"SI VOUS CONNAISSIEZ MA VENDÉE"

Quelques souvenirs de l'abbé E. Grimault, chanoine d'Angers.

♣ Vers le mois de mai 1793, près de Saint-Quentin-en-Mauges, un jeune paysan de vingt-et-un ans, le fusil sur l'épaule, quittait la maison paternelle pour aller rejoindre les volontaires de Cathelineau. Ce jeune homme, Louis Grimault, fils aîné du fermier de la Crocherie, fut mon grand-père. Je l'ai bien connu. J'avais quinze ans quand il mourut, après avoir été à son tour chef de cette métairie où il était né et où il avait connu lui-même ses grands-parents. "Les Grimault sont là de père en fils", lui avait dit plus d'une fois son aïeul. Ce propos, souvent rapporté dans ma famille, nous donne plus de trois siècles de résidence au même lieu. On peut le noter avec quelque fierté, à une époque où le Français, noyé sous un flot de cosmopolites, ne sait plus d'où il vient ni de qui il descend.

Dirai-je que la nouvelle recrue allait se joindre avec enthousiasme à la petite armée de Cathelineau ? Ce serait forcer la note. Mon grand-père était calme. Il obéissait avec conviction, mais sans en faire parade, au mouvement insurrectionnel qui soulevait alors le pays des Mauges. Pendant deux mois il portera un fusil, mais en homme fait pour conduire la charrue, continuer le bon labeur de ses pères et mourir, inconnu comme eux, dans le sillon qu'ils avaient tracé.

chouansIl faut avoir vécu près de ces braves gens, avoir entendu leurs récits comme j'ai entendu ceux de mon grand-père, pour comprendre l'héroïque guerre qui souleva la Vendée en 1793, qui présente des traits comparables aux plus beaux faits d'armes de l'antiquité et que Napoléon, entendu aux batailles, appela une guerre de géants. Parmi les historiens les uns en ont fait le résultat d'intrigues politiques, d'autre une guerre de religion, d'autres, enfin, un soulèvement motivé par l'obligation du service militaire. Si j'en crois mon aïeul, il y eut un peu de tout cela dans les motifs de la révolte : "Vois-tu, mon petit-fils, me dit-il un jour, tous ces mauvais gars qui étaient à Paris ne faisaient que du mal. Ils avaient mis à mort notre roi Louis XVI (mon grand-père portait avec fierté le prénom du souverain et s'attendrissait en le prononçant) ; puis ils avaient changé la religion ; puis ils ont voulu nous faire partir ... C'est ç qui est cause qu'on a pris les armes ..." L'on a, il me semble, dans ces simples paroles d'un ancien combattant, jugeant les ¤ choses à cinquante ans de distance, toute leur explication ; la Révolution avait troublé, jusqu'au fond, la conscience de ces paysans des Mauges, bouleversé leurs idées, menacé leur indépendance, entravé leur libre allure sous le soleil, et ils s'étaient révoltés. Aussi bien leur pays perdu, muni de broussailles, de champs de genêts et de coteaux inaccessibles, offrait-il un terrain admirable pour une guerre de partisans. O l'étrange pays d'alors, avec ses chemins impraticables ! Quelles fondrières dans lesquelles les lourdes charrettes s'enfonçaient jusqu'à l'essieu ! Enfoncés eux-mêmes dans la vase, les boeufs s'efforçaient en vain de tirer le véhicule. L'homme avait beau les piquer de l'aiguillon et de la voix : "Hé donc, Châtain, hé donc, Mourâ, hardi-là !" les pauvres bêtes restaient en place après un effort désespéré. On courait à la métairie chercher du renfort : un cheval, d'autres boeufs, des hommes. Tout le monde poussait à la roue et enfin, au bout d'une heure, le front en sueur et les membres brisés, le fermier avait la joie de voir son attelage sortir de l'ornière, vainqueur de la "casse et des mollets" !

Mais ce n'est là qu'un paysage d'hiver. L'été se montrait plus clément. Il y avait surtout les nuits étoilées où mon aïeul "allait à la chaux", je veux dire chercher avec sa charrette jusqu'à Montjean, à quatre lieues de là, la chaux qui devait fertiliser ses terres. Ces charrois se faisaient la nuit pour éviter la grande chaleur du jour. A deux heures du matin on éveillait les boeufs et l'on se mettait en route ; pour rompre la monotonie du chemin, le conducteur chantait, sans paroles, d'une voix forte et très élevée, des cantilènes étranges. Je les ai entendues dans mon enfance ces improvisations agrestes qui rappellent les longs neumes grégoriens ; ces traits de voix blanche, semés de points d'orgue, que le chanteur prolongeait avec fierté, pour montrer l'étendue de son souffle. Cela s'appelait noter, dans la langue du pays, et l'on citait avec admiration ceux qui notaient le mieux, c'est-à-dire qui savaient soutenir le plus longtemps leurs voix sans respirer. Le chanteur venait-il à croiser la charrette d'un voisin, quelques propos s'échangeaient et les chants reprenaient pour se perdre dans la nuit. De loin, dans mon souvenir, ces rhapsodies primitives me font rêver de l'Orient et des pays bibliques. C'est ainsi que l'homme a dû chanter, aux premiers âges du monde, au sortir de l'Eden, dans la mélancolie du présent et dans le vague regret d'un bonheur perdu.

Me voilà loin de Cathelineau. Mon grand-père le suivit jusqu'au combat de Nantes où le héros vendéen, frappé d'une balle, tomba pour ne plus se relever. Blessé lui-même au bras dans cette journée, découragé par la mort de son chef, Louis Grimault revint dans sa métairie. Quelques années après, il en devenait le maître et se mariait avec une brave fille du pays, Marie Branchereau. De ce mariage naquit mon père, le 4 janvier 1804. On me pardonnera de le présenter avec quelque complaisance, mais en toute vérité.

Louis Grimault, mon père, premier né des sept enfants de mon grand-père, se montra de bonne heure vif, intelligent, impétueux, inventif, ami du mouvement et de la belle humeur. Toutes les réunions populaires se disputaient sa présence. A trois lieues à la ronde, aucun mariage n'était célébré sans qu'on y invitât "Louis Grimault de la Crocherie". Boute-en-train de la danse, des chansons dans l'aire, des rasades dans les  tasses d'argent, de tous les ébats qui accompagnaient une noce, il était l'âme de ces fêtes rustiques et passait pour l'un des plus joyeux compagnons de la contrée. Tout était prompt chez lui ; l'oeil, le pied, la main, la parole, le génie débrouillard. Au quatorzième siècle il eût inventé la poudre. Ardent à la chasse, il avait treize ans quand il tua, d'un coup de fusil, son premier lièvre, en gardant ses moutons. Saisissant sa victime par les pattes et l'élevant en l'air : "Il est mort ! il est mort !" s'écria-t-il avec un enthousiasme dont personne, hélas, ne fut témoin. Il n'en rentra pas moins triomphant.

Tel était l'homme qui devait un jour succéder à son père et tenir, dans la métairie, "la queue de la charrue" c'est-à-dire la première place. Malheureusement, ma grand'mère mourut et mon grand'père se remaria. Cette seconde union, qui ajournait indéfiniment les espérances de mon père désorienta sa vie. S'il ne pouvait être le chef de la ferme, il irait à la ville et apprendrait un métier. Il avait vingt-cinq ans lorsqu'il se rendit, à quatre lieues de là, dans une petite ville de Chalonnes, sur le bord de la Loire. Un chapelier renommé dans la contrée "Monsieur Cousin", mi-bourgeois, mi-artisan, y faisait ses affaires. Mon père entra dans l'atelier de ce gros marchand, et bientôt la confection d'un chapeau de soie ou de feutre n'eut pour lui plus de secrets.

A trente ans il rencontra une petite couturière, ingénue, de figure fine, qui donnait à sa famille tout le gain de ses journées, ne réservant que deux sous, chaque semaine, afin de pouvoir se parer, le dimanche, "d'un tablier rose". Il l'épousa et, cinq ans après, je naquis de cette union. J'en ai été l'enfant unique et combien de fois j'ai regretté d'avoir toujours été seul au foyer de mes parents !

Ma mère était fille d'un sabotier, Julien Rabaté, venu d'un village voisin à la ville pour y épouser Marie Leduc, fille d'un pêcheur. Ce brave homme, très chrétien, disant son chapelet tous les jours, n'en pactisait pas moins avec les bleus contre les chouans pendant la Révolution. Explique la chose qui pourra. Je la note comme un trait curieux de l'état d'âme du peuple dans ces temps troublés. Plus tard, de 1830 à 1834, une seconde chouannerie, mal organisée dans l'ouest, ayant tenté de renverser Louis-Philippe, l'un de mes grand oncles, François Leduc, mérita un sabre d'honneur "pour sa belle conduite dans la journée du 2 novembre 1834", parmi les volontaires qui défendirent le gouvernement. Ce dualisme dans ma famille, royaliste du côté de mon père, patriote du côté de ma mère, m'a valu plus d'un quolibet. Cinquante ans après l'échauffourée de 1834, comme je parlais à table, devant Mgr Freppel, de l'un de mes grands-oncles qui s'était signalé pendant la guerre civile, l'évêque eut beau jeu pour me demander si c'était un oncle du côté des lys ou l'oncle du côté du sabre !

Ma mère était une sainte. Je sais qu'il n'est pas d'enfant chrétien qui n'ait ainsi parlé de sa mère. Pourtant je ne crois pas exagérer en prêtant à la mienne une vertu hors ligne. Du moins prêchait-elle à tout instant l'austérité des moeurs. Si elle aimait à faire un bout de toilette le dimanche, la coquetterie n'y fut jamais pour rien, et le tablier rose dont je viens de parler ne fut jamais pour elle qu'une parure d'hermine. Elle avait en horreur les mauvaises lectures, les mauvaises compagnies, les mauvais propos. Son livre de prédilection la Doctrine Chrétienne de Lhomond, suffit à occuper, toute sa vie, son besoin de lire. De santé chétive, elle a passé au lit la moitié de son existence, toujours souffrante, affairée quand même, attentive à mon éducation, aux soins du ménage, au train de la maison.

Mais j'anticipe sur les évènements de mon récit. Avant d'être patron lui-même, mon père fut ouvrier pendant quinze ans, et cette dure condition ne comportait guère ce qu'on appelle un train de maison. J'ai vécu pauvre les commencements de ma vie et mangé mon pain noir le premier. Une table, un lit, quelques chaises, une grande caisse en bois blanc où se trouvaient enfermés le linge et les habits, tel était le mobilier de mes parents au lendemain de leur mariage. J'étais trop jeune pour comprendre ce dénuement, et d'ailleurs l'Eglise, en mettant sa douce main sur ma mère, nous avait-elle rendus forts contre la pauvreté. Matin et soir, ma mère nous donnait le signal de la prière en commun. Agenouillés tous trois au pied du lit, nous récitions le Pater et nos désirs ne s'étendaient pas au-delà du pain quotidien.

Cependant un jour - j'avais alors cinq ans -, mon père prit une grande résolution. Le souvenir de son pays natal le hantait. Il y comptait encore beaucoup d'amis et son père y vivait toujours. "Retournons à Saint-Quentin, dit-il à ma mère, et soyons-y marchands pour notre compte". Ce beau projet fut réalisé vers la fin de 1842. Oh ! Quel exode fut pour moi ce déplacement, cette translation de ma petite ville dans un bourg campagnard ! Chalonnes-sur-Loire est un site ravissant. Le voisinage du fleuve, la vue des bateaux, les grandes prairies du Layon et les pentes adoucies des coteaux, tout me ravissait dans les excursions enfantines. Saint-Quentin était un trou. J'y ai passé cinq années mortelles. Était-ce ma petite taille qui m'empêchait de voir l'horizon dans les sentiers où s'égaraient mes tristes promenades ? Peut-être, mais il me semblait que c'était surtout le manque d'espace. Tout me paraissait borné dans le voisinage de ce pauvre bourg, couvert de tuiles noirâtres. Bornés les champs, par de grandes haies mal peignées, bornés les chemins, dont les fossés creusés dans la terre glaise - une terre jaune et humide - suintaient l'ennui. Je m'en allais le long de ces vilaines routes, pleurant de dépit, le coeur gros en me rappelant mon Chalonnes ouvert au soleil, gai, mouvementé comme une ville méridionale. Dans ce village perdu, le parler lourd des habitants, la rusticité des enfants de mon âge, leurs moqueries de mon petit costume citadin, les moeurs d'auberge qui rendaient grossière la partie virile de la population, tout froissait ma délicatesse native, ma timidité rêveuse, et ces premiers mouvements d'oiseau qu'éprouve l'enfant avant d'avoir des ailes.

Capture plein écran 20032013 160950De temps en temps ma mère reprenait le chemin de Chalonnes pour aller voir ses parents et je l'accompagnais, à pied, malgré mes petites jambes de six à sept ans. Avec quelle fatigue nous franchissions tous deux les quatre lieues qui nous séparaient de ma ville natale. Pour rompre la monotonie du voyage, nous disions d'interminables chapelets, et nous nous reposions sur les mètres de pierre qui bordaient la route. A Bourgneuf, un chemin de traverse abrégeait notre course et nous offrait une halte charmante, j'allais dire une oasis au milieu du désert. Je veux parler de la Chapelle Notre-Dame-de-Charité, près de Saint-Laurent-de-la-Plaine. On y accédait par un chemin large et solitaire. De grands chênes au feuillage sombre encadraient la façade de l'édifice qui nous apparaissait tout à coup, inattendu et solennel. Deux petites fenêtres, en forme de coeurs, pratiquées dans la porte du monument, permettaient d'en inspecter l'intérieur. Dès notre arrivée ma mère me haussait jusqu'à la hauteur de ces deux ouvertures, et je ne pouvais en détacher mes yeux. Avec quelle admiration je contemplais, dans le demi-jour de l'enceinte mystérieuse, les statues qui s'y tenaient et qui me semblaient vivantes. J'en voulais à mon grand'père d'avoir pu, un jour, en me racontant une anecdote de sa jeunesse, rendre ridicule à mes yeux ce lieu sacré. C'était à l'époque de la grand'guerre. Cachés dans les chênes où ils épiaient l'approche des bleus, les paysans royalistes venaient d'entendre au loin des chants. C'est une procession qui s'avance. Une troupe de villageois, bannière en tête, arrivait en pèlerinage à Notre-Dame-de-Charité. Avec quelle ferveur ils chantaient :
O Notre-Dame-de-Charité
Rendez-nous notre bon curé !
Puis, comme ils craignaient que la Sainte Vierge ne sût pas bien d'où ils étaient, ils ajoutaient an manière de renseignement :
J'sommes de Bégrolles !

Voilà ce que m'avait rapporté mon grand-père, et je crois que j'ai hérité de la pointe de malice dont il assaisonna son récit ; mais, à l'époque, cette histoire m'avait scandalisé. Pourquoi donc ces braves gens de Bégrolles n'auraient-ils pas demandé à la sainte Vierge leur curé partit en exil, et pourquoi la sainte Vierge ne les aurait-elle pas exaucés ?

Capture plein écran 20032013 160626En arrivant à Chalonnes par les hauteurs qui bordent le lit de la Loire et qui dominent un paysage de cinq à six lieues, je m'arrêtais, ébloui. Les lointains bleuâtres qui fuyaient à l'horizon, l'immense panorama de la vallée qui se déroulait sous mon regard, la Loire avec ses îles, ses bateaux à voiles, ses rives bordées de verdure et de maisons riantes, tout cet épanouissement du grand fleuve m'emploignait le coeur et me faisait, à la lettre, pleurer. Je descendais à la ville, j'y séjournais pendant une semaine ou deux et mes promenades aux environs achevaient de me transporter. J'étais trop jeune alors pour recevoir l'impression troublante que ce paysage devait me causer plus tard. Un charme singulier m'a toujours accompagné dans mes excursions de Chalonnes. Aujourd'hui encore, j'ai peine à me défendre contre l'étrange séduction de mon pays natal ; séduction matérielle et païenne, résultant de la douceur du paysage, de la grâce de ses contours, du mystère qui enveloppe ses vallées et ses bois. Il y a là des bourgeois enterrés dans leurs vignes, et leurs mausolées ne rappellent que la joie d'avoir vécu. Il y a des pentes boisées et sombres d'où descendent les Sylvains moqueurs, des ruisseaux frangés de mousse où viennent se désaltérer, le soir, les faunes et les divinités des forêts. C'est dans de tels milieux qu'ont dû prendre naissance les dieux mythologiques.

Je les rencontrai plus tard alors que, redevenu habitant de Chalonnes, j'irai, dans ma seizième année, à l'âge où la tête se remplit de musique et le coeur de rêveries, passer mes journées à la "planche d'Armangé". Aujourd'hui un chemin de fer sillonne ce délicieux vallon. Aux doux sons de ma flûte a succédé le sifflet strident d'une locomotive. Je m'en console quand je passe par là - et j'y passe souvent - en relisant le Vallon de Lamartine, si bien mis en musique par Gounod. Le coeur gonflé de souvenirs, l'oeil perdu dans les sentiers que parcourut mon adolescence, je chante à demi-voix, avec une mélancolie que moi seul peux comprendre, ces beaux vers qui m'émeuvent toujours.

Mon coeur lassé de tout, même de l'espérance,
N'ira plus de ses voeux importuner le sort.
Prêtez-moi seulement, vallon de mon enfance,
Un asile d'un jour pour attendre la mort ...
Repose-toi mon âme en ce dernier asile,
Ainsi qu'un voyageur qui, le coeur plein d'espoir,
S'assied, avant d'entrer, aux portes de la ville
Et respire, un moment, l'air embaumé du soir !

Ce sont de belles paroles à chanter aux portes de ma ville natale, non loin du cimetière où reposent mon père et les parents de ma mère.

Avec quelle tristesse, après mes excursions de Chalonnes, je regagnais mon bourg morne. Et pourtant je m'y accoutumais un peu. Tous les jours n'étaient pas des jours de pluie. Un horloger complaisant, M. Gabory, m'apprit à lire. Un pieux instituteur laïque "qui avait étudié pour être prêtre", M. Babin, du Fuilet, m'initia aux mystères de la calligraphie. Sa besogne n'était pas mince. Il avait une trentaine d'écoliers ; nous nous servions de plumes d'oie et il les taillait toutes. Avec l'étude, il y avait les jeudis ensoleillés où je suivais mes camarades à la pêche des verdons, dans le ruisseau de Bouffay. De temps à autre, une excursion à la métairie de mon grand-père, une chevauchée sur Papillon, son vieux cheval, la procession de la Fête-Dieu où je m'admirais décoré d'une belle-aube blanche, d'une couronne de roses et d'une navette d'argent, l'approche des frairies venaient rompre la monotonie de mon existence ; L'annonce des frairies, surtout, cette fête de village dans le pays de Vendée, me faisait vivre, pendant trois semaines, d'espoirs infinis.

Extrait :
Mes souvenirs, Abbé Grimault
1907