800px-Siege_of_Lyon_(1793)

ADRIAN ou ADRIEN (Marie),
tailleuse, née à Lyon, y demeurant, place Confort, âgée de 17 ans, condamnée par la Commission révolutionnaire de Lyon et guillotinée le 24 décembre 1793.

Marie ADRIAN est cette jeune fille qui, "déguisée en homme, avait servi parmi les canonniers pendant le siège de Lyon."

"Dans un combat meurtrier des Lyonnais contre l'armée républicaine, dit un témoin oculaire, Marie Adrian s'immortalisa par une action digne d'être écrite en lettres d'or.
Son frère (quelques-uns disent son fiancé) venait d'être tué en pointant une pièce qu'elle servait à ses côtés ; blessé grièvement elle-même, elle ramassa la mèche échappée des mains de son frère, et s'adressant à ses compagnons d'armes : "Laissez-moi, leur dit-elle avec enthousiasme, laissez-m¤i venger ma famille et mon pays." Puis, c¤uverte, inondée d'un sang bien cher qui se mêlait au sien, elle mit le feu au canon. Son regard parut inspiré lorsqu'elle accompagna le corps de son frère au dépôt des morts ; plus heureux qu'elle, il mourut du moins sur un champ de bataille."

D'autres amazones ont pris aussi une part héroïque de Lyon, entre autres Marie Lollière.

Le courage de Marie Adrian ne faiblit point devant le tribunal ni devant l'instrument du supplice. "Comment as-tu pu braver le feu et tirer le canon contre ta patrie ?" - lui demanda un des juges qui la condamnèrent à mort. - "C'était, au contraire pour la défendre, répondit-elle, et la sauver de l'oppression."
Condamnée à mort, on la vit monter courageusement à l'échafaud et mourir au cris deux fois répété : "Vive le roi !" ... Louis XVII était alors enfermé au Temple.
Il paraît que cette condamnation donna lieu à une violente scène, dans laquelle l'un des juges, Brunière, parce que celui-ci lui faisait un crime de sa pitié.

Marie Adrian avait été arrêtée avec une de ses compagnes, Jeanne Primat, chez la veuve Monin. Elle ne fit aucune difficulté pour déclarer qu'elle avait porté les armes pendant le siège et servi comme canonnier dans la compagnie du Port-du-Temple, dont son frère était capitaine.

Furent guillotinés, ce même jour, 24 décembre 1793 (4 nivôse an II), à 1 heure du soir, place des Terreaux :

COEFFIER DES TERROLLES, noble - 38 ans
COSTE (Fr.-Is.), marchand - 63 ans
DELEAU (Fr.), chapelier - 58 ans
GARET (J.), tailleur - 40 ans
GRÉGOIRE (J.), receveur - 63 ans
LACROIX-LAVAL (J.), noble - 50 ans
LESPINASSE (P.-G.) - 34 ans
MOINIÉ (J.-A.), commis-march. - 26 ans
PÉCLET (M.-J.), rentier - 58 ans
TERRASSON (B.), dit Barollière - 68 ans
TERRASSON (J.-D.), noble - 60 ans
THÉVENIN (P.), épicier - 65 ans
VAUBERET (J.-F.), rentier - 68 ans
WOIRBETON, Anglais - 59 ans

Tableau général des victimes & martyrs de la Révolution,
en Lyonnais, Forez et Beaujolais : spécialement sous le régime de la Terreur, 1793-1794
par Antonin Portallier
1911