Jusqu’au 17 juin 1867, Le Chalard a fait partie de la commune de Ladignac ; à cette date, il a été érigé en commune. Depuis le XVe siècle au plus tard, ce lieu a toujours porté le surnom de Peyroulier (fabricant de pots en métal). Nous ne savons si l’industrie des pots en cuivre ou en bronze a existé au Chalard, mais les minerais et les scories d’étain qu’on trouve dans le voisinage indiquent un centre important d’exploitations minières et de fabrication de métaux.

 

GRAVURE LE CHALARD


HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE


Un monastère avait été fondé en ce lieu, dit le P. Bonaventure de Saint-Amable, en 801, par Roger, comte de Limoges ; mais il n’eut qu’une courte durée. Le 31 mai 818, il fut détruit par les Normands, qui massacrèrent tous les moines et avec eux l’abbé Paul, leur supérieur.

C’est sur les ruines de ce monastère que s’établit saint Geoffroi en 1089. Il était né vers le milieu du XIe siècle (1060) au village de Boscavillot, dans la paroisse de Noth, près La Souterraine. Il fut en partie élevé à Tours, chez un de ses oncles établi dans cette ville. Après la mort de ce parent il se rendit à Limoges, où il fut recueilli par Pierre Lebrun, bourgeois et marchand, et il y demeura plusieurs années, se livrant à l’enseignement dans les écoles. A la fin de l’année 1086, il fut ordonné prêtre par l’évêque de Périgueux, Raymond de Thiviers, auquel il fut envoyé pendant la vacance du siège de Limoges.

Après avoir exercé quelque temps les fonctions sacerdotales et résistant aux sollicitations de saint Hugues de Cluny, qui voulait l’attacher à son ordre, il se retira au Chalard. Au mois d’août 1089, Adémar, vicomte de Limoges, lui donna la propriété du terrain. Il y mena d’abord la vie érémitique, qu’il abandonna plus tard pour embrasser la règle des chanoines et réunir autour de lui d’autres religieux, avec lesquels il éleva l’église qui existe encore et qui fut bénite le 18 octobre 1100. 

Un instant il fut sur le point d’abandonner son monastère naissant : il avait entendu à Limoges le pape Urbain II, qui invitait les fidèles à la croisade, et il avait pensé qu’il ne pouvait résister à cet appel. Guillaume, duc d’Aquitaine, appela sous sa bannière tous les grands vassaux du Limousin ; ils se réunirent à lui dans le monastère du Chalard, et entendirent avec docilité les exhortations du prieur. Mais lorsque celui-ci se préparait à accompagner dans la sainte expédition le seigneur de Las Tours, il lut détourné de son projet par une vision que Dieu lui envoya. Il vécut encore vingt-cinq ans, mais complètement étranger au monde, s’adonnant tout entier à la prière, à la prédication et au gouvernement de ses religieux. Dieu le rappela à lui dans la nuit du 6 octobre 1125, et daigna confirmer par des miracles la réputation de sainteté que son serviteur s’était déjà acquise durant sa vie. Il fut enterré dans l’église, où l’on voit encore son tombeau.

Les prieurs qui succédèrent immédiatement à saint Geoffroi sont : Bernard, Géraud, Barthélémy en 1177 et 1183. On trouve plus tard Jean de Molis, prieur en 1514. François de Lastours était prieur du Chalard et curé de Nexon en 1537 et 1543. François Granier de La Sagne ou de La Saigne, qui était aussi prieur commendataire de L’Artige et mourut en 1558. Charles d’Herrières, qui sur la cloche fondue en 1633 est dit abbé, mais on trouve Charles de Ferrières de Sauvebeuf prieur en 1617 et 1650. Anne de Coustin, prieur en 1653. François de Beauvoir, fils de Jean de Beauvoir, sieur de Villac, et de Catherine de Coustin du Masnadaud, fut tonsuré en 1713 et ensuite prieur du Chalard. N…de Beauvoir, frère du précédent, le fut après lui. Charles de Beauvoir, abbé commendataire du Chalard, est à l’assemblée du clergé pour la nomination des députés à l’Assemblée de 1789.

Ce prieuré, conventuel en 1559, était de l’ordre de Saint- Augustin ; on lui a donné quelquefois, après cette date, le titre d’abbaye, mais cela sans raison. Il avait pour fête patronale celle de l’Assomption de la Sainte-Vierge et celle de saint Geoffroi, célébrée le 6 octobre.

La cure était d’abord desservie par des vicaires amovibles. On y mit un titulaire en 1686. Elle avait pour patrons les mêmes saints que le prieuré. A la fin du XVIIIe siècle, il y avait 600 communiants (environ 800 habitants). Les titulaires étaient nommés par le prieur en 1701, 1707, 1767.

N…La Barre était curé en 1690. - Léonard Jarrit en 1762, mourut en 1767. - Guillaume Barreau nommé en 1767, y était en 1786. - Étienne Jarrige de La Morélie, qui avait été déporté pendant la Révolution, fut nommé curé du Chalard en 1803. - Léonard Estève, en 1817. - Jean-Baptiste Charles, en 1819. - Jean Reynal, en 1820. - Laurent Pradeaux, en 1821. - Pendant une dizaine d’années, le service paroissial fut fait par les prêtres du voisinage. - On trouve ensuite Christophe Duroy, en 1834. - François Julie en 1835. - Jean-François-Isidore Duchamps-Lageneste, en 1839. - Louis Delarfeux, en 1844. - Pierre-Alphonse Goguyer, curé de Ladignac, desservait Le Chalard en 1846. - Antoine Rousseau, nommé en 1846. - Hippolyte Martin en 1848. - N… Pic en 1859. - Jean Michel en 1861. - Jean-Baptiste Bignaud en 1867. - Léosthène du Bouchaud du Mazaubrun en 1869. - Eugène Sudraud-Desisles en 1876. - Gabriel Jeanton-Lamarche, 1878. - Léonce Peytavin en 1885. - Ernest Reix en 1895. - Louis Vergnaud en 1899.

 

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L’église du Chalard est un édifice en style roman du XIe siècle composé seulement d’une abside pentagonale et de deux absidioles circulaires avec un transept dont la voûte, en forme de coupole, supporte la base d’un clocher carré à un seul étage et percé sur chacune de ses faces de trois baies en plein cintre. Dans le transept, il y a une porte au nord, et au midi on voit le tombeau de saint Geoffroi, qui a bâti cette église en l’honneur de la Sainte-Vierge, sur les fondements de l’antique édifice ruiné par les Normands. Au-dessus de ce tombeau s’élève une magnifique armoire gothique peinte à l’intérieur et dont la riche boiserie de chêne étale à l’extérieur quatre étages de panneaux flambloyants du XVe siècle. Elle renferme la châsse bysantine, recouverte en partie de panneaux émaillés du XIIe siècle, où sont conservées les reliques de saint Geoffroi.

 

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châsse de Geoffroy du Chalard

 

A côté du croisillon méridional, une chapelle souterraine renfermait autrefois le tombeau de Gouffier de Lastours, un des héros de la première croisade, qui monta le premier à l’assaut sur les murs de Marrah. La dalle en pierre calcaire qui recouvrait ce tombeau a été retrouvée en 1884, et j’ai pu l’étudier et y lire cette inscription : «  Hic jacet dominus Golferius de Torribus, et de Nexonio, et dominus Guido fiilius ejus milites… filia ejus, et genus suum qui elegerant ad opus sui et suorum hic sepulturam. Animœ eorum per misericordiam Dei requiescant in pace. Amen.  ». Ici repose le seigneur Gouffier de Lastours et de Nexon, et le seigneur Guy, son fils, chevalier… sa fille, et sa famille, qui avaient choisi ici leur sépulture. Que leurs âmes, par la miséricorde de Dieu, reposent en paix. Amen.

 

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L’église du Chalard possédait une cloche qui a été refondue au XIXe siècle et sur laquelle était cette inscription :

«  1633. IHS MARIA. SCE GAVFRIDE. SCE JOANNES ORA PRO NOBIS. C. DEHRIERES (DE FERRIÈRES) ABBE. I. MYRYVAILLANT. FOVCHAYRE, HYVERT. RELIGIEVX. MESSIRE FRANÇOIS COVSTIN ESCVIER SEIGNEVR DV
MASNADAY ET AVTRE PLACES. FRANÇOIS MANNET SIEVR DE LEYSAR P.(ARRAINS). GVABRIELLE DE CHAMP DAMOISELLE DEYTIVAVX.


La communauté conventuelle se composait encore à cette époque d’un abbé et de trois religieux, mais elle cessa d’exister quelque temps après et fit place à un bénéfice régulier simple à la nomination du roi. L’ancien monastère et le cloître subsistent encore en partie, mais l’architecture de ce dernier, qui est adossé au croisillon méridional de l’église, n’accuse pas une époque antérieure au XVe siècle.

 

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LE CIMETIÈRE DES MOINES

 

Au chevet de l'église, le cimetière des moines conserve une quarantaine de tombes sculptées dans le granit, du moyen âge au XVIe siècle.
Certaines présentent la particularité d'être taillées en forme d'édifice religieux dont les côtés sont décorés de séries d'arcatures et les toits de chevrons ou d'écailles.
D'autres portent des insignes religieux (crosse, étole), ou des outils d'artisans sculptés (hache, navette de tisserand, tenaille et marteau).
Au fond de l'allée centrale, un monument du 19e siècle est constitué de pierres tombales anciennes et de deux statues en serpentine. (Informations trouvées sur place)

 

LE CHALARD1

 


HISTOIRE CIVILE


Château-Chervix

A l’extrémité des bâtiments aujourd’hui transformés par la famille Tenant de Lastour, existait un donjon carré du XIIe siècle, fortifié, sur chacune de ses faces, de contreforts plats se recourbant en arceau au sommet ; il était en tout semblable à celui de Château-Chervix et faisait partie de la ligne de défense établie par les vicomtes de Limoges sur les limites du Périgord. Aujourd’hui il n’en reste que la partie inférieure.

Le cimetière du Chalard conserve encore de curieuses pierres tombales, dont plusieurs sont en serpentine des carrières de La Roche-l’Abeille. En 1719, il y avait aussi dans ce cimetière une chapelle qui n’existe plus aujourd’hui.

Le presbytère a été vendu comme bien national, le 2 messidor an IV (20 juin 1796), pour la somme de 1 800 francs (Archives Haute-Vienne, Q 149).

On trouve dans le bourg du Chalard une maison gothique connue dans le pays sous le nom de maison des Anglais.

Au mois de mars de l’année 1419, les Anglais, sous la conduite d’un capitaine appelé Beauchamps, s’emparèrent de la maison conventuelle du Chalard et s’y fortifièrent. Le sénéchal du Limousin de Mareuil, aidé des seigneurs de Mortemart et de Lastours, et de la milice des communes, marcha contre eux avec cinq cents hommes et dix pièces d’artillerie. Le siège dura près d’un mois ; ils furent obligés de se rendre. On leur laissa la vie sauve, mais ils durent restituer tout le butin et tous les prisonniers qu’ils avaient faits.

Tour (La). — La vieille tour d’Estivaux, dont on voit les restes au-dessous du Chalard, a été démolie en 1793. Elle est maintenant connue sous le simple nom de La Tour.

Antoine Tenant, écuyer, seigneur de Champ et de Masmoreau, épousa Bonne Chapelle de Jumilhac, qui lui porta la terre de La Tour. Son frère, François Chapelle de Jumilhac, chevalier, sieur de La Valade, Estivaux, le repaire noble de La Tour, fut inhumé au Chalard le 13 février 1610. Ses armes sont : d’azur alias de sinople à une chapelle d’or. François Tenant,
écuyer, sieur de Bort, du lieu de La Tour, fut inhumé au Chalard le 24 septembre 1728.
Tenant de La Tour porte : d’or à une ancre à trois traverses de sable, accostée de deux étoiles de même.


Archives départementales de la Haute-Vienne – Dictionnaire Lecler – v1 du 13/10/2014

 

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LA VIEILLE TOUR D'ESTIVAUX


Paul Tenant, Escuyer, sieur de la Tour naquit au château de la Tour, paroisse du Chalard, le 4 mai 1684, du mariage de François Escuyer, sieur de Bort et de la Tour et de Françoise Pagnon de Lascaux ; il eut pour parrain son aïeul maternel Paul Pagnon, Escuyer, sieur de Lascaux, habitant Lascaux, paroisse de Notre-Dame de la Haute-Chapelle du faubourg de la ville de Saint-Yrieix et pour marraine Françoise Tenant, demoiselle de Bort, soeur de son père.

Ayant perdu son père fort jeune, il demeura sous la tutelle de sa mère, avec des affaires un peu embarrassées, car je trouve le 8 juin 1700, au bourg du Chalard, Françoise Pagnon règlant avec Dauphin Jarrit, juge de Chalard, Geoffrin Jarrit, sieur de La Grange, procureur d'office de la même judicature et Chinet Jarrit, sieur de Guigenet, fermiers du prieuré, les droits arriérés de rentes dûes au seigneur Suzerain, le prieur du Chalard et leur délaissant à l'acte de rachat divers immeubles, parmi lesquels le pré Jeannot ...

Huit ans après ce contrat, Paul épousait au Chalard le 7 février 1708, la fille de ce même Dauphin Jarrit et d'Isabeau Jarrit, Gabrielle demoiselle du Theil.

Le contrat de mariage, avait été dressé la veille, c'est-à-dire le 6 février 1708 par le notaire Jarrit, la constitution dotale était faite par Annet ou Jean, Mathurin et Geoffroi Jarrit, curé du Chalard, frères de la future ...

 

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Le 29 août 1723, il intervint entre Paul Tenant et le prieur du Chalard, un contre-contrat, qui a un grand intérêt, en ce qu'il désigne clairement la partie de l'église du Chalard où reposent nos prédécesseurs de la Tour ; les Jumilhac, nos parents par Bonne épouse d'Antoine, 1er du nom et aussi mon trisaïeul François, sa femme Françoise Pagnon, mon bisaïeul Paul, ma bisaïeule Gabrielle Jarrit, mais non Gabrielle, épouse de Jean de Jumilhac, puisque décédée dans le couvent de Sainte-Claire à Saint-Yrieix, elle a été très probablement inhumée dans les tombeaux des Tenant à Saint-Pierre dans les murs, à moins cependant, ce que rien ne justifie, qu'elle ait été transportée au Chalard, quoi qu'il en soit, ce contrat dit : "que Paul Tenant s'adressant à Messire François de Bauroyre, prieur du Chalard, à Messire Geoffroi, vicaire perpétuel (le curé Geoffroi), à Chenet Jarrit, sieur de Guigenet, à François Jarrit sieur du Claud, juge de la juridiction du présent lieu, à Mathurin Jarrit sieur des Serves, à François Jarrit, sieur des Vigères et autres notables réunis à cet effet dans une des chambres de la maison Pricurale leur a dit et représenté, que de temps immémorial, il serait en droit et possession d'une place tombeau, d'une largeur de six pieds, dans l'église du présent lieu, au-dessous le choeur et pile d'icelui, du côté droit en entrant par la porte abbatiale et ce pour l'enterrement de plusieurs de sa famille, tant pour lui que pour les siens et successeurs à l'avenir, sur lesquels il désirerait droit de mettre un banc."

 

 

LA TOUR

 

 

Cette concession lui fut faite ; "mais comme le banc ne pouvait se placer sur lesdits tombeaux, sans incommoder le passage et service de ladite église à cause de sa petitesse, le dit abbé permit et concéda audit sieur Tenant, de placer un bant de la largeur de trois pieds et demi et de la longueur de six pieds, dans un Plassage situé au bas du choeur, joignant au banc où se met le sieur de Boisse par le haut et à la pile dudit choeur par le côté et aux tombeaux dudit sieur par le bas ;" Comme il n'y a pas d'autres tombeaux près la petite porte, ces tombeaux sont donc ceux qui sont vis-à-vis l'autel de la Sainte Vierge, devant le confessionnal ; cet acte portant le sceau de l'évêque, consenti par l'abbé de Bauroyre, seigneur important à cette époque et appartenant à une grande famille du Périgord, donne et reconnaît à Paul comme le font tous les actes à son dossier le titre d'Escuyer.

Du mariage de Paul avec Gabrielle Jarrit, naquirent de nombreux enfants dont Mathieu, qui suit.

Paul mourut à la Tour, le 10 août 1748 et fut enterré le dernier de sa race, dans l'église du Chalard, dans les tombeaux désignés par l'acte du 29 août 1723.

 

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Mathieu Tenant, avait vingt ans, lorsqu'il perdit son père, il resta au château de la Tour sous la tutelle de sa mère ; il était né audit château le 8 mars 1722, il s'occupait activement d'agriculture et s'était mis en rapport avec l'intendant Turgot, il introduisit dans sa paroisse la culture des pommes de terre et celle des peupliers d'Italie, desquels il planta les premiers, ainsi qu'en fait foi son livre de comptes en avril 1770 ; il avait vingt-huit ans lorsqu'il entra au service militaire, dans la compagnie écossaise des gardes du corps et y servit jusqu'au 14 janvier 1776, où il fut réformé conformément à l'Ordonnance, après, ainsi que le dit son congé délivré par le maréchal de Noailles, de bons et loyaux services ; il fit, avec la maison du roi, la guerre du Hanovre.

En 1778, Mathieu Tenant de la Tour épousa sa cousine, Madeleine Rempnaud de Vialette, veuve de Martial Delignat Lavaud ...

En 1793, Mathieu Tenant de la Tour, avait soixante-quatre ans, malgré son âge avancé, transporté d'indignation à la nouvelle de l'assassinat juridique du roi, qu'il avait gardé à son sacre, comme garde de la manche privilège qui appartenait au plus ancien garde de la compagnie écossaise, il se disposait à joindre l'armée des princes, lorsque plusieurs de ses parents et de ses nombreux amis s'opposèrent à son départ, on le descendit presque de force de son cheval ; malgré sa position nobiliaire et ses sentiments bien connus de royalisme, Mathieu ne fut pas persécuté, défendu qu'il était par plusieurs hommes de la révolution qui lui étaient sincèrement dévoués ; mais son pauvre château de la Tour n'échappa à la tourmente ; ce monument très remarquable de l'architecture du moyen-âge, était par les lois de l'époque, protégé contre la destruction ; la Tour servait d'escalier, le rez-de-chaussée était habité par un colon, mais les gens de Châlus, ardents révolutionnaires, dénonçaient l'existence de ce vieux manoir comme dangereuse pour la sûreté publique ; ils disaient qu'ils étaient convaincus des intentions pacifiques du propriétaire ; mais que des gens mal intentionnés pouvaient s'en saisir ; ils menaçaient de le démolir eux-mêmes, si M. de la Tour le laissait subsister ; il fut donc obligé de le faire démolir et de faire bâtir une maison pour son colon, qui occupait le bas du château. La Tour avait cinq étages, à chacun se trouvait une immense chambre et un grand cabinet ; on en voit encore les ruines qui s'élèvent sur la rivière d'Isle au-dessus de l'écluse. Lorsque Mathieu mourut, aimé et vénéré de toute la population comme il l'était dans sa famille, il était sur le point d'achever sa quatre-vingt-dixième année ...

Extrait : Notice sur les Tenant de La Tour, 1550-1875 - par Ch. de La Tour - 1886

 

LE CHALARD1

 

LA MAISON DES ANGLAIS


Cette maison englobait à l'origine la maison sur la rue et celle située à l'arrière. La cave et le rez-de-chaussée datent du XIIe siècle et le premier étage du XIIIe.

A l'extérieur, un escalier conduit à la porte de la cave avec sa triple voussure en arc brisé. Le rez-de-chaussée est percé de deux larges fenêtres ogivales. Au premier étage, s'ouvrent deux ensembles de baies géminées avec triples voussures soutenues par trois colonnes et leurs chapiteaux.

L'intérieur, non accessible aux visiteurs, est typique de l'époque : une cave voûtée avec deux croisées d'ogives et, dans les étages, des vestiges du passé (poutres soutenues par des corbeaux, niches dans les murs ...)

L'occupation de cette maison par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans est sans doute à l'origine de son nom.

Si la façade est typiquement celle des maisons de commerçants du Moyen-Âge, la présence de la descente d'escalier est peu compatible avec cette hypothèse.

La Maison des Anglais est inscrite aux Monuments Historiques. (Informations trouvées sur place)

 

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LA VIERGE A L'ENFANT

La statue est placée dans une niche sur la façade de la maison du 15 rue de l'Église. Elle est taillée dans un calcaire beige clair.
La Vierge assise tient sur son bras gauche l'Enfant assis. Elle est vêtue d'une longue robe et coiffée d'un voile surmonté d'une couronne. Par contre pour l'Enfant, l'iconographie est incertaine : l'Enfant, qui porte une robe, tient un livre ouvert à deux mains, rappelant plutôt l'Éducation de la Vierge !

La statue est à classer dans le roman tardif au XIIIe ou XIVe siècle. Endommagée à la suite d'une restauration sommaire, elle a été restaurée en 2012.

En invoquant cette statue, on guérissait les maux de dents et l'efficacité du traitement était améliorée en déposant une obole dans la petite ouverture carrée située sur le mur, au rez-de-chaussée de la maison, en dessous de la statue. (Informations trouvées sur place)

 

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LA FONTAINE SAINT-GEOFFROY

Ensevelie au cours des années 1950, elle a été restaurée à l'identique en 1990. Une niche creusée à flanc de colline recouvre un puits où l'eau affleure à faible profondeur.

Elle est certainement d'origine païenne. Puis au Moyen-Âge, après la christianisation, elle a été dédiée à saint Geoffroy, fondateur du prieuré du Chalard. C'est une "bonne fontaine" dont l'eau guérit de l' "oppresseux", asthme et maladies pulmonaires, et du "zinzazou", maladies mentales et convulsions. Après leurs dévotions, les croyants laissent des ex-voto près de la source. (Informations trouvées sur place)