Qu'était St-Michel avant la Révolution ?

Une paroisse ... d'à peine 900 âmes. Paroisse paysanne, aux nombreux champs de genêts, où l'on cultivait le seigle au moins autant que le blé ; où l'élevage était, déjà, la richesse du pays ; où les pentes au midi, vers la Chambaudière surtout, une vigne robuste, qu'on ne droguait pas, donnait chaque année, abondamment, un petit vin blanc, fort apprécié, et qui mettait souvent, paraît-il, les hommes en gaîté et ... les femmes en colères !


La Paroisse comptait aussi beaucoup d'artisans : forgerons, meuniers (de l'Épaud, des Justices, de la Blottière), tisserands surtout (notamment à la Chambaudière, à l'Épaud, à la Bessonnière), sabotiers aussi ... qui vendaient leurs sabots sept sous la paire, etc. ! etc. ! ...


Le bourg ... ne devait pas être bien gros ; puisque 200 ans avant la Révolution, il comprenait juste l'Église, la cure ... et deux maisons !

 

St Michel - la Bonnelière


On trouvait aussi à St-Michel trois châteaux : la BONNELIERE, appartenant à un Mr de GOURGEAULT - qui d'ailleurs n'y habitait pas - ; la BLOTTIERE appartenant à un Mr COUTOULY, et NOUZILLAC où habitait un ancien officier, Mr du RETAIL. Ajoutons aussi une maison noble : la LOUISIERE, où demeurait un Mr BUREAU.
Paroisse, par ailleurs, aux nombreuses naissances. En dix ans, de 1780 à 1789, on compte 318 baptêmes, soit, en moyenne, 32 par an - pour à peine 900 âmes ... Paroisse où on meurt beaucoup aussi : en 10 ans, on compte 340 sépultures, soit en moyenne 34 par an ... En ce temps-là, beaucoup d'enfants mouraient tout petits : 1/3 au moins n'atteignaient pas 7 ans.


Que valait Saint-Michel-Mont-Mercure, au point de vue religieux, à la veille de la Révolution ?


La Paroisse était bonne.
Le Dimanche, l'église, sans bancs, était pleine de fidèles, debouts, attentifs et priant ; on n'aurait pas manqué la Messe pour rien au monde ...


Et pourtant, il n'y avait aucune route des villages au bourg ; rien que des chemins, ou plutôt des routins à travers champs, avec un échalier à sauter à chaque buisson ... Il fallait venir à pieds. Pas question alors de voitures ou de vélos !


Le soir, aux Vêpres, on voyait encore l'église pleine ... Sur la semaine, pas de blasphèmes : jamais ! ... Quand on croisait sur le chemin, un Calvaire - et cela arrivait souvent - on se signait, ou on saluait dévotement. On aurait montré du doigt, comme scandaleux et impie, celui qui ne l'aurait pas fait.


Le soir, à longueur d'hiver, on récitait le chapelet en famille. Pendant le Carème, on jeûnait rigoureusement ... Les moeurs étaient pures, les lois du mariage respectées ... Les parents élevaient leurs enfants sérieusement ... Les bals n'étaient pas connus en dehors des noces : aussi les scandales étaient fort rares.


Par ailleurs, pour ces chrétiens, le prêtre était vraiment l'homme de Dieu ; celui qu'on écoutait, qu'on respectait, qu'on ne discutait pas ... Pour ces chrétiens, enfin, le péché était réellement le grand mal, auquel tout : les fatigues, les souffrances, la mort même étaient préférables.


Tel était St-Michel, à la veille de la Révolution.

Bulletin paroissial de Saint-Michel-Mont-Mercure - 1949 - AD85

(Extrait d'une Conférence de Monsieur l'Abbé Billaud, professeur d'histoire au Collège Richelieu de la Roche-sur-Yon : "La Guerre de Vendée et Saint-Michel-Mont-Mercure")