LE SOULEVEMENT DE LA VENDÉE - LA TERREUR

La persécution mit une auréole au front de ses victimes. Un frémissement d'indignation avait envahi les paysans du Bocage quand ils avaient vu les prêtres fidèles chassés de leurs presbytères et de leurs paroisses et remplacés par des intrus. Ils les avaient cachés et défendus avec un dévouement admirable, prêts, au besoin, à repousser avec leurs fusils de chasse et leurs faulx les patriotes qui viendraient les attaquer, mais l'idée ne leur était point venue de prendre les armes, de grouper leurs forces et de se révolter contre un état de choses qu'ils détestaient. La colère, sans doute, bouillonnait dans leurs coeurs, mais enfin tout était assez calme extérieurement et rien ne faisait augurer avec certitude que la guerre, une guerre acharnée allait naître du mécontentement populaire.
Le meurtre de Louis XVI, connu dans les Mauges vers les derniers jours de janvier, avait encore augmenté l'exaspération des paysans, mais aucun mouvement sérieux n'avait suivi cette nouvelle et il est bien à croire que si la Convention en fût demeurée là, ce forfait, tout détesté qu'il fût, n'aurait point lassé leur patience.
L'étincelle qui fit naître et développa l'incendie, ce fut le décret du 24 février 1793 ordonnant une levée de trois cent mille hommes, et le tirage au sort, au chef-lieu de canton, sur tout le territoire de la République.

Les Vendéens n'étaient point des lâches. Ils l'ont assez prouvé, certes ; et ce n'était pas la crainte d'exposer leur vie dans les combats qui leur rendit odieux le décret de la Convention. Mais quand ils comprirent qu'il ne s'agissait plus seulement de courber la tête sous un joug maudit, qu'ils devaient encore donner leur sang pour un régime exécré et des lois sacrilèges, pour soutenir les persécuteurs de leurs prêtres et les assassins de leur Roi, un long cri de colère courut dans tout le pays, et partout on prit les armes pour la défense de l'autel et du foyer.
On a répété souvent que les Vendéens, loin d'être des héros, n'étaient que des révoltés qui s'insurgeaient contre le gouvernement de leur pays, et que, par conséquent, la guerre qu'ils ont faite était injuste et ne mérite aucune admiration.

bénédiction de l'armée

Les Vendéens ont pris les armes pour la défense de leur liberté politique et surtout de leur liberté religieuse au moment où des sujets rebelles venaient d'assassiner leur légitime souverain. Sans doute, on ne doit point se révolter, les armes à la main, contre un pouvoir même illégitime, s'il est pourtant régulier et en possession paisible du gouvernement. Mais dans le cas qui nous occupe, les régicides qui faisaient peser sur la France leur joug sanglant n'étaient ni légitimement, ni régulièrement, ni paisiblement en possession du pouvoir, puisque par la violence ils tenaient dans les fers l'héritier du trône, et que son représentant, institué régent du royaume par le vieux droit traditionnel, avait entrepris, les armes à la main, de chasser de France le gouvernement révolutionnaire. A cette heure là, c'étaient les bourreaux de Louis XVI, les geôlier de Louis XVII qui étaient les véritables rebelles et les Vendéens qui combattirent pour relever le trône et défendre leur foi étaient incontestablement les défenseurs du droit et de la justice. Sans doute, il faut condamner l'insurrection à main armée et c'est précisément pour ce motif qu'il faut condamner ceux qui avaient renversé le roi légitime et porté sur lui une main sacrilège.

On ose encore soutenir que l'insurrection vendéenne a été provoquée par les prêtres et les nobles. S'il est aujourd'hui une vérité démontrée à tout homme sérieux, une vérité qu'il faut cependant redire pour condamner le silence les préjugés mis dans la circulation révolutionnaire, c'est évidemment celle-ci : Ce ne sont pas les prêtres, ce ne sont pas les nobles qui ont préparé la prise d'armes et allumé la guerre civile. Le soulèvement en masse de la Vendée fut un élan spontané, il fut l'explosion d'une indignation profonde, longtemps comprimée, et qui, depuis la journée lamentable du 21 janvier 1793, n'attendait qu'une étincelle pour éclater avec une énergie terrible. Les prêtres et les nobles furent entraînés par ce mouvement, au lieu d'en être les instigateurs ; ils le suivirent, ils se dévouèrent même pour en procurer le succès, mais il ne leur inspira tout d'abord que des inquiétudes et des appréhensions. Les vrais provocateurs sont ceux-là mêmes qui ont crié au "fanatisme" et qui n'ont cessé de multiplier, de 1791 à 1793, des méfaits analogues à ceux que nous venons d'exposer. S'il y eut des vengeances et des représailles de la part des Vendéens, elles furent la conséquence toute naturelle des violences exercées contre eux par les révolutionnaires de bas étage qui persécutaient et guillotinaient leurs prêtres, massacraient leurs femmes et leurs enfants, brûlaient leurs églises et incendiaient leurs maisons.

Qui oserait assurer, d'ailleurs, que dans les circonstances présentes, les populations des Mauges n'étaient pas sous l'inspiration secrète de Dieu ? que dans l'état de dégradation morale où se trouvait alors la France, il ne voulait pas se servir de la Vendée pour donner au monde les plus sublimes principes d'ordre et de justice ? Qui ne sait, comme nous l'apprend l'expérience des siècles, qu'il entre ordinairement dans le plan divin de demander de grands sacrifices, du sang même, aux âmes honnêtes et justes pour l'expiation des grands crimes ? Si les Vendéens n'étaient pas tombés en martyrs du droit, de l'honneur et du devoir ; si tant de femmes chrétiennes, de vierges pieuses et d'enfants innocents, n'avaient pas été massacrés, fusillés, noyés, et immolés sur l'échafaud ; si le prix de ces saintes victimes n'avait pas été là pour compenser aux yeux de Dieu, les horreurs de la démagogie, qui peut dire quand nous aurions revu sur le sol de la patrie si outragée, le rétablissement de nos autels et la disparition de l'anarchie ?

Le tirage au sort fut fixé dans les Mauges au mardi 12 mars. Pendant les huit jours qui précédèrent, des hommes intrépides parcouraient les bourgs et les villages, semant partout l'idée de l'insurrection et excitant les jeunes gens à ne point tirer à la milice. De tous côtés, les jeunes gens se réunissaient pour délibérer et presque partout on prenait la résolution de ne pas se rendre au tirage, ou, si l'on allait au chef-lieu, de résister aux sommations des intéressés.

Au jour fixé, de grand matin, le tocsin sonne au clocher des villages pour donner le signal du départ. Les chemins qui conduisent à Saint-Florent-le-Vieil se couvrent de jeunes gens accompagnés de leurs pères et de leurs amis. Beaucoup emportent le fusil de chasse accroché suivant l'usage au dessus du manteau de la cheminée, d'autres des fourches, des faulx ou seulement un gros bâton noueux qui dans leurs mains vigoureuses n'était point une arme à dédaigner. Peu à peu les groupes grossissent, chaque village amenant une nouvelle bande ; on se reconnaît, on se serre la main au cri de : "Vive le Roi ! Vive la Religion ! A bas la République !
Pour faire leur entrée dans la ville, les jeunes gens se massent en une longue colonne dont les plus résolus prennent le commandement et sous la conduite de Forestier, de la Pommeraye, de Cady, de Saint-Laurent-de-la-Plaine et de Perdriau, de la Poitevinière, ils vont se ranger en ordre de bataille devant la porte principale de l'abbaye. A ce moment, trois parlementaires se détachent de la foule et somment le district d'ajourner le tirage et de livrer ses armes. Quelques officiers municipaux marchaient à leur rencontre lorsqu'un coup de fusil éclate, tiré, paraît-il, par un insurgé nommé Fleury, maréchal-ferrant. Les républicains répondent à cette détonation par un coup de canon à mitraille. Ce fut le signal d'une mêlée générale. Les paysans furieux se précipitent sur les couleuvrines, assomment les canonniers, enfoncent et culbutent la garde nationale et envahissent l'abbaye. Administrateurs, gendarmes, gardes nationaux prennent la fuite ; les insurgés maîtres du terrain s'emparent du district, pillent la caisse et brûlent pêle-mêle, dans un feu de joie, les papiers de l'administration ; les plus acharnés saccagent les demeures des patriotes, quelques-uns s'attablent dans les cabarets, la plupart regagnent leurs villages et répandent partout la nouvelle de leur victoire.

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Le lendemain de l'échauffourée de Saint-Florent, quelques conscrits réfractaires étant passés par le bourg du Pin-en-Mauges, entrèrent chez Cathelineau pour lui raconter l'affaire de la veille. Aussitôt, Cathelineau qui était en train de boulanger laisse là sa pâte, revêt son habit et malgré les protestations de sa femme qui se jette à ses genoux et le conjure de penser à elle et à leurs petits enfants : "Mes amis, s'écrie-t-il d'une voix vibrante, nous sommes perdus, prenons les armes ; il n'y a pas de temps à perdre ; notre pays va être écrasé par la République".
Pour accélérer davantage le mouvement, Cathelineau fait battre le tocsin une partie de la nuit et dans la matinée du lendemain, et envoie dans les environs prêcher la croisade qu'il vient d'entreprendre. A son appel, des bandes de conscrits accourent de toutes les paroisses voisines et le lendemain, ces soldats improvisés, armés seulement de faulx retournées, de haches, de bâtons et de quelques fusils de chasse, commençaient cette guerre à jamais mémorable que Napoléon a si bien nommée "la guerre des géants".

La paroisse de Saint-Laurent-de-la-Plaine prit part comme toutes les autres au soulèvement de la Vendée. Elle fournit son contingent à l'armée catholique et royale et un des principaux chefs de l'insurrection dans la personne du chirurgien Cady, l'une des figures les plus originales de la Vendée Angevine.
Sébastien Jacques Cady (1) , fils de Charles Cady et de Jacquine-Gabrielle Lusson, appartenait à cette petite bourgeoisie de campagne qui donna à la cause royaliste d'ardents partisans et des officiers capables et énergiques. Il naquit à Saint-Laurent, le 31 janvier 1754. Son père était chirurgien ; un de ses frères, Charles-Louis, décédé le 1er février 1789, l'était aussi. Petit de taille, grêle, mais d'une intelligence et d'une intrépidité rares, Cady était un chirurgien fort habile et fort consulté. Il faisait dans tout le pays environnant des voyages qui duraient parfois plusieurs jours. Le père Pineau, de Saint-Laurent-de-la-Plaine, qui a servi sous ses ordres en 1815, a raconté que c'était pour lui un jeu d'opérer les becs de lièvre. Il lui avait vu extirper en un tour de main une balle restée dans la cheville de pied d'un Vendéen blessé à l'attaque de Granville. Alerte, gai, charitable, c'était, disait avec émotion le vieux Pineau "le meilleur homme que j'aie connu". Il sautait à pieds joints sur la table de l'auberge et y dansait, au milieu des bouteilles et des verres, sans rien casser. Malheureusement, c'était là son défaut, il cultivait un peu trop le cabaret et la bouteille, ce qui lui valait de vertes réceptions de la part de ses soeurs quand il rentrait "ému", et le mettait en froid avec son curé.
Familier avec tous, toujours gai, il aimait la chanson, excitait les chanteurs, chantait lui-même.
Il était adoré des gens du pays. Il avait pour eux, pour Pineau particulièrement, de ces procédés qui gagnent le coeur : au cabaret, lui passant sa bourse par dessous la table, pour qu'il ait l'honneur de régaler, et le louant devant l'hôtesse et ses camarades de cette générosité ; dans un chemin où Pineau (qui n'était pas riche), marchait derrière lui, et croyant que Pineau ne le voyait pas, laissant tomber une pièce de trente sous ou un petit écu pour qu'il le ramassât ; se cachant derrière les rideaux ou dans la ruelle du lit de la métayère, dont il avait trouvé la porte ouverte, pour lui faire peur, comme l'eut fait un vieil ami ; prodiguant aux pauvres ses soins, ses secours, sans accepter aucune rémunération, faisant bien payer les riches étrangers.
C'était plaisir de le voir trotter sur son cheval blanc, suivi d'un énorme chien fauve qu'on appelait "Dragon", le plus doux des animaux avec les enfants, le plus terrible pour ceux qui auraient voulu toucher au cheval de son maître quand celui-ci, rentrant au village et mettant pied à terre pour visiter un malade ou pour boire un coup, lui avait mis la bride sur le cou, et qu'ils s'en retournaient tous deux côte à côte à la maison.
Cady n'était pas marié. Il habitait avec ses deux soeurs, Jacquine et Marthe, un peu au delà de l'église et du même côté, (à droite en allant à Chalonnes), une petite maison basse, aujourd'hui atelier de sabotier, avec une partie plus haute à côté où il est mort. Une autre maison plus importante, bâtie mais non occupée par lui, vient à la suite, séparée de l'autre par une barrière et une cour. Il possédait dans le bourg des terrains et des bâtiments d'une certaine importance : des champs aux Airaux et la métairie de la Grande Gourdonnière.
Entre ces deux maisons, sur la rue, Cady avait fait construire une belle volière ; sur une des murailles un artiste d'Angers avait peint son portrait très ressemblant et celui du fidèle Dragon : c'était la joie et l'orgueil du propriétaire.
M. Cady fut, sous la Restauration, maire de Saint-Laurent-de-la-Plaine et conseiller d'arrondissement, le 1er mai 1800. Il mourut à Saint-Laurent, le 19 avril 1820, âgé de 66 ans. Il était chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis. Sur sa tombe, les honneurs militaires lui furent rendus par la garde nationale de Saint-Laurent et ses anciens compagnons d'armes qui avaient tenu à venir donner ce dernier témoignages d'estime et d'attachement à leur ancien chef.

Cady fut un des premiers chefs de la Vendée sous les ordres de Cathelineau, puis de Bonchamps et de Stofflet. Avec Bonchamps, il se signala au premier combat du Mesnil (avril 1793). Il commandait avec la Sorinière, à l'affaire du Pont Barré, la division de Chemillé qui tourna la droite de l'armée républicaine, en franchissant le Layon à Bézigon et aux Planches et amena sa déroute complète. Avec Stofflet, il culbuta dans la Loire du haut de la roche de Mûrs 700 gardes nationaux d'Angers. Au retour de la campagne d'Outre-Loire, Stofflet le nomma inspecteur des gardes du Layon. Il reprit les armes en 1796, mais arriva trop tard pour délivrer Stofflet, prisonnier à la Saugrenière. Tel était son ascendant sur les paysans du voisinage qu'au premier signal, durant les Cent Jours, il réunit 10 paroisses dans la lande de Saint Lézin et les entraîna avec lui à Jallais, à Chemillé et au Pont-Barré (Un des frères de M. Cady, chef comme lui dans l'armée vendéenne, fut tué dans les premiers combats, près d'Izernay).
Chaque paroisse insurgée avait son comité composé d'un président et de quatre membres. Ce comité présidait aux distributions de vivres et de munitions, donnait les ordres pour les levées et les départs et s'occupait de l'élection des capitaines et de la police.

En ce qui concerne l'organisation militaire, elle comprenait, suivant la population, une ou deux compagnies. La compagnie était commandée par un capitaine choisi par les paysans et celui-ci avait sous ses ordres un lieutenant et des sous-officiers. Dans les dossiers comprenant les états de service des officiers et soldats de l'ouest, dossiers établis en 1814 et en 1815 par une Commission chargée d'examiner les titres des officiers et soldats à des récompenses, nous avons relevé, pour Saint-Laurent-de-la-Plaine, les noms de 113 combattants qui ont pris les armes de 1793 à 1799 et qui ont survécu à la Révolution.
Aligon Pierre, de la Fumoire, soldat, toute la guerre.
Barault Louis, de Bellenoue, soldat, toute la guerre.
Bastard Jean, de la Petite Jaltière, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Beduneau Jean, de la Boissière, sergent, 1793, 94, 99, 1815.
Beduneau Mathurin, de la Marotière, sergent, toute la guerre.
Bidet Jean, de la Davière, sergent, toute la guerre.
Bidet Louis, du Teil, sergent, 1793, 94, 95, 96.
Bidet Pierre, du Teil, sergent, toute la guerre.
Bidet René-Pierre, du Teil, capotal, toute la guerre
Binier Jacques, de la Caillerie, capotal, toute la guerre.
Blond Jean, cordonnier, caporal, 1793, 94, 99.
Blond René, soldat, toute la guerre.
Blouin Pierre, de la Grande Rogerie, soldat, toute la guerre.
Blourdier Jean, du Petit Groisellier, capotal, toute la guerre.
Blourdier Mathurin, journalier, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Blourdier Pierre, soldat.
Boitaut Louis, serger, soldat.
Boitault Pierre, lieutenant, 1793, 94, 95, 96.
Bompas Etienne, closier à la Lande, soldat, toute la guerre.
Bondu Etienne, marchand colporteur, soldat, toute la guerre.
Boucherie Sébastien, caporal, toute la guerre.
Boumier Louis, de la Caillerie, soldat, toute la guerre.
Boumier René, soldat, toute la guerre.
Boumier Vincent, du Mirandeau, soldat 1793, 94, 95, 96.
Bourigault Joseph, journalier à Bourgneuf, soldat, toute la guerre.
Branchereau Jean, du Plessis-Beuvereau, soldat, toute la guerre.
Branchereau Pierre, de la Fumoire, soldat, toute la guerre.
Brechet Jacques, sabottier, soldat, toute la guerre.
Brevet René, métayer, courrier à cheval, 1793, 94, 95, 99.
Cady Sébastien, chirurgien, colonel, toute la guerre.
Cailleau Etienne, de l'Epine, soldat, toute la guerre.
Chalonneau Pierre, du Pineau, soldat, 1799, 1815.
Couteau Jean, sabottier, soldat, 1793, 94, 99.
Dailleux René, métayer, caporal, toute la guerre.
Davy Jean, métayer au Gâs, soldat, toute la guerre.
Davy Mathurin, soldat, toute la guerre.
Davy René, de la Lansonnière, soldat, toute la guerre.
Davy René, de la Grande Marotière, soldat, toute la guerre.
Delaunay François, courrier à cheval, 1799, 1815.
Delaunay Jean, maréchal, soldat, 1793, 94, 95, 1815.
Delaunay Mathurin, de la Philippière, sergent, toute la guerre.
Denéchau François, voiturier, soldat, 1793, 94, 95, 1815.
Denéchau Jacques, du Pineau, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Denéchau Jean, du Pineau, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Denéchau Pierre, journalier à Bourgneuf, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Dénéchau Pierre, du Pineau, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Drapeau Pierre, maçon, soldat, 1793, 94, 95, 1815.
Frémondière François, de la Douarderie, soldat, 1793, 99.
Frémondière Georges, de la Douarderie, soldat, toute la guerre.
Gabory Jacques, soldat, toute la guerre.
Gallard Jean, meunier à Frossanger, commissaire aux vivres, 1794, 95, 99, 1815.
Gallard Joseph Jean, soldat, 1793, 94, 95, 96, 99.
Gasté René, tailleur, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Gauthier Mathurin, serger, soldat, 1793, 94, 95, 1815.
Gendron Louis, métayer au Puy, soldat, 1799, 1815.
Gendron Pierre, à la Boissière, soldat, 1799, 1815.
Girault François, de la Braudière, soldat, toute la guerre.
Gourdon Jean, de la Lansonnière, sergent, toute la guerre.
Gourdon René, du Plessis-Beuvereau, soldat, toute la guerre.
Grosse Louis, journalier et fossoyeur, soldat, 1793, 94, 95, 1815.
Humeau Joseph-Serge, de Rochard, capitaine de cavalerie, toute la guerre.
Janneteau Jean, de la Michellerie, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Janneteau Mathurin, du Plessis-Raymond, soldat, 1793, 94, 99.
Jolivet Jean, métayer à la Petite-Lande, soldat, 1793, 94, 95, 96, 1815.
Jolivet Pierre, de la Grande-Roussière, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Lefort Jean, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Lefort Mathurin, maçon, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Leger Jean, serger, sergent, toute la guerre.
Lehoreau Charles, de la Gueneraie, soldat, toute la guerre.
Lehoreau Jacques, du Ronceray, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Letheul Alexandre, serger, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Letheul Jean, tisserand à Bourgneuf, soldat, toute la guerre.
Manceau Pierre, de la Cave, soldat, 1799, 1815.
Maquain Jean, de la Haute-Charpentraie, soldat, toute la guerre.
Martin Joseph, de la Saulaie, capitaine, toute la guerre.
Menard Jacques, soldat, toute la guerre.
Menard Jean, de la Gourdonnière, soldat, 1793, 99.
Menard Jean, soldat, 1793, 94, 95, 1815.
Mercier Mathurin, de Bellenoue, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Mondain René, meunier à Clandy, soldat, toute la guerre.
Montaillé Jean, soldat, toute la guerre.
Montaillé Mathurin, du Teil, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Montaillé Pierre, du Teil, capitaine, 1793, 94, 95, 96.
Montaillé Pierre, du Pinellier, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Moreau Jacques, soldat.
Mousseau Pierre, soldat, toute la guerre.
Neau Louis, du Puy, soldat, 1793, 94, 99.
Neau Louis, du Puy, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Oger François, maréchal taillandier, soldat, toute la guerre.
Oger Jacques, métayer à Bourgneuf, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Oger Joseph, journalier à Bourgneuf, soldat, toute la guerre.
Oger Mathurin, soldat.
Onillon Mathurin, soldat, toute la guerre.
Onillon Pierre, sabottier, sergent, 1793, 94, 95, 1815.
Pineau Jacques, de la Petite Rogerie, soldat, 1793, 94, 99.
Pineau Jean, soldat.
Plard René, soldat, toute la guerre.
Quesson Simon, de la Grande Rogerie, caporal, toute la guerre.
Raby Jacques, de la Barillerie, soldat, toute la guerre.
Raimbault Jacques, de la Caillerie, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Renou René, serger, soldat, 1793, 94, 95, 96.
Rolland Julien, de la Bohardière, soldat, 1793, 94, 99, 1815.
Rorteau René, soldat, toute la guerre.
Roullier Mathurin, de la Gaudinière, soldat, toute la guerre.
Rousse Jean, closier, soldat, toute la guerre.
Secher Mathurin, de la Brunetière, capitaine, toute la guerre.
Secher Pierre, de la Brunetière, commissaire aux vivres, 1794, 95, 99, 1815.
Secher René, de la Chènebaudière, soldat, toute la guerre.
Thomas Jean, soldat, 1793, 99.
Viau Jean, closier au Bordage, soldat, toute la guerre.
Verger Pierre, métayer à Bourgneuf, soldat, toute la guerre.

Les années 1793 et 1794 furent terribles pour la Vendée. Pendant cette époque, appelée avec raison "la Terreur", les soldats de la République sillonnèrent le pays dans tous les sens, pillant, incendiant tout sur leur passage, et se livrant à des actes de la plus odieuse barbarie.
La paroisse de Saint-Laurent-de-la-Plaine eut beaucoup à souffrir. Située dans le voisinage de Chalonnes, elle était sans cesse exposée aux visites des patriotes de cette petite ville y commirent bien des excès et bien des meurtres.

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En 1793, dans les premiers jours de novembre, ils envahirent le bourg. Des hommes, des femmes et des enfants furent massacrés, d'autres furent emmenés à Angers et jetés dans les prisons d'où la plupart ne sortirent que pour être conduits à l'échafaud, ou aux fusillades du Champ-des-Martyrs. A plusieurs reprises, ils dévastèrent la vallée du Jeu ; plusieurs métairies, les moulins de Clandy, de la Vieille-Chausée, de Frossanger, de Rochard et de la Dellière furent saccagés et brûlés.

Le samedi 7 décembre 1793, il fut pris dans les greniers et les moulins de la Dellière appartenant à la veuve Humeau une quantité considérable de froment, d'orge et de seigle qui provenait d'un marché fait avec M. Cesbron de Saint-Pierre de Chemillé et d'autres particuliers. Plusieurs chevaux furent emmenés, les maisons d'habitations, le moulin à eau et le moulin à vent furent pillés et brûlés.

Jusqu'à ce jour la dévastation, l'incendie et les massacres n'avaient été que partiels. Les subsistances étaient restées à peu près intactes. Les paysans à l'approche des soldats de la République, s'étaient contentés de cacher leurs céréales et de lâcher au milieu des bois et des genêts leurs bestiaux qu'ils ramenaient ensuite à l'étable après le passage de l'ennemi. Au mois de janvier 1794, un système de destruction et d'extermination fut organisé par le Gouvernement lui-même. Douze colonnes, surnommées les colonnes infernales, furent placées par le général Turreau sur une ligne de plus de 20 lieues de long afin de parcourir la Vendée de l'est à l'ouest. Un ordre du jour, daté par lui du 30 nivôse an II (19 janvier 1794), faisait connaître la marche des différentes colonnes et leur ordonnait de fouiller partout, de tout incendier et de tuer impitoyablement tous les habitants.
"On emploiera tous les moyens de découvrir les rebelles : tous seront  passés au fil de la baïonnette ; les villages, métairies, bois, landes, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé seront livrés aux flammes."
Pour faciliter cette opération on fera précéder chaque colonne par 40 ou 50 pionniers ou travailleurs qui feront les abattis nécessaires dans les bois ou forêts pour propager l'incendie.
"Aucun village ou métairie ne pourra être brûlé qu'on n'en ait auparavant enlevé tous les grains, battus ou en gerbes, et généralement tous les objets de subsistance ; et supposant que l'enlèvement de ces objets éprouvât quelque retard et empêchât qu'on ne brulât sur le champ les villages et métairies qu'on doit incendier, les colonnes les épargneront pour ne pas différer leur marche ; mais quelque chose qui arrive, les chefs de chaque colonne ne pourront se dispenser d'être rendus le 27 janvier au dernier lieu qui leur est indiqué. Cette promenade militaire, ajoutait cyniquement Turreau, devra être finie le 15 ou le 16 pluviôse (3 ou 4 février)."

Cet ordre barbare surpassait en atrocité tout ce que les décrets précédents présentaient d'odieux. Le décret du 1er août épargnait les vieillards, les femmes et les enfants ; il ne condamnait pas toute la population en masse ; Turreau vouait tout à la mort. La Convention avait bien eu recours aux mesures violentes, mais c'était dans le moment où la Vendée était en force tandis que Turreau choisissait pour l'étouffer celui où, épuisée, elle demandait grâce. La guerre, un moment apaisée, recommença plus terrible que jamais, couvrant la Vendée de cendres, de ruines et de cadavres. Heureusement, les premiers tourbillons de flammes avertirent les habitants de pourvoir à leur sûreté.

Le 20 janvier, le général Moulin reçut ordre de se diriger sur Chalonnes avec la colonne n° 6 et de là à Sainte-Christine où il devait joindre, le 27, aux troupes venant de Saint-Florent.

Le 24, il écrivait de Rochefort au général en chef : "Je suis parti des Ponts-de-Cé ce matin. J'ai fait enlever tout ce qu'il y avait de subsistances dans le bourg de Mozé et l'ai fait brûler. Je pars demain 25, à la pointe du jour, et vais à Saint-Aubin où j'en ferai autant. De là, je me porterai sur Chalonnes où, sans doute, je ferai passer la nuit à ma colonne ; car pour aller de Saint-Aubin à Chaudefonds, à Saint-Laurent-de-la-Plaine et à Sainte-Christine la route est impraticable.
La conduite des communes de Rochefort et de Chalonnes ne m'a pas paru mériter d'être englobée dans la proscription. Lorsque nous serons dans le pays de Saint-Laurent et de Sainte-Christine etc ... nous opérerons plus vigoureusement."

Le 25 au soir, Moulin était à Chalonnes et rendait compte de sa journée :
"Je m'étais rendu ce matin à Saint-Aubin. Je comptais y mettre le feu et à l'instant où je prenais mes dispositions pour faire enlever les fourrages qui s'y trouvent j'ai reçu avis que les brigands avaient attaqué et mis en déroute un bataillon à Sainte-Christine. Alors j'ai renoncé à l'incendie de Saint-Aubin pour me porter dans cette partie. Les chemins étant impraticables, j'ai été obligé de marcher sur Chalonnes. D'après tous les renseignements, j'ai eu la certitude que le bataillon de Saint-Georges, qui était à Sainte-Christine, a été attaqué et mis en fuite après avoir perdu trois ou quatre hommes et qu'il s'est retiré à Montjean. Demain, je marcherai à la pointe du jour droit à Sainte-Christine où tu sais que je dois rester jusqu'à nouvel ordre. Je n'ai que 650 hommes, n'ayant pu tirer personne de Saint-Florent."

Le dimanche 26 janvier, vers midi, un bruit sinistre jetait l'épouvante parmi les habitants de Saint-Laurent-de-la-Plaine ; les bleus, les bleus ! En effet, des hauteurs voisines du bourg, on pouvait voir dans la direction de Chalonnes des nuages de fumée qui indiquaient l'approche d'une colonne incendiaire. C'était le général Moulin qui arrivait à la tête de quatre à cinq cents soldats mettant tout à feu et à sang sur son passage.
L'affolement devint général. Tous ceux qui pouvaient fuir quittaient à la hâte leurs maisons emportant ce qu'ils avaient de plus précieux et allaient chercher un refuge dans les bois et dans les champs de genêts et d'ajoncs. Un moment après, des détonations annonçaient aux habitants de Saint-Laurent l'arrivée des patriotes.

Le 27 au matin, le général Moulin écrivait de Saint-Laurent-de-la-Plaine au général Turreau,
Colonne n° 6 (Bivouac de Saint-Laurent-de-la-Plaine.)
"D'après l'avis du général Cordellier qui m'annonce qu'il vient de recevoir de toi l'ordre de se rendre de suite à Jallais, vu mon peu de monde, puisque je n'ai pas cinq cents hommes armés de fusils, vu l'éloignement de la colonne de Cordellier et ne tirant aucun secours de Saint-Florent, je me suis décidé à donner 60 cartouches par homme et j'ai laissé à Chalonnes les voitures qui me suivaient. Je n'ai pu me rendre qu'à Saint-Laurent où je suis encore bivouaqué, n'ayant pu partir de Chalonnes qu'à onze heures et de mie, faute de pain, et qu'il a fallu attendre que la municipalité ait fait boulanger. Au moment où je t'écris, je suis dans le même cas, le pain n'arrive pas et il est 8 heures du matin. Les soldats ont passé une nuit détestable ; ainsi juge comment on peut exécuter tes ordres avec autant d'entraves. Je vais, aussitôt le pain reçu, si cependant il arrive, me rendre à Sainte-Christine ou j'attendrai tes ordres.
Les bois ne peuvent brûler à cause de la pluie ; il est étonnant combien je trouve de foin et de blé que je ne puis faire enlever faute de voitures ; aussi ne brûle-t-on pas les maisons qui en sont fournies."

Dans l'après-midi, la colonne incendiaire quittait Saint-Laurent et prenait le chemin de Sainte-Christine et le soir même Moulin écrivait à Turreau la lettre suivante :
"Je n'ai pas voulu m'ensevelir au village de Sainte-Christine où je pourrais être surpris. Je me suis établi au ci-devant château du Plantis qui a été brûlé, mais il reste encore quelques granges qui peuvent mettre à l'abri la moitié de mes soldats de façon seulement que la moitié est au bivouac. Au moins j'ai tout mon monde sous la main. Je vais demain et en attendant de nouveaux ordres de toi, brûler tout ce que je pourrai dans les environs. Quant à Saint-Laurent, il n'y existe plus une maison."

Après le départ des bleus, les habitants de Saint-Laurent-de-la-Plaine qui s'étaient réfugiés dans les bois et dans les genêts se hasardèrent à quitter leurs cachettes et à regagner leurs demeures. Mais hélas ! qu'on juge de la consternation et du désespoir de ces pauvres gens en ne retrouvant à la place des maisons qu'ils venaient de quitter qu'un monceau de cendres et de ruines. Ceux qui n'avaient pas eu le temps ou la précaution de mettre en sûreté leurs effets et leurs meubles se trouvaient dans le plus complet dénûment ; plusieurs même n'avaient de reste que les seuls habits qu'ils portaient sur le corps.

Dans le bourg, trois ou quatre maisons étaient demeurées intactes : une maison située aux Airaux, la maison du chirurgien Cady et le presbytère qui servaient de corps de garde. Les bleus en partant y avaient mis le feu, mais des hommes cachés non loin de là accoururent à temps pour l'éteindre. De l'église, il ne restait que des pans de murs calcinés et branlants : le clocher, la charpente, le mobilier, tout fut détruit ; la précieuse relique de la Vraie Croix donnée, en 1773, par Jean-Baptiste-Charles de Meaussé, disparut ; les cloches, dont l'une avait été donnée aux dix-septième siècle par un seigneur du Plessis-Beuvereau, furent fondues ou brisées ; les tombes renfermées dans l'église furent violées. Dans la campagne même dévastation : aux carrefours, des croix gisaient brisées sur le sol, les métairies, les châteaux avaient été pillés et incendiés ; partout c'était la dévastation et la mort.

Les pertes matérielles n'étaient rien en comparaison des deuils qui venaient presque chaque jour attrister les familles déjà si éprouvées de Saint-Laurent-de-la-Plaine. Du 2 décembre 1793 au 11 août 1794, c'est-à-dire dans l'espace de huit mois et demi, on enregistra jusqu'à 105 décès. Dans ce nombre, plusieurs moururent de mort naturelle, mais combien périrent de mort violente, combien qui périrent et dont on ne connaît pas les noms, tués sur les champs de bataille, guillotinés sur la place du Ralliement, fusillés au Champ-des-Martyrs d'Avrillé, assassinés au coin d'un bois ou dans quelque chemin creux, morts de misère dans une obscure prison (on estime que la population de Saint-Laurent diminua de moitié pendant la Révolution) ?

Voici les noms de quelques-unes de ces victimes ignorées, mais glorieuses cependant, des fureurs révolutionnaires :

ANNÉE 1793

30 novembre - Pierre Bernier, filassier, 28 ans, fils de François Bernier et de Marie Janneteau, époux de Louise-Jeanne Brevet. Mort à l'armée.
8 décembre - Marie Boulestreau, veuve Laurent Bréchet, née le 31 mai 1738, fille de Louis Boulestreau, sabottier, et de Catherine Oger, décédée en prison au château de Montreuil-Bellay.
15 décembre - Pierre Brevet, 60 ans, époux de Jeanne-Renée-Mathurine Neau. Mort à l'armée.
23 décembre - Gabriel Davy, du Gâs, 43 ans, fils de René Davy, de la Lansonnière, et de Jeanne Tijou, veuf de Jeanne Jolivet. Mort à l'armée.
24 décembre - Jacques Roullier, 42 ans, époux de Mathurine Boumier. Mort à l'armée.
25 décembre - Louis Renou, fils de René Renou et de Françoise Rorteau.
26 décembre - Charles Viau, 50 ans, fils de Jacques Viau, veuf de Françoise Béduneau. Mort à l'armée.
28 décembre - Antoine Bricheteau, 67 ans, fils de S. Bricheteau et de ... Bouyer, veuf de Marie Merleau. Mort en prison.
29 décembre - Françoise-Gabrielle Blourdier de la Douarderie, fille de Louis Blourdier et de Gabrielle Pineau, veuve de Louis Bréheret, décédée en prison au château de Montreuil-Bellay.

ANNÉE 1794

1er janvier - Louis Bretault, 57 ans, guillotiné à Sablé.
5 janvier - Pierre Cesbron, 30 ans, mort en prison à Doué.
6 janvier - Louise-Martine Viau, 63 ans, fille de Jacques Viau et de Marie Piron, veuve de Michel Quesson, serger. Morte en prison.
10 janvier - Laurent Mousseau, 27 ans, fils de René Mousseau et de Perrine Lethel, époux de françoise Lehoreau. Mort à l'armée.
    Julien Esnault, 60 ans - Jean Viau, 39 ans, guillotinés au Mans.
15 janvier - Henri Avrillon, 52 ans, Christine Coulon, sa femme, Jean Avrillon, leur fils, Jacques Bréheret, 28 ans, fils de défunt Louis Bréheret et de Louise Denéchau.
26 janvier - Marie Cesbron, femme de Jacques Courant, et Françoise Cesbron, femme de Pierre Chauvigné.
28 janvier - Mathurin Boitaut, 23 ans, fils de défunt Pierre Boitaut, cultivateur à la Borde, et de Jacquine Chardonneau.
    René Boulestreau, fils de René Boulestreau et de Jacquine Uzureau, époux de Jeanne Bidet, fille de Jean Bidet et de Renée Denéchau. Mort à l'armée.
4 février - Perrine Oger, 43 ans, fille de Jean Oger et de Perrine Dubois, femme de Jean Léger. Morte en prison.
4 mars - Jeanne-Perrine Viau, fille de Jacques Viau et de Marie Piron, femme de Jacques Renou, boulanger, 57 ans. Guillotinée sur la place du Ralliement.
    Pierre Quesson, boucher, 48 ans, fils de Michel Quesson et de Marie Chauveau, veuf de Marie Robineau.
    Jean Léger, 49 ans, mort en prison avec sa femme citée plus haut et trois enfants, un garçon et deux filles.
18 mars - Mathurin Boumier, 56 ans, époux de Jeanne Chardonnet. Mort à l'armée.
2 avril - René Macé, de l'Epinay, 24 ans, fils d'Etienne Macé et de Jeanne Roulleau.
4 avril - Jean Verger, 34 ans, voiturier par terre, fils de Jean Verger, laboureur, et de Marie Raimbault, époux de Gabrielle Thomas. Tué sur le chemin de la Pommeraye.
26 avril - Joseph Blourdier, 19 ans, cultivateur, fils de Pierre Blourdier et d'Anne Delaunay.
    Pierre Blourdier, cultivateur au Petit Groisellier, 26 ans, fils de Michel Blourdier et de Renée Guibert.
    André Guibert, né à Chalonnes et domicilié à la Chênebaudière, 20 ans, fils de Jean Guibert et de Jeanne Brevet.
    Michel Turquais, journalier, 50 ans.
    Jacques Maugeais, maçon à l'Aveneau, 58 ans, fils de René Maugeais et de Marie Humeau, époux de Jeanne Cesbron.
14 mai - Françoise Neau, veuve de Toussaint Brevet, 67 ans.
    Françoise Brevet, 44 ans, fille de Toussaint Brevet de Françoise Neau, veuve de René Secher.
    Sébastienne Bouet, 52 ans, née à Chalonnes, fille de René Bouet et de Perrine Piffard, veuve de Mathurin Delaunay.
    Charles Lehoreau, de la Roulonnière, 39 ans, fils de Charles Lehoreau et de perrine Cesbron.
    Marie-Renée Bazanté, de la Grande-Bohardière, 20 ans, fille de Pierre Bazanté et de Marie-Louise Ménard.
    Perrine Onillon, veuve de Mathurin Burgevin, 50 ans.
    Marie Burgevin, femme de Maurille Menuau, Marie Menuau, 15 ans, Victoire Menuau, 9 ans, Denis Menuau, 3 ans, ses enfants.
    Jacques Martin, de la Saulaie, 27 ans, fils de François Martin et de Perrine Banchereau.

SANS DATE

Michel Gauffriau, époux de Louise Gallard. Mort à l'armée.
René Oger, époux de Catherine Boulestreau. Mort à l'armée.
Augustin Besnier, époux de Françoise Lecoq. Mort à l'armée.
Jacques Moreau, époux de Jeanne Gauffriau. Mort à l'armée.
Pierre Clémot, époux de Marie Verger. Mort à l'armée.
Etienne Boitaut, époux de Perrine Davy. Mort à l'armée.
Pierre Blourdier, fils de Pierre Blourdier et de Françoise Boulestreau. Mort à l'armée.
Un nommé Brevet. Mort à l'armée.
Deux frères Gaslard, l'un mort à l'armée, l'autre mort en prison.
Mathurin Moreau et Renée Picherit, sa femme.
Perrine-Jeanne Boulestreau, tuée à la Bartottière, commune de Chalonnes.
Joseph Cady, frère du chirurgien Cady. Mort à l'armée.
Jean Bigot, jardinier au Pineau, époux de Renée Davy, fils de Jean Bigot et de Renée Colesseau.
Un nommé Secher, de la Roulonnière, tué dans les coteaux de la Roulonnière.

LISTE DES PERSONNES FUSILLÉES AU CHAMP-DES-MARTYRS

Mathurin Martin, 41 ans, charpentier à la Maison-Neuve, emprisonné à la Citadelle (2e fusillade : mercredi 15 janvier 1794).
Jean Métayer, 46 ans, tailleur d'habits, époux de Marie Fromageau (2e fusillade).
René Cottenceau, garçon, 23 ans, laboureur (4e, 5e ou 6e fusillades : lundi 20, mardi 21, mercredi 22 janvier 1794).
François Beaumier ou Boumier, métayer, 61 ans (3e fusillade : Mercredi Saint 16 avril 1794).
Mathurine Bernier, veuve Pierre Cailleau, 52 ans, fileuse "fanatique" (7e fusillade : 1er février 1794).
Jeanne Boulestreau, veuve Jean Binet, cordonnier, 40 ans (7e fusillade)
Marie Chauvigné, femme Jacques Rorteau, serger, 39 ans, fileuse (7e fusillade).
Jeanne Denéchau, femme de Mathurin Bouyer, serger, 40 ans, fileuse "fanatique".
Anne Gallard, femme Alexandre Lateule ou Letheul, 45 ans, fileuse de laine, (7e fusillade).
Marie Gallard, femme de Jean Quesson, boucher, 55 ans, (7e fusillade).
Renée Guilbeau, veuve René Raimbault, closier à la Grande-Lande, 40 ans, "fanatique" (7e fusillade).
Marie Leroy, femme de Pierre Brevet, filassier, 38 ans (7e fusillade).
Louise-Renée Oger, 36 ans, fileuse de laine, femme de Mathurin Martin, charpentier (7e fusillade).
Marie Quesson, femme de Michel Thomas, serger, 33 ans (7e fusillade)
Perrine-Renée-Charlotte Robineau, veuve Jacques Brunsard, maréchal, 50 ans "fanatique" (7e fusillade).
Gabrielle Thomas, femme de Jean Verger, voiturier par terre, 32 ans (7e fusillade).
Marie-Anne Letessier, veuve Taveau, ancien régisseur du Pineau, 45 ans, née à Varennes-Boureau (Sarthe), (9e fusillade : 16 avril 1794).

(1) ACTE DE BAPTEME DE M. CADY
Le vendredi, premier février mil sept cent cinquante quatre, Sébastien-Jacques, né d'hier, fils d'honorable homme Charles Cady, maître chirurgien, et de Jacquine-Gabrielle Lusson, son épouse, a été baptisé par nous vicaire soussigné. A été parrain honorable homme Jacques Houdet, maître chirurgien, de la paroisse de Saint-Maurille de Chalonnes, cousin de l'enfant qui a signé avec nous, et marraine, Renée Jacob, épouse de Jean Bertault, de cette paroisse, ladite marraine cousine de l'enfant, qui a déclaré ne savoir signer.
J. HOUDET
HELBERT, vicaire.

La mère de M. Cady mourut le 13 juin 1763.

M. Cady eut 5 frères et soeurs : Jacquine-Charlotte, née en 1748, décédée le 15 février 1819 ; - Charles-Louis, né le 7 janvier 1749, décédé le 1er janvier 1789 ; - Gabrielle, née le 21 décembre 1750 ; - Renée-Françoise-Elisabeth ; - Félicité-Louise, née le 23 avril 1755, décédée le 7 mars 1759 ; - Louis-Marie, né le 8 septembre 1756, marchand quincailler à Rochefort-sur-Loire, puis à Beaupréau, décédé le 13 avril 1802. Il avait épousé au Fief-Sauvin, le 23 octobre 1787, Marie Doly, fille d'Etienne Doly, de Notre-Dame de Beaupréau et de Jeanne-Rose Gruget, nièce par sa mère de M. Gruget, curé de la Trinité d'Angers. Il fut élu maire de Beaupréau en 1801. - François-René, né le 5 novembre 1757, décédé le 9 juin 1761 ; - Agathe-Eulalie, née le 4 février 1759 ; - Marthe-Hélène-Véronique, née le 7 juillet 1760, décédée le 23 janvier 1830 ; - Joseph-Marie, né le 24 août 1761 ; - François-Joseph, né le 18 mars 1763.

ACTE DE SEPULTURE DE M. CADY
Le vingt du mois d'avril 1820 a été inhumé dans le cimetière de ce lieu par nous, desservant soussigné, le corps de maître Sébastien Cady, colonel, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, décédé hier, âgé de soixante-six ans, en présence de Vincent Hilaire et de Pierre Rorteau.
GRELLIER, desservant.

Dans le cimetière on voit encore son tombeau à côté de celui de M. Bourtault. C'est une petite dalle d'ardoise posée sur quatre piliers. Le temps l'a exfoliée et a détruit presque en entier l'inscription. On peut cependant déchiffrer : Cy gît le corps. - Cady, chirurgien.
Sa croix de Saint-Louis longtemps conservée à la mairie de Saint-Laurent, a disparu.

On rapporte que son chien le fidèle "Dragon" allait sans cesse gratter sur la tombe de son maître en poussant des hurlements plaintifs et essayait de le déterrer. On fut obligé de le tuer à coups de fusil (Récit du père Pineau).


NOTICE HISTORIQUE SUR
SAINT-LAURENT DE LA PLAINE
PAR L'ABBÉ A. GUINHUT
Ancien vicaire de la paroisse
J. Siraudeau, Editeur, Angers
1909