LA FLOCELLIERE

LE CHATEAU

CHATEAU DE LA FLOCELLIERE 3



De cette magnifique demeure, séjour accoutumé d'opulents seigneurs et témoin discret des fêtes les plus somptueuses et des plus galantes aventures, il ne reste aujourd'hui que le donjon, qui se dresse encore fièrement vers le ciel, comme pour attester la haute origine et la redoutable valeur de ses maîtres d'antan.
La tour centrale, couronnée de machicoulis, semble en être la portion la plus ancienne. au dire de M. Léon Audé, elle appartiendrait au XIIIe siècle. On y ajouta, au XVe, le remarquable escalier qui, par le surplomb de ses huit étages, rappelle la tour de Pise.
A la même époque, fut construite toute la partie nord du château, aujourd'hui trop ruinée pour qu'on s'en puisse faire une idée exacte. La chapelle occupait le centre de cette portion des bâtiments, dont les extrémités étaient terminées par des tours de défense. Toute l'aile de l'est, moins une tour plus ancienne, paraît être du XVIIe siècle. Enfin, au commencement du XVIIIe, François de Granges de Surgères fit construire le portail d'entrée et les bâtiments à droite et à gauche. C'est le même qui fit poser sur la porte de l'Orangerie, au rez-de-chaussée de la partie est, ses armes et sa devise : "Post tenebras, spero lucem", devise qu'on retrouve dans l'église sur la plaque de marbre qui porte l'épitaphe de son gendre, Gilles.
L'eau venait de Saint-Michel au château à l'aide de drains, dont quelques-uns ont été retrouvés. On a également découvert, sur plusieurs points du bourg, des passages souterrains qui devaient servir de moyens de sortie, en cas de siège, aux habitants du château. C'est le cas de rappeler sa prise et son pillage, en 1597, par le vicomte de la Guierche. Plus maltraité encore en 1794, il fut, ainsi que la plupart des maisons du bourg, livré aux flammes par les soldats de la colonne infernale de Grignon.
De nombreuses et importantes restaurations y ont été faites depuis quelques années par la famille Alquier. C'est ainsi qu'une nouvelle chapelle à fronton grec y a été bâtie en 1873, et que le donjon a été réparé à grands frais en 1878-79. Enfin, en 1881, un fort joli château moderne, relié à l'ancien donjon par une galerie que supporte un porche à trois travées aux arcatures ogivales, et surmonté par une balustrade à meneaux entrelacés, a été construit sur les ruines des bâtiments de droite.
(Revue du Bas-Poitou - 1893 - 4e livraison)

 

château La Flocellière



SUCCESSION DES SEIGNEURS DE LA FLOCELLIERE
DU MILIEU DU XIe SIECLE A LA FIN DU XVIIIe

DAVID est le premier seigneur de la Flocellière dont l'existence soit certaine. Il fut marié à Marie Deschamps, dame de Vacherasse. Par une charte du 28 octobre 1090, dont la copie (qui est elle-même du XIe siècle) se conserve à la bibliothèque de Poitiers, tome 8e des manuscrits de D. Fonteneau, David donna les revenus de l'église paroissiale de la Flocellière à Pierre, abbé de Mauléon, aujourd'hui Châtillon-sur-Sèvre. Le fait de cette donation avait été peint, à une époque très reculée, sur un mur de l'église, où il a été découvert en 1864. Deux tableaux contigus, hauts d'un mètre 50 centimètres, et larges ensemble de quatre mètres, représentaient, l'un l'investiture spirituelle donnée à l'abbé par l'évêque de Poitiers de qui dépendait alors la Flocellière, l'autre la donation de David et de sa femme, reçue par un tabellion.

GEOFFROY Ier - Plusieurs écrivains ont nié que Geoffroy Ier fut fils de David, et ont même retardé sa naissance de près d'un siècle ; mais la charte du 28 octobre 1090 désigne un Geoffroy comme fils de David : Ipse etiam David dedit pro Gaufrido filio suo, et une pièce du 83e vol. de D. Fonteneau, intitulée : Allyances des seigneurs de La Flocellière, dit expressément que ce Geoffroy, fils de David, lui succéda. Ce n'est donc pas à Geoffroy Ier, mais à Geoffroy II ou à quelque autre de même nom, qu'il faut attribuer le don fait, en août 1239, par Guy de Thouars. Geoffroy Ier eut pour femme Jacquette de Beaumont. Ils vivaient l'un et l'autre en 1135.

GUILLAUME, fils de Geoffroy Ier et de Jacquette de Beaumont, épousa Marie Châteigner, dame de Cerizay, laquelle lui apporta la terre de son nom qui est restée depuis lors attachée à celle de la Flocellière. Guillaume paraît encore en 1204.

PHILIPPE, succéda à Guillaume son père. Lui et sa femme Pernelle ou Péronelle de Saint-Paul, vivaient en 1255. Par suite de ce mariage, la terre de Saint-Paul vint augmenter l'importance de la maison de la Flocellière.

GEOFFROY II, fils de Philippe et de Pernelle, épousa en 1284, Jeanne, dite de Châteaumur, comme issue de cette famille, sans être propriétaire de la baronnie, et dite aussi de Belleville, comme parente de la famille de ce nom à laquelle Châteaumur passa vers cette époque. Geoffroy eut de ce mariage deux filles Olive et Aliénor. Il vivait encore en 1296 ; mais sa femme paraît comme veuve en 1299.

GUY Ier DE SURGERES - Avec Geoffroy II disparut l'antique famille de la Flocellière, Cerizay et Saint-Paul. Guy, de l'illustre famille des Maingot, sires de Surgères, au pays d'Aunis, était fils de Hugues Maingot et petit-fils de Maingot VI. Olive est désignée, dans un acte du 29 avril 1305, comme femme de Guy Ier. Celui-ci épousa, en secondes noces, Nicole Raymonde, en 1315.

GUY II DE SURGERES, fils de Guy Ier et d'Olive, fit, en 1331, des échanges de dîmes en qualité de seigneur de la Flocellière. Il servit, avec un chevalier et cinq écuyers, sous Savary de Vivone, seigneur de Thors, et lui donna quittance de ses gages le 8 août 1338. On le voit, en 1340 et 1341, au nombre des seigneurs de la livrée de Philippe III, roi de Navarre. Il était mort en 1345. Sa première femme s'appelait Gilles Gilleberte. Il avait épousé en secondes noces, le dimanche après la Saint-Denis 1321, Marguerite de Bourgneuf, fille de Jean puiné de la famille de Retz, et veuve de Guillaume Chabot.

JACQUES Ier DE SURGERES - De Guy II et de Marguerite de Bourgneuf, était né Jacques, qui épousa, en 1354, Marie de Laval. Sa vie, surtout sa vie militaire, mériterait d'être écrite avec détails : elle est mêlée aux principaux évènements de cette époque troublée. Après avoir combattu avec un brillant courage, sous le roi Jean, à la triste journée de Poitiers, 19 septembre 1356, il fut soumis, comme toute la contrée, le 8 mai 1360, par le traité de Bretigny, au roi d'Angleterre, qu'il servit fidèlement tant que dura la domination anglaise. Dans son testament du 29 septembre 1380, il fait un legs aux pauvres de la Flocellière, pour le repos des âmes de ses père et mère. Il vivait encore le 13 février 1382.

JACQUES II DE SURGERES, né en 1370, succéda à son père. Après avoir épousé en premières noces, le 2 décembre 1392, Marguerite de Vivonnes, fille de Renaud de Vivonne, sénéchal de Poitou et surnommé Le bon Sénéchal, Jacques épousa en secondes noces, le 23 janvier 1416, Marie de l'Isle-Bouchard, fille de Bouchard, seigneur de Touarcé ; puis, en troisièmes noces, avant 1422, Marie de Sillé, veuve de Jean de Champagne, vice-roi de Naples. Cette dernière figure souvent, en 1487, comme dame de la Flocellière, veuve de Jacques de Surgères, et, le 18 juin 1441, comme tutresse de son fils Jacques III seigneur de la Flocellière. Jacques II fut conseiller et chambellan des rois Charles VI et charles VII. Il était l'un des seigneurs du Poitou les plus riches et les plus considérés. Son histoire est pleine de faits intéressants. Il s'opposa très-vivement, mais en vain, à ce que la famille De Granges fut autorisée à prendre le nom et les armes de Surgères. En 1392, Jacques fonda, dans la chapelle Sainte-Catherine en l'église paroissiale de la Flocellière, quatre prestimonies consistant en un certain nombre de messes à dire par des prêtres habitués, pour les aider à vivre. Il obtint, le 22 septembre 1396, pour les habitants de la Flocellière, remise d'un impôt de 87 livres d'or, en considération des sacrifices qu'ils avaient faits pour aider leur seigneur dans le service du roi. Le 23 mai 1421, le Dauphin Charles, fils de Charles VI, le dispensa, comme employé à la garde de ses places fortes et défensables de la Flocellière et de Cerizay, d'aller concourir au recouvrement de la Normandie, occupée par les Anglais. Il avait testé le 2 décembre 1435, et était mort avant le 30 mars 1437.

JACQUES III DE SURGERES était le fils de Jacques II et de Marie de Sillé. Il épousa, en 1452, Renée de Maillé, fille de Hardouin de Maillé et de Pernelle d'Amboise, et parente par sa mère de la bienheureuse Françoise d'Amboise. Jacques fut, comme son père, conseiller et chambellan honoraire du roi. Il existe un grand nombre de pièces qui fourniraient matière à son histoire. Le fait le plus important est que, sous lui, commença, à propos d'un chien de chasse, le procès dont le premier effet fut un arrêt du Parlement, en date du 23 février 1481, qui exemptait le seigneur de la Flocellière de la juridiction du baron de Châteaumur et de sept différents hommages qu'il lui devait pour différents fiefs. L'arrêt ne se bornait pas là ; passant par dessus les droits des vicomtes de Thouars, dont la Flocellière était un arrière-fief, il déclarait celle-ci soumise immédiatement au Roi, à cause de son comté de Poitou et de sa tour de Maubergeon, en la ville de Poitiers. Nous verrons plus tard cet arrêté réformé sur ce point ; mais, en attendant, il sortit ses effets, et nous voyons, le 23 avril 1488, le seigneur de la Flocellière rendre le devoir d'un éperon doré auquel il était tenu envers le Roi.
- Suivant M. Audé, ce serait Jacques III qui aurait obtenu du roi Charles VIII l'établissement des cinq foires qu'avait jadis la Flocellière ; mais l'ordonnance royale datée de Montils-lès-Tours, en mars 1487, et dont M. de la Boutetière a publié le texte, crée seulement au dit lieu de La Flocellière, un marché chaque sepmaine, au jour du jeudi, et deux foires par chacun an, la 1re le 29 août, l'autre le 23 janvier.

RENÉ DE SURGERES - Les Allyances des seigneurs de La Flocellière, supposent que Jacques III eut, pour successeur, Jean son fils aîné, qui, après avoir épousé Jeanne de Bretagne, fille de Guillaume de Bretagne, comte de Penthièvre, mourut sans enfants. Mais, si Jean succéda à Jacques III, ce fut pour si peu de temps que les historiens n'ont pas cru devoir en faire mention. Peut-être même était-il mort avant son père, dont le successeur immédiat aurait été, comme on le croit généralement, René son second fils. Celui-ci épousa, en 1491, Philippe de Belleville, fille de Gilles de Belleville et de Guillemette de Luxembourg-Fiennes, dont il n'eut que deux filles. Il prenait, en 1496, le titre d'échanson ordinaire du roi, et, dans un acte du 6 mai 1505, il est qualifié de puissant Monseigneur. Sous lui, une ordonnance de Charles VIII, rendue le 19 juin 1494, cassa l'arrêt de 1481 et remit la Flocellière sous la juridiction de Thouars ; mais, comme il sera dit, l'affaire n'en resta pas là. René était mort en 1512, car, à cette époque, sa veuve paraît comme tutrice de ses filles, Renée et Louise.

FRANCOIS HAMON - La famille de Surgères, ou du moins la première branche de cette famille, après avoir, depuis 215 ans, remplacé l'antique maison de la Flocellière, disparaît à son tour par le mariage, en 1516, de Renée, fille aînée de René et, en cette qualité, son héritière principale, avec François Hamon, seigneur de Bonnet, capitaine de Fougères et vice-amiral de Bretagne. François mourut en 1523, et sa veuve, après s'être remariée avec Jean de Brie, mort en 1545, mourut elle-même en 1558, ou peu après. C'est le 20 février de cette année que le procès de juridiction qui durait depuis 1481, fut enfin jugé définitivement par un arrêt qui se termine ainsi : "Notre dite Cour, par son arrêt, a débouté et déboute le dit seigneur de la Trémoille de l'effet des dites lettres de don et autres par lui obtenues, et conclusions par lui prises, et d'icelles a absous et absout la dite Renée de Surgères, dame de la Flocellière, et a condamné et condamne le dit seigneur de la Trémoille ès dépens de la dite instance." De ce jour la Flocellière resta, sans conteste, dans la dépendance du Roi, comme comte de Poitou, et en releva avec droit de haute, moyenne et basse justice, et au devoir d'un éperon doré.

JEAN HAMON, fils de François et de Renée, succéda à son père. Dès 1546, c'est-à-dire douze ans avant que la mort de sa mère l'eut mis en possession de tous ses droits de seigneur, il avait épousé Jeanne de Pannevayre, dame de l'Espeau et de Saint-Martin-Lars, qui fit testament en sa faveur le 6 juillet 1549. Il ne laissa pour héritière qu'une fille, Robinette, que sa mère, remariée à Gréaulme, traita en vraie marâtre.

CLAUDE DE MAILLÉ-BRÉZÉ - Robinette épousa Claude de Maillé, seigneur de Brézé et de Milly. Le contrat de mariage fut passé au château de Cerisay, le 15 septembre 1567. Claude était gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi. Il fut tué, le 20 octobre 1587, à la bataille de Coutras, où il portait la cornette blanche du duc de Joyeuse. Robinette resta tutrice de ses enfants, et ne mourut que le 20 janvier 1613. Elle est désignée en différents actes, comme Dame ordinaire de la reine de France, Dame d'honneur de la reine douairière, Dame d'honneur de la feue reine Blanche, titres et surnoms de Louise de Vaudemont, veuve de Henri III. Durant sa tutelle, en 1597, le vicomte de La Guerche, par ordre du duc de Mercoeur, se rendit maître du château de la Flocellière, au moyen du même stratagème qui, cette même année, servit aux Espagnols pour s'emparer d'Amiens. Mais, peu de temps après, Henri IV ordonna à Pierre Chouppes de réduire à son obéissance le pays qui était tout pour la Ligue, ce que celui-ci exécuta avec les troupes que la paix d'Amiens venait de rendre disponibles.

JACQUES DE MAILLÉ-BRÉZÉ - Charles, l'aîné des enfants de Claude et de Robinette, eut en partage la terre de Maillé ; celle de la Flocellière passa à Jacques, leur second fils, né à Cerisay, le 8 janvier 1578. Une inscription sur granit, conservée dans la chapelle de N.-D. de Lorette à la Flocellière, donne à Jacques les titres de Regis consiliarus, centum cataphractorum equitum dux strenuissimus (capitaine des cent cuirassiers à cheval de la garde royale) dominus et marchio de La Floscellière. Cette terre, en effet, avait été érigée pour lui en marquisat, par lettres de novembre 1616, registrées au Parlement le 17 mai 1629. Jacques épousa, en 1618, Julienne d'Angennes, de la famille des marquis de Rambouillet, dame d'honneur de la Reine, et veuve de Guillaume de Cozerieu, seigneur de la Rivière. En exécution des dernières volontés et avec les legs de Dlle Elisabeth Hamilton, dite la Belle écossaise, dont le testament se trouve à la bibliothèque de la Roche-sur-Yon, Jacques de Maillé fonda et dota le couvent des Carmes de la Flocellière. Il fit aussi exécuter à son château des travaux très considérables. Ces dépenses, jointes à ses goûts fastueux obérèrent sa fortune. Enfin, après une vie, dont les premières années s'étaient ressenties de son séjour habituel à l'armée ou à la cour, il finit tranquillement dans de grands sentiments de piété, le 6 novembre 1641. Il ne laissait point de postérité, n'ayant eu qu'un fils, mort au bout de deux mois. Julienne, sa femme, mourut elle-même le 29 mars 1643. Ils furent inhumés l'un et l'autre dans la chapelle de N.-D. de Lorette.

 

URBAIN DE MAILLE-BREZE



URBAIN DE MAILLÉ-BRÉZÉ, marquis de Brézé, maréchal de France, beau-frère du cardinal de Richelieu par son mariage avec Nicole Du Plessis, seconde soeur du cardinal, était, comme propre neveu de Jacques, son principal héritier ; mais il n'accepta l'héritage que sous bénéfice d'inventaire. Il fit cependant divers actes de propriété : par exemple, le 21 mai 1642, dans un contrat reçu par Guillot, notaire royal d'Angers, il confirma, tant en son nom qu'en celui de ses cohéritiers, les donations faites par son oncle aux Carmes de la Flocellière. Par un autre acte en date du 21 juin suivant, il céda tous ses droits sur la Flocellière à Julienne d'Anguennes, veuve de Jacques, pour une certaine somme d'argent et pour remboursement de ses deniers dotaux. Celle-ci, le 19 novembre de la même année, vendit la terre de la Flocellière et ses dépendances, moyennant 100 mille livres, à son neveu et filleul Paul-Philippe de Morais, qu'elle avait élevé.

PAUL-PHILIPPE DE MORAIS, fils d'Urbain de Morais et de Françoise d'Angennes, soeur de Julienne, mourut le 22 novembre 1669. Il avait épousé Marie Masson.

JACQUES-URBAIN DE MORAIS, fils des précédents, s'était marié à Jeanne Alquier, de la famille de ce nom encore existante à la Flocellière. Il mourut de la picote, à Paris, le 1er août 1672, laissant à sa veuve une position très gênée. Dans les derniers mois de 1680, la terre de la Flocellière fut juridiquement saisie et adjugée, pour la somme de 80 mille livres, le 16 janvier 1681, par décret expédié aux requestes de l'hôtel, à Paris.

CLAUDE DE DREUX NANCRÉ, comte de Nancré, du chef de sa mère Jeanne Ruellé, conseiller du Roi en ses Conseils d'Etat et privé, lieutenant-général de ses armées, etc., devint acquéreur et seigneur de la Flocellière, par l'adjudication du 16 janvier. Il avait épousé, en premières noces, le 5 octobre 1658, Aimée-Thérèse de Montgommeri, et il épousa, en secondes noces, le 20 septembre 1683, Marie-Anne Bertrand de la Bazinière, fille de Macé, seigneur de la Bazinière, baron de Vouvant, Mervent, etc. ; mais, avant de contracter ce second mariage, il donna les terres, seigneurie et marquisat de la Flocellière à son fils aîné.

LOUIS-ANDRÉ-JACQUES-THÉODORE DE DREUX-NANCRÉ, fils aîné du précédent, devint seigneur de la Flocellière, par cession de son père faite, le 12 septembre 1683, devant Bru, notaire au Châtelet de Paris. On a de lui deux actes en faveur des Carmes de la Flocellière, l'un du 15 mars 1684, l'autre du 25 octobre 1685.

FRANCOIS DE GRANGES-SURGERES, échangea le 28 février 1697, avec LOUIS DE DREUX-NANCRÉ, sa terre de Somploire, en Anjou, contre celle de la Flocellière, dont l'érection en marquisat fut confirmée, dès le mois suivant, en faveur de François. Il est dit, dans cet acte, que sa famille jouit de cette terre depuis 400 ans, c'est-à-dire que les De Granges entendaient, comme on l'a dit sous le nom de Jacques II de Surgères, continuer la lignée des Surgères devenus seigneurs de la Flocellière, en 1301, par le mariage de Guy Ier avec Olive. François était déjà marquis de Puyguyon, ce marquisat étant entré dans la famille de Granges, vers 1572, par le mariage de Renée de Puyguyon, héritière de la terre de ce nom, avec Ambroise de Granges. Il avait épousé, en mai 1682, Françoise de la Cassaigne, fille de Jean, seigneur de Saint-Laurent, grand-maître des eaux et forêts, et de Louise de Brémond. François mourut à Paris, âgé de 75 ans, le 23 février 1723, et fut enterré sur la paroisse Saint-Sulpice ; mais son coeur fut envoyé aux Carmes de la Flocellière. Françoise de la Cassaigne mourut elle-même, en août 1730, et fut inhumé, devant le sanctuaire, dans l'église paroissiale. Louis, leur fils unique, avait été tué, n'ayant encore que seize ans, à la bataille de Spire, laissant pour héritières ses deux soeurs, Jeanne-Françoise et Henriette-Elisabeth.

GILLES-CHARLES DE GRANGES-SURGERES, né en 1662, et neveu du précédent, devint seigneur de la Flocellière par son mariage, le 13 mai 1706, avec Jeanne-Francoise, fille aînée de François. Officier supérieur dans la marine royale, il mourut en Amérique en 1717, laissant un fils qui lui succéda, et une fille, Hardouine-Henriette Sidrac, qui fut mariée, le 29 septembre 1743, à Philippe-Armand du Vergier, marquis de La Rochejaquelein. Le coeur de Gilles fut apporté, et est conservé, dans l'église de la Flocellière, derrière une grande plaque de marbre ornée d'une très belle inscription. Jeanne, sa femme, ne mourut qu'en 1763. Elle est enterrée devant l'autel, dans la chapelle actuelle de la Croix, qui appartenait autrefois au château.

CHARLES-FRANCOIS DE GRANGES-SURGERES, fils de Gilles et de Jeanne-Françoise, succéda à son père. Colonel du régiment de son nom, et lieutenant-général en Italie, en 1735, il fut un des ministres plénipotentiaires de France au congrès de Vérone. Il s'était marié, en premières noces, le 13 mars 1737, à Marie-Anne-Esprit Charbonneau de l'Echasserie, fille de Gabriel-Martial, seigneur de l'Echasserie et d'Anne Servanteau ; et, en secondes noces, le 21 décembre 1739, à Catherine-Emmanuelle Gaillard de la Bouexière, fille de Jean, seigneur de Gagny, conseiller-secrétaire du Roi. Le Roi, la famille royale, le cardinal Fleury, etc. signèrent au contrat de ce mriage, et le premier-né, Louis-Armand-François, fut tenu sur les fonts du baptême, au nom de Mgr le Dauphin, fils de Louis XV et père de Louis XVI. Cet enfant vécut peu. Son père mourut lui-même à Plaisance, le 5 août 1746, à l'âge de 39 ans.

CHARLES-HENRI DE GRANGES-SURGERES, second fils de Charles-François et de Catherine-Emmanuelle, succéda à son père, et fut marié à Marie de Beaujeu, dont il n'eut point d'enfants. Considéré comme émigré, il fut, sous ce prétexte, dépouillé révolutionnairement de toutes ses propriétés de la Flocellière. Il n'était pourtant pas sorti de France : aussi les actes de vente de ses biens laissent-ils en blanc la date de la liste d'émigrés dont Charles est censé faire partie. On le dit mort à Paris, en 1795.

 

château La Flocellière 001



L'abbé DALIN
Curé de la Flocellière
Annuaire départemental de
la Société d'Emulation
de la Vendée
1882 - 29e année
3e série, vol. 2

 

P1240104

GENERAL BONNAMY



Le château de la Flocellière fut vendu nationalement au général Bonnamy, de Maillezais, des mains duquel il passa à son gendre le colonel Alquier, fils du conventionnel et ancien ambassadeur de ce nom.
[Revue du Bas-Poitou - 1893 - 4e livraison]