Supplice du Quatre-Piquets

 

Dans un article du Journal de la Révolution, du14 janvier 1831, ... on trouve la note suivante :


"On ne se fait pas une idée en Europe d'un quatre-piquets. L'homme ou la femme, car le sexe n'est pas respecté, est couché à plat ventre par terre ; ses mains et ses pieds sont liés et on les attache à quatre piquets de fer qui tiennent au pavé et qui sont placés à une certaine distance l'un de l'autre. Le patient est étendu et reçoit sur les fesses les coups qui lui sont appliqués avec toute la force du bras. Chaque coup emporte la peau et le sang jaillit."


Ce châtiment, qui peut être ordonné par un simple commissaire de police, a souvent lieu dans une place publique aux heures où il s'y trouve le plus de monde ; cette précaution ayant pour objet d'avilir et de flétrir davantage la victime aux yeux de la populace. C'est le jour du marché surtout que l'exécution a lieu, et là, la femme est exposée à moitié nue aux regards de ceux qui ont l'impudence d'assister à cet horrible spectacle, et sa chair est déchirée par l'exécuteur qui frappe avec un fouet de huit à dix pieds de longueur.


On a vu des maîtres d'esclaves, par un raffinement de cruauté, faire creuser des trous dans la terre pour contenir la rotondité du ventre de la femme enceinte qu'ils font fouetter. Ce supplice a plus d'une fois provoqué et causé l'avortement, et la justice a dû se taire puisque le maître a le droit d'infliger le châtiment du fouet à ses esclaves des deux sexes.
Ainsi voilà un crime horrible explicitement autorisé par les lois coloniales.

Extrait : Procès d'un patroné de la Martinique [signé : Fabien] - Imprimerie de Dezauche - Paris - 1833