P1140265Pierre Brenugat était né à Pornic en 1716. D'une foi inébranlable et d'un zèle très ardent, il avait repoussé avec indignation les serments de 1791 et de 1792. Les catholiques de la contrée reçurent de grands services spirituels de l'apostolat qu'il exerça parmi eux, dans les temps affreux de 1793 et 1794. Les persécuteurs n'avaient pu l'atteindre. Il fut enfin surpris dans l'exercice de son ministère, le 28 frimaire an VI (18 décembre 1797) par une colonne du général Grigny. Il avait été condamné à la déportation à la Guyane par un arrêté du Direct¤ire du 8 Frimaire an VI, pour av¤ir contribué à corrompre l'esprit public dans le canton de Saint-Fulgent, dont les habitants très fanatiques ne sont rien moins que disposés à se rallier sincèrement au Gouvernement. Conduit à Rochefort, il fut embarqué, le 10 mars 1798, sur la frégate La Charente avec M. Ténèbre, curé de Croix-de-Vie.

M. Brenugat, vicaire du curé Bonneau, déporté à la Guyane, par arrêté du Directoire, succomba d'inanition dans une forêt de Kononama. Il fut trouvé mort, à genoux, les mains jointes et les lèvres collées sur un crucifix. Des nègres l'apportèrent en cet état aux carbets des déportés, mais comme l'infortuné ne laissait pas de succession, son cadavre resta trois jours sans être inhumé ; les nègres cupides en quête d'argent le portaient de case en case, raconte M. Victor Pierre, dans sa Terreur sous le Directoire. Ses confrères durent creuser sa fosse de leurs propres mains.

La mort du vicaire est inscrite dans le registre de Cayenne, au 22 fructidor an VI (8 septembre 1798)

 

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(Abbé Pontdevie - Histoire manuscrite du clergé vendéen pendant la révolution.)