ROCHESERVIÈRE - 1931

RESTAURATION DE LA CHAPELLE SAINT-SAUVEUR

Les habitants de Rocheservière ont appris avec joie que la chapelle Saint-Sauveur, ancienne église paroissiale, qui, depuis quelques années menaçait ruines, est, sur l'initiative de personnes généreuses, sur le point d'être entièrement restaurée. Ils en suivirent, avec le plus vif intérêt, les travaux de réfection et d'aménagement. L'excellente idée d'ouvrir une porte sur le cimetière facilite l'accès du sanctuaire et fait plaisir à tous.

 

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Cette ancienne église, autrefois chapelle d'un prieuré, devint après la Révolution le centre paroissial. Elle remplace trois autres églises détruites pendant la tourmente : celles de Saint-Christophe-la-Chartreuse, la Grolle, et Notre-Dame de Rocheservière. A dater de cette époque, les quatre paroisses n'en formèrent désormais plus qu'une seule, celle de Saint-Sauveur. L'église actuelle, construite en 1854 et placée sous le vocable de Notre-Dame, remplace aujourd'hui l'humble chapelle devenue trop étroite pour contenir la population des quatre paroisses disparues.

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Quelques anciens, se faisant de plus en plus rares, se plaisent encore à évoquer les pieux sentiments que leur rappelle l'église de leur enfance. Il aurait été particulièrement pénible de voir un lieu si plein de touchants souvenirs, affecté à un usage profane ou disparaître complètement. Entre temps, la dite chapelle est devenue la propriété de la communauté des Religieuses de Mormaison.


Rocheservière retable St-Sauveur

L'intérieur de la chapelle, quoique très simple, n'est pas dénué d'un certain intérêt. Le bel autel en marbre rouge et le retable qui le surmonte, auraient appartenu à l'ancienne église de Saint-Christophe. Ce retable, sculpté à la main par un habitant du pays, peut-être un religieux, du monastère de Grammont, aurait, dit-on, une certaine valeur technique et historique. La peinture, aux tons très doux, s'est étonnamment conservée. On peut voir, dans le réduit qui fut l'une des sacristies de la vieille église, le tabernacle en marbre blanc de l'ancien Maître Autel. C'est aussi l'occasion de rappeler que le carillon paroissial possède la cloche de l'église de Saint-Christophe, fondue en 1774 et qui fut en 1793 soustraite aux Bleus et cachée dans la rivière au lieu dénommé, depuis, le Trou de la Boulogne. La croix processionnelle paroissiale, en argent, proviendrait, dit-on, de la même église de Saint-Christophe.


Des personnes, paraissant informées, se font l'écho de certains bruits fixant à une date prochaine, l'inauguration de la chapelle restaurée et assurent que la cérémonie revêtira un caractère de solennité inattendue.


Quoi qu'il en soit, les paroissiens de Rocheservière se félicitent de cette heureuse restauration et à l'appel de leur vénéré Pasteur, seront heureux de se réunir à nouveau dans ce lieu béni, témoin de si émouvants souvenirs, d'y assister de temps à autre à la sainte Messe et de prier là où ont prié ces aïeux, à la foi ardente, qui ont versé leur sang pour la plus noble et la plus sainte des causes, est bien faite pour leur suggérer des résolutions de fidélité, d'indéfectible attachement et de soumission absolue à l'Église du Christ et à son Chef vénéré et aimé. Ici, le passé est garant de l'avenir.

 

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Extrait : La voix de la Vendée - 1931