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La Chapelle Notre-Dame de Toutes Grâces, située au creux du vallon a proximité de la rivière la Vendée, ne peut accueillir qu'une trentaine de personnes.

La légende locale raconte que cet édifice a été construit vers 1850 par une mendiant que l'on surnommait Héri.

Il aurait amassé petit à petit durant toute sa vie l'argent nécessaire pour construire cette chapelle.

Chaque année, le 15 août, une cérémonie religieuse y est célébrée.

(Informations trouvées sur place)

Vers 1840, vivait à La Chapelle-aux-Lys un mendiant du nom de Héry.

De village en village il allait, demandant un morceau de pain pour lui et quelques sous pour bâtir une chapelle à la Vierge.

Il payait en vieilles chansons ou en cantiques naïfs que les paysans de la Vendée ou du Gâtinais écoutaient volontiers, le soir, autour du large foyer de la ferme.

Souvent aussi, Héry racontait aux laboureurs émerveillés les nombreux pèlerinages qu'il avait faits - du moins le prétendait-il - toujours à pied, à tous les sanctuaires de France alors connus et fréquentés.

Petit, mais robuste, avec sa casquette de grosse laine, sa courte pipe et son long bâton de "coux" (houx), le père Héry était légendaire à plus de vingt lieues à la ronde.

Toujours quêtant, chantant et devisant, il réussit à amasser un très léger pécule. Il fit mentir le proverbe antique : pour une fois, la pauvre pierre roulante put accrocher à ses aspérités quelque maigre mousse.

Héry se rendit possesseur d'une étroite bande de terre et voulut bâtir sa chapelle à Marie. Seul, il apporta les pierres qui servirent à élever ce sanctuaire, et l'on vit le vagabond, presque aveugle, suant et peinant à pousser une petite charrette remplie de moellons, jusqu'à mi-chemin du coteau sur le flanc duquel est dressé l'humble monument de sa foi.

Tuiles, briques, bois, le vieux apporta tout, en priant la Mère de Dieu.

On raconte que des maçons, bons et chrétiens, vinrent alors en aide au pauvre, inexpérimenté. La construction terminée, Héry la plaça sous le vocable de "Notre-Dame-de-Toute-Grâce".

Il planta autour quelques sauvages arbustes, grandis maintenant, et qui répandent sur les murs blancs comme une ombre mystérieuse. La chapelle était achevée ; un misérable autel, même, avait été élevé. Mais ses ressources étaient épuisées, et le saint mendiant dut reprendre son "bissac" et son bâton de "coux", et quêter encore pour "la bonne Vierge". Et souvent, le soir, dit-on, Héry, se détournant de sa route, venait dans sa chapelle invoquer Marie. Il devait franchir la rivière "la Vendée" sur une simple planche, et jamais le pied du vieillard, dont la vue était très faible, n'eut une hésitation sur la passerelle branlante. La Mère de Dieu, visiblement, protégeait ce pauvre, son serviteur.

Le vieux vendéen ne pût cependant réaliser son voeu. Il mourut avant d'avoir donné à sa chapelle quelque ornementation digne de Celle à qui elle était dédiée. Dieu jugea que le labeur de cet homme avait été assez grand et l'appela vers Lui pour lui faire goûter l'Éternel Repos. Les dons de pieuses personnes vinrent achever ce que n'avait pu faire Héry.

(AD85 - L'Étoile de la Vendée - n° 1134 - Dimanche 12 septembre 1897).

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