LE BLASON DES CATHELINEAU

Dès qu'il fut monté sur le trône restauré, Louis XVIII se tourna vers la Vendée, et bien qu'il ne put pas faire pour elle tout ce qu'il aurait voulu, il tint à lui témoigner son admiration et sa reconnaissance.

Et l'un des premiers gestes royaux fut d'entourer d'honneur la pauvre famille et le nom de Jacques Cathelineau ... ; des Lettres Royales vinrent donner au fils de l'héroïque paysan un rang d'honneur dans la noblesse du royaume, en même temps qu'un blason de vrai chevalier.

Et quel blason ! d'azur à la hampe fleurdelysée posée en bande, à la flamme d'argent chargée d'un Sacré-Coeur de gueules sommé d'une croix de même", le tout accompagné en devise du cri de Jacques Cathelineau frappé à mort : DIEU ET LE ROI !
En résumé : le drapeau blanc de la France d'alors chargé du Sacré-Coeur.

ARMOIRIES DESCENDANTS JACQUES CATHELINEAU


Et ce seront là, pour tant que dureront la France et l'Histoire les armoiries splendides de la très noble race des Comtes de Cathelineau.

Singulier rapprochement : Quand, en 1870, pour secourir la France en détresse, le glorieux régiment des Zouaves-Pontificaux se transforma en celui des Volontaires de l'Ouest, sous le commandement du baron de Charette et du comte Henri de Cathelineau, dans l'ombre de leur cloître, des mains de religieuses brodèrent pour le nouveau régiment un oriflamme. Et ce nouveau drapeau, que devait rougir à l'épique bataille de Patay le plus noble sang de France, était une flamme blanche portant le Sacré-Coeur, - l'étendard même du blason des Cathelineau - avec l'invocation suppliante : COEUR DE JÉSUS, SAUVEZ LA FRANCE !

Louis XVIII mourait en 1824 ; et le 6 juillet 1826, la duchesse de Berry, visitant la Vendée au nom de Charles X, venait s'agenouiller avec émotion dans l'humble chaumière du Pin-en-Mauges, dans cette pauvre chambre où le 13 mars 1793, Jacques Cathelineau avait épinglé la cocarde blanche au chapeau et le Coeur de Jésus sur le coeur de ses vingt-sept premiers compagnons d'armes.

Ce durent être ces deux insignes, placés où ils étaient, qui inspirèrent quelques jours plus tard cette superbe réplique au Vendéen de Maulévrier qu'un des officiers de la duchesse de Berry trouvait petit de taille : "En Vendée, Monsieur, les hommes se mesurent de la tête au coeur" ...

Dans tout son sursaut d'héroïsme et dans sa sublime épreuve le culte ardent du Coeur de Jésus fut pour la Vendée le grand asile et le grand levier.

Loudun (Vienne)
L. CHARBONNEAU-LASSAY
REGNABIT
Revue universelle du Sacré-Coeur
1922