QUELQUES TRAITS DE LA VIE DE M. L'ABBÉ GIRARD
CURÉ DE FOUSSAIS PENDANT 55 ANS (1772 à 1827)

Tout près de la croix de notre vieux cimetière, à côté des tombes de M. l'abbé Badreau et de M. l'abbé Louineau, un amas de pierres à peine visibles et presque enfouies dans la terre, indique la tombe de M. l'abbé Jean-Jacques-Fidèle Girard, décédé le 14 août 1827.


Malgré ma présence déjà longue à Foussais, j'avoue que j'ignorais cette sépulture, que rien, en réalité, n'annonçait d'une façon précise, aussi, dès qu'on me l'eut fait connaître, ma première pensée fut-elle de la relever, et de donner ainsi à celui qui fut curé de Foussais pendant 55 ans, une tombe plus décente qui veut rappeler au souvenir de tous la vie d'un prêtre éminent, confesseur de la foi, pendant la révolution, et fils lui-même d'un confesseur de la foi.
Espérons que ce sera chose faite pour les Rameaux.

 

FOUSSAIS EGLISE

 

C'est en effet en 1772 que M. l'abbé Girard, à peine âgé de 25 ans, arrivait à Foussais d'abord comme vicaire, puis, 2 ans après, comme curé.


Né à Fontenay, dans le quartier du Marchoux, le 5 octobre 1747, de Nicolas Girard et de Marie-Eugénie Auger, il était l'aîné de 11 enfants. Dans la famille, aussi bien du côté du père que de la mère, on était tisserand de père en fils, et si la fortune n'était pas l'apanage de la famille, on y trouvait au moins la richesse des dons de la foi puisque des onze enfants, 3 devaient être prêtres, et confesser généreusement leur foi pendant la révolution. Ce fait en dit long sur l'esprit religieux qui animait la famille et sur la formation chrétienne qui fut donnée aux enfants.


Un autre détail est à noter ; c'est qu'un jour la place de bedeau à l'église Notre-Dame étant devenue vacante, c'est à Nicolas Girard qu'elle fut offerte. Et en effet, dans le procès-verbal d'arrestation, qui existe encore aux archives départementales de la Vendée, Nicolas Girard est dit "cy-devant bedeau".


D'ailleurs, bien que simple ouvrier sans fortune, Nicolas Girard se voyait entouré de sympathie, et nous en avons la preuve dans ce fait que deux des vicaires de Notre-Dame et plusieurs familles nobles de la ville acceptèrent de tenir plusieurs de ses enfants sur les fonts du baptême, montrant par là en quelle estime tous avaient cet homme de bien, dont l'honnêteté forçait l'admiration.


Vint la Révolution, avec cet esprit d'hostilité à l'Église, et d'impiété qui la caractérisa et, bien entendu, Nicolas Girard ne put accueillir le nouvel état de choses. Aussi, quand un curé assermenté se présenta pour s'emparer de l'église Notre-Dame et y exercer son ministère, à la place du curé légitime, le bedeau, comprenant son devoir, eut-il vite fait de déposer sa hallebarde et de refuser toute participation aux cérémonies du nouveau culte.


C'en était assez, surtout si l'on y ajoute le fait d'être le père de 3 prêtres déportés ; aussi, peu après, le 13 septembre 1793, était-il arrêté, en compagnie de sa femme et de sa fille.


L'arrestation eut lieu en pleine nuit, et la première prison de la famille fut la maison des Filles de Notre-Dame, dont la municipalité de Fontenay avait fait un lieu de détention ; mais, dès le 14, tous les trois étaient dirigés sur l'ex-abbaye de Celles, en compagnie d'autres détenus, et pour bien préciser le motif de l'arrestation, je crois utile de transcrire ici la note suivante, telle qu'on la lit dans les archives de la Vendée : "Nicolas Girard, de Fontenai, âgé de 68 ans, Marie Auger, son épouse, âgée de 67 ans, et Geneviève Girard, leur fille, âgée de 27 ans, (Ledit Nicolas Girard a sept enfants dont trois prêtres passés en Espagne, trois filles dont deux mariées à Fontenai et l'autre à Foussay) : tixerand ; a déclaré avoir 27 journeaux de vigne, la maison qu'il occupe et une autre maison estimée vingt livres".


"Père de 3 prêtres déportés, aristocrate et regrettant l'ancien régime, ayant donné de mauvais conseils à ses voisins. La femme et la fille ont même esprit et même conduite que le père."


Donc, par le simple examen de cette pièce, il est facile de constater le véritable motif de l'arrestation de Nicolas Girard ; il était le père de 3 prêtres, partis en Espagne, cela suffisait à cette époque pour légitimer une arrestation, et souvent la guillotine.


Ce que fut la détention dans la prison de Celles, il est facile de le deviner ; cinq mois d'hiver, avec de la paille comme couchette, et des locaux mal clos et sans feu, n'étaient pas faits pour conserver une santé déjà chancelante, aussi, le 25 mai 1794, Nicolas Girard succombait-il, confesseur de la foi.


Après sa mort, sa femme et sa fille restèrent encore trois mois en prison, et elles ne durent leur délivrance qu'au 9 thermidor, c'est-à-dire à la chute de Robespierre.


J'ai cru bon de donner ces détails sur la famille de Monsieur l'abbé Girard, persuadé qu'ils feront mieux comprendre ce que fut le prêtre, le fils, élevé dans un tel milieu, ne pouvant être au-dessous du père.


C'est donc en 1772 que M. l'abbé Girard arriva à Foussais, d'abord comme vicaire, puis deux ans après comme curé ; il avait à peine 25 ans.


En réalité, nous connaissons peu de choses de sa vie, pendant les 20 années qui précédèrent son exil en Espagne. Notons cependant qu'en 1778, la maison vicariale, dépendant du Prieuré, devenant inhabitable, nous le voyons provoquer une assemblée des habitants, pour y remédier ; et qu'en 1782, le vicaire, chargé des écoles gratuites, ne plaisant plus aux moines de l'abbaye de Bourgueil, propriétaires du Prieuré, et surtout ne pouvant arriver à se faire payer les 300 francs de son traitement, que devait lui donner un nommé Brunetière, de Cul-de-Bray, sur la métairie de la Gataudière, il se charge lui-même, avec l'aide d'un laïque, de l'instruction des enfants pauvres de Foussais.


Notons également que c'est à cette époque qu'il prend comme vicaire son propre frère, M. l'abbé René Girard, à qui 2 ans plus tard, il attribue les fonctions de régent des écoles, le fermier de Cul-de-Bray ayant cédé, et enfin que c'est à cette époque aussi, le 10 mai 1785, qu'il voit sa soeur Suzanne quitter Fontenay, pour venir habiter Foussais, après son mariage avec René Roy, sabotier au bourg, union qui devait être féconde puisque 150 ans après, nous en retrouvons de nombreux descendants à Saint-Hilaire-des-Loges, et surtout dans les familles Pellerin-Roy de Foussais, et Coquillaud-Roy de Payré.


Et nous arrivons à l'époque révolutionnaire, pendant laquelle Foussais eut tant à souffrir, comme tant d'autres paroisses d'ailleurs. Ce fut d'abord le décret de l'Assemblée nationale du 27 novembre 1790, porté sur la proposition de Mirabeau, qui prononça que tous les évêques et curés qui n'auraient pas fait, sous huit jours, le serment de fidélité à la Constitution civile du Clergé, seraient censés renoncer à leurs fonctions, et c'est ainsi que fut fondée en France l'église dite constitutionnelle. Mais le Pape Pie VI, dans deux brefs du 10 mars et du 13 avril 1791, le premier adressé aux prélats députés à l'Assemblée, le second aux évêques, au clergé et aux fidèles de France, annula et condamna cette église, et c'est alors que commença la persécution contre le clergé fidèle. Le 26 mai 1792, en effet, l'Assemblée rendait un décret, pour condamner à la déportation les ecclésiastiques non assermentés. Les 3 fils de Nicolas Girard ne pouvaient être que du côté du Pape, c'est-à-dire du côté de la vérité, et ce qu'avait fait le père en résignant sa modeste charge de bedeau, ils le firent également, en préférant l'exil et la déportation à l'infidélité ; c'est en effet le 30 mai 1792 que le curé légitime de Foussais et son vicaire signent pour la dernière fois les actes, mais avant de partir ils ont l'immense douleur de voir leur confrère de Payré, M. l'Abbé Jacques Poupeau, prêter le serment requis ; empressons-nous d'jouter cependant que le malheureux prêtre, reconnaissant bien vite son erreur, rétractait dès le mois de juillet suivant ce serment impie, et avant leur départ pour l'exil, ce fut sans doute la grande consolation des abbés Girard, de savoir que leur confrère était redevenu le bon prêtre d'autrefois. Que firent-ils, de juin en septembre, où se cachèrent-ils ? Nous l'ignorons, mais ce que nous savons, c'est que quelques semaines après, un curé constitutionnel, du nom de Nicolas Bichon, les remplaçait à la cure de Foussais ; ancien vicaire de Saint-Hilaire-des-Loges, le malheureux alla même plus loin dans son infidélité, puisque deux ans après, il abjurait à Fontenay-le-Comte.

 

les sables d'olonne


Et nous voilà en septembre 1792, exactement le 11, ce jour-là dans le port des Sables-d'Olonne, un navire, la "Marie-Gabrielle", capitaine Lambert, appareillait, et parmi un certain nombre d'autres prêtres, on pouvait reconnaître les trois abbés Girard, dont l'un Jean était curé de Foussais, l'autre, René, son vicaire, et le troisième, François, directeur au séminaire de Luçon. C'était l'exil ; quelques jours après, les côtes d'Espagne apparaissaient, et l'Espagne allait devenir leur seconde patrie, plus hospitalière que la première, et elle le fut en effet pendant près de dix ans. Partout, les malheureux souvent dénués de tout, étaient accueillis avec la plus grande charité, et nous comprenons facilement pourquoi en 1936, les prêtres français, à leur tour, accueillirent avec tant de générosité leurs malheureux confrères d'Espagne. C'est à Sigüenza, province de Guadalajara, que les trois frères, après avoir erré de ci de là, finirent par se fixer.

 

SIGUENZA


Mais, pendant ce temps, que devenaient les paroisses de Foussais et de Payré. Nous venons de le dire, pendant quelque temps celle de Foussais fut administrée par un prêtre constitutionnel, puis par un Chartreux, se disant curé de Coulonges, mais bientôt il n'y eut plus personne, et pendant près de 8 ans, l'église fut fermée, ou tout au moins servit à des usages profanes, et d'après l'enquête faite à son retour par M. l'abbé Girard, nous ne trouvons pas moins de 24 ecclésiastiques ayant exercé leur ministère dans la paroisse et ses annexes, tous prêtres cachés ou fugitifs, vivant ou ne faisant que passer dans une ferme sous un déguisement quelconque. Traqués comme des bêtes fauves, épiés et trompés par des renégats, ils exerçaient leur ministère au milieu de périls sans cesse renouvelés ; découverts dans un endroit, ils fuyaient dans un autre, heureux de porter partout, à des âmes délaissées, le secours divin.


Et c'est avec une émotion profonde que j'ai lu et relu, moi-même, ces actes, signés d'un nom à peine lisible, et souvent avec cette mention : prêtre fugitif, prêtre caché, etc ..., et ces récits, nos vieux grands-pères et nos vieilles grand'mères aimaient autrefois à nous les raconter, car dans les familles ce sont des souvenirs qui restent, et quand surtout c'est dans la maison ou dans la famille que les faits se sont passés, oh, alors ! avec quel orgueil on se les transmet de génération en génération.
Et il en fut de même à Payré, où après le départ de M. l'abbé Poupeau, quelques prêtres jureurs se succédèrent, parmi lesquels MM. Clément et Denieau, qui disparut sans successeur en novembre 1793. Et comme à Foussais, ce fut la fin, puisque dès ce moment le culte fut supprimé, et qu'en 1794, le Prieuré était vendu par la Nation.


Nous sommes en 1801 ; un concordat vient d'être signé, le 15 juillet, à Paris, entre Bonaparte et le Pape Pie VII ; c'est donc la liberté rendue enfin à l'Eglise, après 9 longues années de luttes et de souffrances ; très vite la nouvelle s'en répand en Espagne, et aussitôt les prêtres exilés reprennent le chemin de la France, et c'est ainsi que, le 15 novembre, après un long voyage, M. l'abbé Girard retrouvait son église et sa paroisse de Foussais, mais hélas ! ses 2 frères n'étaient plus avec lui comme au jour du départ, la terre d'Espagne avait gardé leurs corps.

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L'histoire ne nous dit pas comment il fut reçu à son retour, mais il est facile de deviner ce que fut cette réception, et quels furent les sentiments du Pasteur et des fidèles ; mais que de ruines partout, surtout dans les âmes, et on comprend la douleur du pauvre prêtre devant toutes ces ruines ; c'était la vieille église, fermée depuis 8 ans au culte, qu'il fallait restaurer ; c'était des haines implacables, nées de la guerre civile, qu'il fallait apaiser ; puis les sacrements n'ayant été donnés le plus souvent qu'en cachette par des prêtres fugitifs, c'étaient des baptêmes à administrer, des mariages à réhabiliter, en un mot toute une paroisse à refaire.


Sans se décourager, le prêtre se mit à l'oeuvre ; ce fut d'abord une vaste enquête pour savoir ceux qui avaient été baptisés et légitimement mariés, et un vieux registre établi à cet effet, montre assez bien comment cette mesure était nécessaire ; oeuvre du reste difficile et assez délicate, et en effet, dès le commencement du registre, nous le voyons se plaindre des difficultés qu'il a rencontrées, beaucoup, dit-il, malgré des avis plusieurs fois répétés, n'ayant pas voulu, soit par négligence, soit par mauvaise volonté, répondre à ses désirs ; puis ce fut l'église qu'il répara tant bien que mal avec l'aide des ouvriers du pays, et enfin une petite cloche qu'il fit fondre sur la place publique, devant toute la population, et qui à son baptême, le 2 juillet 1804, fut nommée Marie-Félicité, avec M. Joseph-Nicolas Beurrey-Chateauroux comme parrain, et Dame Marie-Rosalie Sabouraud, son épouse, comme marraine ; ce fut d'ailleurs l'unique cloche paroissiale jusqu'en 1856, époque à laquelle elle fut remplacée par une cloche plus grosse que nous possédons encore. Quant aux vases sacrés, depuis longtemps des mains pieuses les avaient cachés dans une cavité que l'on avait ensuite murée et que l'on voit encore dans la cave profonde de la maison habitée actuellement par Mlle Stéphanie Pellerin, fut heureux de les retrouver intacts.


Sans doute, il serait peut-être intéressant de donner encore quelques détails sur tel ou tel point, mais je préfère m'arrêter plus longuement sur le fait plus important de la fondation du premier conseil de Fabrique, le 1er juillet 1804.


Et en effet, ce jour-là, conformément à l'ordonnance de Mgr l'Evêque de la Rochelle, de qui dépendait la paroisse de Foussais, les maires des 3 communes de Foussais, de Payré et de Puy-de-Serre (communes qui formaient la paroisse) se réunissaient pour établir le conseil de Fabrique, chargé d'administrer le temporel de la paroisse, et il fut décidé qu'en tenant compte de la population de chaque commune, on établirait une liste de 30 membres, tous catholiques, et parmi les plus imposés, et que ces membres seraient chargés d'élire le conseil. Et comme suite à cette délibération, furent choisis :
1° Pour Foussais : MM. Ayrault René, Charrier Pierre, Chastellier Armand, Girard Jacques, Largeaud Charles, Maupetit Jean, Métais Jean, Morisset Jacques, Normand Mathurin, Pineau Jean, Pougnet Charles, Pougnet René, Roy Joseph, Roy René, Soucheleau François, Renoux Charles, Normand Jean, Maupetit Pierre, Largeaud Pierre et Boucher Jean.
2° Pour Payré : MM. Beurrey Joseph, Bailly Pierre, Bichon Jacques, Sagier Pierre et Debreil Pierre (5 membres).
3° Pour Puy-de-Serre : MM. Tangiou Louis, Morisset Pierre, Roy René, Vinet Jean et Chataigner René (5 membres).
Suivent les signatures : Ayrault, maire de Foussais ; Boutin, maire de Payré, et Tangiou, maire de Puy-de-Serre.
Nous ne savons au juste quels furent les élus, mais quelques années plus tard, nous trouvons sur les registres les noms de M. Beurrey, propriétaire à Payré, comme président ; Pineau-Durivaux, propriétaire à Foussais, comme caissier ; Ardouin, notaire à Fossais comme secrétaire, et Tangiou, propriétaire à Puy-de-Serre, et Soucheleau, propriétaire à Foussay, comme membres.


Restait la grave et délicate question des biens appartenant à la paroisse, ces biens ayant été en grande partie vendus par la nation, et souvent à des prix dérisoires ; or, ces biens, il s'agissait surtout de terres, étaient assez nombreux (on comprendra, pour bien des raisons, que je ne puisse en donner la liste ici) et en justice ils devaient revenir à leur légitime propriétaire ... Disons de suite que l'article 13 du Concordat simplifia beaucoup les choses, et que par conséquent les difficultés de ce côté furent vite aplanies.


"Sa Sainteté, lisons-nous en effet, dans cet article, pour le bien de la paix et l'heureux rétablissement de la religion catholique, déclare que ni Elle ni ses successeurs ne troubleront en aucune manière les acquéreurs des biens ecclésiastiques aliénés, et qu'en conséquence la propriété de ces mêmes biens, les droits et revenus y attachés, demeureront incommutables entre leurs mains et celles de leurs ayant-cause." Donc, à Foussais, comme ailleurs, les biens aliénés furent laissés entre les mains de ceux qui les avaient achetés, mais les autres non encore vendus, et il en restait encore 6, furent rendus à la paroisse, qui en resta la propriétaire jusqu'à la loi de séparation en 1906, et ce sont ces biens qui firent l'objet de la première délibération du conseil de Fabrique : on décida en effet d'en mettre la location aux enchères, et le registre des comptes porte qu'ils furent adjugés pour la somme de 32 fr.50 (trois francs la boisselée), non compris la "tonsure" du cimetière qui fut adjugée à Louis Charrier, du bourg, pour la somme de 30 francs.


Et peu à peu, tout étant remis en ordre, la vie paroissiale renaissait, les haines s'apaisaient, et Foussais redevenait ce qu'il avait été avant la révolution. Et le bon abbé Girard, malgré les inquiétudes et la charge d'une immense paroisse, qui comprenait 3 communes, supportait allègrement le poids des ans ; les villages étant nombreux et éloignés, on le voyait parcourir à cheval des chemins presque impraticables, mais un jour les infirmités survinrent, et vers la fin de sa vie, on raconte que ne pouvant plus marcher pour se rendre à l'église, il s'y faisait transporter assis dans un fauteuil ; et le 14 août 1827, il rendait sa belle âme à Dieu, âgé de 80 ans, après avoir été vicaire, puis curé de Foussais pendant 55 ans.

acte décès du curé Girard


C'est le 16 août qu'il fut inhumé, dans le cimetière de sa paroisse, tout près de la croix, assisté de M. l'abbé Jousselin, curé de Saint-Hilaire, de M. l'abbé PIerre Auguin, curé de Loge-Fougereuse, et de M. l'abbé René Soulet, curé de Mervent ; toute la paroisse le regretta vivement, et longtemps encore sa mémoire fut en vénération.


J'ai essayé, à l'aide de documents hélas ! trop peu nombreux, de faire revivre celui qui après les tristes jours de la révolution, fut comme le restaurateur de notre belle paroisse de Foussais ; ne croyez-vous donc pas, mes chers paroissiens, qu'un tel pasteur mérite de notre part plus qu'un souvenir, et voilà pourquoi j'ai pensé que c'était pour nous un devoir de relever sa tombe, enfouie sous la mousse et les broussailles depuis de longues années, et aujourd'hui, presque invisible, et d'y faire apposer une plaque relatant les principaux traits de cette vie si belle et si méritante ; j'ai la ferme conviction qu'avec votre aide, ce sera chose faite pour les Rameaux.

G. DURET
Curé de Foussais
Bulletin paroissial de Foussais - 1936 à 1938

TOMBE DE M. L'ABBÉ GIRARD
C'est entendu, elle sera prête pour les Rameaux, et voici l'inscription qui y sera apposée :
Ici, repose, en attendant sa résurrection, le corps de M. l'abbé Jacques Girard, curé de la paroisse de Foussais pendant 55 ans : 1772-1827
Exilé pour la Foi, en Espagne, de 1792 à 1801, il revint dans sa paroisse dès la signature du Concordat, il y rétablit le culte, et y mourut, vénéré de tous, le 14 août 1827.
Bulletin paroissial de Foussais - 1938

TOMBEAU DE M. L'ABBÉ GIRARD
Nous l'avons inauguré et béni le jour des Rameaux ; un grand nombre de familles de la paroisse ont tenu, par reconnaissance pour celui qui en a été comme le second fondateur, après la tourmente révolutionnaire, à contribuer aux dépenses assez élevées qui ont dû être faites à cette occasion ; une fois de plus merci, et dans ce merci je ne veux pas oublier quelques anciens paroissiens qui, malgré un départ, déjà lointain, ont tenu, après la lecture du Bulletin, à se faire inscrire parmi les souscripteurs.
Notons, pour mémoire, que les dépenses totales se sont élevées à près de 1.300 francs, et la souscription à la somme de 813 fr. 25 centimes.
Bulletin paroissial de Foussais - 1938