraient là-dedans, il y a environ soixante ans ..." (Vies des Saints du diocèse de Limoges, p. 41. Cette démolition eut donc lieu au commencement du XVIIème siècle. C'est par erreur que M. Allou (p. 336) assigne cette démolition à l'an 1660 ; et c'est par suite d'une erreur typographiqe que nous l'avons assignée nous-mêmes à l'an 1669 - guide du voyageur en Limousin, p. 207)

Il est visible que les fossés gigantesques qui environnent le château féodal n'ont pas été creusés en vue de ce château : ce sont des retranchements celtiques dont on a profité, au moyen-âge, pour rendre l'accès de la place plus difficile, et pour augmenter les moyens de défense de la forteresse qu'on a élevée sur ce point.

Au moyen-âge, les fossés qui entouraient le château étaient creusés à fond de cuve, c'est-à-dire étaient revêtus, des deux côtés, de murs à pied droit ; puis l'on se contentait d'un seul fossé pour défendre la forteresse. A Courbefy, ce sont deux larges fossés concentriques, qui ont été creusés de manière à laisser entre eux un agger dont le sommet est assez étroit. Les pentes de cet agger sont à 45 degrés, et les fossés, à de certains endroits, ont de 20 à 30 mètres de profondeur. De pareils retranchements accusent une époque antérieure au moyen-âge.

Tout près de l'église, dans un cimetière abandonné, quelques dalles tumulaires apparaissent çà et là, mais n'ont aucun caractère archéologique qui puisse en faire connaître l'antiquité. Derrière le chevet, un bloc énorme de maçonnerie fortement cimenté indique l'existence d'un ancien édifice. C'est peut-être un débris de la villa romaine où naquit saint Vaast.

Le plateau de la montagne, en dehors du village, est couvert de vestiges de substructions qui apparaissent à fleur de sol sur une longueur de plusieurs centaines de mètres. Au milieu de ces ruines, nous avons distingué un petit réduit rectangulaire, de peu de profondeur, en appareil assez régulier, dont on n'a pu nous dire la destination ; plus loin, des pierres amoncelées, des fondements de murailles, annoncent clairement que tout ce plateau a été autrefois couvert d'édifices ; toutefois l'absence de monuments construits en appareil romain nous fait présumer que ces ruines remontent à l'époque celtique ; et, sur l'emplacement de cet oppidum, se serait élevée, au IVème ou Vème siècle, une villa appartenant aux parents de saint Vaast, et que le saint aurait illustrée par sa naissance.

L'auteur de l'ancienne Vie de saint Vaast avait certainement visité Courbefy : la description qu'il en a fait est celle d'un témoin oculaire. Cette montagne élevée, qui se trouve à peu près égale distance de Limoges et de Périgueux, et sur laquelle on voit les ruines d'une cité ou d'un castrum ; ces fortifications magnifiques que signale cet écrivain, et qui répondent si bien à la double enceinte des fossés profonds qui défendent la citadelle, montrent suffisamment qu'il avait visité ce lieu. ..." (Mémoires de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts d'Arras - IIe série - Tome XVII)

1404 - Siège et prise de Courbafy, sur les confins du Périgord et du Limousin, par Charles d'Albret, connétable de France. Il avait sous ses ordres 1.200 hommes d'armes et trois cents arbalétriers venant du Périgord, de la Saintonge, du Limousin, du Poitou et de l'Angoumois, et commandés par les sénéchaux de ces diverses provinces. La ville de Périgueux fournit des engins et de l'argent. Le siège dura douze semaines ; les assiégés, Anglais et pillards, furent reçus à composition et purent se retirer, vie et armes sauves (Histoire du Périgord - par Léon Dessalles - Tome 2 - 1885)

 

Henri IV

1600 - Voici un acte important concernant le comté de Périgord et la vicomté de Limoges. C'est un contrat de vente, au nom d'Henri IV et de sa soeur, de la terre de Courbefy, dernière pointe du territoire limousin qui touche et pénètre dans le Périgord, l'ancien Curvifines de l'Itinéraire d'Antonin, qu'on pourrait mettre au singulier Curva finis, pour se rapprocher de l'orthographe du contrat, qui écrit toujours Courbaffy. Il est question des familles nobles de Foucaud, Chapelle-de-Jumilhac, de Ladouze, etc. ; de localités de nos deux provinces, d'usages, de monnaies de l'époque ou de la date de cette vente, c'est-à-dire la fin du XVIème et le commencement du XVIIème siècle. Le grand nom de Henry, qui avait donné la vicomté de Limoges en apanage à sa soeur unique ; les conditions, les réserves de droits d'hommages et jusqu'aux expressions de coutumes et de jurisprudence locale ; tout m'a paru digne d'intérêt pour les lecteurs ...


CONTRAT DE VENTE DE LA TERRE DE COURBEFY
(En marge est écrit : 25 mars 1600, M. de Ribeyreix)

Sachent tous présents et à venir que aujourd'huy, vingt-cinquième jour du mois de mars mil six cents, en la ville de Périgueux et dans le logis de Monsieur Lardimalie, après-midi, pardevant moi Etienne Lacoste, notaire et greffier du trésor et ancien domaine des comté de Périgord et vicomté de Limoge, pour le Roi et Madame sa soeur unique, et présents les témoins bas nommés, ont été personnellement constituées : MMes Pierre Dupont, conseiller au conseil d'Etat de Sa Majesté et président en sa chambre des comptes à Pau, et Jean Foucaud, seigneur de Lardimalie, conseiller et chambellan de sadite Majesté, et gouverneur aux dites comté et vicomté, au nom et comme ayant charge, procuration et commission expresse de sadite Majesté à faire certaines aliénations en ladite vicomté de Limoges ; icelle commission aux dits adressée, expédiée de Paris, le vingt-troisième décembre dernier passé, signé Henry ; et plus bas, par le roi, comte de Périgord et vicomte de Limoges, Deloménie, et à côté, vu par Duplessis, scellée du grand scel de Navarre et ancien domaine, sur cire rouge. Et au dos d'icelle est écrite la vérification et publication qui en a été faite par mandement exprès de sa Majesté en la chambre des comptes de Nérac, datée du vingtième janvier. Au présent signé De La Vallade, de Mazelier de Brognet ; et plus bas, par ladite chambre, Jausselin et aussi Jouxte et suivant le consentement prêté par Madame soeur unique de sadite Majesté, d'ailleurs sous le nom de sadite Majesté pour mille écus de rente au revenu de ladite vicomté de Limoges, comme icelle vicomté ayant été transportée ci-devant à ma dite Dame par sa dite Majesté provisionnellement pour partie de son apanage, icelui consentement du vingt-troisième de septembre dernier passé, lequel avait été accepté par sa dite Majesté en son conseil de Navarre par ses lettres sur ce expédiées le septième d'octobre dernier passé. Le tout vérifié en la chambre des Comtes le susdit jour vingt janvier ; au présent et desquelles susdites commissions, consentement, acceptations, vérification et lettres de sa dite Majesté portant jussion de faire lesdites vérifications, la copie sera insérée au pied du présent contrat. Lesquels sieurs commissaires susdits au dit nom et en vertu de cêque dessus, assisté de Me Pierre Charon, sieur de Sansonat et Trésars, général pour leur Majesté et Altesse aux dites comté et vicomté, Pierre Martin, procureur général aux dites comté et vicomté, et Géraud Peynes, conseiller et maître des requêtes en l'hôtel de ma dite Dame soeur du roi, soussignés, après dues proclamations en tel cas requises et accoutumées, gouverneur et conseil susdit, s'est chargé, ont vendu et adjugé, vendent et adjugent à perpétuité, et à jamais sans aucune faculté de rachat à Léon de Planeaux, écuyer, sieur de Vieille Cour, et y habitant, Antoine Chapelle, écuyer, sieur de Jumilhac, et dudit lieu habitant et Antoine et Jarcques Arland (Arlot) frères, sieurs de Frugier, habitants dudit lieu.

Pour eux ou les leurs présents, stipulants et acceptant comme plus offrants et derniers enchérisseurs : savoir est le château et châtellenie de Courbafy avec les paroisses distraites de Chalus, trois forêts appelées de la Grande forêt, la Ramade et la Guerenne, dont lesdits sieurs de Jumilhac et Arlants ont ci-devant acheté la coupe de ma dite dame soeur du roi, cens, rentes, droits de patronage, dîmes, champarts, vaquants, étangs, moulins, droits d'iceux, péages, hommages, greffes et tous autres droits appartenant à sadite Majesté et à ma dite dame sa soeur, à cause de ladite châtellenie de Courbafy et paroisses distraites, en tous droits de justice, haute, moyenne et basse, maire et mixte, impaire, le tout sis partie en Limousin, partie en Périgord, ès-paroisses de Courbafy, Firbeys, partie de Saint-Priest, Saint-Pierre de Frugie et partie de la paroisse de Sainte-Marie, et l'enclave, de la Bussière-Galant et généralement tout ce qui dépend de ladite châtellenie de Courbafy et desdites paroisses distraites et tout ainsi que les fermiers ont accoutumé par ci-devant jouir, sans en rien excepter ni réserver, sinon qu'en la présente vendition on n'ait compris de ladite enclave de Bussière-Galant, autre chose que le moulin appelé de Firbeys ; et le village et rentes de Peyrussas et moulin d'icelui et tenement de la Coste, la Gorce, la Ferrerie, la Berardie, les villages et rentes de la Frugie et Chaurifarie avec leurs appartenances et dépendances qui demeurent auxdits acquéreurs par la présente vendition, en tous droits, comme dit est, de justice ; et le surplus de la dite enclave ayant été déjà vendue par ces dits sieurs commissaires au sieur de Ladouze par contrat du vingt-huit du présent mois de mars, n'est compris aussi au présent contrat ; la distraction ci-devant faite de Vassoux en ladite paroisse de Saint-Pierre de Frugie n'est aussi comprise en la présente vendition. La maison de La Bastide, domaine et métairie y joignant en un tenant, ains est réservé ce que dessus pour être vendu particulièrement comme lesdits sieurs commissaires aviseront ; et parce que ci-devant lesdits sieurs de Jumilhac et Arlants auraient, comme dit est, acheté la coupe desdites forêts, et que depuis par arrêt de la Cour du parlement de Bordeaux, aurait été distrait de ladite vendition le tiers de ladite Grande forêt pour servir aux prétendus droits des usagiers, lesdits acquéreurs pourront poursuivre le règlement dudit usage, et si besoin est, prendre par droit de prélation ledit droit d'usage que aucuns prétendent avoir acheté des auteurs de prétendus usagiers depuis dix ans en ça, sans toutefois que pour le regard dudit tiers du bois de la Grande forêt, Sa dite Majesté, ni madite dame soient tenus envers lesdits acquéreurs d'aucuns GUÉRIMENTS ; sinon de leur fait, dot et coulpe, ains en tout cas lesdits acquéreurs indemniseront leurs dites Majesté et Altesse desdites poursuites qui s'en feront par ci-après, pour de tous lesdits bancs et choses susdites vendues jouir et user, par lesdits acquéreurs et les leurs comme de leur chose propre et y faire dresser toutes marques et enseignes de justice supériorité, et châtellenie, soit de ceinture et lettres au-dedans et dehors les églises, soit de fourches patibulaires à quatre piliers et chevallets et autres quelconques. Et parce que ledit moulin appelé de Firbeys est bannier, et à icelui sujets les rentiers desdites terres présentement vendues ;

A été dit que, outre les justiciables d'icelles terres sujets auxdits devoirs, lesquels lesdits acquéreurs pourraient contraindre auxdits devoirs jouxte les baillettes et reconnaissances contenant iceux devoirs les habitants des villages de Fayolas et Menbieras seront de même par eux contraints suivant leurs dites baillettes et reconnaissances de moudre audit moulin, jaçoit qu'ils soient compris dans la vendition de ladite enclave faite audit sieur de Ladouze, lequel droit de mannage des deux villages Fayolas et Menbieras a été par exprès réservé par le contrat de vendition de ladite enclave faite audit sieur de Ladouze.

Ont aussi réservé lesdits sieurs commissaires l'hommage lige des choses sus vendues à sadite Majesté et à madite dame, sadite soeur, à cause de ladite vicomté de Limoges ; lesquels hommages lesdits acquéreurs et les leurs leur feront et à leurs successeurs en ladite vicomté à chacune muance de seigneur et de vassal ; chacun pour son intérêt et droit, et séparément sans que ledit hommage puisse par ci-après s'être cédé à autre ou désuni de ladite vicomté.

Ont aussi réservé lesdits sieurs commissaires les hommages des fiefs, maisons nobles du Genest et de La Bastide, et s'il y a aucuns autres hommages dans icelles châtellenies et paroisses distraites dépendantes de ladite châtellenie de Courbafy et desdites paroisses et qui ont jusqu'ici appartenu à ladite seigneurie de Courbafy et paroisses, même ceux qui étaient autrefois dépendants de ladite châtellenie de Chalus, en furent distraits pour être unis et dépendre desdites paroisses qui sont à présent vendues auxdits acquéreurs, et ne sont nullement dus à la châtellenie de Chalus, sont compris en la présente vendition.

Et quant aux autres hommages qui dépendent d'icelle châtellenie de Courbafy et desdites paroisses, sont réservés à leurs dites Majesté et Altesse ; et est aussi dit que les officiers qui sont à présent en ladite châtellenie et paroisses seront maintenus en leurs états et charges durant leur vie et d'autant que lesdits Arlants auraient affermé la présente année, le revenu desdites choses sus-vendues, attendu la présente vendition, en demeureront quittes et déchargés, sans que pour raison de la dite afferme il leur puisse être demandé aucune chose.

Et a été la présente vendition faite aux susdites qualités et réservations pour moyennant le prix et somme de unze mille deux cent cinquante écus revenant suivant l'ordonnance du roi, à trente-trois mille sept cent cinquante livres ; de laquelle somme ledit sieur de Vieille-Cour pour la justice de sa maison, domaine et village du grand et petit Vieille-Cour, Lage, Fot et Loubatour, et l'hommage du repaire de la moutié de Saint-Priest pour lesquels tant seulement il est compris en la présente vendition. A payé comptant la somme de cent cinquante écus, faisant quatre cent cinquante livres, et le surplus de ladite totale somme a été payé et fourni comptant par lesdits sieurs de Jumilhac et Arlants chacun pour sa cotte part, et ainsi en vertu de la présente convention et pour ledit prix le surplus desdites choses vendues et sus spécifiées demeurent acquises et par entier auxdits sieurs de Jumilhac et Arlants, réservé comme dit est, audit sieur de Vieille-Cour ladite justice de sadite maison, domaines et village du grand et petit Vieille-Cour, Lage, Fot et Loubatour et l'hommage dudit repaire de la moutier de Saint-Priest ; et outre cela somme de cinq cent soixante-deux écus trente sols pour les vinages à raison d'un sol pour livre, de laquelle somme ledit sieur de Vieille-Cour pour sa part et quotité de la présente vendition a payé la somme de vingt-deux livres six sols, lesquelles sommes lesdits acquéreurs ont réellement payées, baillées et délivrées ès-mains de Monsieur Me Paul Legoux, conseiller et trésorier général de Sa Majesté en sa Maison et État et finances de Navarre y présent et acceptant, et ce, en espèces d'or et d'argent bien comptées et nombrées, prises et emportées par ledit sieur Legoux.

Faisant lesdites sommes desquelles ledit sieur trésorier s'est contenté et d'icelles s'est rendu comptable pour les employer à l'acquit et aux affaires auxquelles sont destinées pour Sa Majesté les deniers provenant des aliénations de la présente commission, et jouxte le contenu en icelle, laquelle somme desdits vinages tiendra lieu et sol principal avec le susdit prix au profit desdits sieurs commissaires audit nom se sont dévêtus des choses ci-dessus vendues, et en ont envêtu lesdits acquéreurs chacun pour leurs quotités ci-devant spécifiées par le bail et tradition de la cedde et original du présent contrat en leurs mains et ont promis aux susdites conditions et auxdits noms toutes évictions et garanties et même de tout droit et retrait de lignagier, à peine de tous dépens dommages et intérêt suivant le pouvoir particulier que lesdits sieurs commissaires ont de Sa Majesté à ce faire exprès pour vaquer aux garanties et exécution d'icelle promesse, lesdits sieurs commissaires ont obligé tous et chacuns les biens de Sa Majesté dépendant de son ancien domaine, et par exprès des comté de Périgord et vicomté de Limoges, déclarant iceux sieurs commissaires audit nom qu'ils tiennent d'orès en avant les choses ci-dessus vendues au nom de constitut et de précaire desdits acquéreurs, jusqu'à ce qu'ils en auront pris la réelle, actuelle et corporelle possession, et a été tout ce que dessus ainsi fait, promis, stipulé et accepté par lesdits sieurs commissaires audit nom et acquéreurs respectivement moyennant serment par eux chacun d'eaux fait et prêté, à quoi de leur consentement et audit nom ils ont été jugés et condamnés par moi notaire et greffier susdit, sous ledit scel et présence de maître Innocent Ruel, sieur de Leonnas, conseiller du roi et secrétaire des finances de Sa Majesté en sa maison de Navarre, habitant de la ville d'Alençon en Normandie, et Noël Jouaud, habitant au lieu de Peyzac en Limousin, témoins connus qui ont signé avec les parties.

Ainsi signé à l'original Dupont, commissaire susdit, Lardimalie gouverneur et commissaire susdit, Léon Deplancaud contractant, Jumilhac, Arlants, Jarlam, Martin, procureur-général, Chalon, assistant, Poyrier, assistant, Ruel, témoin, Jouaud, présent, et Legoux pour avoir reçu lesdites unze mille huit cent douze écus trente sols, et Lacoste, notaire et greffier susdit. Signé J. DUPUY, notaire royal, qui a signé ledit contrat, comme ayant en garde ledit contrat, lequel j'ai délivré au susdit sieur de Jumilhac, comme y ayant intérêt. (Au dos du titre en 12 feuillets est écrit : Beyes)

Le Chroniqueur du Périgord et du Limousin - Deuxième année - 1854

 

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CHAPELLE SAINT-EUTROPE

Après la victoire de Tolbiac (496), le chef des Francs, Clovis, se rendit de Toul à Soissons, et c'est un moine limousin, né à Courbefy, dans le plateau de Châlus, qui, chemin faisant, lui enseigna la parole de Dieu et le disposa à recevoir le baptême. On a prétendu que les parents de Saint-Waast étaient propriétaires du château de Courbefy ou du moins de la villa qui, à l'époque, se trouvait à Courbefy, mais la tradition populaire désigne comme lieu de naissance une métairie sise au bas de la montagne, sur la route de Bussière-Galant à Saint-Nicolas. Ce qu'il y a de curieux c'est que la chapelle de Courbefy est dédiée à Saint Eutrope et que la tradition populaire, s'égarant peut-être, le bon Saint Eutrope a supplanté saint Waast dans l'esprit des populations. Il est fort possible que Saint Eutrope, envoyé par le pape Saint Clément, pour évangéliser les Gaules, ait passé à Courbefy, pour se rendre à Saintes, il est possible aussi que s'étant arrêté à Courbefy, il y ait fait des miracles ...
Il ne faut donc pas s'étonner si Saint Eutrope est honoré à Courbefy, et on peut être certain que ce n'est pas sans quelque raison fort antique. (Bulletin de la Société des Amis des Sciences & Arts de Rochechouart - Tome XV - n° II - 1906)

 

Saint Vaast

Ce fut Saint-Vaast, évêque d'Arras, qui disposa Clovis à recevoir le baptême.
Saint-Vaast est né à Courbefy, lieu situé au sommet d'une montagne dont le versant nord appartient au Limousin, et le versant méridional au Périgord. - On a inutilement écrit différentes brochures qui fourmillent d'inexactitudes, pour trouver un autre lieu de naissance à saint Vaast. Tous les textes anciens se rapportent à Courbefy. C'est ce que constate Bernard Gui, né en 1260, évêque de Lodève et un des écrivains limousins les plus célèbres au moyen âge. Ce lieu est aujourd'hui dans la commune de Saint-Nicolas, canton de Châlus, Haute-Vienne, mais au Vème siècle, pouvait aussi bien appartenir au Périgord qu'au Limousin. Son oppidum gaulois, et surtout son château féodal, semblent élevés pour défendre l'entrée du Périgord au point où la voie romaine pénétrait dans cette province. (Chroniques ecclésiastiques du Limousin - par l'Abbé A. Lecler, curé-doyen de Compreignac - 1890)

 

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