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L'ÉTENDUÈRE


Très importante seigneurie soustraite au domaine des seigneurs des Herbiers au profit de la branche cadette de cette famille. Dès 1205, on y voit un des Herbiers, seigneur de l'Etenduère, descendant direct d'un cadet de la famille seigneuriale des Herbiers.
Cette seigneurie n'avait aucune fortification, c'était un simple hôtel noble. Et ce n'est qu'en 1622 qu'un des Herbiers-l'Etenduère, obtint de son beau-père seigneur-châtelain des Herbiers, le droit honorifique de forteresse en son château de l'Etenduère. cette famille qui portait : de gueules à trois fasces d'or, a fourni toute une pléïade d'officiers à la marine royale. L'un d'eux, chef d'escadre, eut une grande célébrité, et se distingué par ses combats contre les Anglais. Les des Herbiers possédèrent l'Etenduère jusqu'à la Révolution, époque à laquelle fut incendié leur château, mais au milieu du XVIIIe siècle, par suite d'un mariage avec une demoiselle des Herbiers de l'Etenduère, la famille d'Escoubleau de SOURDIS possède une partie de cette seigneurie. Ils portaient : porte d'azur et de gueules à la bande d'or brochant sur le tout.
Le dernier des Herbiers, marquis de l'Etenduère, général de l'Armée Républicaine, périt sur l'échafaud pendant la Révolution. (Jean Lagniau - Annuaire de la Société d'Emulation de la Vendée - 1942-1949)

L'étenduère


Grand nom d'autrefois, grand nom d'aujourd'hui. Autrefois connu sur toutes les mers où claquaient les voiles blanches des vaisseaux du Roy de France ; aujourd'hui connu dans l'univers chrétien comme une des plus belles réalisations du seigneur actuel de l'Etenduère, digne successeur des célèbres amiraux et chefs d'escadres, Monseigneur Antoine-Marie Cazaux, évêque de Luçon, seigneur de l'Etenduère.

Un vaste plateau descendant en pente douce vers la petite ville des Herbiers, recevant de plein fouet le vent de Galerne que par-dessus sa croupe arrondie, laisse passer le Mont des Alouettes. Sur ce plateau, des ruines croulantes et une flamboyante construction d'où des légions de jeunes lévites partiront pour la conquête pacifique du monde.

Mais ce qui va faire l'objet de cette étude ce sont le vieux château et l'ancienne seigneurie de l'Etenduère, étude faisant suite à celle que j'ai publiée dans le dernier fascicule de la S.E.V. sur les Herbiers. (voir ci-dessus)

 

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Le vieux château, il en reste un grand corps de logis, entièrement ruiné, incendié en 1794, assis dans un vaste quadrilatère entouré de douves. En face une très longue allée cavalière, autrefois plantée de plusieurs rangées d'arbres, conduit droit à Ardelay, dont l'Etenduère relevait au spirituel. De chaque côté, les communs, plus anciens que le château, portent des dates, tel le portail de l'Orangerie sur lequel on lit : 1757. En face, un autre grand porche est surmonté des armoiries d'un des Herbiers-l'Etenduère, entourées du collier d'un ordre. Dans une autre cour, un beau palâtre du XVe, a été réemployé dans une construction du XVIIIe siècle. A gauche du château, une allée conduit vers Les Herbiers, et à droite, une autre va vers la Vollière, sorte de kiosque sur lequel j'aurai l'occasion de revenir au cours de cette étude. Voilà toute l'Etenduère, mais si ses ruines attirent quelque peu le touriste, son histoire est bien captivante.

L'Etenduère était autrefois une terre considérable, et qui, fait curieux au point de vue féodal, relevait de plusieurs seigneuries. En effet, une partie de l'Etenduère relevait de la châtellenie des Herbiers, et une autre de la seigneurie du Landreau.

Il est fort probable que la première seigneurie de l'Etenduère ne se trouvait pas à l'emplacement du château actuel, mais au bourg des Herbiers. En effet, Jacques Moigas, avocat feudiste à Mortagne avant la Révolution, dans son préambule au chartrier de l'Etenduère, parle d'un "petit fief en l'air", sis au bourg des Herbiers, qui portait le nom de Fief de l'Etenduère ou Boutinollière, et qui relevait de la châtellenie des Herbiers, alors que la terre actuelle de l'Etenduère relevait du Landreau.

Les premiers seigneurs connus de l'Etenduère descendaient de Geoffroy-Guillaume des Herbiers, qui signe le testament de Guillaume IX d'Aquitaine, et d'Adelis de Craon, qui possédait la terre des Herbiers, terre qui devint le lot de leur fils aîné, Jean des Herbiers, vivant en 1110, et qui n'eut qu'une fille, Basilie, qui apporta sa seigneurie aux Foucher. Son fils cadet, Guy des Herbiers, qualifié chevalier dans des titres de 1100 et 1150, épousa demoiselle Laurence Raoul, de la famille des Raoul du Landreau, qui dût lui apporter en dot les terres où le château actuel de l'Etenduère, puisqu'elles restèrent dans la mouvance du Landreau alors que si elles lui étaient venues de son père, Guillaume des Herbiers, elles seraient restées dans la mouvance de la châtellenie des Herbiers. Il est à supposer que le cadet des Herbiers, après son mariage avec cette demoiselle Raoul, donna aux terres que sa femme lui apporta en dot le nom du petit fief en l'air dont il était seigneur. Sur sa nouvelle terre de l'Etenduère il dut construite un hôtel noble ou maison de plaisance.

Le petit fief en l'air de l'Etenduère, ou Boutinollière, consistait "en une maison avec pressoir au bourg des Herbiers, plusieurs autres maisons au même bourg, plus le droit de pêche à deux lignes en l'Etang des Herbiers tous les mercredi, vendredi et samedi de chaque semaine, plus le droit de faire ouvrir les portes dudit étang, la veille de faire vendanger son fief de dessus l'Etang, et jusqu'à ce qu'il soit vendangé".

Dans un aveu du 8 août 1611, rendu aux Herbiers, ce petit fief est désigné comme suit :
"... sa maison des Herbiers où était autrefois le pressoir des seigneurs de l'Etenduère, et l'autre maison tenant en icelle, le tout enfermé de murailles, lesquelles choses sont sises au bourg des Herbiers ... lesquelles choses contiennent en emplacement, une boissellée de jardin, et tiennent d'une part à la Grande-Rue descendant de l'Eglise des Herbiers, à la halle dudit lieu, d'autre à la place ou chemin tendant de ladite église au château dudit lieu, d'autre au bout de l'éperon qui est au-devant la grande porte dudit château, une petite ruelle entre deux, et d'autre aux maisons Gourraud et de la Roze".

Le petit fief en l'air de l'Etenduère reportait à la châtellenie des Herbiers, à foi, hommage, lige et rachat, abonné à 25 sols. Le château de l'Etenduère et ses dépendances, qui étaient dans la mouvance du Landreau, y devaient foi, hommage plain et 10 sols d'abonné.

 

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Guy des Herbiers et demoiselle Laurence Raoul eurent comme fils :

II. Renault des Herbiers, vivant vers 1178, sous Louis XII. De lui nous savons peu de choses. Il avait épousé demoiselle Marie de Rochechouart, de la maison de Rocheservière, dont il eut :

III. Guy des Herbiers, sire de l'Etenduère, qui reçoit en 1205 de Hugues de Thouars, seigneur de Montaigu, le don du péage que ce dernier avait le droit de percevoir dans la baillie exercée par Marguerite de Montaigu, héritière de cette terre. Plus tard nous le voyons ratifier une donation, faite par sa mère, de 60 livres de rentes situées à l'Armenault, à l'abbaye de Maillezais. Il vivait encore en 1226 et avait épousé demoiselle Héliette de la Verrie dont il eut :

IV. Jean des Herbiers, varlet, sire de l'Etenduère, qui épouse demoiselle Marthe de la Porte, fille de M. de la Porte et de Louise de Verno, dont il eut : 1° Germain, qui suis ; 2° Milet des Herbiers, qui fut maître d'hôtel du roi Philippe-le-Long, et mourut vers 1320-1330, sans laisser d'enfants d'Alix du Puy-du-Fou, son épouse.

V. Germain des Herbiers, sire de l'Etenduère, qui épousa, l'an 1312 Alix, alias Marie de Vivonne, dont il eut :

VI. Jean des Herbiers, chevalier, seigneur de l'Estenduère, qui fut tué à la bataille de Poitiers en 1356, et inhumé aux Cordeliers de Poitiers. Il laissait de Marguerite de Gordes : 1° Jean, qui suit ; 2° Marguerite, qui épouse Pierre de la Goupillière.

VII. Jean des Herbiers, varlet, sire de l'Estenduère, qui épouse en 1383 demoiselle Jeanne de Beaumont dont il eut : François, qui suit. En 1375, il rendait aveu au Landreau pour son hébergement de l'Etenduère, ses bois, garennes, ses prés jusque sous la chaussée de l'Etang des Herbiers ; le fief de vigne du Surmaine, celui de dessus l'Etang des Herbiers, le fief Frairie, le fief du Haut-Vernon, la Méancière, le fief Chalon ..."
Le même aveu fut rendu par lui le 13 octobre 1411 et deux ans auparavant, le 4 février 1409, au seigneur des Villes, pour son fief en l'air de l'Etenduère.

VIII. François des Herbiers, sire de l'Etenduère, rendit aveu au seigneur de Saint-Paul-en-Pareds, le 2 janvier 1445, et le 2 avril 1448. Il rendait aveu de l'Etenduère au Landreau le ... 1446.

Il avait épousé demoiselle Catherine Millon, fille de Maurice et de Marguerite du Bouschet, qui était sa veuve le 14 juin 1463, comme il appert d'une transaction où elle est nommée ainsi que François leur fils aîné. Les autres enfants sont : 2° André, nommé abbé régulier de la Réau le 24 août 1489, et qui posséda cette abbaye jusqu'en 1514. On voit par une sentence qu'il était mort avant le 2 mai 1533 ; 3° Robert, écuyer, seigneur de l'Etenduère, qui rendait aveu à Jehan Guérin, seigneur des Herbiers, pour le petit fief en l'air de l'Etenduère et les divers droits y annexés le 23 novembre 1511. Il avait épousé Anne de Montours, dont il ne dut pas avoir de postérité, car son petit fief de l'Etenduère fit retour à sa famille ; 4° Jean, écuyer, seigneur de la Garde-aux-Valets, en Aunis, qui épousa Gillette Bessonneau, dame de la Baussonnière, dont il eut une fille mariée à Olivier de l'Esbaupinay, écuyer ; 5° Jeanne, femme de Louis Bois ; 6° Germain ; 7° Françoise.

IX. François des Herbiers, écuyer, seigneur de l'Estenduère, Vauvert, etc..., épousa par contrat du 15 novembre 1478 Marguerite, Bodin, fille de Nicolas Bodin, écuyer, seigneur de la Rollandière, et de demoiselle Louise Boucher. Il vivait encore en août 1502. Le 12 août 1482, il rendit aveu à Jehan Guérin, conseiller et maître d'hôtel du Roi, seigneur des Herbiers pour ses droits sur l'Etang des Herbiers. Le 13 octobre 1484, il rendait aveu à Jehan de Champtefin, écuyer, seigneur de la Brunière et du Landreau pour son hôtel noble et seigneurie de l'Estenduère et les divers fiefs en dépendant. Ses enfants furent ; 1° Jean, qui suit ; 2° Luce, mariée en premières noces avec Jacques de la Pintrollière, écuyer, seigneur de la Pintrollière, en Beaurepaire. Devenue veuve et sans enfants, elle se remaria avec Eustache Prévost, écuyer, comme il appert d'une transaction passée par ce dernier le 20 novembre 1519 avec son beau-frère, et par ce mariage apporta la Pintrollière dans la famille Prévost ; 3° Ambroise, qui était abbé de Réau en 1525, et de l'abbaye de Boisgrolland en 1536, époque à laquelle il était tuteur de ses neveux mineurs.

X Jean des Herbiers, écuyer, seigneur de l'Etenduère, la Rebellière, Beaufou, Vernon, etc... Le 7 octobre 1517, il épouse Jeanne Foucher, fille de Bertrand Foucher, écuyer, seigneur de l'Esmentruère, et de dame Marie Mauguy. Il servit au ban de 1533, était âgé de 47 ans lorsqu'il fit son testament le 19 août 1535 et était mort avant le 18 août 1536. Le 15 octobre 1513, il rendait aveu au Landreau, le bordage de Montacier pour la somme de 82 livres, et qu'il joint à sa métairie de Montacier. Les 15 mai 1527, 4 janvier 1528, 20 mars 1528 et 31 mai 1529, il acquiert de Claude Gouffier, écuyer ; François Guerry, marchand aux Herbiers ; Pierre et Thomas Guerry père et fils, et Mre Pierre Guerry, prêtre, la totalité du moulin de Guerry, sis sur la rivière de Maine entre la chaussée de l'Etang des Herbiers, et l'Etenduère. Le 30 mai 1534, il rend aveu au Landreau pour sa terre et seigneurie de l'Etenduère. Ses enfants furent : 1° Bertrand, mort sans alliance, qui, le 20 avril 1536, rendait aveu à la châtellenie des Herbiers pour son fief de l'Etenduère ou Boutinollière, son pressoir des Herbiers et ses droits de pêche en l'étang des Herbiers ; 2° Jean, qui suit ; 3° René ; 4° Anne ; ses deux derniers morts également sans alliance. Sa veuve, dame Jeanne Foucher, rendit aveu au Landreau, le 19 juillet 1536, de sa seigneurie de l'Etenduère, et le 3 juillet 1555, elle rendait aveu aux Herbiers pour son fief de la Boutinollière et ses droits de pêche.

XI. Jean des Herbiers, écuyer, seigneur de l'Estanduère, Beaufou, la Ferrière, Vouvant. Il défendit Poitiers contre les protestants. Il épousa, par contrat passé à Aizenay, le 17 novembre 1562, demoiselle Louise de la Poëze, fille aînée de noble homme René de la Poëze, seigneur de la Nolière, et de demoiselle Jeanne de la Tousche. Le 12 novembre 1563, il rendit aveu au Landreau pour sa seigneurie de l'Etenduère et le fief de Montacier. Il était mort avant janvier 1574, puisque l'inventaire de sa succession fut fait en ce début d'année. Le 23 juin 1575, le tuteur de ses enfants mineurs rendait hommage au Landreau pour l'Etenduère et Montacier. Sa veuve dut mourir une bonne vingtaine d'années après lui, puisque le 2 octobre 1598 ses deux fils Louis et Jean des Herbiers se partagent la succession de leurs défunts père et mère. Ils eurent : 1° Louis, qui suit ; 2° Jean, écuyer, seigneur des Dorides, la Ferrière, la Petitière. Le 1er juillet 1610, il échange avec Suzanne de Beaumont, épouse de Louis de la Rochefoucault, la seigneurie des Dorides pour la moitié de la seigneurie et juridiction de Beaufou. Jean épouse, le 3 novembre 1599, Antoinette Rouault, dame de la Petitière, dont il eut Charlotte, mariée le 23 octobre 1623 à Nicolas de la Ville de Férolles, écuyer, auquel elle apporta la terre des Dorides.

XII. Louis des Herbiers, écuyer, seigneur de l'Etenduère, Beaufou, le Tréhan fut confirmé dans sa noblesse en 1597. Il anoblit en faveur de son frère la maison de la Petitière. Le 1er juin 1598, il fait hommage au Landreau pour son hostel noble de l'Etenduère et Montacier. Quelques mois plus tard, le 16 janvier 1599, il acquit de son frère, Jean des Herbiers, écuyer, seigneur de la Ferrière, des droits de fief audit lieu des Vachonnières, paroisse de Chambretaud, pour 100 livres. Dans un aveu qu'il rendait le 10 mai 1603, pour la terre de Montacier, il avoue "tenir en domaine trois moulins à vent dits moulins des Alouettes, situés au haut de son champ du Boys, dont l'un fut de l'Esmentruère et les deux autres bâtis auprès par les anciens seigneurs de l'Etenduère. Le même jour, il rendait aveu de son hostel noble de l'Etenduère à Raymond du Plantis, écuyer, seigneur de la Rayrie, tuteur des enfants mineurs du Landreau. Le 8 août 1611, il rendit aveu à la châtellenie des Herbiers du petit fief de l'Etenduère, dont il est question au commencement de cet article.

 

22mars2015 - Beaurepaire - les Herbiers



Il avait épousé, le 31 août 1613, par contrat passé au Landreau, par devant Cousseau et Girard, notaires, demoiselle Diane du Plantis du Landreau, fille de Mre Claude du Plantis, chevalier de l'Ordre du Roy, seigneur des châtellenies de la Guyonnière et de la Rochetemer, et de demoiselle Renée de la Haye, son épouse. Ce fut lui qui fit construire en l'honneur de sa femme le joli kiosque qu'on voit à peu de distance du château de l'Etenduère et qu'on appelle aujourd'hui la Vollière. Sur un des pylones de granit il mit les armoiries de sa femme qui étaient "écartelé aux 1 et 4 d'or fretté de sable, qui est du Plantis : aux 2 et 3 d'argent à la crois fleurdelysée d'azur, qui est de la Guyonnière ; et sur le tout : de sable à deux léopards l'un sur l'autre d'or, qui est de Rouault. Sur l'autre pylône, il mit ses propres armoiries écartelées de plusieurs alliances de sa famille. Ce kiosque était autrefois couvert de tuiles dont on voit encore traces. Le 22 mai 1617, il rend hommage au Landreau pour l'Etenduère, la Buzenière, la Vachonnière et Montacier. Le 3 août 1622, son beau-père, Claude du Plantis, chevalier, seigneur du Landreau, la Guyonnière, les Herbiers et Rochetemer, lui concède pour sa terre de l'Etenduère, les droits honorifiques de forteresse, fossés, pont-levis, fuie à pigeons, et tours canonnières, pour lui et ses successeurs, à la charge de reporter ce droit sur l'hommage de l'Etenduère, à une paire d'éperons dorés appréciés à deux écus d'or. Cette concession est faite par devant : noble homme Jean Vinet, seigneur de la Crulière, sénéchal ; maître Jean Coudreau, procureur-fiscal, et André Bousseau, greffier. Et le 16 décembre 1626, il rend pour la première fois l'hommage pour ses nouveaux droits de l'Etenduère. Louis des Herbiers et Diane de Nantes eurent comme enfants : 1° Charles, qui suit ; 2° Pierre, chevalier, seigneur de Laubouinière, de la Morandière et du Pouet, il épousa, le 27 juillet 1645, Marguerite Vinet, fille de Jean, seigneur de la Creulière, et de Marguerite Sicard, dont il eut Rolinette-Hycinthe, qui, le 17 novembre 1678, épousa Mre André Amaury, chevalier, seigneur de Migaudon, et de dame Radégonde Pineau ; Marie, femme de Mathurin de la Boucherie, chevalier, seigneur de la Louatière, en la Gaubretière, et Renée, qui épousa, le 12 mai 1682, Antoine de Martel, chevalier, seigneur de Landeprouste ; 3° Claude, reçu chevalier de Malte le 12 novembre 1637, et qui fut tué en 1662, aux galères de Malte, sur les côtes de Barbarie. Il était doyen des chevaliers du Grand Prieuré d'Aquitaine ; 4° Hyacinthe, et trois autres filles.

 

L'Etenduère pont-levis



XIII. Charles des Herbiers, chevalier, seigneur de l'Etenduère, le Tréhan, Montacier, Vernon, baron de Saint-Marcellin, du chef de sa femme, partagea le 5 septembre 1653, avec ses deux frères Pierre des Herbiers, chevalier seigneur du Pouet, de la Morandière et de Lauboinière, et Claude des Herbiers, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, la succession immobilière de leur père et mère. Pierre des Herbiers eut la seigneurie de la Morandière, avec tout ce qui en dépendait, sise paroisses du Boupère et de Saint-Paul. Sa part fut estimée à 8.300 livres tournois. Claude des Herbiers eut le lieu noble et mérairie du Grand-Bignon, le lieu et maison noble de Montacier, le tout sis paroisse de Saint-Pierre-des-Herbiers. La plus grande partie de l'héritage resta à Charles des Herbiers, l'aîné. Charles des Herbiers fut du nombre des nobles du Poitou, qui se réunirent à Poitiers, les 3 et 4 juillet 1651, pour nommer des députés aux Etats de Tours et fut maintenu dans sa noblesse par ordonnance de M. de Barentin, le 9 septembre 1667. Il avait épousé par contrat passé "au-devant de la porte du lieu noble de Mocquard, paroisse de la Verrie, le 22e jour de juillet 1644, après midy", demoiselle Marie Descoubleau, fille de haut et puissant messire Jacques-René Descoubleau, chevalier, marquis de Saint-Marcellin, baron de Courtery, seigneur de la Borderie, et autres lieux et de dame Gabrielle d'Ollé. Il fut décoré de l'Ordre de Saint-Michel, le 15 juillet 1665, par Charles d'Escoubleau, marquis de Sourdis, prince de Chabanais, et autres lieux, gouverneur d'Orléans et d'Amboise, lieutenant-général. Le 31 octobre 1657 il prit part à la Verrie, au partage de la succession de ses beaux-parents. Le 3 mars 1653, Charles des Herbiers rend trois hommages au Landreau, pour l'Etenduère, la Buzenière et la Vachonnière, pour la moitié de la Charillière et l'autre pour Montacier, et le 26 novembre 1654, il rendait aveu au même lieu pour l'Etenduère. Sa femme mourut le 6 mai 1665 et lui le 15 janvier 1666.

Ils eurent comme enfants : 1° Henri-Auguste, qui suit ; 2° Armand-Charles, chef de la branche cadette, dont nous parlerons plus loin ; 3° Honorée, née le 14 novembre 1649, et baptisée à Saint-Pierre-des-Herbiers, le 17 juillet 1650 ; 4° Claude-Gilles, ecclésiastique, reçu page de l'Ordre de Malte, le 23 septembre 1664, par le grand Prieur d'Aquitaine, plus tard abbé de Thourotte, demeurant à Paris ; 5° Esprit-René, né le 20 novembre 1657, reçu chevalier de Malte, le 14 mars 1666, d'après le dictionnaire Beauchet-Filleau, date certainement erronnée, puisqu'il fut reçu page du grand Prieuré d'Aquitaine, le 23 mai 1668. L'enquête pour son entrée dans l'Ordre de Malte, commença le 18 août 1674, et fut faite par le Commandeur de Coudrie, près la Garnache, et le Commandeur de Sainte-Catherine de Nantes, qui se transportèrent ce jour-là à l'Hôtel du Lion d'Or, au Grand-Bourg-des-Herbiers. Il fut blessé mortellement en 1680, en combattant contre les Turcs, de Tripoli. Dans son testament fait le 4 septembre 1680, au mouillage de Porto-Garagolo, il est dit : "Esprit-René, des Herbiers, la Tenduère, de la vénérable langue de France, patron et lieutenant de la galère Saint-Antoine, de la Sacrée Religion de Saint-Jean-de-Jérusalem, étant blessé dans son lit de la chambre de poupe avec tout son bon sens ..." ; 6° Aimée-Diane, née le 6 mars 1651, baptisée le 20 février 1653, à Saint-Pierre-des-Herbiers, religieuse à Nantes ; 7° Philippe-Gabriel, né le 3 janvier 1652, baptisé le 20 février 1653 avec sa soeur Aimée-Diane ; 8° Marie-Catherine, qui épousa André Jousseaume, chevalier seigneur de la Roche et du Coudray ; 9° Aymé-Armand, capitaine des vaisseaux du Roy en ses armées navales.

Marie-Catherine fut émancipée par un acte passé au parquet de la Châtellenie des Herbiers "sur les deux heures de relevée, par devant Pierre Huvelin, sieur de la Touche, avocat en parlement, sénéchal et seul juge ordinaire, civil et criminel de ladite châtellenie des Herbiers, en présence de M. René Guyard, sieur du Puy, procureur de la Cour, et Me Jean Laborieux, greffier. Ladite demoiselle étant âgée de 16 ans." Le conseil de famille donna son consentement. Il comprenait : Mre Pierre des Herbiers, chevalier seigneur de la Morandière et du Pouhet, son oncle paternel ; Henri des Herbiers, chevalier seigneur de l'Estenduère, Vernon, le Tréhan et autres lieux, capitaine des vaisseaux du Roy, son frère ; Aymé-Hermand des Herbiers, capitaine des vaisseaux du Roy ; Claude-Gilles des Herbiers, abbé-prieur de Terotto, ses frères ; M. Jacques d'Escoubleau de Sourdis, comte de Sourdis, chef d'escadre des armées navales de Sa Majesté, son oncle maternel ; Me Alexis Charbonneau, chevalier seigneur de Saint-Symphorien, son oncle maternel ; Mre André Amauny, chevalier seigneur de Migaudon, son cousin germain ; hauts et puissants messires Pierre et Germanic du Plantis, chevaliers seigneurs du Landreau et de Vouvant, ses cousins ; Mre Claude du Chaffault, chevalier seigneur, la Sénardière, cousin germain ; Mre Charles Rouault, chevalier du Buignon, cousin germain.

Le partage de la succession de Charles des Herbiers, de l'Etenduère et de dame Marie d'Escoubleau, de Sourdis, son épouse et de Esprit-René des Herbiers, leur fils, eut lieu le 11 octobre 1681. Il fut fait entre : haut et puissant Messire Henry des Herbiers, chevalier seigneur de l'Etenduère et autres lieux, capitaine des vaisseaux du Roy, demeurant au port de Brest ; Messire Armand des Herbiers, chevalier seigneur de Vernon, capitaine des vaisseaux du Roy, demeurant au port de Rochefort ; Claude-Gilles des Herbiers, abbé de Thourotte, demeurant à Nantes ; demoiselle Marie-Catherine des Herbiers, demeurant au Pouet, de Saint-Mars-la-Réorthe, tous enfants des sus-dits.

Après avoir examiné l'actif et le passif de la succession d'Esprit-René des Herbiers, il en résulte que le passif excédait l'actif, et de ce fait, ils renoncèrent à ladite succession au profit de leur frère aîné, seigneur de l'Etenduère. Quant à la succession de leurs père et mère, elle était si embrouillée qu'ils chargèrent leur frère aîné de réunir l'actif, de régler tout le passif et de leur partager ensuite ce qu'il pourra en rester. Cet acte fut passé en la maison noble de la Maison-Neuve-sur-Vernon, en la paroisse des Herbiers, le 11 octobre 1681, avant midi, par devant Ledigne et Buet, notaires.

C'est à Charles des Herbiers, de l'Etenduère et à son épouse dame Marie d'Escoubleau, que nous devons la très belle cloche provenant de l'Etenduère, et qui actuellement git dans un des garages du Landreau. Lors d'une visite faite à Mme la comtesse de Bermond, vers 1941, avec l'actuelle secrétaire général de la Société d'Emulation, alors que les occupants logeaient au Landreau et commençaient leurs réquisitions de bronze, nous la trouvâmes bien en évidence dans une des vieilles tours du Landreau. Craignant de voir partir ce beau témoin de notre passé herbretais, nous la cachâmes et seule Mme de Bermond fut mise dans le secret de la cachette.

C'est une très belle cloche de 50 à 60 centimètres de diamètre, mesurant à peu près la même hauteur, et qui porte sur ses flancs, un blason en relief, écartelé aux armes des Herbiers-l'Etenduère, et des d'Escoubleau, de Sourdis, avec en abyme les armes des Dollé, dont descendait la dame de l'Etenduère par sa mère. L'inscription également en relief est ainsi conçue : "Très noble seigneur messire Charles des Herbiers, chevalier et sire de Lestanduère, Très noble et vertueuse dame Marie Descoubleau, 1647."
Cette cloche devait avoir une place d'honneur dans la nouvelle construction de l'Etenduère, car elle est, non seulement un très beau souvenir historique, mais en même temps une véritable oeuvre d'art.

C'est également vers la même époque, que dût être construit ce curieux monument qu'on voit au bout de l'allée de la Demoiselle, et qu'on appelle le Tombeau de la Demoiselle. C'est un massif de maçonnerie de 4 mètres de hauteur environ sur 2 m.50 de large, dont la façade regardant l'allée est appareillé de pierres de taille. La corniche en encorbellement le couronne. A son sommet, on voit un magnifique blason aux armes des des Herbiers de l'Etenduère et des d'Escoubleau de Sourdis, semblable à celui qui se trouve sur la cloche de l'Etenduère. Au-dessous une grande niche renfermait autrefois, au dire de plusieurs témoins : M. de Kervanoël, ancien député, et Mme de Bermont d'Auriac, une grande plaque de marbre portant une inscription, et dont les débris seraient, au dire des mêmes témoins, enfouis au pied du monument. D'après la tradition, une demoiselle de l'Etenduère serait enterrée sous ce monument. D'autres ont parlé de deux demoiselles : Jeanne et Claure, de Belleville. Vers l'époque de la construction de ce monument, un Espinageau, seigneur de Belleville, habitait la seigneurie de la Motte, proche de l'Etenduère. D'autres encore font remonter cette appellation de la Demoiselle à l'époque préhistorique. Où est la vérité ? Seules des familles au pied du monument nous permettraient de retrouver, s'ils ont existé, les débris de la plaque de marbre et peut-être d'y découvrir la vérité.

 

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XIV Henry-Auguste des Herbiers, chevalier seigneur de l'Estenduère, Ardelay, né le 30 décembre 1646, baptisé aux Herbiers, le 17 juillet 1650, nommé lieutenant de vaisseau, le 24 décembre 1667, capitaine le 10 octobre 1681. Etant de service dans la marine royale, il ne dut pas habiter souvent l'Etenduère. Il y installa même des fermiers-généraux, comme nous le voyons par deux baux, l'un du 6 décembre 1669, dans lequel son oncle : Mre Pierre des Herbiers-Lestanduère, chevalier seigneur du Pouet, loue à maître Louis Gentil, sieur de la Court, la borderie et préclauture dudit lieu noble de l'Estanduère, pour la somme de 1.200 livres par an, payables à la feste de Noël.
Dans l'autre acte plus complet daté du Ier décembre 1679, le même Pierre des Herbiers, chevalier seigneur du Pouet, "au nom de Messire Henry des Herbiers, chevalier seigneur de Lestanduère, du Tréhan, Vernon, Plessis, Mauzay, et autres places, capitaine des vaisseaux du Roy dans ses armées navales, loue pour cinq années, à Mre Louis Bousseau, sieur de la Lande, pour la somme de 800 livres, payables chaque année à la feste de Noël, le lieu noble de l'Estanduère, y compris la maison, les rentes de blé, avoine qui sont dues à ladite seigneurie ... entre autre choses, ledit sieur de la Lande s'engage au cas que ledit seigneur et sa dame de l'Etenduère aillent à leur château de l'Etenduère pour y séjourner quelque temps à leur laisser : la moitier des Muscats de l'espalier du grand jardin ..."

Henry-Auguste des Herbiers, épousa par contrat du 3 mai 1678, demoiselle Marie-Françoise de Lesperonnière, fille de Messire Antoine de Lesperonnière, chevalier seigneur de la Rochebardoul, du Pineau, Vritz, la Saullaye, et autres lieux, et de dame Charlotte Goddes, son épouse, demeurant en leur château de Freigné, en Anjou. La futur épouse baptisée à Angers, le 25 juillet 1654 reçoit en dot, la châtellenie, terre et seigneurie du Plessis de Mozé, située en la paroisse de Mozé, plus la seigneurie des Gardes, sise paroisse de Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde, non compris le droit de fondation des Augustins des Gardes.

Le 22 septembre 1684, Messire Henry des Herbiers : "pour suivre et exécuter les pieux desseins de ses défunts père et mère, et pour satisfaire leurs dernières volontés, aurait l'intention d'ériger et de fonder la chapelle de ladite maison de l'Etenduère, en l'honneur de Dieu et sous l'invocation de Saint-Sébastien, de deux messes par semaine le lundy et le jeudy, avec un De Profondis, à la fin de chaque, pour être dites et célébrées en la chapelle de ladite maison de l'Etenduère, pour le repos des âmes de ses père et mère ; d'une messe les premiers samedy du mois, une autre le jour de la Saint-Sébastien et une le jour de la Saint-Charles, lesquelles messes seront dites à l'intention cy-dessus et pour le salut de l'âme dudit seigneur fondateur et de celle de dame Marie-Françoise de Lesperonnière, son épouse, et de tous leurs parents et successeurs du nom des Herbiers. Ladite chapelle est dotée de 3.200 livres de fonds sur ladite maison de l'Etenduère, ce qui fait 160 livres de rentes par an, payables moitié à la feste de Saint-Jean-Baptiste, moitié à la feste de Noël ..." Et le 27 septembre 1684, son frère messire Gilles des Herbiers, sous-diacre, fut nommé par l'évêque de Luçon, chapelain de ladite chapelle de Saint-Sébastien. Avant cette chapelle, il existait à l'Etenduère un autre petit monument religieux, puisque dans un acte du 28 novembre 1631, l'évêque de Luçon donne la permission de faire bénir l'oratoire de l'Etenduère.

Le 21 mai 1685, Henry des Herbiers, rappelle à Messire Pierre Girard, prêtre prieur de Saint-Pierre des Herbiers, que les prieurs des Herbiers, doivent depuis un temps immémorial, au seigneur de l'Etenduère, à cause de son fief de vigne de dessus - l'Etang "trois messes hautes et trois basses, un dîner le jour de la Saint-Michel, audit seigneur de l'Etenduère, à sa femme, à ses demoiselles, et ses serviteurs, une poule à son oiseau et du pain à ses chiens ..."
Le 30 juin 1685, il rend aveu de sa seigneurie de l'Etenduère, au Landreau.

 

Henri-François des Herbiers



Henri-Auguste des Herbiers et Marie-Françoise de l'Esperonnière eurent comme enfants : 1° Alexis-Augustin, qui suit ; 2° Henri-François, auteur de la 3e branche de la famille (voir article le concernant sur le lien suivant : http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2015/03/23/31757575.html) ; 3° Antoine-Benjamin, officier d'artillerie, qui eut la tête emportée par un boulet au siège de Gibraltar ; 4° Marie-Charlotte-Henriette, qui le 5 septembre 1701 épouse à Ardelay, Antoine d'Arcemalle, chevalier baron du Langon.

Henri-Auguste des Herbiers, rendit aveu à la seigneurie du Landreau, le 10 octobre 1681, pour l'Etenduère, la Vachonnière et la Buzenière. Le 30 juin 1685, il rend aveu au même lieu pour son hostel, terre et seigneurie de l'Etenduère et ses droits honorifiques, le 12 avril 1687, pour les lieux nobles du Grand-Bignon et de Montacier.
Henri-Auguste des Herbiers fit de nombreux emprunts, car nous trouvons plusieurs actes de constitutions de rentes à prendre sur l'Etenduère, en faveur de plusieurs habitants des paroisses voisines, notamment les frères Morand, demeurant à la Rivière-Fourchue, en Ardelay. Le 3 septembre 1696, il acquit la maison noble de la Motte, en Ardelay, saisie sur Messire Gaborin, écuyer, seigneur de Belleville, et vendue pour la somme de 30500 livres. Pour la payer, il dût le 11 du même mois, emprunter 2.700 livres.
Marie-Françoise de l'Esperonnière mourut jeune, le 26 avril 1685, et fut inhumée dans l'église de Vritz.
Henri-Auguste des Herbiers mourut le 21 mai 1714, en son château de l'Etenduère, âgé de 67 ans, et fut inhumé le lendemain en l'église d'Ardelay.

XV. Alexis-Augustin des Herbiers, chevalier seigneur de l'Etenduère, de la baronnie d'Ardelay, de la chastellenie de saint-Paul-en-Pareds, le Tréhan, Vernon et autres places, épouse le 17 février 1705, en l'église d'Ardelay, Marie-Anne de la Haye-Montbault, fille d'Antoine de la Haye-Montbault, chevalier seigneur de la Limouzinière, capitaine des vaisseaux du Roy, et de demoiselle Renée Guiraud. Ils eurent plusieurs enfants : 1° Henri-Antoine-Augustin qui suit ; 2° Marie-Renée-Françoise, baptisée à Ardelay le 24 octobre 1708 ; 3° Marie-Elisabeth, baptisée au même lieu le 15 avril 1727 ; 4° Angélique, morte aux Erables d'Ardelay, et enterrée dans l'église de cette paroisse, le 8 juillet 1713, âgée de 3 mois.

Le 9 mai 1719, Mre Alexis-Augustin des Herbiers et son épouse, la dame de la Haye-Montbault, demeurant ordinairement en leur château de l'Etenduère, mais à cette époque "dans la maison qui leur appartient, proche et joignant l'Académie Royalle, paroisse Notre-Dame de l'Esvière, près de cette ville d'Angers, où ils font leur demeure la meilleure partie du temps", constituent en faveur de l'Hôpital Général de cette ville, une rente de 181 livres, 16 sols, 4 deniers. Cette rente sera fournie par une somme de quatre mille livres, donnée par le sieur de l'Estenduère, au sieur Pierre Roussel, marchand de draps et soyes, trésorier dudit hôpital.
Le 10 janvier 1735, il rend hommage au Landreau, pour l'Etenduère et Montacier, et le 30 juin 1736, rend aveu à la même seigneurie pour l'Etenduère, les Buzenières, la seigneurie de Vernon, le moulin de Guerry, le fief de vigne des Diavollières, le fief de Surmaine, la Cochardière, le fief de dessus-l'Etang, le lieu noble de la Crémière, paroisse de la Gaubretière.

Alexis-Augustin des Herbiers était comme son père, un mauvais administrateur de ces biens, ce que voyant sa femme demanda et obtint la séparation de biens, le 19 avril 1746 "Séparation demandée par ladite dame à cause des dettes contractées par ledit sieur de l'Etenduère par suite de son mauvais ménagement et dissipation."
Ledit sieur de l'Estenduère est condamné à rendre à sa dame tout ce qu'elle lui a apporté en dot et ce qu'elle a eu des successions de ses père et mère. Sa dot se montant à la somme de 89.989 livres 18 sols, 7 deniers, suivant le contrat passé en la cour d'Ardelay, le 17 février 1705.
Ledit sieur de l'Etenduère doit livrer à sa femme "toutes ses hardes, vêtements, bagues et joyaux, et généralement tout ce qui est à son usage, lui payer la somme de 3.000 livres pour sa chambre garnie, avec carosse et équipage."
Ledit sieur de l'Etenduère argue pour sa défense : "qu'il n'y a point de sa faute, et que cela dépend au contraire de plusieurs entreprises qu'il a faites, dans lesquelles vraisemblablement il devait beaucoup gagner, au lieu que par le défaut de réussitte, il y a beaucoup perdu ; au surplus qu'il a fait faire pour plus de 60.000 livres de bâtiments, qui lui ont fait un des plus beaux châteaux du pays. En quoi il n'a fait que ce que font ordinairement plusieurs gentilshommes, et qui sont d'un bon goût".
Si l'on en croit cet acte, le château actuel de l'Etenduère aurait été construit dans la première moitié du XVIII siècle par Alexis-Augustin des Herbiers. Ce qui reste de ce château ressemble beaucoup comme construction au château du Beignon, en le Boupère, qui lui aussi a été construit vers cette époque : un grand corps de logis, flanqué de deux pavillons légèrement plus larges. Ainsi la vieille tradition qui veut que le château de l'Etenduère était à peine terminé, lorsque survint la Révolution, est fausse.

Alexis-Augustin des Herbiers mourut en son château de l'Etenduère, le 19 janvier 1754, âgé de 74 ans, et fut inhumé en l'église d'Ardelay, dont il était seigneur. Sa veuve mourut le 23 novembre 1763, à Clermont, en Auvergne.

 

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XVI. Antoine-Augustin des Herbiers, chevalier marquis de l'Etenduère, baron d'Ardelay, le Tréhan, Vernon et autres places, chevalier de l'Ordre Royal et Miliaire de Saint-Louis, capitaine des vaisseaux du Roy, né à l'Etenduère et baptisé à Ardelay, le 25 décembre 1705. Lui aussi fut comme tous ceux de sa famille, officier des vaisseaux du Roy, sous le commandement de leur parent de la Roche-Saint-André.  Il avait épousé demoiselle Marie-Suzanne,Armande Prévost de Létorière, née à Payré-sur-Vendée, le 13 février 1715, fille de Louis-Armand Prévost, chevalier seigneur de Létorière, et de dame Françoise-Suzanne Langlois, qui lui apporta en dot cette seigneurie. Ils eurent : 1° Anne-Marie-Armande, qui suit ; 2° Augustin-Joseph-Marie, né à l'Etanduère, et baptisé à Ardelay, le 9 février 1747 ; 3° Augustin-Charles-Joseph-Marie, baptisé à Ardelay, le 27 février 1750 ; 4° Angélique-Jeanne-Marie, qui le 6 février 1775 épouse en l'église d'Ardelay : Pierre de la Charlonnie de la Blotais, ci-devant officier au régiment d'Aquitaine, et au moment de son mariage, gentilhomme-chevauléger du Roi, fils mineur de haut et puissant seigneur Bernard de la Charlonnie, chevalier seigneur de la Couprie, la Bretonnière et autres lieux, et de Philippe-Céleste de Hardouin. L'épouse était plus âgée que son marie, puisque dans l'acte de mariage elle est qualifiée de fille majeure.

Les deux fils de Antoine-Augustin des Herbiers durent mourir jeunes, car on ne les trouve jamais mentionnés dans les Archives de l'Etenduère, et tous les biens de la famille des Herbiers passèrent aux deux filles.
Le 3 août 1756, Antoine-Augustin des Herbiers rend aveu à Messire Henri de Ramsay, seigneur de Saint-Paul-en-Pareds, pour sa maison noble de la Maison-Neuve-sur-Vernon, près Ardelay, en la paroisse des Herbiers. Antoine-Augustin des Herbiers dût mourir quelques années après cet aveu, puisqu'en 1767, son gendre Jacques d'Escoubleau s'intitule baron d'Ardelay.

XVII. Anne-Marie-Armande des Herbiers de l'Etenduère naquit à l'Etenduère et fut baptisée à Ardelay, le 12 juillet 1743. Elle épouse le 22 septembre 1761, à Ardelay, Jacques d'Escoubleau de Sourdis, et lui apporte en dot la terre de l'Etenduère, qui était restée sans interruption dans la famille des Herbiers, depuis l'an 1100.

XVIII. Jacques d'Escoubleau, comte de Sourdis, chevalier seigneur du Plessis-Gesté, la Forest, marquis de Jarzé, né à Saint-Hilaire-de-Loulay, le 13 juillet 1715, de Jacques-Hyacinthe d'Escoubleau, comte de Sourdis, seigneur de la Borderie, Landebaudière et de Marie de la Brunetière, se maria quatre fois : 1° à Anne-Charlotte de Champeau, veuve de François du Bot, chevalier comte de Talhouet, qui mourut peu après ; 2° vers 1759, à Louise-Catherine Gibot de la Perrinière ; 3° à Anne-Marie-Armande des Herbiers de l'Etenduère ; 4° le 12 octobre 1789, à Mme Marie-Joséphine-Louise-Thérèse Pépin de la Frudière, fille du comte Pépin de Bellisle, chef d'escadre des armées navales.

Jacques d'Escoubleau et Anne-Marie-Armande des Herbiers eurent comme enfants : 1° Antoinette-Caroline-Marie-Armande qui suit ; 2° Angélique-Marie, baptisée à Ardelay, le 6 août 1767, inhumée au cimetière d'Ardelay, le 6 mars 1784 âgée de 15 ans et 7 mois ; 3° Anne-Félicité-Gabrielle, baptisée à Ardelay, le 2 novembre 1768, morte jeune ; 4° Armand-Jacques-Louis-Marie, baptisé à Ardelay, le 29 novembre 1770, inhumé au cimetière de cette paroisse, le 23 juin 1783, étant décédé de l'avant-veille, 21, au château de l'Etenduère, âgé de 12 ans, 7 mois, et 3 jours ; 5° Agathe-Marie, baptisée à Ardelay, le 1er décembre 1772, morte en bas-âge ; 6° Zénobie-Reine, née le 15 mars 1788, religieuse trapistine, décédée au monastère des Gardes, le 27 janvier 1848. Sa mère dut mourir peu après, puisque Jacques d'Escoubleau se remaria le 12 octobre 1789. Il mourut le 22 octobre 1790. Après la mort de Marie-Armande des Herbiers, de très curieux inventaires furent faits aux châteaux de l'Etenduère et du Plessis de Gesté, qui nous montrent de quoi se composait l'ameublement des châteaux de la moyenne noblesse, à la veille de la Révolution. Dans un autre acte de visite de la "terre de l'Etenduère", fait à la même époque, on y vante le nouveau château en ces termes : "Le château de l'Etenduère était autrefois bâti à l'antique avec grosses tours et pavillons. A présent est baty à la moderne avec pavillons, fossés remplis d'eau en tous temps, ponts levants et dormants. Les issues tant par la situation du lieu que par les allées de charmilles qui y sont en très grand nombre et bien entretenues, sont superbes. Il y a la grande allée qui est en face la principale porte de ladite maison, qui conduit à la belle châtellenie d'Ardelay qui dépend de ladite maison de l'Etenduère, vue en seigneuriale de la paroisse, avec tous droits honorifiques. On peut dire que c'est une des plus belles maisons du pays."

XIX. Antoinette-Caroline-Marie-Armande d'Escoubleau de Sourdis, née à l'Etenduère, et baptisée à Ardelay, le 17 décembre 1765. A ce baptême assistait Jean-Baptiste-Laurent de Hillerin, seigneur du Boistissandeau, membre de l'Académie des Sciences et ainsi du grand physicien Réaumur.
Le 4 janvier 1785, elle épousait dans la chapelle de l'Etenduère, René-Louis-Marie Jousbert, chevalier baron du Landreau.

XX. René-Louis-Marie Jousbert, baron du Landreau, seigneur de Rochetemer, le Plessis-Tesselin, les Voureilles, et par moitié de la châtellenie des Herbiers, officier au régiment de Navarre-Cavalerie, fils majeur de René-Julien Jousbert, baron du Landreau, ancien capitaine au régiment du Roi-Infanterie, chevalier de Saint-Louis, et de Marie-Claire Duchesne du Mesnil. Il était né au château du Landreau, le 30 septembre 1752, et fut baptisé le lendemain en l'église Saint-Pierre-des-Herbiers.

Le 8 septembre 1790, René de Jousbert, seigneur du Landreau et de l'Etenduère, loue à ferme à Madame Suzanne Hémon, veuve Ageron et à son fils Pierre Ageron, la maison de l'Etenduère, le jardin, le parc, la borderie de la Buzenière, la métairie du Grand-Bignon, la métairie de l'Etenduère, pour sept années à dater de la Saint-Georges 1791, pour prendre fin à celle de 1798, pour la somme de 4.500 livres, en argent.

 

l'Etenduère 2


Puis vint la guerre de Vendée, René-Louis-Marie de Jousbert émigra. Il avait auparavant résidé à Paris, car dans un certificat de résidence de la municipalité de Paris, en date du 22 mai 1792, on donne son signalement : "Il était âgé de 39 ans, taille de 5 pieds, 5 pouces et demi, visage rond, cheveux blonds, yeux bleus, nez court, bouche petite, front avancé, sourcils blonds." Vers le milieu de 1793, il réside en Allemagne à Aix-la-Chapelle, au Grand-Hôtel chez Dubizk, où au 31 mai 1794, soit près d'une douzaine de mois après son arrivée en Allemagne, il devait 44 louis et 3 couronnes. Il est dit dans le mémoire de l'hôtelier que le baron du Landreau consommait chaque mois, une quinzaine de bouteilles de vin de Moselle. Comme la plupart des émigrés, le baron du Landreau dût faire des dettes, car le 3 mars 1801, la veuve Nicolas Grand-Ry, d'Aix-la-Chapelle, réclame à Mme veuve du Landreau aux Herbiers : "la somme de 363 livres, 16 sols, que son mari lui devait pour différents habits qu'il avait achetés et jamais payés.

Dans le courant de 1794, René de Jousbert, habita à Dusseldorf, chez M. Nâgele, chirurgien d'Etat. Puis il partit à Elberfeld, chez le sieur Dominique Wunsch, orfèvre, auquel il devait le 8 septembre 1795, la somme de 517 livres, 10 sols pour nourriture et logement. Il logea également chez un autre orfèvre de la même ville, qui habitait près du Temple des Réformés, M. Henri Schmitz, auquel il promettait de donner un louis d'or par semaine, quand il en recevrait de France. Puis malade, atteint de tuberculose, il vint se réfugier à Dortmund, chez son ami le comte de Gibot de la Perrinière, quile soigna avec beaucoup de dévouement. Il y mourut le 25 janvier 1796.

Mais fait très curieux, alors qu'il existe des pièces officielles prouvant sa mort, en Allemagne, René-Louis-Marie Jousbert est inscrit sur le registre des décès de la commune de l'Hôtellerie-de-Flé, canton de Bouillé-Mesnard, département du Maine-et-Loire, sous le n° 100, vers la fin d'octobre 1793. Il y a même un certificat signé par l'administration municipale de Bouillé-Mesnard, prouvant qu'il a résidé sans interruption dans cette commune du 1er mai 1792, jusqu'en octobre 1793. Ce certificat est du 14 prairial an 8. Un autre certificat de notoriété publique, fait par le juge de paix de Bouillé-Mesnard, le 13 prairial an 8, tend à prouver que René-Louis-Marie de Jousbert faisait partie des insurgés connus sous le nom de brigands de la Vendée. Il avait été mortellement blessé à Château-Gontier, en combattant les troupes de la République. Il fut transporté chez le nommé Bodin, closier à la Barre, dans la commune de l'Hôtellerie-de-Flé, et quelques jours après son arrivée, y mourut faute de soins. Il fut inhumé dans une pièce de terre de la Déroutais. Le 6 fructidor an 8, le préfet du Maine-et-Loire, lui-même, signe un acte constatant ledit décès.

Une autre pièce du dossier des du Landreau, pendant la Révolution, dit que le défunt avait un frère officier de gendarmerie au service de la République. Ce fut ce frère qui lui procura des certificats de résidence pendant son séjour à Paris. Il est dit aussi que ce fut lui qui se procura une attestation de mort et de résidence, de quelques habitants voisins du lieu de l'inhumation. A mon avis tous ces actes sont des faux, René-Louis-Marie de Jousbert est bien mort en émigration, et c'est pour empêcher que ses biens fussent saisis et vendus par la Nation qu'on le fit mourir une deuxième fois en France, dans un pays ravagé par la guerre, où il était difficile de contrôler exactement ce décès, et où un officier de gendarmerie de la République pouvait obtenir n'importe quelles signatures de paysans apeurés.

Néanmoins, ces faux commis par son frère n'empéchèrent pas ses biens d'être saisis par la Nation et vendus comme biens d'émigrés. Les châteaux des Herbiers et du Landreau lui appartenant furent vendus à un étranger, demeurant à Paris, William Harrisson, pour la somme de 860.000 fr.

 

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Le château de l'Etenduère appartenant à sa veuve, qui elle est restée en France, ne fut pas saisi, mais totalement incendié au début de 1794, par les Colonnes infernales, ainsi que le constate le certificat délivré le 25 frimaire an VI, par les officiers municipaux de la commune des Herbiers : "Nous membres de l'administration municipale du canton des Herbiers, département de la Vendée, certifions qu'il est vrai et constant que la maison de l'Etenduère, appartenant à la citoyenne Armande Descoubleaux du Landreau, a été totalement incendié, ainsi que presque tous les bâtiments de servitudes et toutes les fermes qui en dépendent."

D'après M. de Kervanoël, ancien député de la Vendée, propriétaire du château de la Borderie-Sourdis, en la Verrie, et descendant de Jacques d'Escoubleau et de sa première femme, tous les objets de valeur, meubles précieux, tableaux de famille, archives du château de la Borderie, avaient été transportés à l'Etenduère, la Borderie se trouvant trop près de Cholet, occupé par les Bleus. Tout périt dans l'incendie de l'Etenduère, à l'exception d'une partie des archives, qui furent retirées du brasier et, que nous retrouvons aujourd'hui dans le fonds Jousbert du Landreau.

Armande Descoubleau de Sourdis, veuve de Jousbert, n'émigra pas. Elle se cacha longtemps à Paris jusqu'au départ de son mari pour l'émigration. Elle revint alors aux Herbiers, puis à Montaigu. Sur un registre des habitants du district de Cholet, on trouve : "Armande Descoubleau, épouse de René Jousbert du Landreau, réside à Montaigu, vers le 29 novembre 1792." Puis comme la plupart des Vendéens, elle passa la Loire avec l'Armée Catholique et Royale, car un acte de la Préfecture du Maine-et-Loire, du 2 prairial an 8, dit que Marie-Armande Descoubleau "était présumée avoir suivi l'armée des rebelles et avoir passé la Loire avec eux."

Dans un autre acte du 12 floréal an 7, on trouve son signalement : "Agée de 33 ans, taille de quatre pieds, dix pouces, cheveux et sourcils châtains, yeux bleus, nez petit, bouche moyenne, menton rond, frond large, visage plein, allongé et légèrement marqué de petite vérole." Elle demeure à cette époque au château de la Forest, commune de Gesté, cet acte est délivré par la municipalité de Montfaucon. Elle avait été inscrite par erreur sur la liste des émigrés, ce qui aurait pu amener la confiscation de ses biens personnels, elle demanda sa radiation, et nous trouvons un acte administratif, disant que : "Marie-Armande Descoubleau, veuve de René Jousbert du Landreau, demeurant à Montaigu, département Vengé, est rayée de la liste des Emigrés, sous réserve de promettre fidélité à la Constitution, devant le préfet du département de sa résidence. Cet acte est fait à Paris, le 12 messidor an 9, et contresigné par Cavoleau, Secrétaire-Général de la Vendée. Le 9 frimaire an 9, elle se présente à la Préfecture de la Vendée, et prête serment sous ces termes : "Je promets fidélité à la Constitution de l'an huit."
Armande Descoubleau de Sourdis, mourut au château de la Forest, commune de Gesté, Maine-et-Loire, le 16 frimaire an 10.

René Jousbert du Landreau et Armande Descoubleau de Sourdis, eurent deux fils : Casimir-Gaston, né le 7 août 1786, et Eugène-Marie, dit la Terreur des Bleus, mort célibataire, né le 5 novembre 1787.

L'Etenduère ne fut jamais relevé de ses ruines, et resta jusqu'à nos jours en la possession de la famille Jousbert du Landreau, dont la dernière Madame la comtesse de Bermond d'Auriac, en fit don avant de mourir, à Monseigneur Cazaux, évêque de Luçon, pour y bâtir un séminaire.

Jean LAGNIAU
Annuaire de la Société d'Emulation de la Vendée
1950-1951-1953

A. des Herbiers de l'Etenduère, capitaine en 1789, général de brigade dans la campagne d'Italie, où il avoit donné les preuves de la plus grande valeur, décrété d'accusation, comme ci-devant, périt sur l'échafaud, le 3 février 1794.

(L'impôt du sang ou la noblesse de France sur les champs de bataille - Tome 2, Partie 1 / J.-François d'Hozier - 1875)

Voir également : http://chemins-secrets.eklablog.com/l-etenduere-des-herbiers-temoin-des-colonnes-infernales-a115126712