VENDÉENS, "AUX ALOUETTES" POUR L'HOSTIE ! ...

Mont des Alouettes Les Herbiers


La première pierre de la chapelle fut bénite en 1825, par Mgr Soyer, alors évêque de Luçon, à la place marquée par une princesse, dont le nom, dit le procès-verbal, était synonyme de vertu, de piété et de bonté, la duchesse d'Angoulême.

Cette place, elle l'avait choisie elle-même, deux ans auparavant, le 18 septembre 1823, lors de son passage à travers la Vendée.

Au jour de la bénédiction, toute la Vendée catholique et guerrière se trouvait là, groupée autour de son évêque. Plus de 15.000 personnes, pour un grand nombre vétérans de la fière épopée, se pressaient derrière les représentants des illustres généraux : M. le Comte de la Rochejaquelein, frère d'Henri ; M. Charles de Sapinaud, lieutenant-général des armées du Roy.

Plusieurs d'entre eux portaient encore les armes redoutables : fourches, faux, mauvais fusils de chasse ... qui avaient épouvanté les armées de la Révolution.

Mme la Vicomtesse Agnès de Curzay, née de Lespinay, au nom de son Altesse Royale, Mme la Dauphine, pose la première pierre.

Les travaux, arrêtés par la Révolution de 1830, n'ont pas été repris.

Mais la gracieuse silhouette continue d'inspirer les poètes de chez nous. N'est-ce pas M. Paul Fillon dans son ouvrage "Ma Vendée, son visage", qui lui dédie ce sonnet :


Il est seul au sommet comme un triste banni,
Le souvenir votif de nos luttes guerrières.
Jamais depuis cent ans, les ailes des prières
N'ont trouvé dans le coin du choeur vide, leur nid.

Par nul geste fervent le seuil ne fut bénit.
Ses reflets lumineux fleurissent sur les pierres.
Quand l'aurore et le soir, aux splendides verrières,
Ornent l'arceau gothique et les murs de granit.

Mais le cintre léger de la porte ogivale
Domine le bocage immense qui dévale
Là-bas, parmi la verte et sombre frondaison
On voit dans les soirs clairs où le lointain recule,
Deux phares, les gardiens du limpide horizon ;
Ils percent de leurs feux, le profond crépuscule ...

 

Pour la bénédiction d'une première pierre, ils étaient là 15.000, nos anciens, les infatigables "Chevaliers en sabots".


Combien seraient-ils demain pour acclamer l'hostie, l'hostie pour laquelle ils se faisaient hacher, sans broncher, ... surtout avec nos moyens de locomotion moderne ?
Sont-ils morts ? ...
Ou bien vont-ils se reconnaître en nous, en cette journée, où leur Vendée est conviée à magnifier un Dieu ? ...
Sont-ce vraiment leur foi enthousiaste et leur piété profonde qui feront déferler vers leur chère colline la foule de leurs enfants, racés de croyants intrépides ? ...


Vendéens, à vous de répondre !
Aux Herbiers, le 4 août, pour glorifier notre Dieu de toujours !!

 

Extrait : Journal La Voix de la Vendée - 1936 - n° 25 - septième année - Dimanche 21 juin.

1936

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