Parmi les officiers chouans du Morbihan, le dossier le plus détaillé est celui de JEAN-ALEXIS-MARIE FOUCAUD, né à Rieux le 13 décembre 1771.

Son père, Foucaud de la Belinière (en Saint-Herblain) avait servi dans la gendarmerie avec le grade de lieutenant. Son grand-oncle avait été également gendarme de la garde. Sa mère était Jeanne Joyaut.

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Il fut en 1790 et 1791 lieutenant puis capitaine de la garde nationale de Redon sous les ordres de MM. Collobet du Bor et Joyaut de Coesnongle son oncle maternel qui en furent successivement colonels.

Le 15 mars 1793, il insurge les paysans de son canton et avec 600 braves qu'il commandait, prend part à l'attaque de la Roche-Bernard où il y eut une trentaine d'hommes tués sur le champ de bataille, puis peu de jours après à l'affaire de Rochefort qui fut beaucoup plus meurtrière. Il signe la sommation faite aux habitants de Redon par M. Hery l'aîné et le malheureux Grignon, et se trouve aux affaires de Saint-Perreux et d'Aucfer, en Rieux.

Proscrit après la défaite des royalistes par Beysser, il se retire à Auray où il est élu commandant d'un bataillon de réquisition et envoyé à Belle-Ile. Il y est reconnu, dénoncé et obligé de s'enfuir. "Après un assez long laps de temps passé dans la peine et la misère, la chouannerie s'organise dans le Morbihan ; le sieur Foucaud y parut un des premiers". Il fut nommé chef de canton ou de bataillon dans la division de Sol, et estime à 500 le nombre d'hommes qu'il avait sous ses ordres.

Six mois après, il fut rejoint par ses deux frères, Louis et Augustin, et par ses trois cousins germains, Aimé Joyaut et les deux du Quereron. Il prit part aux affaires de Muzillac, la Gacilly, le Bois de Coloret, Miséricorde, Grandchamp où son frère Louis fut tué. Il posa les armes en 1796 et ne paraît pas les avoir reprises en 1799. Son cousin Joyaut fut guillotiné avec Cadoudal en 1804.

Son frère Augustin-Marie était né à Rieux en 1779. Il prit part comme volontaire à la prise d'armes en 1793 sous les ordres de MM. Bernard et Grignon et combattit à La Roche-Bernard et à Aucquefer. Il reparaît en 1795, comme capitaine  attaché à l'Etat-Major de la division de Sol et combat à Quiberon, à Grandchamp, à Locminé et à Muzillac. En 1799, il passa en Vendée comme major d'infanterie attaché à l'Etat-Major du général Suzannet, et se trouve au combat de Mortagne (29 octobre 1799). "Le 1er novembre, dit-il, à l'affaire de Beaumanoir, avec 60 hommes armés, il battit le général Travot avec 150, en tua 7, en prit 21 et sauva les équipages de la légion de Boulogne."

Les du Quereron étaient deux frères : l'un, Jean-Marie, fut tué dans la première guerre, en 1795 ou 1796 ; l'autre, Joseph-Marie, né à Rieux le 10 juillet 1777 prend part en 1793, comme volontaire au siège d'Aucfer sous de Sol et Grignon, reparaît en 1795-96 comme capitaine-adjoint à l'Etat-Major de Sol et combat à Muzillac, Rochefort, La Gacilly, Saint-Jacut et Malestroit. En 1797, il est placé pendant six mois sous la surveillance de la police. En 1798, il est l'objet d'un mandat d'arrêt qui l'obligea à se tenir caché pendant quatre mois. Le 20 juin 1799, il sortait de Rennes à huit heures du soir, avec M. de la Nougarède lequel était porteur d'ordres du comte d'Artois, lorsqu'un incident imprévu attira sur eux l'attention du corps de garde. Du Quereron, en prenant la fuite, réussit à concentrer sur sa personne les soupçons des soldats, à la poursuite desquels il eut la chance d'échapper. Quelques semaines après, il est nommé colonel de la 4e légion à l'armée du Maine. C'est lui qu'on désigne généralement sous le nom de Saint-Robert. (La 4e légion comprenait le pays entre Laval et Château-Gontier, sur la rive gauche de la Mayenne.) Lors de la prise du Mans, il commande à Meslay une colonne d'observation. Il prend part aux affaires de Ballée et de Meslay. Après la pacification de 1800, il reste sous la surveillance de la police jusqu'en 1811. En 1815, il fait campagne comme directeur-Adjoint des subsistances à l'armée du Morbihan.

Cte Ch. de Calan

Association Bretonne

Archéologie - Agriculture

Troisième série - Tome trente-neuvième

1928