acte naissance Joseph Frain

 

JOSEPH FRAIN naquit le 10 juillet 1758, à Avranches, où il exerça les fonctions de médecin et dont il fut maire.
Sous la Terreur, devenu l'agent national du District, il se signala par son jacobinisme et par ses fameuses lettres de recommandation. Nous nous contenterons de citer la dernière que nous ayons vue de lui, laquelle le fera suffisamment connaître :


Avranches, 15 ventôse l'an 2me de la République Une et Indivisible (5 mars 1794).
Liberté, Égalité, Unité et Indivisibilité de la République

L'AGENT NATIONAL PRÈS LE DISTRICT D'AVRANCHES AUX CITOYENS COMPOSANT LA COMMISSION MILITAIRE ÉTABLIE A GRANVILLE

Je vous adresse le nommé Gérard ; je n'ai aucunes pièces contre lui, mais interroges le, il vous avouëra qu'il a servi dans l'armée des rebelles ; c'est le hazard qui m'a fait découvrir qu'il existait encore ; voici son histoire :
Ce Gérard faisait partie de l'armée des Brigands, il était logé pendant leur séjour à Avranches chez le citoyen Majorel. L'un et l'autre vinrent à l'administration le jour même de l'arrivée de l'armée de Sepher, dont le citoyen Laplanche dirigeait les mouvements ; Gérard déclara qu'il avait toujours désiré quitter cette armée, qu'il n'avait pu en trouver les moyens, qu'ils s'étaient présentés à Avranches, et qu'il s'était empressé de les saisir ; cette déclaration fut même, autant que je peux me le rappeler, consignée sur une feuille volante, nos registres n'étaient pas encore arrivés à Granville, elle fut remise au citoyen Laplanche, plusieurs brigands furent arrêtés, mis en prison et par ordre du représentant et du grand prévost fusillés le lendemain. J'avais lieu de penser que ce Gérard avait fait le pas avec les autres ; j'apprends, il y a deux jours, qu'il existe encore je m'empresse de vous l'envoyer ...

Salut et Fraternité,

FRAIN.


Faisant preuve de sentiments plus justes et plus humains que l'Agent national, la Commission militaire de Granville elle-même, instituée pourtant par Le Carpentier, acquitta ce Hyacinthe Gérard, âgé de 42 ans, de Guer (district de Ploërmel), ancien ouvrier peintre qui, pris par les Vendéens à Varades, lors de leur passage de la Loire, avait été par eux amené à Avranches où ils l'avaient, en partant, oublié. Suivant l'expression de Frain, il n'avait pas sauté le pas lors des exécutions sommaires [que l'armée républicaine avait accomplies à Avranches] des blessés et traînards de l'armée vendéenne, laissés derrière elle dans sa retraite.

L'Empereur ne fit pas moins de Joseph Frain un chevalier de l'Empire, sous la dénomination de la Touche, par lettres patentes du 12 novembre 1809, et un baron, par nouvelles lettres du 31 décembre 1809. Il avait été nommé Chevalier de la Légion d'Honneur et préfet des Ardennes.

N'ayant pas constitué son majorat, son titre était tout personnel, non transmissible à sa descendance.

[Décédé le 26 décembre 1840 à Avranches (50)]

Revue de l'Avranchin - Tome XIII - 1906

 

acte décès Joseph Frain

 

Baron Joseph Frain légion d'honneur

 

Services de M. Frain, Préfet du Département des Ardennes

En 1790, Capitaine de la garde nationale de la ville d'Avranches, Département de la Manche.
En 1790 et partie de 1791, Maire de la même ville.

En 1791, Administrateur du Directoire du District d'Avranches, nommé par l'Assemblée Électorale.

En 1792, appelé par la même assemblée, aux fonctions de Procureur Syndic du même district. Il a rempli cette place, jusqu'à la mise en activité de la Constitution de l'an 3, époque à laquelle il a été nommé par le Directoire Exécutif, son Commissaire près l'Administration Centrale de la Manche. Il a rempli ces diverses fonctions sans aucune interruption, jusqu'en l'an 7, qu'il a été nommé Représentant au Conseil des Anciens et ensuite, par Arrêté du 11 ventôse an 8, Préfet du Département des Ardennes.

En tout 14 années de Services, sans interruption.

14 thermidor an 12.

Archives Nationales - Léonore - Dossier : LH/1022/9