LOUIS-CHARLES-THOMAS, CHEVALIER DE CÉRIS

armes de CérisJean-Alexandre de Céris, chevalier, seigneur de Chenay, né le 24 septembre 1743 ; officier au régiment de Vexin, infanterie, en garnison à la Guadeloupe ; marié, par contrat passé à la Grande-Anse de ladite île, le premier mai 1770, devant Mercier, notaire royal, avec demoiselle Marie-Désirée Lauriol, de la Martinique, fille de feu messire Thomas Lauriol, écuyer, et de dame Marie-Madelaine Marre. (Nobiliaire universel de France - par M. de Saint-Allais - Tome douzième - 1872-1878)

DE CÉRIS (Louis-Charles-Thomas, marquis), lieutenant-général honoraire, naquit en Guadeloupe le 17 avril 1772 (il fut ondoyé à l'église Saint-François de Basse-Terre par le R.P. Félicien et fut baptisé le 12 avril 1773).

Il entra au service, le 1er juin 1788, comme officier à la suite du régiment de Champagne-Infanterie. Il servit dans ce corps jusqu'à la fin de 1791, époque à laquelle il émigra, et passa en Allemagne, pour y rejoindre l'armée des princes français. Il fit, dans cette armée, la campagne de 1792.

Lorsque la Vendée s'insurgea, en 1793, le marquis de Céris se rendit dans ce pays, et fut fait officier supérieur dans les armées royalistes. Ayant été fait prisonnier de guerre par les républicains, dans une affaire où il avait été blessé dangereusement à la tête, par une balle qu'on ne put extraire que le neuvième jour, il fut conduit à Niort, et condamné à mort : mais il fut assez heureux pour parvenir à s'évader, au moment où l'on venait de dresser l'échafaud pour son exécution.

S'étant réuni de nouveau aux Vendéens, le 22 octobre, il assista aux combats sanglants qui précédèrent et suivirent le passage de la Loire, par l'armée royaliste. Après la défaite des Vendéens au Mans, le 12 décembre 1793, le marquis de Céris concourut à la réinsurrection de la Vendée, et fut blessé plusieurs fois dans les différentes actions qui eurent lieu pendant cette campagne. Il fut breveté, le 12 juin 1794, général commandant en second de la division de Cerisay, forte de 7.000 hommes.

 

 

CAMP DE LARGEASSE 79

 

 

Le même jour, il combina l'attaque du camp retranché de l'Argeasse (Largeasse), dont il s'empara sur les républicains, qui y perdirent 2.000 hommes. Le 3 juillet suivant, il se trouva à l'attaque de la Châtaigneraye ; entra l'un des premiers dans le camp des républicains, dont l'armée royaliste s'empara malgré sa forte position et les retranchements qui le défendaient. Ce camp fut pris et repris plusieurs fois dans la même journée, après un combat sanglant, qui dura pendant sept heures. Richard de la Serisaye (Cerizay) étant mort, le marquis de Céris fut nommé maréchal-de-camp commandant en chef le même corps, par brevet du 2 juillet 1795. [Richard étant mort le 23 février 1796, l'année de l'obtention du brevet doit être plutôt 1796].

Après la pacification de la Jaunais, signée, le 17 février 1795, entre le chef royaliste Charette et les commissaires de la convention nationale, le marquis de Céris, qui avait refusé de souscrire à cette pacification, se réunit au chef Forestier, et tous deux attaquèrent de concert un corps de 12.000 républicains, qui avaient pris position sur les hauteurs de Chalonne. Les patriotes, poussés avec vigueur, furent défaits, et obligés de repasser la Loire, après avoir essuyé une perte considérable. Le marquis de Céris, reçut, en cette occasion, un coup de baïonnette au genou droit, et plusieurs blessures légères à la tête. Les circonstances l'ayant obligé de souscrire à la paix, il la conclut dans les plaines de Montglonne, et en signa le traité immédiatement après Stofflet.

[1795 - Il semble que de Céris ait été de nouveau arrêté ... et qu'il put se sortir de ce mauvais pas.]

Céris - Niort

 

Les hostilités ayant recommencé, en 1796, entre les Vendéens et les républicains, le marquis de Céris attaqua une forte colonne ennemie, qui couvrait Bressuire. Trois fois il parvint à pénétrer dans cette ville ; mais, n'ayant pu parvenir à déloger les républicains d'un bâtiment qu'ils avaient fortifié au centre de la ville, il se retira, après leur avoir tué 600 hommes, fait 200 prisonniers, et enlevé une centaine de chevaux. Il livra encore quelques combats aux républicains, jusqu'à l'époque de la pacification définitive, qui eut lieu en août 1796. Il reprit les armes, en 1799 ; et, après quelques affaires, dont le succès fut balancé, il défit les républicains à Serisaye (Cerizay), où il eut un cheval tué sous lui, et reçut une blessure à la jambe. Il prit encore part à toutes les opérations de cette campagne, qui se termina, en 1800, par l'affaire des Aubiers, où le marquis de Céris soutint pendant long-temps, à la tête d'un faible corps vendéen, les efforts d'une colonne républicaine très-supérieure en forces.

 

Traité d'Amiens

 

Après la rupture d'Amiens, en mai 1803, il fut choisi pour être l'un des principaux chefs de l'agence royale établie à Bordeaux, et dont les opérations, embrassant la Vendée et Nantes, devaient coïncider avec celles de Georges Cadoudal. Le dévouement qu'il déploya dans cette mission lui valut le brevet de lieutenant-général, qui lui fut délivré, le 1er juin 1804, par le conseil vendéen, chargé spécialement de la réorganisation des armées royales.

Décembre 1803, suite aux troubles advenus dans l'Ouest, en particulier le 30 novembre à Aizenay où un gendarme a été tué, Napoléon diligente une enquête, par les préfets de Seine-Maritime, Vendée, Deux-Sèvres et Maine-et-Loire, sur les royalistes ci-après désignés, afin de connaître leur conduite et leur niveau de fortune. L'enquête porte sur : les frères Soyer, La Boutetière, Charles Vezins et son neveu, les Revandiez, Pierre Barbot, La Roche-Saint-André, Gachet, Henri Forestier, Louis Charles Thomas chevalier de Céris, La Garde, Dariel, Louis Monnier ou Mounier, Amédée et Auguste de Béjarry. [Archives Dép. Vendée]

En août 1804, la police de Fouché recevait une lettre du préfet de Nantes annonçant la réapparition dans le Bocage de chouans regardés comme redoutables : Forestier, Céris, Bertrand Saint-Hubert, et la découverte d'un dépôt de plomb chez le curé de la Guyonnière, l'abbé Jacqueneau. [1804 "Céris, revenant d'Espagne, avait pris le nom de Rhedon, parce qu'il était poursuivi sous celui de Céris pour un vol de diligence. La femme Dubois a été arrêtée dans une campagne, près de Bordeaux, avec des papiers qu'elle a jetés précipitamment dans les commodités, et qui en ont été retirés. On lui a trouvé 9.000 francs en or et quelques balles de calibre, qui ont paru un échantillon." (La police secrète du premier empire - volume 1)] Les préfets de la Gironde et des Deux-Sèvres dénonçaient les fréquents voyages de Louis de la Rochejaquelein. Les déclarations de quelques prévenus arrêtés à la suite de ces rapports, celle du médecin Gogué (arrêté à Bordeaux avec Bertrand Saint-Hubert), celle du trésorier du complot, Daniaud-Duperrat, révélèrent les voyages à Bordeaux de Forestier et de Céris et l'existence d'une agence royaliste, dans cette ville, agence dont trois membres de l'Institut, Papin, Acquart-Vreilhac, Roger, recevaient des fonds de l'Angleterre par un banquier de Madrid, Diego Carrera, qui faisait des traites sur Bethman de Bordeaux et Bathédat de Bayonne. Acquard-Vreilhac avait logé chez lui Forestier et Céris ; il avait pour complices des membres de l'ancien Institut qui voulaient faire insurger les départements du Sud-Ouest, sous le commandement de Papin et du duc de Lorges, comme en 1800.
Par jugement du 14 décembre 1805, à Nantes, Céris, Forestier, Papin, Gogué furent condamnés à mort, Acquart-Vreilhac à la détention ; Roger fut acquitté. Gogué fut seul exécuté (fusillé), les autres s'étant enfuis. (Association royaliste de l'Institut Philanthropique à Bordeaux - Thèse - G. Gaudrillier - 1908)

Dans les notes de police conservées au dossier de l’affaire, on trouve son signalement Céris, « brun, cheveux courts, gros favoris allant jusqu’au menton, petite vérole, coup de feu à l’oreille, habit noir très court, collet droit et haut, bottes à revers ». ... Il était l’amant d’une « demoiselle Élise », de laquelle il avait un enfant et qui se faisait appeler Mme Dubois. (http://fr.wikisource.org/wiki/La_Police_et_les_chouans_sous_le_Consulat_et_l%E2%80%99Empire/5)

ANECDOTE : Un jour, M. de Céris se tenait nu-tête sur le seuil de la maison de Julie Moine, où il avait sa retraite, lorsqu'il fut surpris par des gardes nationaux qui lui demandèrent en personne s'il connaissait M. de Céris :
- "Courez, leur répondit-il ; ne voyez-vous pas qu'il se sauve ?" Et il leur montrait un homme déjà loin, pendant que, toujours nu-tête, il s'enfuyait de son côté.
(Terreur à Poitiers - Etienne Salliard - 1912)

Après la découverte de la conspiration de Cadoudal, le marquis de Céris resta encore à Bordeaux pendant plusieurs mois, puis il s'embarqua pour Londres, et se rendit aux Etats-Unis d'Amérique, d'où il n'est revenu en France qu'après la restauration de la monarchie.

S.M. Louis XVIII a daigné, par son ordonnance du 23 mai 1814, autoriser les officiers des armées royales, qui y avaient obtenu des grades, à porter les marques distinctives de ces mêmes grades. En 1815, pendant les cent jours, le marquis de Céris se rendit auprès de S.A.S. Mgr le duc de Bourbon, dans la Vendée, où il servit sous ce prince.

 

Etats de services - de Céris

 

Il a été nommé lieutenant du roi à Dunkerque, le 6 novembre 1817. (Etats et brevets militaires, annales du temps.)

(Dictionnaire historique et biographique des généraux français ... - Volume 4 - par M. le Chevalier de Courcelles - 1822)

Le chevalier de Céris fut fait chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis le 21 août 1816, et de l'ordre équestre d'Hohenlohe, également en 1816. [L'acte de naissance de sa fille Sophie-Adélaïde nous apprend qu'il est également chevalier de la Légion-d'Honneur.] Il a été chargé de missions importantes de la part de S.A.R. MONSIEUR, de Sa Majesté elle-même et du conseil de l'armée, de 1797 à 1803.
Il a épousé, le 21 février 1809, à Baltimore, Eugénie-Adeline Fouqueau, fille de défunt Claude Fouqueau, avocat, et de Marie-Anne Caltier, née le 24 août 1793 à Saint-Marc (Ile de Saint-Domingue). Mariage renouvelé à Sancergues (Cher), le 12 septembre 1816. (Archives Dép. Cher)

De ce mariage sont issus six enfants :
1° Henri, né le 21 novembre 1812 (probablement aux Etats-Unis d'Amérique).
2° Adeline, née le 26 août 1816, à Sancergues (Cher). (Archives Dép. Cher)

(Nobiliaire universel de France - par M. de Saint-Allais - Tome douzième - 1872-1878)

3° Charles-Louis-Léopold, né le 3 juillet 1818, à Dunkerque. (Archives Dép. Nord)

4° Charles-Louis-Edouard, né à Dunkerque, le 2 décembre 1819, volontaire de la marine embarqué sur la frégate l'Aristide, décédé  le 6 juin 1841 à l'hôpital de Fort-Royal (Martinique) où il était entré le 5 juin 1841. (Archives Dép. Yvelines)

5° Alfred-Auguste, né le 7 octobre 1821, à Dunkerque.Dép. Nord)

6° Sophie-Adélaïde, née le 15 juillet 1828, à Dunkerque.


Louis-Charles-Thomas de Céris est décédé à Paris (8e), le 14 novembre 1855.

 

décès - de Céris

 

Dunkerque

 

CHARLES X A DUNKERQUE - PRÉSENCE DU CHEVALIER DE CÉRIS

Charles XLe 14 septembre 1827, Depuis huit heures du matin, le Conseil municipal de Dunkerque et les officiers de la garde nationale s'étaient rendus dans la tente du Pont Rouge. La garde nationale, les marins, constitués en compagnie, sous le commandement de M. Michelin, commissaire des classes, formaient l'escorte.
Bientôt, arrivèrent le Ministre de la Guerre, le Baron de Rottembourg, le général Gougeon et le Préfet.
A dix heures, le Préfet et le Sous-Préfet et le Conseil municipal se rendirent sous une tente dressée à cinq cents mètres de la ville où ils attendirent le Roi.
Enfin à dix heures et demie, des cris de "Vive le Roi !" annoncèrent l'arrivée de Charles X.
Le Maire lui tint le discours suivant :
"Sire,
Ce jour fortuné met les Dunkerquois à même d'exprimer les sentiments d'amour, de respect et de dévouement dont ils sont animés pour Votre Majesté.
Daignez, Sire, en agréer l'hommage.
J'ai l'honneur de présenter à Votre Majesté les clefs de cette cité fidèle et dévouée ; elles ont été religieusement gardées par ses habitants. Je vous supplie, Sire, de les recevoir avec bonté et d'être persuadé que cette journée mémorable ne s'effacera jamais de leurs coeurs reconnaissants."
Le Roi répondit :
"C'est avec bien de la satisfaction que je viens à Dunkerque que j'ai visitée il y a bien des années. Je connais le dévouement de ses habitants et je serai charmé de me trouver au milieu d'eux."
Le Roi fit son entrée dans la calèche découverte du Comte Murat, ayant à sa gauche le prince d'Orange et à sa droite, le Dauphin.
Le Préfet, le Sous-Préfet, le Maire et les adjoints marchaient à pied aux portières de la voiture. L'escorte se composait d'un détachement de gardes nationaux, de cent préposés de la Douane. Les marins, les confréries de Saint-Georges et de Saint-Sébastien, armés de leurs arcs et bannières déployées, ouvraient le cortège.
Le chevalier de Céris remit au Roi à la barrière du Pont Rouge les clefs de la ville.
Le cortège se rendit à la Sous-Préfecture, passant par les rues de Paris, la rue Royale, la rue d'Angoulême, la rue de l'Eglise et la rue du Moulin (rue Emmery). Le Roi admira particulièrement les vingt-cinq portiques de M. Bigorgne. Sous chaque portique se tenait, sur un piédestal, une jeune fille de douze à quinze ans en habits de bergère armée d'une houlette et jetant de l'autre main au Roi des fleurs prises dans une corbeille qu'elle portait.
Une autre décoration que peu de villes pouvaient offrir au Roi, était la multitude des drapeaux qui pavoisaient les rues et les édifices. Glorieux souvenirs de sa gloire passée, ces drapeaux de toutes les nations provenaient des prises nombreuses faites par les corsaires.
Sous le péristyle de Saint-Eloi, se trouvaient les doyens de la ville et le clergé des deux paroisses. En face de l'église, contre la tour, le Conseil de fabrique de Saint-Eloi avait fait placer le buste du monarque sur une estrade abritée par un portique surmonté des armes de France et de Navarre. En raison de l'heure de la marée, le Roi exprima au grand doyen Palmaert le regret de ne pouvoir entrer dans l'église.
Plus loin, les habitants de la rue des Soeurs-Blanches avaient élevé un portique.
Parvenu enfin à la Sous-Préfecture, Charles X fut reçu sous le vestibule par une députation composée de dix-neuf jeunes filles des principales familles de la ville. Mademoiselle Coffyn-Spyns, fille du Sous-Préfet, prononça toute émue, le petit discours suivant :
"Lorsque tant de transports d'amour et d'allégresse retentissent sur les pas de Votre Majesté, qu'il nous soit permis d'y joindre nos timides accents de respect et de reconnaissance.
Daignez, Sire, agréer notre hommage. Ces fleurs, que nous offrons à Votre Majesté, sont l'emblème de la pureté de nos voeux. Le Ciel les exaucera, Sire, pour le bonheur de vos peuples, car Dieu a toujours aimé la France ; et quelle plus grande grâce lui accorderait-il si ce n'est de prolonger les jours du meilleur et du plus adoré des rois."
"Mesdemoiselles, répondit le Roi, visiblement touché, je vous remercie beaucoup de ce que vous me dites et des voeux que vous formez. Je serais très heureux de pouvoir contribuer à votre bonheur et j'accepte vos fleurs avec grand plaisir."
Après un repos de quelques instants, le Roi remonta en calèche pour se rendre aux travaux du port et au bassin des chasses, s'entretenant avec MM. Juvénal Cailliez, Delattre, Vanhandt, Dubois et d'autres officiers de la garde nationale qui l'entouraient au bruit des fanfares et des cris multipliés de : "Vive le Roi !" et du fracas des eaux retenues dans cet immense bassin de sept cents mètres de diamètre.
Charles X voulut voir en personne le résultat de cette "chasse" et se rendit d'un pas accéléré à l'extrémité de la jetée.
Le Roi visita ensuite les remparts en construction à l'est de la place, adressant des mots flatteurs au chef de bataillon Michaut, au colonel de Céris, à M. Ferrier, Directeur des Douanes, qui se trouvait avec une belle compagnie de douaniers, près des quatre écluses.
L'heure avancée ne lui permit pas de visiter l'arsenal de la Marine dont il reçut les clefs des mains du Commissaire en chef Angebert. Les lui remettant, le roi lui dit : "Conservez-les, Monsieur, elles sont bien gardées."
Après avoir contemplé les magasins et les corderies qui entourent le bassin de la Marine avec d'autant plus d'attention que le Commissaire Angebert lui fit remarquer qu'ils dataient de Louis XIV, le Roi retourna à la Sous-Préfecture en passant par les rues de Séchelles, de l'Ancienne Poste (rue Dupouy), la place Royale (place Jean-Bart), les rues des Vieux-Quartiers et la promenade Jean Bart (place du Théâtre) où s'élevait au milieu des arbres qui l'ombrageaient encore à cette époque, le buste du héros dunkerquois, par Lemot.
La garde d'honneur qui avait escorté le Roi dans toutes ses courses, prit place au palais pour y faire le service de sa personne.
Charles X reçut alors toutes les autorités de la ville.
Des discours furent prononcés par MM. Coffyn-Spyns, sous-préfet, Bouly de Lesdain, président du Tribunal civil, Benjamin Morel, président du Tribunal de commerce, Gaspard, maire de Dunkerque, le chevalier Thévenet, maréchal de camp en retraite, Dupouy aîné, vice-président de la Chambre de Commerce, Prudhomme et Choquet, membres de la Commission des prisons et des hospices.
Après la réception, le Maire présenta au Roi une supplique ayant pour objet :
1° Le commerce de Dunkerque ;
2° Le dévasement du port ;
3° Le complément des travaux de restauration du port et le prolongement des jetées ;
4° Le curement des fossés de la place et le comblement du terrain militaire de l'île Jeanty comme moyen de salubrité.
Un repas de trente-sept couverts avait été préparé dans un des salons de la Sous-Préfecture auquel furent invités le général Rottembourg, commandant la division, le comte de Murat, préfet, M. Becquey, le lieutenant général vicomte Rogniat, le baron Gougeon, le baron de Fagel, M. de Vaulchier, le sous-préfet Coffyn-Spyns, le maire Gaspard, le chevalier de Céris, l'ingénieur Cordier, etc.
La garde nationale et un grand nombre de personnes furent admises à passer devant la table du Roi. La musique de la garde nationale exécuta divers morceaux sous les fenêtres du salon puis fut introduite également dans la salle. Elle exécuta ensuite une nouvelle marche de Dubreu.
Ce fut la fin de la cérémonie. Après quelques paroles flatteuses à M. Bigorgne sur la mission périlleuse qu'il avait remplie, en 1814, auprès de l'exilé de Hartwell, Charles X quitta Dunkerque à quatre heures et demie, pour se rendre à Saint-Omer.
Le Préfet, le Sous-Préfet, le Maire et ses adjoints l'avaient devancé à la barrière du Pont Rouge ; le Roi rendit au Maire les clefs de la ville en le félicitant du bon esprit de ses administrés et remit au Préfet du Nord, le comte de Murat, dix mille francs pour les pauvres de l'arrondissement.
La garde d'honneur, musique en tête, alla alors se ranger sur la place Royale où le Maire leur annonça qu'il avait été chargé par le Roi de leur déclarer combien il avait été satisfait de leur service. Le soir les maisons furent illuminées et des bals complétèrent la fête.
Trois jours après, le Sous-Préfet communiquait au Maire, la lettre suivante :
"Monsieur le Maire,
Les dispositions que de concert avec MM. les adjoints vous avez faites pour la réception de notre Roi bien-aimé, ont été celles qui pouvaient le plus toucher son coeur en donnant aux nombreux habitants de cette cité la liberté de manifester leur dévouement à l'auguste famille des Bourbons.
Le Roi a daigné, M. le Maire, apprécier le zèle et les excellentes intentions de l'administration locale ; il a été vivement ému des transports unanimes que vos administrés ont fait éclater sur son passage et déjà il vous l'a prouvé en vous disant à vous même combien son coeur en était pénétré. Mais il me reste un devoir plus doux à remplir et je m'empresse de m'en acquitter, en vous témoignant de la part de S.M. ainsi qu'à MM. les adjoints et en vous invitant à faire connaître aux habitants de Dunkerque toute la satisfaction que le Roi a éprouvée de la manifestation de leurs sentiments et le désir qu'il a de contribuer de plus en plus à la prospérité de cette ville intéressante.
La journée du 14 sera à jamais mémorable dans les annales de Dunkerque ; le témoignage de la satisfaction de S.M. sera pour cette ville la récompense la plus précieuse de son amour pour son Roi ; et cette récompense doublera, M. le Maire, la reconnaissance que ses habitants vous ont vouée à tant de titres au moment de son départ."
Ajoutons encore que le Roi fit présent au Sous-Préfet d'une tabatière en or ornée de son chiffre en diamants.
Les derniers mots du Roi au Préfet furent ceux-ci : "Je suis fort satisfait et chez vous j'ai trouvé tout en ordre."

Bulletin - Union Faulconnier - Tome XIV - Fascicule 1 - 31 mars 1911

 

château de la Foye Couture-d'Argenson 79

 

 CHATEAU DE LA FOYE - COUTURE-D'ARGENSON (79)


La seigneurie de la Foye a appartenu à la famille de la Rochefoucault avant le XIVe siècle. Au milieu du XVIIe siècle, la propriété passa à la famille de Boisse. Le château actuel remplace l'ancien logis noble possédé par JEAN-ALEXANDRE DE CÉRIS, écuyer, et demoiselle Lauriol son épouse. Leurs fils Pierre-Alexandre et Louis-Charles-Thomas émigrèrent à la Révolution. Pierre-Alexandre, de retour, vint s'installer à la Foye et en 1840 vendit le domaine au comte Jean-Baptiste de Chabot, lieutenant de louveterie qui fit construire le château en 1852.