BEAULIEU-SOUS-BRESSUIRE

 

 

Beaulieu-sous-Bressuire 3

 

 

A Beaulieu, la Petite Église a pour mère Mlle de La Haye-Montbault. M. Hélie, curé de Bressuire la visite souvent, avec l'espoir de la ramener à l'unité. Il perd son temps et son éloquence. La châtelaine de Beaulieu lui paraît "une âme droite et de bonne foi, mais peu instruite de sa religion et très imbue des privilèges de l'ancienne noblesse. Elle reçoit le prêtre catholique correctement ; elle apprécie son zèle, sa bonté et sa prudence ; elle s'amuse de ses spirituelles réparties. Mais, quand le curé, après maints tours et détours, en arrive aux questions brûlantes, il se trouve devant un roc plus inébranlable que le donjon de Bressuire.

Tant qu'un prêtre dissident exerça dans l'eglise de Beaulieu, Mlle de La Haye-Montbault se rendit aux offices de la paroisse. Lorsqu'un desservant, nommé par l'évêché, fut installé au presbytère, la châtelaine cessa d'aller à la messe. Elle ouvrit alors une chapelle à quelques pas de sa maison (Mlle de La Haye-Montbault habitait "la Prévôté", tout près de l'église), et s'occupa activement d'y attirer un ecclésiastique non-conformiste. La chose n'allait pas sans difficulté, par suite de l'hostilité conjuguée de l'évêché et de la préfecture. Mlle de La Haye-Montbault ne se rebuta pas. Elle écrivit aux quatre coins de France. Le premier prêtre qu'elle réussit à implanter à Beaulieu fut un certain Lethellier. C'était en 1829. Cet étranger, aux moeurs plus que douteuses, resta cinq ans dans la paroisse. 

La châtelaine tenait pour calomnies tout ce qu'on lui disait de la conduite de ses aumôniers. Ozouf succéda à Lethellier, et ne valait pas mieux. En 1840, un certain Georges se fit agréer par la dame à titre de Chapelain. C'était un dévoyé de la pire espèce. Il eut tout loisir, grâce à l'aveuglement de sa protectrice, de voler les fidèles et de pervertir l'enfance et la jeunesse. Un jour, les gendarmes de Bressuire emmenèrent Georges, menottes aux mains en prison. Il avoua qu'il n'était pas prêtre ! Il fut convaincu de divers crimes contre nature. On le condamna à dix ans de travaux forcés. Le scandale fut tel que la plupart des habitants abandonnèrent la Petite Église. Mlle de la Haye-Montbault, presque seule, s'obstina. Elle mourut dans le schisme, le 2 juin 1846 (à l'âge de 75 ans - célibataire). (Arch. de l'évêché de Poitiers. Enquête de 1902) 

(Extraits de La Petite Église - par Auguste Billaud)

 

acte décès Catherine La Haye-Montbault

 

la chaounière - Beaulieu-sous-Bressuire cadas

 

Vers 1830, une demoiselle Catherine de la Haye-Montbault, personne très charitable appartenant à la secte religieuse des Dissidents, s'émut de l'ignorance profonde dans laquelle grandissaient les enfants, fit bâtir une maison dans sa ferme de la "Chaounière" et y établit pour l'instruction des enfants des deux sexes, deux institutrices congréganistes, dissidentes comme elle.

Ces soeurs ayant quitté la commune quelques années après, Mlle de la Haye prit sous sa protection un jeune homme du pays, également dissident, nommé Jean-Baptiste Maingret, le fit munir du brevet de capacité et l'installa dans une maison du bourg en qualité d'instituteur libre.

Maingret fut nommé instituteur communal à la mort de sa bienfaitrice, en 1816 ; mais, en 1832, il fut contraint de donner sa démission, pour avoir refusé, en sa qualité de dissident, de prêter le serment exigé des fonctionnaires par le Gouvernement impérial.

Extrait :
L'école primaire dans les Deux-Sèvres par P. Dauthuile - 1904