CHOUANS 4

 

LES AGENTS PROVOCATEURS SOUS LA GRRRANDE RÉVOLUTION

 

Les agents provocateurs jouèrent un grand rôle dans la répression de la Chouannerie. Ces diables de Chouans se battaient comme des lions et ce n'était point chose facile de les vaincre. Plus de cent généraux - dont quelques-uns furent des types de brutes inoubliables - y usèrent en vain leurs culottes, et Hoche lui-même faillit y perdre son génie. Alors, ne pouvant les vaincre par les armes loyales, on essaya de les rendre odieux et de les déshonorer.


Des brigades de Faux-Chouans ou Contre-Chouans furent embauchées. On donnait pour solde à chacun de ces brigands un assignat de cinq livres par jour, ce qui leur valut le sobriquet de Cent-Sols. La consigne était de piller, voler, incendier, assassiner, de faire enfin tout ce qui était de nature à exaspérer les populations contre les vrais chouans.


Pour que la méprise fût possible, les faux-chouans durent naturellement emprunter aux chouans véritables leur costume. Mais, comme presque toujours en pareil cas, ils dépassèrent le but et furent des chouans trop "nature" :


"Ces Contre-Chouans se distinguaient par l'exagération de leur costume : chapelet au cou, scapulaire sur la poitrine, profusion de plumets et de rubans blancs au chapeau ; ils étaient la charge plutôt encore que la copie des Chouans véritables. Mais ils ne se bornaient pas à ces manifestations grotesques, ils enchérissaient sur les crimes qu'ils devaient réprimer."


Et un peu plus loin ce document qui fait honneur au vieux jeu républicain.


On est sûr de faire tressaillir d'aise les bons petits coeurs de Lasserre et de Flandin en reproduisant cette lettre que Sotin, ministre de la police du Directoire écrivait à Oudard le 13 mars 1798 :


"Il faut que la Chouannerie soit déshonorée dans ses oeuvres vives ; les ministres de l'intérieur et de la guerre vous donnent des instructions dans ce sens. Moi, je vous annonce quelques centaines d'hommes d'exécution que vous pouvez employer à tout ! ...
Qu'ils soient barbares en criant : Vive le Roi ! ... en priant le ci-devant bon Dieu ! ... Faites dresser des procès-verbaux horribles par les compères des administrations départementales et qu'on nous adresse tout cela saupoudré de larmes ; le reste me regarde."


Voilà les moyens infâmes que la glorieuse République de 93 employait contre nos vaillants ancêtres, qui se battaient pour la Sainte Liberté !


Voilà les sales héros révolutionnaires à qui on élève des statues !


Et l'on croit nous faire honte en nous traitant de Chouans ! Mais, vils bandits, souvenez-vous donc des crapules sans honneur que vous revendiquez !


Est-ce que vos Danton, vos Marat, vos Robespierre valaient le plus assassin des Anarchistes ?

X.H.
Extrait : La Croix du Morbihan - 4e année - N° 36 - Samedi 1er septembre 1894