CATHELINEAU

CATHELINEAU 33

 

On lit dans le Gaulois :


Le souvenir de Jacques Cathelineau, le colporteur devenu généralissime de l'armée vendéenne, dont on inaugurait hier la statue, est resté vivant parmi les populations poitevines.
Le fils d'un fermier des environs de la Châtaigneraie, dont le père, M. Suyrs, mort à cent sept ans, avait combattu sous les ordres du généralissime, nous contait cette anecdote qui explique le surnom du "saint d'Anjou" que les Chouans avaient décerné à Cathelineau.


Le soir de la prise de Cholet, les Blancs avaient enfermé les nombreux républicains qu'ils avaient fait prisonniers dans les caves d'une auberge de la ville où Cathelineau s'était installé avec son état-major.


Les paysans avaient, durant la nuit, copieusement fêté leur succès ; exaltés par les libations, ils avaient résolu de massacrer les prisonniers.


Ils envahirent en masse la salle basse de l'auberge en criant : "A mort les bleus !"


Déjà les plus acharnés s'efforçaient d'enfoncer la porte de la cave quand Cathelineau, réveillé par le tumulte, incomplètement habillé, sans armes, se précipita au milieu d'eux, écartant les forcenés qui, ne se possédant plus, le menaçaient.


Il ouvrit lui-même la porte de la cave, et se mettant en travers de l'escalier, s'écria :
- Vous me tuerez avec eux, alors !


Les paysans, domptés, s'écartèrent en grommelant ; Cathelineau, par son courage, avait empêcher un massacre. ...

(Morbihan - Lettres - Arts - Tourisme - Mars-Avril 1933)