Né à Cholet le 30 septembre 1765, fils de René et d'Anne Tridier ; meunier et tisserand, il s'attacha aux armées vendéennes après avoir perdu dans la guerre sa femme, son fils et peut-être sa mère.

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Après la déroute du Mans, il se réfugia dans un camp près de la forêt de La Petite Charnie, puis se joignit aux Chouans du pays de la Flèche. Chatelain, que l'on avait surnommé Tranquille par antiphrase, car il était extrêmement vif et nerveux, allait désormais jouer un rôle prépondérant parmi les Chouans de la Sarthe : de 1795 à la chute de l'Empire, il participa à de très nombreuses affaires, principalement s¤us le Directoire et le Consulat.

Traqué, mis à prix, il échappa à toutes les recherches et, avec Bourmont, s'empara du Mans en 1799 et pilla les caisses publiques et les bureaux de l'administration.

Arrêté en 1801 à La Flèche, il fut libéré à la pacification ; mis en surveillance à Angers, il ne tarda pas à s'échapper et reprit la campagne, attaquant les diligences sur les r¤utes, principalement du côté de Foulletourte. Il fut un des cauchemars du préfet de la Sarthe sous l'Empire.

Dès le retour de Louis XVIII, il fut nommé maréchal de camp. Sa pension fut liquidée à 3.000 fr., porté à 4.000 après les Cent Jours.

Il reprit en effet du service au cours de l'insurrection et rentra victorieusement dans la ville du Mans avec le général d'Ambrugeac le 8 mai 1815. On l'acclama et on composa même une chanson en son honneur : "Vive Tranquille - Vivent nos combattants - Dedans nos villes - Nous voyons ses enfants."

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croix jean chatelain


Sa carrière militaire était terminée. Il avait été anobli et fait chevalier de Saint-Louis. Il se retira à La Roussière, près d'Échemiré, puis au Bas-Mincé qu'il fit construire, non loin du cimetière. Il y mourut le 11 juin 1848. Sa soeur lui fit élever un tombeau, bien délaissé aujourd'hui.

Tranquille était loin d'être illettré comme on l'a prétendu. Il avait rédigé ses mémoires. Il les jeta au feu sur le conseil de son curé, M. Béliard. C'est dommage.

 

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(A. du Chêne et R. de la Perraudière, Mém. Sté d'agriculture, sciences et arts d'Angers, 1906, pp. 132-137. - Marcel Reinhard, Le Département de la Sarthe sous le régime Directorial, St-Brieuc, s.d., pp. 606-608)
Dictionnaire historique de Maine-et-Loire
Archives Départementales de Maine-et-Loire

 

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UNE CHANSON SUR TRANQUILLE

Parmi les chansons, chantées au Mans après le retour de Louis XVIII en voici une consacrée à Tranquille, général en second de l'armée royale :

Air : Vive Henry quatre


Vive Tranquille
Vivent les combattans !
Dedans nos villes
Nous voyons ses enfans
Vive Tranquille
Vivent les combattans

Nos coeurs pétillent
Voyant ce conquérant
De nos familles
Commander les enfants, Vive etc.

De bourgs en villes
Marchant tous vaillamment,
Dans nos asiles,
Depuis plus de vingt ans, Vive etc.

Mes jeunes filles
Voici de bons amans
Qui sont dociles
Ils aiment constamment, Vive etc.

Tendrons dociles,
Écoutes nos serments
Etant gentilles,
Choisissez dans nos rangs, Vive etc.

Non plus de peines,
Vivent tous les Bourbons
Non, plus de chaînes,
Dedans tous nos cantons
Achètes à Duchesnes
Ces feuilles de chanson, Vive etc.

Par DUCHESNES


Peu après le Conseil municipal du Mans décerna à Tranquille "une épée en reconnaissance de sa conduite et de son dévouement pour le Roy".

♣♣♣

La maison du général Jean Chatelain, dit Tranquille  : je remercie l'auteur de ces clichés, mon ami, Guy Jacob.

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L.C.
Annales fléchoises et la vallée du Loir - Neuvième année - Tome XII - Janvier-Décembre 1911