MOUTIERS-LES-MAUXFAITS
BOUHIER FRANÇOIS

 

Moutiers-les-Mauxfaits palais de justice


Il fut maire des Moutiers ; il était électeur à l'assemblée du 2 septembre 1792 à La Châtaigneraie pour la désignation des députés à la Convention. Il sera élu administrateur du district des Sables le 18 novembre de la même année.


Le 12 mai 1792, il est chargé de perquisitionner chez les citoyens suspects de cacher des grains pour le canton d'Olonne.


Le 18 mai 1792, il effectue une perquisition que l'on peut qualifier d'intempestive chez son collègue de Champ-Saint-Père. Le maire, de Gyves, rapporte en ces termes l'évènement au directoire des Sables :
"Le 18 de ce mois, le maire des Moutiers, le sieur Bouhier et le juge de paix Denogent, accompagnés d'environ trente hommes armés de pistolets, fusils et baïonnettes sont venus porter la consternation dans mon bourg en se portant chez différents particuliers, entre autres le nommé Jacques Jaunet officier municipal ; ils ont été plusieurs chez moi, chercher dans tous les appartements, en répandant contre moi les injures les plus atroces."


Le directoire du district arrête que "cette plainte sera communiquée à la municipalité des Moutiers pour y répondre sous 2 jours, "sans attendre il est arrêté provisoirement". A cet arrêté est jointe la lettre suivante du district : "Nous avons peine à croire comment les magistrats du Peuple peuvent se laisser aller à des désordres aussi répréhensibles, eux qui ne peuvent ignorer que les personnes et les propriétés sont tous sous la sauvegarde de la Loi et que les corps administratifs et municipaux doivent dans tous les cas éviter tout ce qui pourrait nuire aux particuliers et à leurs biens, aussi ne nous déciderons nous à prendre un parti sévère qu'après avoir appris de vous MM. si les inculpations alléguées par le sieur De Gyves sont telles qu'ils les a dénoncé au directoire. Veuillez répondre sur tous les points. La personne du sieur De Gyves comme de tout autre citoyen étant sous la sauvegarde de la Nation il est fait expresse défense d'y porter atteinte sous peine d'encourir pour les coupables les punitions prononcées par la Loi." Les explications de la municipalité durent être valables puisque le 29 mai la lettre suivante du district parvenait à Bouhier : "La démarche faite est considérée comme absolument illégale, inconstitutionnelle même en quelque sorte vexatoire ... Nous voulons bien oublier cette affaire et ne pas lui donner de suite ... Nous vous prions d'user dorénavant de plus de circonspection."


En juillet 1792, le maire des Moutiers est chargé de perquisitionner chez les personnes suspectes qui pourrait avoir des armes et des munitions dans les communes de Poiroux et des Moutiers.


Le 5 octobre 1793, la maire des Moutiers est destitué de ses fonctions. Un arrêté du représentant du peuple près l'armée des côtes de La Rochelle, Fayau, déclare le maire des Moutiers suspect et suspendu de ses fonctions. Bien que "s'étant toujours montré un zélé patriote, il fut suspendu et remplacé dans ses fonctions par Bouard, perruquier."

En exécution d'une loi du 17 septembre 1793, les fonctionnaires suspendus devaient être emprisonnés comme suspects ou éloignés à vingt lieues des frontières et des armées. Il fut convoqué le 2 janvier 1794 devant le district des Sables qui rendit l'arrêt suivant : "Considérant que le citoyen Bouhier des Moutiers-les-Mauxfaits ci devant administrateur du district est reconnu comme un zélé patriote, ami de la révolution, que sa démission ne fut demandée et prononcée par le représentant du peuple, que s'étant absolument dévoué dès le commencement de l'insurrection à combattre les scélérats révoltés contre leur patrie, avait été le chef d'une cavalerie qui s'est formée dans son canton, que dès lors il lui était impossible dans aucun temps de l'administration, qui néanmoins avait besoin de sujets pour le travail dont elle était surchargée, a unanimement reconnu que ce républicain ne pouvait pas être compris dans la loi du 17 septembre et n'était pas sujet aux peines portées par cette loi non plus qu'à celles du 10 août".


François Bouhier signe comme président de l'administration municipale du canton des Moutiers le 4 fructidor an 4 (21 août 1796). On trouve aux archives de la commune trace de son élection à cette présidence le 30 floréal an 6 (19 avril 1798). Le 25 pluviose an 7 (13 février 1799) il est désigné comme répartiteur foncier pour les Moutiers avec Charles-Alexandre Dupont, François Forgerit, André Sagot et Jean Tessier.


Il mourut vraisemblablement après le 13 février 1799 : il cote et paraphe le registre servant à l'inscription des réunions décadaires la dernière fois le 25 pluviose an 7 (13 février 1799) ; le 5 ventôse (23 février 1799) Nousset signe comme président de l'administration municipale, le 1er germinal an 7 (21 mars 1799) Jean Rousse est nommé président de l'administration municipale du canton, le 13 thermidor on pourvoit au remplacement de Bouhier comme répartiteur foncier.

Jean Signol
Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée - 1973

François Bouhier est mort à Moutiers-les-Mauxfaits, à l'âge de 43 ans, le 13 messidor an VII (1er juillet 1799).

acte décès François Bouhier