De toutes les communes environnantes, Treize-Septiers est la plus pauvre en "Maisons nobles".

LES GANUCHERES

 

La plus importante était aux Ganuchères ; il ne reste de château féodal que quelques pans de murs, dont l'un supporte encore une immense cheminée, une petite partie du donjon solidement planté sur sa base de granit et tout emmailloté de lierre, une grande porte cintrée en pierres de taille et un souterrain qui ne peut être complètement exploré par suite d'effondrement de la voûte.

 

Le premier seigneur de ce fief dont le nom nous est parvenu est Jean Morin qui rend aveu des Ganuchères le 8 septembre 1437. Vient ensuite  Nicolas Morin, le 27 septembre 1473. Julien de la Roche Saint-André, d'une famille originaire de Bretagne et établie à la Grande Roche de Saint-André Treize Voies, (d'où le nom) prit possession des Ganuchères en 1505 ; il épousa Jacquette de Lacour-Lagrise.

Pierre, leur fils unique, épousa, en 1551 Catherine Réguon. C'est ce Pierre qui fit don à l'église de Treize-Septiers de la belle croix processionnelle que nous connaissons. Le 14 mai 1567, leur fils Gabriel épousa Marguerite Boisseau. Ce seigneur prit part à la guerre de la Ligue sous Henri III et Henri IV. En 1590, son château des Ganuchères fut pris et dévasté et lui-même, ruiné, emprisonné au château de Nantes. Il est à croire que les Ganuchères ont cessé, dès cette époque, d'être habités par les seigneurs du lieu qui se réfugièrent à Montaigu où l'on retrouve les membres de la famille de la Roche St-André jusqu'à la Révolution de 1793.

Gilles de la Roche Saint-André

Gabriel de la Roche St-André, Seigneur des Ganuchères, et Marguerite Boisseau eurent un fils : Julien, époux de Françoise Giguet, donnant naissance à Julien, marié à Madeleine Bertrant du Ligneron - sans postérité - et à Gilles, chef d'escadre sous Louis XIV, né en 1621. Il se maria, vers 1653, avec Gabrielle Brigitte d'Escoubleau du Sourdis, nièce du célèbre Cardinal Archevêque de Bordeaux qui fut ministre de la Marine sous Richelieu. Gilles, après avoir été l'un des marins les plus expérimentés de son temps, mourut sur son navire en juin 1668 et fut inhumé à Vigo en Espagne ; son coeur embaumé fut rapporté à Montaigu et enterré dans l'Église St Jean. On ne l'a pas retrouvé lors de la reconstruction de l'édifice en 1863. Ce célèbre marin ne fût pas seigneur des Ganuchères, mais l'aîné de ses enfants : Louis-Gilles hérita du titre de son oncle Julien.

Louis-JOachim de la Roche Saint-André

Louis-Gilles, né à Montaigu le 22 mars 1666, baptisé par l'Évêque de Luçon, Nicolas Colbert, frère du grand Ministre, fut capitaine de vaisseau ; marié en 1699, à Charlotte de St-Léger, il est mort à Montaigu le 27 juin 1732. Ils eurent 4 enfants, dont Pélagie qui épousa Louis-Charles Duchaffaut, seigneur de Melay, amiral, mort en prison à Nantes, victime de la révolution - et Louis-Joachim, prêtre distingué, reçu bachelier en Sorbonne ; il combattit le jansénisme avec tant d'ardeur qu'il eut des démêlés avec son évêque l'obligeant à quitter le diocèse de Nantes pour aller à Dax en qualité de Vicaire Général. La révolution de 1793 le trouva à Montaigu où il possédait une maison ; mais ne s'y sentant pas en sécurité, il vint se cacher chez ses fermiers à la Basse Bourie. Chaque jour ou très fréquemment son domestique ; Hilaire Robin, allait faire des provisions à Montaigu. On remarqua cet homme ; il fut suspecté, arrêté et interrogé ; on lui promit la vie sauve s'il révélait l'endroit où s'était réfugié son maître. Le domestique, ne songeant qu'à sa vie, livra le secret demandé. Le malheureux prêtre, âgé de 88 ans, fut pris sans peine à la Basse Bourie, à la fin de l'année 1793, emmené à Nantes à la prison du Bouffay, condamné à mort et guillotiné le 20 décembre 1793. Le traître ne bénéficia nullement de sa trahison car les révolutionnaires foulant aux pieds leurs promesses, le fusillait bientôt sans pitié.

Charles de la Roche St-André, frère de l'Abbé, porta le titre de seigneur des Ganuchères. Il servit d'abord dans la marine, démissionna et s'acquit  une certaine notoriété comme syndic général des Marches de Bretagne et du Poitou. Il se maria quatre fois. L'un de ses fils : Henri-Charles, fut le dernier seigneur des Ganuchères. En 1790, il épousa Augustine Duchaffaut, petite fille de l'amiral. Enseigne de vaisseau, émigré, il prit part à l'expédition de Quiberon, échappa à la fusillade et retourna en Angleterre d'où il revint en 1796. Nommé Chevalier de St Louis, il se distingua dans les dernières luttes de la Vendée et fut blessé, en novembre 1799, dans un combat engagé, près de Melay, contre la division de Montaigu. Le 17 juin 1815, il était nommé commissaire du roi, près des armées de Bretagne et de Vendée, député en 1823, en 1830, il rentra dans la vie privée et se retira dans sa terre de Chambrette (Landes-Génusson) où il vécut en ermite et mourut le 20 juin 1836.

Après la révolution, les Ganuchères furent achetées par M. Robert Billard, de Nantes, par suite d'une alliance avec la famille Demangeat, cette dernière est devenue propriétaire de ce domaine.

 

Papinière1817

 

LE MANOIR DE LA PAPINIÈRE, dont il reste encore quelques vestiges (une maison et une grange) appartenait en 1500, à la famille de Gastinaire (Gastinara) d'origine Piémontaise ; l'un de ces seigneurs fut chancelier de Charles Quint. Ils s'établiront d'abord à la Preuille en St-Hilaire de Loulay, passèrent au calvinisme et furent d'ardents promoteurs de la religion nouvelle. En 1667, le titre de seigneur de la Papinière était porté par Claude de Gastinaire. Ses armoiries étaient "d'azur à deux os de mat d'argent posés en sautoir, cantonnés de quatre fleurs de lys d'or." La famille de Chabot du Parc possédait ce fief en 1793, la Papinière ayant subi alors le sort de la  plupart des propriétés nobiliaires. Elle fut acquise par M. Paul Coyaud qui la laissa à son fils Diodème. La petite gentilhommière située non l'ancien manoir a été bâtie par ce dernier. L'horloge de l'église est un don de M. Diodème Coyaud.

 

Une maison noble, jouissant du droit de basse justice, s'élevait à la Courtinière. Il n'y eut jamais là de château féodal, mais seulement une importante gentilhommière habitée par des cadets de famille dont les aînés, résidaient dans les superbes demeures du voisinage.

En 1793, ce fief comprenant aussi l'Auvergnaie, était la propriété de Michel Servanteau, époux de Yolande Baudry d'Asson. Ce seigneur, extrêmement riche, habitait l'Échasserie, et bien qu'ancien chevau-léger du roi, il s'était épris des idées révolutionnaires. Nommé maire de la Bruffière, il ne tarda pas à mécontenter ses administrés restés fidèles à Dieu et au Roi, si bien qu'après avoir pris  d'assaut son château fortifié, ils l'emmenèrent de vive force sur la place de la Bruffière, où il fut "tué à coups de fusils et de baïonnettes".

Quinze jours après la célèbre bataille de Torfou, le 6 octobre 1793, 8.000 mayençais, commandés par Kléber, attaquèrent, près de la Courtinière, en avant de St Symphorien, une partie de l'armée vendéenne dirigée par Bonchamps, et venant de Tiffauges. La bataille dura deux heures. Numériquement plus faible, de Bonchamps dut reculer jusqu'à l'Échasserie, perdant deux pièces de canon, un officier et trois à quatre cents hommes tués.

Kléber, pour célébrer sa victoire, fit mettre le feu à toutes les fermes et bourgs sur son chemin et aux alentours (il retournait camper à Montaigu), St Symphorien, la Courtinière, Asson, la Potinière, l'Avergnaie, la Fuchelotière (?), la Lande, la Chardonnière, la Cheverrière - Au bourg de Treize-Septiers, il n'y eut que trois ou quatre maisons qui échappèrent à l'incendie.

AD85 - Bulletin paroissial - 1949