Tilly portrait

 

JACQUES-LOUIS-FRANCOIS, COMTE DE TILLY, fils aîné de Louis-Joseph Comte de Tilly, Seigneur de prémont et autres lieux, et de Marie-Marguerite-Antoinette de la Rochegirault, Lieutenant général, Grand Officier de la Légion d'honneur du 27 décembre 1814, Chevalier de St-Louis du 18 mai 1790, Chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Grand Croix de l'ordre de L'Aigle Rouge de Prusse, Membre de la Chambre des Représentants, connu sous la Révolution sous le nom de Delaître-Tilly, naquit à Vernon le 2 février 1749.

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Il entra de bonne heure dans la carrière des armes comme soldat au régiment de Soissonnais, fit les campagnes de 1761 et 1762 (Allemagne), 1781 (Siège de Mahon), 1783 (Siège de Gibraltar) et quoique noble, ce ne fut qu'à la Révolution, dont il adopta les principes, qu'il dut le grade de Colonel.


Le général Dumouriez le choisit pour Aide de camp en 1792 et lui confia, le 8 mars 1793, le commandement de Gertruydenberg, place où il avait réuni tous les moyens qui pouvaient lui faciliter l'entrée de la Hollande.
La levée du siège de Maëstricht força Dumouriez à s'éloigner, mais avant de partir il fit donner au Colonel de Tilly sa parole d'honneur qu'il ne rendrait pas la place sans un ordre écrit de sa main.
L'évènement arriva bientôt. Par suite de la perte de la bataille de Nerwinde et des capitulations d'Anvers et de Bréda, il fut sommé, au nom du Comte de Wartensleben, Chef d'Etat-Major du Prince Frédéric d'Orange, de "remettre la place ou d'être, dans le cas contraire, passé au fil de l'épée, sans miséricorde quelconque."

 

Tilly - lettre


M. de Tilly répondit simplement au parlementaire : "M. le Comte de Wartensleben s'est trompé d'adresse." Néanmoins une seconde sommation lui ayant été faite, il déclara qu'il capitulerait s'il en recevait l'ordre du Général Dumouriez.
On lui fit observer que ce Général n'était plus au service de la République, M. de Tilly resta inébranlable, et, en effet, il ne capitula que le 1er avril 1793, sur la présentation de l'ordre écrit de Dumouriez lui-même.

 

Tilly - lettre deuxième


Il obtint, par suite de ses vives insistances, que la garnison ne défilerait pas devant les troupes étrangères.


Envoyé comme Général à l'armée des Côtes de Cherbourg, il en prit le commandement en chef le 2 décembre de la même année. Il remporta de grands avantages sur les Vendéens, notamment au combat du Mans le 12 décembre 1793, mais fut toutefois, comme noble, suspendu de ses fonctions le 9 février 1794 et autorisé à prendre sa retraite.


Remis presque aussitôt en activité à l'armée de Sambre et Meuse, il en commanda la réserve, lorsque, sous les ordres du Général Jourdan, elle passa le Rhin en 1795.
A l'affaire du 20 vendémiaire, à Hoecht, près de Nidda, il repoussa pendant toute la journée les tentatives que fit l'ennemi pour franchir cette rivière.


Nommé au mois de janvier 1796 Gouverneur de Bruxelles et Commandant des neuf départements réunis, puis Commandant des départements de la Dyle, de l'Escaut, de la Lys, de Jemmapes et des deux Nèthes, il se concilia l'estime générale par son administration sage, sa justice et son désintéressement.
Chef d'Etat-Major Général de l'armée du Nord au mois d'août 1796, il conserva cette qualité à l'armée Sambre et Meuse, où il passa le 22 novembre de la même année et fut nommé Inspecteur général des troupes françaises stationnées en Hollande en 1798.


Le Gouvernement Consulaire lui confia, en 1799, le commandement des 24e et 25e divisions militaires (Belgique).


En 1800, employé à l'armée de l'Ouest comme Chef d'Etat-Major général de cette armée, il fut nommé par le Général Bernadotte Lieutenant du Général en Chef, et en cette qualité il commanda en chef par intérim pendant seize mois.

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Il eut, le 2 décembre 1803, le commandement de la cavalerie au camp de Montreuil, puis le commandement de la division de cavalerie du 6e corps de la Grande Armée au mois d'août 1805.

 

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Passé au premier corps d'armée, le Général de Tilly fit, avec autant de distinction que de parfait désintéressement, les campagnes d'Allemagne, de Prusse et de Pologne


Il se conduisit d'une manière aussi noble en Espagne, où il reçut l'emploi en 1808.

Gouverneur de Ségovie, après l'occupation de Madrid, il s'y fit estimer de tous les habitants. Il eut en 1811, en Andalousie, un commandement de cavalerie ; à la bataille d'Occana, il fit des prodiges de valeur, montra "une habileté consommée dans l'art de faire manoeuvrer la cavalerie" et fit aux Anglais un grand nombre de prisonniers.


De retour en France en août 1813, il devint Inspecteur général de cavalerie.


Après la première Restauration, en 1814, le Roi le nomma Grand Officier de la Légion d'Honneur.

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Pendant les Cent jours, en 1815, le Général de Tilly fut nommé par Napoléon Président du collège électoral du Calvados qui l'élut à la Chambre des Représentants. [du 12.05.1815 au 13.07.1815]


A la seconde Restauration, il fut mis à la retraite.

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Tilly décès


Le Lieutenant Général de Tilly mourut à Paris le 10 janvier 1822, regretté de tous ses frères d'armes et estimé de tous ses concitoyens qui rendaient justice à ses qualités personnelles et à ses vertus civiques.

(Biographie des Contemporains, par Arnault, Jay, Jouy, Norvins, etc.)

Le Général de Tilly avait été créé Baron de l'Empire en 1811 ; il fut refait Comte le 21 janvier 1814.
Son nom est inscrit au côté Nord de l'arc-de-triomphe de l'Etoile.
Il épousa ANNE-JOSÉPHINE ARENTS, fille du Bourgmestre de Liège, dont il eut un fils et deux filles :
1° Charles-Edouard de Tilly
2° Charlotte de Tilly, épouse du Marquis Duperrier-Dumouriez ;
3° Anne-Charlotte-Virginie-Calixte de Tilly, mariée le 9 juin 1808 au Vicomte Pierre de Bonnemains, Lieutenant général, Grand Officier de la Légion d'Honneur.

Extrait :
Recherches sur les sires de Tilly
par E. de Bonnemains
Thonon-les-Bains
1891