Bagnac château 87

 


Né le 26 et baptisé, le 30 juillet 1753 ; il reçut pour parrain son grand oncle, Jean Saint-Martin, écuyer, seigneur de Sarzay, et marraine, Louise Blondeau.


Sous le prénom de Jean-Baptiste qui parfois lui était donné à tort, outre que cela accroît les occasions de confusion de ses faits et gestes avec ceux de son cadet Jean-Baptiste, notre chef de nom et armes, Jean III, servit 3 ans dans les pages de la grande écurie du roi, où il entra en juillet 1771, et de là fut mousquetaire le 5 mai 1774, en la 2e compagnie du Comte de Montboissier dont il eut certificat très flatteur, pour y avoir servi "depuis 1774 jusqu'au licenciement de la compagnie, le 23 décembre 1775, avec honneur et exactitude". ...


Le 23 avril 1782, il épousa Marie-Anne de Lévis-Gaudiès, fille de "haut et puissant J.-Chrisante, marquis de Lévis ...


A une date non indiquée, mais à l'ouverture du branle-bas révolutionnaire, satanique et maçonnique dans ses agents, diabolique dans son but comme dans tous ses actes de division, férocité, corruption, vol officiel, suppression de tout lien entre les hommes, Jean et Michel de Saint-Martin frères exposent aux officiers municipaux d'Arnac-la-Poste qu'ils ont une Xme de 45 sétiers seigle au Martineix, y compris le dixmerot de Commargnac, et 46 set. sur Le Braule, etc., plus un charnage de 24 agneaux et 8 cochons de lait ; et 2 domaines au Martineix, dîmés par autres qu'eux-mêmes coseigneurs. Ils leur demandent donc l'estimation de cette Xme pour la rapporter aux administrateurs du Dorat et se faire liquider. La comptabilité du régisseur séquestre des biens de l'émigré Jean St Martin établit qu'au 24 janvier 1793, 22 pauvres vivaient à Bagnac, à raison d'1 liv. 1/2 de pain par jour.


La Nation franc-maçonne, le 12 pluviôse an 2, jeta en pâture à ses adeptes, à bas prix, moyennant 22,000 l. en moyenne par domaine mais selon un prix en papier-monnaie de singe, fictive et si variable qu'on ne saurait fixer ici aucune évaluation, les domaines suivants, adjugés à l'enchère simulée, sous la pique homicide coiffée de l'ignoble bonnet phrygien d'esclave ivre. Qu'on se rassure ! Nous tairons les noms des acquéreurs, dont quelques-uns d'ailleurs, grâce à Dieu, restituèrent ou compensèrent plus tard. ...


Jean III, sorti du royaume, fit la campagne de 1792 dans les mousquetaires noirs, 2e compagnie, à l'armée des princes.

 

Frotté


Rentré en France en 1799, il s'enrôla volontaire dans l'armée de M. de Frotté, division de Comarque, puis division d'Évreux, ainsi qu'il résulte d'un certificat émané de M. Hingant de Saint-Maur, du 9 fructidor an VIII. Sa remise d'armes eut lieu le 28 mai 1800 entre les mains du général Champeaux, au chef-lieu du département de l'Eure, après que son chef eut été fusillé à Verneuil.

Plusieurs fois blessé, condamné à mort, Jean de Saint-Martin subit l'incarcération au Temple à Paris, du 24 janvier 1801 au 5 juin suivant. Il esquiva la mort par la bienveillance d'un soldat de garde du parti républicain, en faction à la porte d'une église où on avait enfermé le marquis de Bagnac avec d'autres victimes destinées à périr. Au moment où partie de ses co-détenus défilait par la porte, comme il voulut suivre ce mouvement de sortie, le factionnaire contrefaisant le bourru, le prit brusquement par les épaules avec une apparente brutalité et le repoussa vers une autre porte, celle du salut, en lui criant : "Passe à l'autre, b.... ! d'aristo !" L'instant d'après, l'heureux bousculé comprit à la fusillade qui éclata de l'autre côté de la funeste porte qu'il avait pris la bonne issue grâce à un sauveur anonyme, quelque obscur compatriote ou tenancier peut-être.


Reçu maréchal des logis en pied (grade équivalent à celui d'officier supérieur) à la 2e compagnie des mousquetaires de la garde du roi, le 22 juillet 1814, le marquis de Bagnac créé chevalier de Saint-Louis à 2 mois de là, eut l'an d'après son brevet de garde-major pour tenir rang cependant, du 10 mai 1798, et fut retraité lieutenant-colonel, au 29 décembre 1815.

Son brevet de la fleur de lys fut signé le 24 août 1814.

Jean Saint-Martin, acheta en 1812 le domaine de Bellenesse de J. Lafaye. Nous avons certificat de Badou, sous-préfet de Bellac, daté du 10 fév. an X, attestant que la citoyenne Marie-Anne Lévis-Gaudiès a été rayée définitivement de la liste des émigrés, par arrêté du ministre de la police général, du 6 messidor an IX. Elle mourut le 12 janvier 1818, et son mari le 30 juin 1824, propriétaire de par la marquise, de la terre de Cuq, avec ses métairies, moulins à vent et à eau, près Astafort (Lot-et-Garonne).

Si nos épouvantables persécutions intestines de la fin du siècle dernier avaient appauvri les marquis et marquise de Bagnac, en minant pour jamais leur santé, elles ne purent affaiblir leur vaillance d'âme, trempée par le malheur même. Et l'on eut ce fortifiant spectacle d'une Lévis, forcée 2 fois de recourir le front haut à des certificats d'indigence pour les eaux minérales, tandis que d'autre part, le marquis, adonné sur le tard à la médecine, 1/2 par besoin à prévoir, 1/2 par bienfaisance et assistance ancienne des nécessiteux, obtenait certificats le 19 ventôse an 12, des maires de La Croix, Saint-Sornin, Darnac, Peyrat, St-Bonnet, et du canton de Bellac, et du dr Teytaud, de Bellac, attestant qu'il avait, lui Jean Saint-Martin, obtenu d'éclatants succès, durant 3 ans de consultations gratuites au cours d'épidémie dyssenterique en ces communes. Dumas, professeur commissaire de l'école de médecine de Montpellier, président du jury médical de la Haute-Vienne, l'avait d'ailleurs, comme il va sans dire, autorisé le 2 brumaire an 13, à continuer de donner comme officier de santé, des secours aux malades de son arrondissement.

 

LYS

 

Extrait : Notice historique de la maison de Saint-Martin de Bagnac - par J.-B. Champeval - 1897