La Tessoualle vue

PERRINE GOURAUD

Fille pieuse, demeurant chez son frère, Pierre Gouraud, à la Tessoualle, près Cholet, donna des preuves éclatantes de sa Foi et de son attachement à la religion catholique, lorsque les soldats de l'impie Convention ravagèrent cette province, en 1793.

Elle fut arrêtée par eux, avec son frère et l'aîné de ses deux neveux. On les conduisit dans les prisons de la ville d'Angers, où venoit d'être établie, par les proconsuls, une commission militaire chargée de faire fusiller tous les Vendéens que le fer des soldats n'auroit pas moissonnés ; et cette commission fit périr de la même manière Perrine Gouraud, avec son frère, et le fils de celui-ci, comme encore dix-sept chefs de famille, accompagnés aussi de leurs enfants : d'où il résulte que le calcul des Martyrs, bornés à ceux que nous nous nommons dans notre ouvrage ; n'en renferme pas, à beaucoup près, le véritable nombre.

Le second fils de Pierre Gouraud, nommé Louis, fut massacré aux Aubiers, par les soldats de la Convention, à la même époque.

Les martyrs de la foi pendant la Révolution française .. Volume 3 - par M. l'abbé Guillon - 1821

 

LYS

INTERROGATOIRE DE PERRINE GOURAUD DE LA TESSOUALLE


D. - Quel est votre nom, âge, qualité, demeure ?
R. - Je me nomme Perrine Gouraud, fille, âgée de 58 ans, je demeure à la Tessoualle et j'y suis née.
D. - Savez-vous le motif de votre arrestation ?
R. - Je n'en sais rien.
D. - Avez-vous été chercher du pain pour les rebelles ? Et avez-vous été dépositaire ?
R. - Il en a été apporté chez moi, et ma domestique le distribuait aux pauvres.
D. Avez-vous été à la messe de votre curé constitutionnel ?
R. - Non, j'en aurais été bien fâchée.
D. - Avez-vous été à la messe des prêtres réfractaires pendant que votre paroisse était au pouvoir des insurgés ?
R. - Oui, j'y ai toujours été.
D. - Avez-vous porté des signes extérieurs de rébellion comme cocarde blanche ou Sacré Coeur ?
R. - Seulement un Sacré Coeur.
D. - Avez-vous logé chez vous des chefs de brigands et des prêtres réfractaires ?
R. J'ai eu chez moi pendant 3 ou 4 jours le nommé Duval qui était un prêtre réfractaire.


"La Gouraud est notoirement reconnue pour une contre-révolutionnaire, qui a fait tout le mal possible au pays". (Rousseau, Anteract, Clémanceau, Macé, etc ...)


Perrine Gouraud, envoyée à Angers le 1er février, fut fusillée le 10 février 1794 au champ des Martyrs.


(Extrait : Alphonse Goguet de Boishéraud - Antoinette Deslandes de Bagneux et La Guérivière - par Pierre de Boishéraud - 2011)