FOUSSAIS

FOUSSAIS PLACE DES HALLES

Curieux extraits d'un rapport anonyme, présenté en 1835.

... Les moeurs sont généralement bonnes, on peut cependant reprocher à ce peuple beaucoup d'indifférence pour la religion, à laquelle il paraît pourtant attaché, mais beaucoup plus par un motif de naissance, que par un principe de foi, aussi faut-il peu de chose pour le détourner de ses devoirs de chrétien. Il en est du reste de même pour ce qui regarde la politique, il sera toujours soumis au gouvernement, quel qu'il soit, et ne prendra jamais part à aucune intrigue en cette matière, aussi, s'il se laisse aller parfois à quelques petits murmures, les autorités sont-elles sûres de n'avoir aucun ennui !


... Bien qu'il ne se commette point ou fort peu de vols, on peut dire pourtant qu'il y a peu de franchise dans les héritages et les transactions commerciale.


D'un caractère gai et ouvert, ce peuple se plaît à rendre service.


... Quant aux coutumes, voici les plus dignes d'être remarquées :


Le jour du mariage, l'époux se rendra seul et le premier à l'église, et il en sortira ordinairement le dernier ; l'épouse y sera conduite par une personne notable, qui la reprendra aussi en sortant.
Après la cérémonie, elle baisera l'autel avec son époux, qui doit le premier faire cet acte de respect, sous peine de perdre la maîtrise dans le ménage.
Au sortir de l'église, l'épouse est invitée par des compagnes, qui ne sont pas de la noce, à danser une ronde, ce qu'elle accepte ordinairement avec grâce.
Sur sa route, presque toujours des jeunes gens la saluent par des coups de feu, et alors, si elle ne veut pas passer pour vilaine, elle les invite à la noce, en les décorant d'un ruban. A son retour à la maison, on commence par lui chanter une chanson, et on la soumet à mille épreuves pour savoir si elle sera bonne ménagère.
Heureux, ces époux, s'ils ne sont pas veuf ou veuve, car alors ils évitent de formidables charivaris, organisés par les jeunes gens ; chaudrons, casseroles, etc ..., rien n'y manque, et il en est ainsi chaque soir, jusqu'à ce que quelques pièces de monnaie ou quelques bouteilles de vin viennent les libérer d'une sérénade qui est loin de leur être agréable.

Bulletin paroissial de Foussais - 1933