L'HISTOIRE DES CLOCHES D'AIZENAY

Nous ne connaissons leur histoire qu'à partir de 1802. Il est dit, dans les Chroniques paroissiales, que c'est par les soins de M. Herbert, curé d'Aizenay, à son retour d'Espagne où il avait été obligé de fuir pour échapper à la Révolution, que deux cloches furent bénites solennellement et installées dans le clocher. Qu'étaient devenues les cloches qui existaient auparavant ? Nous n'en savons rien. La tradition ne nous a rien conservé à ce sujet. Peut-être comme ailleurs, ont-elles été jetées dans une fosse, où on les retrouvera un jour. Ou, plutôt, peut-être, ont-elles été emportées pour être fondues et transformées en canons au service de la Révolution.

CLOCHES 8


La bénédiction des deux cloches de M. Herbert eut lieu au mois d'août 1802.


L'une de ces cloches, la grosse, eut pour parrain M. Honoré Delaroze, d'une des plus anciennes familles d'Aizenay, et pour marraine Louise Bodet, son épouse. Voici l'inscription qui était gravée sur cette cloche :
"Louise-Benoîte-Honorée, priez pour nous. Thermidor, an X, août  mil huit cent deux, l'an troisième du consulat de Bonaparte, j'ai été bénite par Gilbert-Henri Herbert, curé de cette commune d'Aizenay. Mon parrain a été Honoré Delaroze, négociant, maire de cette commune. Ma marraine a été dame Louise Bodet, son épouse. Marquis m'a fait à Aizenay."
L'autre cloche, plus petite, appelée Louise-Marie, eut pour parrain Louis-Charles Roy et pour marraine Louise Gillaizeau, veuve Roy.
La Chronique ajoute que Louise Gillaizeau, cachée à la Bretonnière pendant la Révolution, eut la douleur de voir sa mère et une de ses soeurs massacrées par les Bleus. Quant à elle, elle sauva son honneur et sa vie avec deux louis d'or qu'elle offrit aux soldats.
Voici l'inscription qui se lisait, et qui se lit aujourd'hui encore, sur cette cloche : "Louise-Marie, priez pour nous. Thermidor an X, août mil huit cent deux, l'an troisième du consulat de Bonaparte, j'ai été bénite par Gilbert-Henri Herbert, curé de cette commune d'Aizenay. Mon parrain a été Louis-Sébastien-Charles Roy, officier de santé, adjoint du maire de cette commune, et ma marraine a été dame Louise Gillaizeau, veuve Roy. Marquis m'a fait à Aizenay.
M. Herbert compléta sa sonnerie, en 1810, par l'adjonction d'une troisième cloche - si on peut appeler de ce nom une cloche qui ne pèse que 40 kilogs. - Cette clochette fut fondue à Nantes. On y lit l'inscription suivante : "Notre-Dame de Bon-Secours d'Aizenai. Faite à Nantes par J. Voruz jeune l'an 1810."


Que sont devenues ces cloches ?
Il est facile de le dire.


La toute petite, celle de 40 kilogs, vient d'être descendue du sommet de la tour de l'église. C'est sur elle que frappait le marteau de l'horloge, depuis la reconstruction de l'église. Elle n'a jamais servi à d'autre usage. Il était difficile qu'on l'entende de loin, étant donné son poids.
L'autre, Marie-Louise, est celle qui sonne aujourd'hui encore ; c'est notre petite cloche. Que va-t-elle devenir ? Nous le saurons bientôt. Peut-être sera-t-on dans l'obligation de la faire refondre ...
Quant à la grosse cloche de M. Herbert, celle qui portait le nom de Louise-Benoîte-Honorée, voici son histoire d'après les notes de M. l'abbé Monneron, mon prédécesseur dans cette paroisse.
"Le premier dimanche de carême, 13 du mois de février, est marqué par la bénédiction de la grosse cloche, fêlée depuis plus d'un an, et refondue complètement par M. Chambon, Alexandre de Chalette (Loiret). C'est M. le curé-archiprêtre de la Roche-sur-Yon qui fait la bénédiction, après avoir donné le sermon de circonstance. Le procès-verbal de la cérémonie nous la décrit assez pour que rien de plus n'y soit ajouté. mais nous avons à regretter que la chambre des cloches ne soit pas faite pour y placer nos deux cloches. Par suite de la démolition du vieux clocher de l'ancienne église, que l'on espérait pouvoir conserver, mais que l'on a été obligé d'abattre parce qu'il manquait de solidité, il a fallu placer les cloches derrière l'église, dans un beffroi provisoire, ce qui a nuit beaucoup à leur sonorité."


A la suite de ces réflexions très justifiées de M. Mouneron, mais qui ne le seront plus dans quelques mois, nous donnons le procès-verbal dont il vient d'être question.
"L'an de Notre-Seigneur mil neuf cent dix, et le premier dimanche de carême, 13e jour du mois de février, M. l'abbé Jean Mouneron étant curé de cette paroisse de Saint-Benoît d'Aizenay, et M. Victor Neveu, maire ; après la célébration de la grand'messe, et au milieu d'une très nombreuse assistance, attentive et recueillie, M. l'abbé Casimir Deval, chanoine honoraire, curé-archiprêtre de la Roche-sur-Yon, spécialement délégué par Mgr l'Evêque de Luçon ; après avoir expliqué dans un langage simple, pieux et persuasif, le symbolisme et les harmonies de la cloche, a béni solennellement, selon toutes les règles de la liturgie sacrée, une cloche du poids de 1174 kilogs.
Cette cloche fondue une première fois à Aizenay même, en l'année 1802, était déjà depuis longtemps hors d'usage, par suite d'une longue et profonde fêlure, qui lui avait enlevé toute sa sonorité. Elle a été refondue, en l'abbée 1910, aux frais de la commune, par M. Alexandre Chambon, fondeur de cloches à Chalette (Loiret) qui l'a garantie pendant 10 ans, avec la même sonorité et la même note (le Ré) qu'elle donnait auparavant.
A son nouveau baptême, elle a eu pour parrain M. Gaston Delaroze fils, et pour marraine, Mlle Marie Neveu, qui l'ont appelée : Marie-Gaston-Benoît-Jeanne-Victorine, ainsi que l'indique l'inscription suivante gravée sur son bronze ;
"J'ai été fondue une première fois à Aizenay l'an 1802. J'ai été refondue l'an 1910, M. Victor Neveu étant maire d'Aizenay, et M. Jean Mouneron, curé. A mon baptême, j'ai eu pour nouveau parrain, M. Gaston Delaroze fils, et pour nouvelle marraine, Mlle Marie Neveu. - Mes premiers noms étaient : Louise-Benoîte-Honorée. Je m'appelle maintenant : Marie-Gaston-Benoît-Jeanne-Victorine."
Elle avait pour parure un riche bas d'aube et une superbe chape blanche, don de Mme Victor Neveu.
A la fin de la cérémonie, elle a fait entendre ses premiers sons de joie et de reconnaissance pour Dieu d'abord, dont elle est devenue, par la bénédiction de l'église, la voix puissante, et ensuite pour ses bienfaiteurs, ses parrain et marraine, qui n'ont pas oublié les dragées traditionnelles.
En foi de quoi procès-verbal a été dressé et signé les jour, mois et an que dessus."
Suivent les signatures :
C. Deval, curé-archiprêtre ; J. Mouneron, curé d'Aizenay ; M. Neveu ; V. Neveu ; M. Neveu ; C. Neveu ; G. Delaroze ; Chambon ; M. Mouneron ; G. Delaroze ; Martial Guilloton ; Rabiller ; C. Robreteau ; J. Levron, vic. ; A. Laurenceau, vic.

Bulletin paroissial
Aizenay - 1926

CÉRÉMONIE DES CLOCHES

C'est donc le mercredi 22 septembre (1926), qu'aura lieu la belle cérémonie de la bénédiction de nos nouvelles cloches.
Cette bénédiction est souvent désignée sous le nom de baptême. La ressemblance des cérémonies de la bénédiction des cloches et de celles du baptême, explique l'origine de cette dénomination qui fut d'abord donnée par le peuple, et acceptée ensuite par l'Eglise. Nous y trouvons, en effet, l'imposition des noms, la désignation de parrains, l'ablution de l'eau, les onctions saintes ; mais il ne s'agit là que de formes extérieures qui n'entraînent évidemment pour la cloche, ni grâce sanctifiante, ni rémission de péché, ni caractère sacramentel.
C'est une jolie chose, qu'une cloche habillée de blanc comme un enfant qu'on va baptiser. On lui fait des onctions, on chante, on l'interroge, et elle répond, par un léger tintement, qu'elle veut être chrétienne, et sonner pour Dieu, pour la Vierge Marie, pour l'Eglise, pour la Patrie, pour la naissance, pour la mort, pour la prière, pour le sacrifice, pour les justes, pour les pêcheurs. Le matin, j'annoncerai l'aurore, le soir, le déclin du jour. Céleste horloge, je sonnerai l'Angélus et les heures saintes où Dieu veut être loué ; à mes tintements, les âmes pieuses prononceront les noms de Jésus et de Marie, et leurs regards monteront au ciel.
Mais quelles sont les prières que fait l'Eglise en bénissant une cloche ? - Ce qu'elle demande, c'est que cette grande voix au timbre d'airain, qui retentit dans la région des nuages, invite les fidèles à la prière, excite leur foi, ravive leur piété ; c'est qu'elle préserve de tout accident fâcheux les fruits de la terre, les âmes et les corps des croyants ; qu'elle éloigne les armées ennemies, les grêles, les orages et la foudre ; qu'elle modère le choc des vents et dissipe l'esprit des tempêtes ; que ses accents appellent tous ceux qui pourront les entendre, dans le sein de l'Eglise et au pied de cette croix qui fait fléchir tout genou sur la terre, dans le ciel et dans les enfers.
La cérémonie sonnera à 9 heures 3/4 (heure légale) pour commencer à 10 heures. A 10 heures, le clergé se rend au presbytère d'où il revient processionnellement avec Monseigneur. M. le curé le reçoit à la porte de l'église, et le cortège s'avance jusque dans le sanctuaire ; Monseigneur bénit sur son passage. Les plus rapprochés se mettent à genoux pour recevoir pieusement sa bénédiction. Dès que Monseigneur aura pris place à son trône, où il sera assisté de Mgr Mercier, vicaire général, et de Mgr Deval, archiprêtre de la Roche-sur-Yon, et que le clergé, très nombreux, sera rangé autour du sanctuaire, la messe commencera. Elle sera chantée par un prêtre, enfant de la paroisse, dont la famille, au moins par l'un de ses membres, peut être classée comme bienfaitrice insigne de notre belle église ; j'ai nommé M. l'abbé Raphaël Guilbaud, aumônier de l'hôpital de Fontenay-le-Comte. Les chants de cette messe solennelle, célébrée avec Diacre et Sous-Diacre, seront exécutés en grégorien, sans musique. La messe sera celle de saint Thomas de Villeneuve, évêque dont nous faisons la fête le 22 septembre.
Aussitôt la messe terminée, pendant que le Pontife revêtira les ornements sacrés, s'il ne les a revêtus déjà, chanteurs et chanteuses exécuteront à l'unisson la belle cantate de la Tombelle pour une bénédiction des cloches ; on en trouvera le texte avec celui des autres cantiques. Ce chant est comme un prélude à la bénédiction imposante qui va avoir lieu.

 

PORTIQUE DE CLOCHES



Les cloches sont là, devant la Sainte Table, dans l'emplacement occupé ordinairement par les enfants des écoles. Elles sont suspendues, toutes à la suite, à un immense chevalet, de manière que le Pontife puisse facilement tourner autour de chacune d'elles et les toucher à l'intérieur comme à l'extérieur. Ce chevalet est décoré de draperies et de guirlandes qui dissimulent les bois dans leur longueur et leur hauteur. Et chaque cloche porte une robe de baptême, qui peut être une chape ou une chasuble, ou assez souvent une aube, don des parrains et marraines, qui enrichissent ainsi le vestiaire de la sacristie. Ces ornements sont enlevés au moment où va commencer la bénédiction. Les parrains et marraines sont placés, comme il convient, tout près de leurs filleules. Des fauteuils sont rangés tout le long et en avant des cloches, chaque parrain et chaque marraine en face de sa filleule, c'est là qu'ils assistent à la messe.
Quand tout est prêt, le clergé se rend processionnellement auprès des cloches, c'est-à-dire, la croix en tête, avec les acolytes et l'évêque à la fin, au milieu de ses deux assistants, tous parés de leurs ornements. Ils se placent entre les parrains et marraines et les cloches. Alors commencent les rites de la bénédiction ; ces rites consistent dans la psalmodie préliminaire, l'ablution des cloches, les onctions, les parfums, et l'Evangile final.

Un mot sur chacune de ces cérémonies.

1 - La psalmodie.
Quand le clergé a pris place autour des cloches, l'évêque assis commence sur le ton choral, mais sans chanter, la psalmodie préliminaire par le premier psaume Miserere, continué alternativement par le choeur. Les fidèles, qui se seront procuré le Manuel dont il a été question, pourront suivre ce psaume ainsi que les suivants, au nombre de six.
A ceux qui me demanderaient pourquoi commencer par cette récitation de psaumes, je pourrais répondre, avec les liturgistes, que la cloche est la grande voix qui exalte dans les airs les louanges de Dieu, et invite les peuples à venir les célébrer aussi dans le temple. Rien de plus naturel au moment où l'Eglise va donner sa mission à l'airain sacré en le bénissant, que de faire entendre tout d'abord ces accents de psalmiste, qui chante lui aussi, la gloire divine et presse les âmes de l'imiter ; voix de la cloche et voix des psaumes qui se renvoient un mutuel écho dans une admirable harmonie. N'est-ce pas inviter déjà la cloche au rôle qui va lui être assigné ? ...
D'ailleurs tous ces psaumes sont admirablement appropriés par le choix de l'Eglise à la circonstance présente, comme le sont également les autres que nous rencontrerons dans le cours de la cérémonie.

2 - L'ablution des cloches.
C'est cette ablution surtout qui a fait donner le nom de baptême à la bénédiction d'une cloche. Elle est en effet, plus abondante que celle des autres objets bénits, lesquels sont simplement aspergés.
Et l'eau qui va servir à laver les cloches ne sera pas de l'eau bénite ordinaire. Après cette bénédiction, assez longue, faite par l'Evêque, celui-ci, mître en tête, commence lui-même l'ablution des cloches, en mouillant avec un aspersoir en buis les bords extérieurs et intérieurs de chacune des cloches. Des prêtres en surplis continuent cette ablution avec des éponges ou des linges ; puis ensuite ils les essuient.
Cette cérémonie a pour but de séparer les cloches des autres instruments destinés aux seuls usages profanes, et de les consacret désormais exclusivement au service divin.
Pendant qu'on lave ainsi les cloches et que le Pontife s'est assis, couvert de la mître, l'Eglise, pour occuper pieusement le clergé et les fidèles, fait psalmodier six autres psaumes de la même manière que précédemment.

3 - Les onctions.
L'onction des saintes huiles, qui apparaît ici, nous montre assez l'importance et la solennité de la bénédiction des cloches. Elle aussi a fait appeler cette cérémonie baptême, et même consécration. La cloche reçoit ainsi de ces onctions, et de plus en plus, sa destination toute religieuse et comme un caractère sacré.
Quand la psalmodie est achevée, le Pontife se lève gardant la mître, et la cérémonie devient plus imposante encore. Il fait, avec l'huile des infirmes, une onction en forme de croix à l'extérieur de la cloche. Puis, avant de l'essuyer, il récite une belle prière qui commence par ces mots : "O Dieu, qui par le bienheureux Moïse le législateur des Juifs et votre serviteur fidèle, avez ordonné qu'on fabriquât des trompettes d'argent pour que les prêtres ... etc." Il fait ensuite sept autres onctions sur le dehors de la cloche, et quatre au dedans, à peu près à égale distance les unes des autres. Pendant ce temps, le clergé chante. A chacune de ces onctions le Pontife invoque le saint ou la sainte dont la cloche doit porter le nom. Dans la circonstance, le premier nom inscrit sur les cloches sera, pour la grosse, Paul ; pour la seconde, Marie ; pour la troisième, Anne-Marie ; pour la quatrième, Marguerite. Et l'Eglise place ainsi chacune des cloches et son ministère de prédicateur sous la protection des saints ou des saintes désignés.

4 - Les parfums.
Mais voici une cérémonie majestueuse et pleine de nouveaux mystères. Le pontife, à qui on présente un réchaud ou un encensoir qui contient des charbons ardents, y jette un mélange préparé de parfums ; et ce réchaud est placé sous la cloche, de manière que toute la fumée odoriférante se répande à l'intérieur. C'est l'image de la prière fervente et agréable à Dieu, dont la la cloche nous donnera si souvent le signal. On peut y avoir un autre symbole. D'après quelques auteurs, ce riche mélange de parfums qui remplit l'intérieur de la cloche d'une fumée suave et odoriférante serait l'image du saint enivrement des élus, dont si souvent l'airain sacré célèbre la gloire et nous rappelle le bonheur ; gloire et bonheur qui seront les nôtres, si nous répondons fidèlement aux échos de la cloche, si nous sommes fidèles à ses enseignements.

5 - L'Evangile final.
La cérémonie se termine par un évangile tiré de saint Luc, celui de l'Assomption, chanté par le Diacre. Le texte sacré rapporte le fait de Marthe et de Marie, recevant Notre-Seigneur dans leur demeure, alors que la première se plaignait au bon Maître que sa soeur, uniquement occupée à l'écouter lui-même, lui laissait tout le soin de préparer le repas, et reçut de Jésus cette réponse instructive : "Marthe, Marthe, vous êtes en inquiétudes et vous vous troublez pour beaucoup de choses, tandis qu'une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part qui ne lui sera pas enlevée. "Pourquoi cet Evangile ? L'attention que donne Marie aux paroles de Jésus est le modèle de l'attention que tout bon chrétien doit apporter à la cloche, soit qu'elle annonce l'heure du sacrifice, soit qu'elle salue, trois fois le jour, Marie, Mère de Dieu, soit qu'elle se réjouisse du baptême d'un nouveau-né, soit qu'elle pleure sur un mort. Elle ne nous parle jamais que de la seule chose nécessaire. Et quand, appelés par la cloche, nous courons néanmoins à nos affaires ou à nos plaisirs, avec une âme troublée et inquiète, elle semble nous poursuivre de ses reproches : "Marthe, Marthe, dit-elle, pourquoi cet empressement et de trouble affairé ? Une seule chose est nécessaire."

La cérémonie est terminée.

D'après l'usage, le pontife fait rendre aux cloches leur premier son, à l'aide d'un cordon attaché au battant. On veut inaugurer ainsi, dans la cérémonie même, l'usage de cette cloche bénite. Chaque prêtre peut venir à son tour faire la même chose, ainsi que chaque parrain et chaque marraine. L'église se remplit d'ondes harmonieuses qui portent la joie dans les coeurs des fidèles. Pour que cette joie puisse se manifester chrétiennement et sans dissipation, des cantiques seront chantés par la foule. On les trouvera annexés au petit Cérémonial ...
Cérémonial et cantiques seront vendus ensemble 75 centimes, à la cure et à l'école des filles. Il en sera vendu également aux portes de l'église le matin de la fête. On fera peut-être bien de ne pas attendre ce moment pour s'en procurer.
Attention !
Comme il n'y a pas de baptêmes sans dragées, les parrains et marraines entendent bien faire une distribution de dragées. Voici donc comment se passera cette partie de la cérémonie, qui ne sera pas la moins intéressante pour les enfants.
Lorsque Monseigneur, précédé du clergé, aura quitté l'église, les parrains et marraines iront occuper, deux par deux, chacune des quatre portes de l'église - la porte du tambour restant fermée. - Là, aidés des personnes de leur maison qui tiendront des corbeilles remplies de dragées, ils distribueront à chaque personne qui sortira un cornet ou un petit sac de bonbons, sur lequel se lira : Souvenir du baptême des cloches d'Aizenay, 22 septembre 1926.
Puis chacun, grand et petit, sortira avec son petit souvenir de la cérémonie ; et il ne sera permis à personne de retourner à l'église avant que la distribution des dragées soit terminée.
Et, si, par hasard, la charpente qui doit recevoir les cloches se trouvait placée, le fondeur, M. Bollée, aidé d'hommes de bonne volonté, se mettrait immédiatement à l'oeuvre, roulerait les cloches sous la tribune, puis chacune à son tour, serait sortie, mise au pied du clocher, en dehors, et montrerait gravement jusqu'à la hauteur de la fenêtre qui orne la façade, et, brûlant la politesse, passerait par cette fenêtre débarrassée de son meneau, pour reprendre son ascension, cette fois à l'intérieur, jusqu'à la place qu'elle doit occuper dans le beffroi. Vous avez compris la manoeuvre ?
Cette opération impressionnante se renouvellerait évidemment cinq fois. Et alors, au bout de quelques heures, nous pourrions jouir des merveilleux effets d'une sonnerie de cinq cloches ! et cela aussi longtemps qu'il y aura des bras assez puissants pour les sonner !
Mais ..., j'écris quatre semaines du 22 septembre, et, après informations j'appprends que les charpentiers n'ont pas encore commencé à débiter le bois nécessaire pour la charpente. Voilà pourquoi je serais bien osé d'assurer que les cloches sonneront, du haut de leur tour, le 22 septembre prochain.

P.R.
Bulletin paroissiale
Aizenay - 1926

LA BÉNÉDICTION DES CLOCHES

L'an de Notre-Seigneur 1926, et le mercredi, 22e jour du mois de septembre, sous le Pontificat de Pie XI, l'Episcopat de Mgr Gustave-Lazare Garnier, le Pastorat de M. l'Abbé Pr. Roger, M. Gaston Delaroze maire d'Aizenay, eut lieu la bénédiction solennelle de quatre cloches neuves.
Cette solennité eut un prélude dont, sous peine de n'être pas complet, un procès-verbal doit faire mention.
Dès le lundi 20, la paroisse d'Aizenay était en fête. Ardemment désirées, impatiemment attendues, les cloches ne pouvaient manquer d'avoir une réception solennelle, une entrée triomphale.
Le matin donc du 20, quatre charrettes à boeufs artistement décorées, disparaissant sous les guirlandes, les fleurs, la mousse, et enrichies de dentelles, de draperies et d'oriflammes, prirent, à la gare, chacune des quatre cloches ; puis, remisées dans la vaste cour de M. Aimé Guillet, elles attendirent l'heure fixée pour le défilé à travers les rues du bourg.

Sur les deux heures de l'après-midi, une quarantaine de paires de boeufs enguilandés et enrhubannés vinrent s'atteler aux quatre charrettes. Les conducteurs étaient armés de leur aiguillon orné comme une gaule d'étendard.

boeufs cloches


A 3 heures commence le défilé. La charrette chargée de la petite cloche part la première ; la grosse cloche formera l'arrière-garde. Dans cette rue de la gare, droite et un peu en pente, l'effet est des plus pittoresques. Tout le bourg est sur pied. L'animation est générale. On se croirait un jour de cavalcade. Une foule d'étrangers et de gens de la campagne, venus pour le marché, sont restés pour jouir du coup d'oeil. Les trottoirs sont noirs de monde. Chacun veut voir de près ces charrettes si bien ornées, ces cloches au métal brillant qui, élevées comme sur des trônes, au milieu des décorations, apparaissent comme des reines auxquelles ont est heureux de souhaiter la bienvenue, ces boeufs au pas lent qui sont tout étonnés, et quelques-uns mêmes effrayés, des beaux habillements qu'on leur a donnés ; il n'est pas jusqu'aux nombreux aiguillons, aux couleurs éclatantes, qui, s'agitant au-dessus des têtes, n'ajoutent au pittoresque du sepctacle. Le défilé est long et durera longtemps. Tous les principaux quartiers du bourg ont pu l'admirer : la rue de la gare, la rue de Nantes, celle de Challans, la rue des Sables, le boulevard, et enfin la place de l'Eglise où des chars viennent se ranger les uns à côté des autres. A noter qu'au moment où le cortège arrive auprès du beffroi qui loge encore la vieille cloche, celle-ci ne put contenir sa joie ; elle se mit à sonner à toute volée pour saluer l'arrivée de ses soeurs plus jeunes, avec lesquelles elle a bien l'intention de faire bon ménage, dès qu'elles seront installées là-haut, toutes cinq, dans la blanche demeure qu'on finit de leur préparer.
Puis, sous la direction du fondeur, M. Bollée, des hommes habiles et vigoureux se mettent à décharger les cloches, et à les rouler dans l'église à la place qu'elles devront occuper dans la cérémonie de mercredi. Les boeufs, toujours patients, donnèrent à leurs conducteurs le temps de se rafraîchir une fois de plus - le temps était si chaud ! - et reprirent le chemin de chez eux, tout fiers de la besogne qu'ils venaient de faire pour la première et dernière fois ... Et la foule, dont une partie avait envahi l'église, attendit, non moins patiemment, que toutes les cloches eurent quitté leurs chars de triomphe ; et alors seulement elle s'écoula peu à peu, lentement, comme à regret. La nuit approchait.
A voir cette affluence et l'intérêt que chacun semblait porter aux cloches, on se disait : Que sera-ce mercredi !

Mercredi vint. Le mardi s'était passé à installer les cloches - c'était l'affaire du fondeur et de ses aides - et à les ornet - c'était l'affaire des marraines.
Les cloches sont là, devant la Sainte Table, suspendues à un immense portique dont tous les bois sont dissimulés, en haut, par une riche draperie en velours grenat, et, sur les côtés, par des guirlandes de verdure ornées de roses et de glycines du plus précieux effet. Le portique est surmonté de nombreux palmiers habilement disposés.
Maintenant c'est le travail des marraines. Chacune s'empresse, avec une complaisance bien naturelle, à la toilette de sa filleule. L'aube est la robe de baptême toute indiquée pour une cloche. Toutes seront donc revêtues d'une aube. La grosse portera, en plus, une riche chasuble en soie blanche ; la seconde, une belle étole pastorale en satin où le pinceau de l'artiste a semé des fleurs symboliques. La troisième et la quatrième sont heureuses d'être parées d'aubes inconnues jusque-là dans les vestiaire de la sacristie d'Aizenay ; ce sont des aubes "romaines", dont je n'essaierai point la description. Mes connaissances en matière d'étoffe fine et de broderie ne me permettent pas de m'engager sur un terrain aussi délicat. Je laisse ce soin à d'autres.
Et maintenant, tout est prêt. Le sanctuaire a, lui aussi, une parure somptueuse. Pas une décoration qui ne soit en velours grenat ; inscriptions géantes, bannières, draperies, tentures ; et rien de tout cela ne cache les sculptures ni ne brise les lignes architecturales qui, à raison de cette opposition de tons, n'en ressortent que mieux. L'autel, très riche par ses marbres et ses mosaïques, est sobrement orné : quelques palmiers au vert feuillage sur le rétable, et c'est à peu près tout. Le dallage, plus riche, que les plus riches tapis, apparaît dans toute son étendue. La nef chante, elle aussi, le Dieu du tabernacle par ses bannières en velours et en satin et par son O salutaris Hostia ... etc., qui court tout le long du triforum en immenses majuscules or sur fond velours.
Monseigneur peut maintenir venir donner à cette église la voix qui lui manque. Elle est prête à le recevoir.

Et le lendemain matin, à 8 h 1/2, la cloche avertissait que dans un quart d'heure la messe allait commencer. Déjà l'église était archi-comble. On comptait jusqu'à quatorze et quinze personnes dans des bancs de dix places. Les hommes envahirent la tribune et le déambulatoire. Disons tout de suite, pour donner une idée exacte de la foule qui se pressait dans l'église d'Aizenay ce jour-là, qu'il a été distribué, à la fin de la cérémonie, aux personnes grandes et petites, qui sortaient une à une, 3.500 cornets de dragées. Et cependant, le fait mérite d'être signalé, il n'y eut ni désordre, ni dissipation pendant toute cette longue cérémonie qui a duré près de trois heures.
Elle a commencé par une grand'messe solennelle qui avait pour officiant M. l'abbé Raphaël Guilbaud, aumônier de l'hôpital de de Fontenay, et pour Diacre et Sous-Diacre M. l'abbé Caillaud, curé de Curzon, et M. l'abbé Riou, curé de la Chapelle-Palluau. Toute la messe fut chantée en chant grégorien par le groupe des chanteurs alternant avec celui des chanteuses. Grâce au concours précieux d'un certain nombre de jeunes ecclésiastiques, l'exécution, au dire des connaisseurs, fut parfaite.
Parfait aussi le sermon de circonstance, donné à la fin de la messe par le P. Fortin, Eudiste, de la maison de Besançon. Le silence avec lequel il fut écouté est le plus bel éloge de ce sermon, étant donné le malaise inévitable d'une foule de plus de 3.000 personnes entassées dans une église construite pour 1.500 seulement. Cette instruction sur les cloches, très personnelle, très littéraire, mérite mieux qu'un simple résumé. Il est à souhaiter que le Bulletin puisse mettre sous les yeux de ses lecteurs le texte même de cet impression discours.
Le sermon terminé, tout le clergé, qui se compose d'une quarantaine d'ecclésiastiques, se rend au presbytère au devant de Sa Grandeur Mgr l'Evêque de Luçon, dont l'arrivée vient d'être signalée. C'était l'heure convenue pour la bénédiction des cloches. Chanteurs et chanteuses exécutent pendant ce temps la belle cantate de la Tombelle pour bénédiction de cloches. Cette cantate puissante remplit toute l'église de ses ondes harmonieuses, jusqu'au moment où Monseigneur, reçu par M. le Curé qui l'attend à la grande porte, s'avance à travers l'église. Le choeur lance alors les acclamations, autrefois si populaires, connues sous le nom de Laudes Hincmari, en l'honneur du Souverain Pontife, de Mgr l'Evêque, des saints Patrons de l'église et des cloches. Le Prélat est assisté de Mgr Mercier, vicaire général, et de Mgr Deval, curé-archiprêtre de la Roche. Dans le nombreux cortège d'ecclésiastiques qui le précède figurent, au premier rang, M. le chanoine de Martrin-Donos, curé-archiprêtre de Notre-Dame des Sables, M. Dronneau, curé-doyen du Poiré, et M. Chevillon, curé-doyen de la Mothe.
Rendu à son trône, Monseigneur revêt les ornements sacrés, aidé du Diacre et du Sous-Diacre de la messe qui, bien que pas encore chanoines, continueront à l'assister jusqu'à la fin de la cérémonie. Laissant à M. le Curé le soin de bénir plus tard les robes de baptême, le Pontife commence sans retard les prières de la bénédiction des cloches.

 



Le spectacle devient alors vraiment impressionnant. L'Evêque est debout dans le sanctuaire, tourné vers l'assistance, mître en tête et crosse en mains ; à ses côtés son Diacre et son Sous-Diacre, les Prélats, les Doyens et tous les prêtres qui lui forment comme une couronne sacerdotale, telle que l'église d'Aizenay n'en avait sans doute jamais vue. Les cloches ont été dépouillées de leurs ornements, et apparaissent dans tout l'éclat de leur métal qui a des reflets d'or et d'argent. Puis, derrière, en première ligne, la longue rangée des parrains et des marraines. Il y en de tout petits, mais à qui n'échappe aucun des détails de cette cérémonie, dont le souvenir restera gravé dans leur jeune mémoire comme un des plus intéressants, et des plus impressionnants de leur jeune âge. Tous, grands et petits, sont là pour être les témoins du baptême de la cloche, à laquelle ils ont donné leur nom.
Pendant que le Prélat et les prêtres récitent les sept psaumes par lesquels commence la cérémonie, lisons les inscriptions des cloches.

Sur la grosse : Sa Sainteté Pie XI étant Pape, Mgr Gustave-Lazare Garnier, évêque de Luçon, M. le Pr. Roger curé d'Aizenay, et M. Gaston Delaroze maire, j'ai été bénite le 22 septembre 1926 par Mgr l'Evêque de Luçon.
A la suite de ce préambule qui est répété sur chaque cloche, nous continuons à lire sur la grosse : J'ai eu pour parrains MM. Paul, Henri et Joseph Buet, et pour marraine Demoiselle Euphémie Guilbaud qui m'ont nommée Paule-Henriette-Josèphe-Marie-Euphémie-Raphaël. Je sonne le DO et pèse 1720 kilos. POUR DIEU. Je suis un don de la paroisse. Louis Bollée fils, fondeur de cloches à Orléans.
Sur la seconde on lit : J'ai eu pour parrain M. André Ferry-Witczek, docteur-médecin et pour marraine Dame Marie Ruchaud veuve de M. Emmanuel Friau, qui m'ont nommée Marie-Emmanuel-Jeanne-Andrée-Françoise. Je suis un don de ma marraine. Je donne le MI et pèse 970 kilos. POUR LA VIERGE MARIE. Louis Bollée fils, fondeur de cloches à Orléans.
Sur la troisième : J'ai eu pour parrain M. Pierre Papon et pour marraine Demoiselle Anne-Marie Papon, qui m'ont nommée Anne-Marie-Pierre-Marcelline-Aglaé. Je suis un don de M. Martial Guilloton, grand'père de mon parrain et de ma marraine, trésorier de l'église et adjoint au maire d'Aizenay. Je sonne le SOL et père 560 kilos. POUR L'ÉGLISE. Louis Bollée fils, fondeur de cloches à Orléans.
Enfin sur la quatrième se lit la longue inscription que voici : J'ai eu pour parrain M. G. Delaroze maire, et pour marraine Dame Marguerite Roy, veuve de M. Paul Merland, représentée par Demoiselles Marguerite et Jeanne Delaroze, qui m'ont nommée Marguerite-Jeanne-Angèle. Je remplace une cloche sur laquelle on lisait : "Louise-Marie priez pour nous. Thermidor an X, avril 1802, l'an III du consulat de Bonaparte, j'ai été bénite par Gilbert-Henri Herbert, curé de cette commune d'Aizenay. Mon parrain a été Louis-Sébastien-Charles Roy, officier de santé, adjoint du maire de cette commune, et ma marraine Dame Louise Gillaizeau, veuve Roy. Marquis m'a fait à Aizenays."
J'ai été refondue par les soins de Monsieur le Maire. POUR LA FRANCE. Je donne le DO et pèse 250 kilos. Louis Bollée fils, fondeur de cloches à Orléans.
On verra tout à l'heure quel beau carillon vont donner ces quatre cloches, do, sol, mi, do, auxquelles viendra s'ajouter bientôt la voix grave de leur soeur aînée ; ce sera alors do, sol, mi, ré, do ; une vraie sonnerie de cathédrale, selon le mot de M. Bollée.

Les psaumes sont récités. Le Pontife bénit alors l'eau qui va servir à l'ablution des cloches. C'est cette ablution des cloches. C'est cette ablution commencée par l'Evêque et continuée par des ecclésiastiques qui a fait donner le nom de baptême à cette cérémonie. Après l'ablution , les onctions. Les onctions avec les saintes huiles sont un privilège de l'évêque. D'où le nom de consécration donnée parfois à la bénédiction des cloches faite par l'Evêque. A chacune de ces onctions le Pontife invoque le saint ou la sainte dont la cloche doit porter le nom. C'est ainsi que les parrains et les marraines ont pu entendre Monseigneur disant à la première cloche : "En l'honneur de saint Paul. Paix à toi." A la seconde : "En l'honneur de sainte Anne-Marie. Paix à toi" A la troisième : "En l'honneur de sainte Marie. Paix à toi." A la troisième : "En l'honneur de sainte Anne-Marie. Paix à toi." A la quatrième : "En l'honneur de sainte Marguerite. Paix à toi."
Ces onctions achèvent de donner à la cloche sa destination toute religieuse et comme un caractère, de plus en plus sacré. De là le respect qui lui est dû : respect auquel on ne saurait manquer sans se rendre coupable devant Dieu. Puis une fumée odorifiante s'élève des encensoirs placés sous les cloches pour les embaumer. C'est l'image de la prière fervente et agréable à Dieu, dont la cloche donnera si souvent le signal.

La cérémonie touche à sa fin. Le Diacre, après avoir reçu la bénédiction de l'Evêque, chante l'Evangile où Jésus dit à Marthe que la seule chose nécessaire est d'écouter ses enseignements et de les suivre. C'est ce que rappelle la cloche chaque fois qu'elle retentit dans les airs : Unum est necessarium. C'est sur ce mot que l'assistance est congédiée.
Mais il faut qu'on sache auparavant quel son va rendre chacune des cloches. aussi, dès que Monseigneur a quitté les ornements sacrés, il vient tinter quelques coups à chaque cloche, à l'aide d'une corde de chanvre doré attachée au battant. Chaque prêtre vient à son tour, ainsi que chacun des parrains et des marraines ; et pendant plus d'un quart d'heure, c'est un carillon des plus harmonieux mais aussi des plus assourdissants dans toute l'église. On devine déjà la magnifique sonnerie que sera celle de l'église d'Aizenay, lorsque les cinq cloches résonneront du haut de leur demeure aérienne.
La foule s'incline respectueusement sur le passage de Monseigneur, quand Sa Grandeur traverse de nouveau l'église pour sortir. Et aussitôt recommence la distribution des dragées, qui se fait dans l'ordre le plus parfait. A chacune des portes se tiennent des parrains et des marraines ou leurs représentants. Et, à mesure que chaque personne passe, elle reçoit un petit sachet de dragées avec cette inscription : Souvenir de la bénédiction des cloches d'Aizenay, 22 septembre 1926. Et c'est ainsi qu'il fut distribué environ 3500 sachets de dragées.
La fête eût été complète s'il eût été possible de monter les cloches ce même jour et de les entendre sonner. Ce sera sans doute pour Noël. Elles seront donc étrennées pour célébrer la naissance de l'Enfant Jésus.
Fait à Aizenay, les jour, mois et an que dessus.
Pour copie conforme.
P.R.

Bulletin paroissial
Aizenay - 1926