LA JUMELLIERE (49)

 

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L'ÉGLISE

Une première église a été construite auprès du vieux château de la Jumellière.

Les ruines de l'église et le presbytère furent achetés nationalement par Jean-Michel Cesbron, au nombre des habitants, le 24 brumaire an IV (15 novembre 1795).

Brûlée à la Révolution, sommairement restaurée, la nécessité de la reconstruire avait été reconnue par le Conseil de Fabrique dès 1840. On avait consulté l'abbé Tournesac, du Mans, réputé comme architecte religieux, et prévu une dépense de 30.000 fr. Ce projet n'aboutit pas.

En 1845, l'église fut restaurée pour 33.660 fr., l'Etat accorda un secours de 6.000 fr.

Finalement la reconstruction fut entreprise. La Fabrique emprunta 15.000 fr., l'Etat accorda une subvention de 5.000 fr. et un secours supplémentaire de 5.000 fr. La dépense totale dépassa 80.000 fr., les paroissiens donnèrent 12.770 fr., les charrois faits volontairement épargnant une dépense de 10.000 fr.

En réalité, l'architecte Joly-Leterne, de Saumur, consulté, estima que le projet avait été mal calculé, qu'il avait fallu renforcer les contreforts, au prix de 23.400 fr. de travaux supplémentaires. Un nouveau secours de 7.000 fr. fut accordé par l'Etat.

 

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Elle est reconstruite de 1856 à 1862 sur le même emplacement et agrandie du côté est. (architecte Simon, de Cholet)

Le clocher est placé de ce côté. La construction à trois nefs est de style ogival.

Un différend oppose le curé qui veut l'église près de son presbytère, tandis que le comte de Maillé la désire près de son château. Ce dernier l'emporte et le curé quitte la paroisse.

Deux vitraux représentent l'un, le Christ envoyant Saint-Pierre en mission, et l'autre Saint-Louis sous le chêne de Vincennes.

 

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A l'intérieur se trouve le monument de Jeanne de Maillé, ancêtre du Comte. Sur un mur est apposée une plaque de cuivre de 1686 : René de Barjot, baron de la Jumellière, s'engage à donner chaque année des vivres aux pauvres de la paroisse.

 

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La cure était à la présentation du seigneur de Chemillé, à la collation de l'évêque. Une chapelle Ste-Catherine était desservie dans l'église, il y avait une confrérie des agonisants.

 

Curés :

G. de La Gumelere 1221

Jean de La Brunetière 1511

Jean de Pontoise 1521-1565

Julien Guerrier, prieur de St-Martin de Beaupréau 1564-1568

René Le Royer, chanoine de St-Maurice, afferme sa paroisse à Guillaume Babin, prêtre habitué, le 10 février 1593

Jean Guérin 1615-1648 ; la paroisse est visité par Mgr Claude de Rueil

Jacques Baudin 1668-1678

Charles Marsuis 1696

Urbain Fardeau 1732

Pierre Gruyet 1758

Jean-Jérôme Aurange (ou Dorange) résigne en 1784

 

État de la paroisse au XVIIIe siècle

Elle était du diocèse d'Angers, archidiaconé d'Outre-Loire, doyenné du May ; elle dépendait de la sénéchaussée et de l'élection d'Angers, du grenier à sel d'Ingrandes ; en 1788 du district de Brissac.

La Jumellière fit partie en 1790 du district de St-Florent, en l'an III du canton de Christine (Sainte-Christine).

 

Le clergé pendant la Révolution

Le curé J.-J. Aurange refusa le serment, fut détenu à Angers, délivré par les Vendéens, rentra dans la paroisse et y mourut avant la paix.

L'Abbé Clément Charruau - la Jumellière

Clément Charruau, né à La Jumellière en 1766, ordonné en 1790, refusa le serment, demeura caché dans la paroisse, où il reprit le culte dès 1795. Il fonda une congrégation locale, les Soeurs de la Providence ; elle n'eut qu'une existence éphémère et fut absorbée par la congrégation de La Salle de Vihiers.

René Chauvellier, abdicataire en 1794, rétracté, reprit le culte en 1800 avec le curé Charruau. Il lui succéda en 1802 et mourut en 1805.

Louis-Pierre Sigogne, vicaire, né à Angers en 1756, refusa le serment. Il fut déporté en Espagne sur la Didon. Au concordat il fut desservant de Ste-Thérèse, et mourut en 1814.

Louis-Laurent Alliot, vicaire, refusa le serment, fut déporté en Espagne sur la Didon. Nommé curé de Chemillé en 1802, il mourut en 1830.

Charles Cailleau, ancien vicaire de la paroisse, avait tenu un petit collège, transféré ensuite à Chemillé. Il avait été principal du collège de Baugé. Élu curé constitutionnel en mars 1791, les habitants et la municipalité protestèrent contre cette nomination. Il se rétracta et mourut prêtre habitué à Baugé en 1805.

 

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La châtellenie de La Jumellière relevait de Chalonnes. Le château, reconstruit au XVe siècle, puis en 1730, était voisin du chevet de l'ancienne église. Il a été restauré en 1860, comme habitation du régisseur.

La baronnie du Lavouer avait des vassaux à La Jumellière.

 

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 BAPTISTERE DE LA VIEILLE ÉGLISE INCENDIÉE SOUS LA TERREUR

 

Informations recueillies en l'église de la Jumellière

et dans le Dictionnaire Historique de Maine-et-Loire (AD49)