NUILLÉ-SUR-OUETTE (53)

Nuillé sur Ouette croix Bouvier


Vers 1792, furent fusillées trois jeunes filles nommées Bouvier, à l'entrée de la vieille route de Soulgé. Les personnes ne savent pas pour quel motif.

Une croix a été élevée à cet endroit, elle porte le nom de croix Bouvier.

On dit que ces trois jeunes filles reviennent tous les soirs près de cette croix ; elles sont habillées de blanc.

Bon nombre de personnes ne veulent pas passer par cette route le soir.

Extrait : Monographie communale - Nuillé-sur-Ouette - AD53 - MS80 08/07 - p. 17-18

 

L'histoire n'est pas tout-à-fait celle-ci !

Cet évènement s'est passé en l'année 1796, au mois de mars, cinq personnes furent effectivement fusillées par les républicains. Trois de ces personnes étaient de la famille Bouvier, domiciliée à la Lancelinière en Soulgé-sur-Ouette : Ambroise, Julien et Marie. Les deux autres victimes étaient Michel Le Dos, également de Soulgé-sur-Ouette et René Frémont de Louvigné.

Selon l'acte ci-dessous, les malheureuses victimes ont été tuées "en vue de la pièce de terre nommée La Pieu des Noës dudit lieu du Plessis" en la commune de Soulgé-sur-Ouette et inhumées sur le lieu même de leur mort. 

Quelles furent les raisons et les circonstances de leurs morts ? Comment se fait-il qu'à Nuillé-sur-Ouette, on ait élevé une croix appelée la Croix Bouvier ? Des questions qui resteront probablement sans réponse, hélas.

 

carte Soulgé-sur-Ouette

En marge : Décès de Ambroise, de Julien et Marie Bouvier ; de Michel Le Dos et de René Frémont, Tous fusillés par les Révolutionnaires.

Le vingt-six ventôse, quatrième année Républiquaine, après midy, devant nous, Charles René Boisseau, officier public chargé pour recevoir les actes destinés aux décès de la commune de Sougé Le Bruant,
Sont comparus Pierre Dounamy (ou Donnamy), journallier, mary de Louise Bouvier, demeurant en ce bourg ; Ambroise Ferrand, demeurant à (?) ; Julien Mézière, domestique au (?) ; René Aubemere, domestique ; Ambroise Le Jean, fripier, demeurant aux noes, tous deux de la commune, ont déclaré le décès, savoir :

AMBROISE BOUVIER, garçon, âgé de 38 ans

JULIEN BOUVIER, aussi garçon, âgé de 34 ans

MARIE BOUVIER, fille âgée de 33 ans

Tous les trois frères et soeur du mariage d'Ambroise Bouvier et de Louise Lilavoin (?), closier à la Lancelinière de cette commune, natifs de celle d'Argentré,

ainsi que le décès de :
MICHEL LE DOS, garçon de 27 ans, natif et domicilié de cette commune, du mariage de René Le Dos et de Marie Letaray (?)

et le décès de :
RENÉ FRÉMONT, menuisier, de la commune de Louvigné, natif de celle de Louvigné, mary de Perine Hareau, demeurante audit Louvigné ...

occasionnée par les morts subites occasionnées tous les cinq par chacun un coup de fusil frapés à balle en vue de la pièce de terre nommée La Pieu des Noes dudit lieu du Plessis où ils ont été trouvés morts, et qu'ils ont été reconnus par les comparants, et ont été inhumés à la réquisition des parents en l'endroit même où ils sont décédés par les comparants, qui ont déclaré ne savoir signer, de ce enquis par ledit Ambroise Ferrand qui a signé avec nous.
Ambroise Ferrand
Boisseau

 

Acte fusillade Soulgé-le-Bruant