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Genesta, monasterium sancte Marie de Genesta, 1050-1082
Capella de Genest, 1210
La Chapelle du Genest, 1485

Hameaux : La Bretèche, la Gagnerie, la Vignardière, la Riffaudière, la Foulonnière, la Baratonnière

Population :
1720, 520 hab. - 1789, 135 feux - 1792, 813 hab. - 1806, 521 hab. - 1821, 843 hab. - 1851, 948 hab. - 1911, 769 hab. - 1921, 667 hab. - 1954, 636 hab. - 1962, 689 hab.
Remarquer l'importance des pertes dues à la guerre de Vendée. Avant la révolution, les tanneurs et pelletiers étaient nombreux. A la fin du XIXe siècle, il y avait 300 tisserands à domicile, dont la disparition explique que le nombre des habitants ait diminué d'un quart entre 1876 et 1914. - La première guerre mondiale a fait 30 victimes.

Habitants : Les Capello-Genestois

Ecole publique de filles
Elle appartenait à la fabrique en vertu d'une fondation. Ce premier immeuble fut aliéné en 1857, le prix (6.600 fr.) fut versé par la fabrique à la commune. Une nouvelle école fut acquise pour 4.800 fr. On y fit 5.000 fr. de réparations. Une cuisine y fut ajoutée en 1872, les préaux furent réparés en 1904 et les carrelages refaits. L'école fut laïcisée en 1905, la commune promit alors de rembourser en 30 ans le prix de l'immeuble à la fabrique. Ce remboursement n'eut pas lieu.

 

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L'abbé Joseph Gourdon (Beaupréau, 19 mars 1790 - Id. 23 octobre 1846), curé de La Chapelle-du-Genêt

 

Eglise Notre-Dame rebâtie en 1834 par les soins du curé Gourdon. Les paroissiens firent gratuitement les corvées nécessaires. L'église coûta 11.000 fr., l'Etat ajouté un secours de 1.000 fr. Cette église fut restaurée en 1923-1924.

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Près de l'église, (dans l'ancien cimetière), se trouve un if vénérable, dont le tronc mesure 4 m 25 de circonférence. D'après la tradition, il aurait été planté au XVe siècle. Les registres paroissiaux le mentionnent dès 1621.

 

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Monument aux morts
Voisin de l'église, dans l'ancien cimetière, le terrain fut donné à la commune par les propriétaires tontiniers, l'abbé Moreau, chanoine à Beaupréau, l'abbé Fruchaud, curé de Juvardeil. C'est un obélisque en granit (Paul Mary entrepr.) élevé en 1920. A la suite d'une observation de la Préfecture, désapprouvant l'emblème religieux (sic), les familles des morts exigèrent unanimement qu'un crucifix demeurât scellé au monument.

Préhistoire
Le pays était habité de toute antiquité et le nombre important de haches en pierre polie trouvées soit à La Chapelle même, soit sur les bords de l'Evre, ainsi que d'autres objets préhistoriques, établit cette antiquité. Les trois menhirs du carrefour Simon sont détruits, mais Tristan Martin avait constaté la présence près La Roche-Alain, en 1854, d'une grosse motte de terre avec talus en face de La Ségourie (en Fief-Sauvin).
La Chapelle se trouvait à l'époque gallo-romaine sur le passage de la voie de Poitiers à Nantes (dont on voyait encore les grosses dalles de pierre dans les champs vers 1875.

Histoire Religieuse
Il est probable que les moines de St-Serge établirent une chapelle vers le Xe siècle. Dès le début du XIe, ils la transformèrent en prieuré et, en construisant les bâtiments, empiétèrent sur les terres de Constant de Beaupréau et de son neveu Albert. Ceux-ci concédèrent alors à Bérenger, moine de St-Serge qui tenait l'église de Ste-Marie du Genêt, cette terre pour y établir un bourg. Peu après, un second accord entre Bérenger et Fulcredus de Beaupréau détermina la part de culture des moines et celle de ce seigneur. Vers 1090, Hildebert Chalopin accrut le bourg en concédant pour la somme de 66 sous deux douves près de l'église, à l'intérieur des fossés qui délimitaient les possessions des moines. Ceux-ci obtinrent des droits sur les terres d'Hamelin de l'Epinay et même au delà de l'Evre ; vers 1090, Hildebert Chalopin augmenta sa donation, et avant la fin du XIe siècle, les religieux prirent soin de faire énumérer par Giroire de Beaupréau tous les biens et droits qu'ils tenaient à La Chapelle.
De bonne heure, St-Serge abandonna le prieuré et laissa ses droits au curé, en ne gardant que quelques rentes, qui étaient acquittées à St-Martin de Beaupréau. Les archives de la cure permettent de suivre depuis le XVe siècle les fondations, donations et legs, de connaître l'état des dîmes levées par le curé (et dont plusieurs lui furent disputées), de noter, avec les aveux, les seigneuries de qui dépendaient les terres de la cure. Les comptes de la fabrique permettent d'évaluer les recettes et les dépenses depuis le XVIe siècle, le revenu de la cure était estimé à 1.000 l. Deux chapelles étaient desservies dans l'église, celle de la Passion, présentée à l'évêque par le curé, valait 20 l., celle de Ste-Croix, présentée à l'évêque par la famille de Renée Blanche, valait 10 l.

Curés
Jean Salève, 1347 ; Pierre Melon, 1418 ; Jean Gohin, 1450 ; Pierre Bérault, 1467 ; Guyon Richoudeau, 1507-1534 ; Mathurin de Loumeau, 1560, qui résigne en 1564 ; Jacques Gourdon, vicaire depuis 1539, installé dans la cure le 16 mars 1564, réfugié à Angers pendant les troubles de novembre 1568 à juillet 1569 ; Macé Hamon, 1572 ; Jean Florie, 1578 ; François Josset, official de Beaupréau, mai 1586 ; Jacques Courtais, 1591, mort le 18 décembre 1613, âgé de 48 ans, curé depuis vingt-deux ans ; Anselme Mesnard, 1614-1616, mort curé de St-Martin de Beaupréqau le 7 juillet 1619 ; Jacques Picherit, dès au moins 1619 chanoine de Beaupréau, résigne en 1632 au profit de son neveu ; Jacques Picherit le Jeune, 9 octobre 1632-1659 ; Jean Picherit, 1659-1676 ; Pierre Camus, 1677, mort le 20 avril 1688 ; Jacques Dutour, 1688, résigne en juin 1734, meurt le 23 avril 1735 au Fief-Sauvin, âgé de 74 ans ; Claude-Sébastien Mondain, 11 juin 1734. Dès 1738 il commence la reconstruction de son église. Il résigne le 22 décembre 1763, en restant à La Chapelle où il meurt vers 1772 ; Yves-Michel Marchais, vicaire dès 1757, est installé curé en décembre 1763. Il est dit en 1775 directeur des Prêtres de Beaupréau. Il meurt vers 1797, dans une maison du bourg, où il vivait réfugié, et fut inhumé sans prêtre mais avec l'assistance de toute la paroisse, qui récitait à haute voix le chapelet.

Notes historiques
Les registres de la paroisse remontent à 1554. En 1561, le curé note que le vin est cher et coûte 16 et 18 deniers la pinte. Le blé coûta 20 l. le setier, puis retomba en 1563 à 6 l. 1/2, 8 et 10 l. en 1565.
Inondation de l'Evre en 1563 et 1564.
Froid extrêmement rigoureux, avec neiges, de Noël à la fin février. Les curés continuent à noter le prix des denrées et en 1569 les troubles provoqués par les Huguenots, et qui sont tels, que le curé doit s'enfuir en mars. On trouve dans la paroisse des potiers, des tisserands, des meuniers, des tanneurs, plusieurs chapelains et prêtres habitués. L'un d'eux, un ancien marin (1614) passait son temps à pêcher.
En 1616 les troupes de MM. d'Aménard et de Vitré sont logées à La Chapelle. Les gens se réfugient à Beaupréau.
Le cimetière est réparé en 1618.
Nouveaux passages de troupes en 1621.
En 1623, on se sert pour la première fois de nouveaux ornements sacerdotaux.
Un pèlerin de St-Jacques de Compostelle est inhumé entre le petit cimetière et le jardin du chapelain de Notre-Dame, la même année.
La confrérie du Rosaire est instituée par les Jacobins d'Angers dans la paroisse le 28 juillet 1624.
Le notaire du duché de Beaupréau résidait souvent à La Chapelle.
Sous Louis XIV une brigade de gabelles est installée dans le bourg, elle était de 1667 à 1672 commandée par Didier d'Hirbec, sieur de St-Dié, garde du corps de la reine-mère.
En 1672, baptême de la petite cloche nommée Barthélémy.
En 1764, l'archidiacre d'Outre-Loire, Guy Arthaud, faisant sa visite, prescrit des quêtes pour la réparation de l'église et réunit à la fabrique une maison léguée en 1503 par le curé Bérault pour la confrérie de Notre-Dame qu'il avait alors érigée en l'église et qui a cessé d'exister depuis une douzaine d'années.
A partir de 1738 les registres notent les transformations et réparations apportées à l'église (couverture, sacristie, transformation du choeur, lambris), nouveaux autels avec statues et peintures en 1789.
Une grave dysenterie en 1779 emporte une centaine d'habitants.

Etat à la fin du XVIIIe siècle
La paroisse était du diocèse d'Angers, archidiaconé d'Outre-Loire, doyenné des Mauges. Elle dépendait de l'élection et de la sénéchaussée d'Angers, du grenier à sel de St-Florent. Elle fit partie en 1788 du district de Beaupréau. Les pauvres étaient nombreux. Il y avait 50 tisserands. On élevait beaucoup de moutons achetés en Poitou. Le total des impositions dépassait 6.000 l. et la paroisse recevait 36 minots de sel à 64 l. le minot. Il n'y avait que deux privilégiés : le curé et son vicaire. D'après l'enquête de la Commission Intermédiaire, le fonds était considéré comme assez bon, produisant du seigle, quelques froments, des lins et des vignes, un peu de bétail dans les principales métairies.
La municipalité constituée dès 1787 comportait surtout des métayers. L'assemblée pour les élections de 1789 eut lieu le 8 mars, devant une quarantaine d'hommes, 15 seulement signèrent. Le cahier (qui a été conservé) se plaint de la mauvaise répartition des impôts, de la gabelle, de la mendicité qui désole la paroisse et surtout de l'absence de grandes routes qui entravent le commerce. Le chemin de Nantes à Saumur n'est encore ouvert que des frontières de la Bretagne au bourg de la frontière du Genêt, c'est-à-dire dans un espace de deux lieues.

Révolution
La Chapelle-du-Genêt fit partie en 1790 du district de St-Florent et du canton de Beaupréau. Le 22 avril 1793, le général Gauvillier s'efforçait de rejoindre l'armée de Leygonier après la retraite de ce dernier vers les Ponts-de-Cé. Ses troupes, qui comprenaient la garnison de Beaupréau et le bataillon d'Eure-et-Loire, furent bousculées par les Vendéens, et après une défense ardente, furent mises dans l'obligation de battre en retraite vers Chalonnes, abandonnant quatre ou cinq pièces de canons. Gauvillier lui-même reconnaît, dans une lettre écrite de Varades le 23 avril, que la retraite s'est opérée dans le plus grand désordre, et que tout le reste de l'armée est dans un état d'indiscipline alarmant. Pendant toute la fin des guerres de Vendée, le bourg de La Chapelle fut parcouru par les troupes vendéennes et républicaines et presque entièrement détruit.

Clergé pendant la Révolution
Le curé Marchais, en fonctions depuis 1753, refusa le serment et fut détenu à La Rossignolerie. Libéré par les Vendéens, il rentra dans sa paroisse où il continua à exercer clandestinement le culte jusqu'à sa mort, survenue en 1797. Son vicaire Bouguier, également insermenté, disparut pendant la Révolution et fut nommé curé concordataire en 1802. Il est probable qu'il se cachait dans le pays. Le curé constitutionnel Favereau n'a laissé aucune trace.

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Dictionnaire historique de Maine-et-Loire
Archives Départementales de Maine-et-Loire