JOYEUX NOEL 3

 

VIEILLES CROYANCES A PROPOS DE NOEL
DANS LA RÉGION DE FRONTENAY-ROHAN-ROHAN

par Camille Porchet

- S'il fait noir pendant la messe de minuit il y aura, dit-on, beaucoup de prunes l'année suivante, et s'il fait clair de lune au contraire, ce fruit sera rare. Pourquoi ? parce que, d'après la légende, c'est la Sainte-Vierge qui les sème cette nuit-là. Alors, lorsque la nuit est profonde, elle sème sans voir, abondamment, tandis que par temps clair, elle distribue ses bienfaits avec plus de parcimonie pour que tous les pays aient leur part.

- La veille de Noël, on faisait un fort gros pain appelé "pain de calendre". On en coupait un petit morceau sur lequel on faisait trois ou quatre croix avec un couteau, et on le gardait sous prétexte qu'il avait la vertu de guérir plusieurs maux. Le reste était partagé entre la famille le jour de Noël.

- Avant 1886, chez certaines gens, il était d'usage de maintenir l'incandescence de la bûche de Noël pendant les trois jours de fête. Cette époque passée, les restes en étaient jetés sur le ciel de lit. A la mort de chacun des membres de la famille, on plaçait dans le cercueil, à côté du défunt, un morceau de ce charbon.

- Le "chanteneau" était le cadeau que le parrain ou la marraine faisait à leur filleul pour Noël. Cet usage venait de la Saintonge où l'on distribuait autrefois, à cette époque, des gâteaux sur lesquels était grossièrement tracée l'image de l'enfant Jésus et de la Sainte-Vierge.

Et voici quelques dictons :

Quand Noël a son pignon
Pâques aura son tison.

Noël en jeu
Pâques en feu.

Lorsque Noël est étoilé
Beaucoup de paille et peu de blé.

Les douze jours après Noël
Les douze mois se feront tels.

Tonnerre à Noël, pas d'hiver.

Noël humide, greniers et tonneaux vides.

Claire messe de minuit, claire avoine.

AGUIAINE (Grandjean)
1972/11 (T6) - 1792/12