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LES TOMBES ROYALES DE SAINT-DENIS

... Le 8 août au soir, la destruction des tombeaux était terminée, le massacre avait duré trois jours ! Cinquante et un tombeaux, chefs-d'oeuvre progressifs de l'art pendant douze siècles, avaient été renversés en trois fois vingt-quatre heures !
Ce n'est que trois ans plus tard, en avril 1796, que le tombeau de Turenne, qu'on avait respecté, fut démoli avec le plus grand soin, puis transporté au musée des monuments français. Il a depuis trouvé place aux Invalides.

C'est en 1795 seulement qu'on enleva le plomb qui recouvrait l'église. Un an après, le 6 septembre 1796, on commença une nouvelle toiture avec de la tuile et des ardoises apportées de Paris ; mais ce travail marcha lentement, fut souvent interrompu, puis abandonné même avant d'avoir été terminé, et faute de matériaux suffisants.

Les grilles magnifiques en fer forgé, oeuvre d'art du célèbre serrurier Pierre-Denis, qui les avait posées en 1702, furent également enlevées et transportées à Paris, à la bibliothèque du collège Mazarin.

Puis, comme pour se reposer des fatigues causées par un travail considérable, accompli cependant en aussi peu de temps, les ouvriers se retirèrent, et ils ne reparurent que deux mois après, pour commencer une profanation bien autrement sacrilège, la violation des cercueils séculaires qui contenaient les cendres des reines et des rois !

Samedi 12 octobre 1793

Les membres composant la municipalité de Franciade, - nom que l'on donna à cette époque à la ville de Saint-Denis, - ayant donné l'ordre d'exhumer dans l'abbaye de Saint-Denis les corps des rois, des reines, des princes et princesses qui y avaient été inhumés pendant près de quinze cents ans, pour en extraire les plombs, conformément au décret rendu par la Convention nationale, les ouvriers, pressés de voir les restes d'un grand homme, s'empressèrent d'ouvrir le tombeau de Turenne. Ce fut le premier !

Quel fut leur étonnement, lorsqu'ils eurent démoli la fermeture du petit caveau placé immédiatement au dessous du tombeau de marbre que sa famille lui avait fait ériger, et qu'ils eurent ouvert le cercueil ! Turenne fut trouvé dans un état de conservation tel, qu'il n'avait pas été déformé et que les traits de son visage n'étaient point altérés ; les spectateurs, surpris, admirèrent dans ces restes glacés le vainqueur de Turkeim, et, oubliant le coup mortel dont il fut frappé à Saltzbach, chacun d'eux crut voir son âme s'agiter encore pour défendre les droits de la France.
Ce corps, nullement flétri et parfaitement conforme aux portraits et médaillons que nous possédons de ce grand capitaine, était en état de momie sèche et de couleur de bistre clair. Sur les observations de plusieurs personnes de marque qui se trouvèrent présentes à cette opération, il fut remis au nommé Host, gardien du lieu, qui conserva cette momie dans une boîte de bois de chêne, et la déposa dans la petite sacristie de l'église, où il l'exposa pendant plus de huit mois aux regards des curieux, et ce ne fut qu'à cette dernière époque qu'il passa au Jardin des plantes, à la sollicitation du savant Desfontaines, professeur et membre de ce bel établissement.

On a ouvert ensuite le caveau des Bourbons, du côté des chapelles souterraines, et l'on a commencé par en tirer le corps de Henri IV, mort en 1610, à l'âge de 57 ans, ainsi que l'annonçait la plaque de cuivre posée sur son cercueil.
Le corps de ce prince s'est trouvé dans une telle conservation, que les traits de son visage n'étaient point altérés. Il fut déposé dans les chapelles basses, enveloppé dans son suaire, qui était également conservé. Chacun eut la liberté de le voir jusqu'au lundi matin 14, qu'on le porta dans le choeur, au bas des marches du sanctuaire, où il est resté jusqu'à deux heures après midi ; il fut transporté de là dans le cimetière dit des Valois, puis jeté dans une grande fosse creusée dans le bas, à droite, du côté du nord, et remplie de chaux. Ce cadavre, considéré comme momie sèche, avait le crâne scié, et contenait à la place de la cervelle, qui en avait été ôtée, de l'étoupe enduite d'une liqueur extraite d'aromates, qui répandait une odeur encore tellement forte qu'il était presque impossible de la supporter. Un soldat qui était présent, mû par un martial enthousiasme au moment de l'ouverture du cercueil, se précipita sur le cadavre du vainqueur de la Ligue, et, après un long silence d'admiration, il tira son sabre, lui coupa une longue mèche de sa barbe, qui était encore fraîche, et s'écria en même temps, en termes énergiques et vraiment militaires : Et moi aussi je suis soldat français ! Désormais je n'aurai plus d'autre moustache. Et, plaçant cette mèche précieuse sur sa lèvre supérieure : Maintenant je suis sûr de vaincre les ennemis de la France, et je marche à la victoire !

Le même jour 14 octobre, après le dîner des ouvriers, vers les trois heures après midi, on continua l'extraction des autres cercueils des Bourbons, savoir :
Louis XIII, mort en 1643, âgé de 42 ans ;
Louis XIV, mort en 1715, âgé de 77 ans ;
Marie de Médicis, seconde femme de Henri IV, morte en 1642, âgée de 68 ans ;
Anne d'Autriche, femme de Louis XIII, morte en 1666, âgée de 64 ans ;
Marie-Thérèse, infante d'Espagne, épouse de Louis XIV, morte en 1683, âgée de 45 ans ;
Louis, dauphin, fils de Louis XIV, mort en 1711, âgé de 50 ans

Nota. Quelques-uns de ces corps étaient bien conservés, surtout celui de Louis XIII. Louis XIV l'était aussi ; mais sa peau était noire comme de l'encre. Les autres corps, et surtout celui du grand dauphin, étaient en putréfaction liquide.

Mardi 15 octobre 1793

Vers les sept heures du matin, on a repris et continué l'extraction des cercueils des Bourbons, savoir :
Marie, princesse de Pologne, épouse de Louis XV, morte en 1768, âgée de 65 ans
Marie-Anne-Christine-Victoire de Bavière, épouse de Louis, grand dauphin, fils de Louis XIV, morte en 1690, âgée de 30 ans ;
Louis, duc de Bourgogne, fils de Louis, grand dauphin, mort en 1712, âgé de 30 ans ;
Marie-Adélaïde de Savoie, épouse de Louis, duc de Bourgogne, morte en 1712, âgée de 26 ans ;
Louis, duc de Bretagne, premier fils de Louis, duc de Bourgogne, mort en 1712, âgé de 6 ans ;
Marie-Thérèse, infante d'Espagne, première femme de Louis, dauphin, fils de Louis XV, morte en 1746, âgée de 20 ans ;
Xavier de France, duc d'Aquitaine, fils de Louis, dauphin, mort le 22 février 1754, âgé de cinq mois et demi ;
Marie-Zéphirine de France, fille de Louis, dauphin, morte le 2 septembre 1755, âgée de 5 ans ;
Marie-Thérèse de France, fille de Louis, dauphin, et de Marie-Thérèse d'Espagne, sa première épouse, morte le 27 avril 1748, âgée de 11 mois ;
Le duc d'Anjou, fils de Louis XV, mort le 7 avril 1733, âgé de 2 ans 7 mois et 3 jours.

On a aussi retiré du caveau les coeurs de Louis, dauphin, fils de Louis XV, mort à Fontainebleau le 20 décembre 1765, et de Marie-Josèphe de Savoie, son épouse, morte le 3 mars 1767.

Nota. Le plomb en figure de coeur a été mis de côté, et ce qu'il contenait a été porté au cimetière avec tous les cadavres des Bourbons. Les coeurs de plomb étaient couverts de vermeil ou d'argent ; les couronnes ont été déposées à la municipalité, et le plomb remis au commissaire du gouvernement nommé commissaire aux accaparements.

Ensuite on alla prendre les cercueils, à mesure qu'ils se présentaient, dans le caveau de droite et de gauche.

Le premier fut celui d'Anne-Henriette de France, fille de Louis XV, morte le 10 février 1752, âgé de 24 ans 5 mois 27 jours ;
Louise-Marie de France, fille de Louis XV, morte le 19 février 1722, âgée de 4 ans et demi ;
Louise-Élisabeth de France, fille de Louis XV, morte le 6 décembre 1739, âgée de 33 ans 3 mois et 22 jours ;
Louis-Joseph-Xavier de France, duc de Bourgogne, fils de Louis, dauphin, et frère de Louis XVI, mort le 22 mars 1761, âgé de 9 ans et demi ;
Le duc d'Orléans, second fils de Henri IV, mort en 1611, âgé de 4 ans ;
Marie de Bourbon de Montpensier, première femme de Gaston, morte en 1627, âgée de 22 ans ;
Gaston, Jean-Baptiste, duc d'Orléans, fils de Henri IV, mort en 1660, âgé de 52 ans ;
Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, fille de Gaston et de Marie de Bourbon, morte en 1693, âgée de 66 ans ;
Marguerite de Lorraine, seconde femme de Gaston, morte le 3 avril 1672, âgé de 59 ans ;
Jean-Gaston d'Orléans, fils de Gaston, Jean-Baptiste, et de Marguerite de Lorraine, mort le 10 août 1652, âgé de 2 ans ;
Marie-Anne d'Orléans, fille de Gaston et de Marguerite de Lorraine, morte le 17 août 1656, à l'âge de 4 ans.

Nota. L'extraction des cercueils faite dans la journée du mardi 15 octobre n'offrit rien de remarquable ; la plupart des corps étaient en putréfaction ; il en sortait une vapeur noire et épaisse, d'une odeur infecte, que l'on chassait à force de vinaigre et de poudre à tirer, que l'on brûlait alternativement, ce qui n'empêcha pas les ouvriers de gagner des diarrhées et des fièvres qui n'eurent point de suites fâcheuses.

Mercredi 16 octobre 1793

Vers sept heures du matin, on a continué l'extraction des corps et cercueils des Bourbons, et l'on commença par celui de Henriette-Marie de France, fille de Henri IV, épouse de Charles Ier, roi d'Angleterre, morte en 1660, âgée de 60 ans ;
Henriette Stuart, fille de Charles Ier, roi d'Angleterre, première femme de Monsieur, frère de Lous XIV, morte en 1670, âgée de 26 ans ;
Philippe d'Orléans, dit Monsieur, frère unique de Louis XIV, mort en 1701, âgé de 61 ans ;
Élisabeth-Charlotte de Bavière, seconde femme de Monsieur, morte en 1722, âgée de 70 ans ;
Charles de France, duc de Berri, petit-fils de Louis XIV, mort en 1714, âgé de 28 ans
Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, fille du duc régent du royaume, épouse de Charles, duc de Berri, morte en 1719, âgée de 24 ans ;
Philippe d'Orléans, petit-fils de France, régent du royaume sous la minorité de Louis XV, mort le 2 décembre 1723, âgé de 49 ans ;
Anne-Élisabeth de France, fille aînée de Louis XIV, morte le 30 décembre 1662, qui n'a vécu que 42 jours ;
Marie-Anne de France, seconde fille de Louis XIV, morte le 26 décembre 1664, âgée de 4 ans 1 jour ;
Philippe, duc d'Anjou, fils de Louis XIV, mort le 10 juillet 1671, âgé de 3 ans ;
Louis-François de France, duc d'Anjou, frère du précédent, mort le 4 novembre 1672, qui n'a vécu que 4 mois 17 jours ;
Marie-Thérèse de France, troisième fille de Louis XIV, morte le 1er mars 1672, âgée de 5 ans ;
Philippe-Charles d'Orléans, fils de Monsieur, mort le 8 décembre 1666, âgé de 2 ans 6 mois ;
Mademoiselle d'Orléans, fille de Monsieur, morte après sa naissance ;
Sophie de France, tante du roi Louis XVI, et sixième fille de Louis XV, morte le 3 mai 1782, âgée de 47 ans 7 mois et 4 jours ;
Mademoiselle de France, dite d'Angoulême, fille du compte d'Artois, morte le 23 juin 1783, âgée de 5 mois et 16 jours ;
Mademoiselle, fille du comte d'Artois, morte le 5 décembre 1783, âgée de 7 ans 4 mois et 1 jour ;
Sophie-Hélène de France, fille de Louis XVI, morte le 19 juin 1787, âgée de 11 mois 10 jours ;
Louis-Joseph-Xavier, dauphin, fils de Louis XVI, mort à Meudon le 4 juin 1789, âgé de 7 ans 7 mois et 13 jours.

Suite du Mercredi 16 octobre 1793

Vers les deux heures (c'était ce jour-là même, et presqu'à la même heure, que l'infortunée reine Marie-Antoinette montait sur l'échaufaud), avant le dîner des ouvriers, on enleva le cercueil de Louis XV, mort le 10 mai 1774, âgé de 64 ans ; il était à l'entrée du caveau, sur les marches, un peu de côté à main droite en entrant, dans une espèce de niche pratiquée dans l'épaisseur du mur ; c'était là que restait déposé le corps du dernier roi mort. On ne l'ouvrit, par précaution, que dans le cimetière, sur le bord de la fosse ; ce corps retiré du cercueil de plomb, bien enveloppé de langes et de bandelettes, était tout entier, frais et bien conservé ; la peau était blanche, le nez violet et les fesses rouges comme celles d'un enfant nouveau-né, et nageant dans une eau abondante formée par la dissolution du sel marin dont on l'avait enduit, n'ayant pas été embaumé suivant l'usage ordinaire. On jeta de suite le corps dans la fosse, où l'on venait de préparer un lit de chaux vive, puis on le couvrit d'une couche de la même chaux et de terre par-dessus.

Nota. Les entrailles des princes et princesses étaient aussi dans ce caveau, dans des seaux de plomb déposés sous les tréteaux de fer qui portaient les cercueils. On les porta dans le cimetière, et on en retira les entrailles, qu'on jeta dans la fosse commune avec les cadavres ; les seaux de plomb furent mis de côté pour être portés, comme tout le reste, à la fonderie qu'on venait d'établir dans le cimetière même, pour fondre le plomb à mesure que l'on en découvrait.

Capture plein écran 28022013 210638Vers les trois heures après midi, on a ouvert, dans la chapelle dite des Charles, le caveau de Charles V, mort en 1380, âgé de 42 ans, et celui de Jeanne de Bourbon, son épouse, morte en 1377, également âgée de 42 ans ;
Charles de France, enfant, mort en 1386, âgé de 3 mois, était inhumé aux pieds du roi Charles V, son aïeul ; ses petits os, tout à fait desséchés étaient dans un petit cercueil de plomb ; sa tombe de cuivre était sous le marche-pied de l'autel ; elle a été enlevée et fondue ;
Isabelle de France, fille de Charles V, morte quelques jours après sa mère, Jeanne de Bourbon, en 1378, âgée de 5 ans, et Jeanne de Bourbon, en 1378, âgée de 5 ans, et Jeanne de France, sa soeur, morte en 1366, âgée de 6 mois 14 jours, étaient inhumées dans la même chapelle, à côté de leurs père et mère. On ne trouva que leurs ossements sans cercueil de plomb, et quelques restes de planches pourries.

On a retiré du cercueil de Charles V une couronne de vermeil bien conservée, une main de justice d'argent et un sceptre en vermeil, portant environ cinq pieds, et surmonté d'un bouquet en feuillage, du milieu duquel s'élevait une grappe en corymbe, ce qui lui donne à peu près la forme d'un thyrse. Ce morceau d'orfèvrerie, assez bien travaillé pour son époque, avait conservé tout son éclat.

Dans le cercueil de Jeanne de Bourbon, sa femme, on a découvert un reste de couronne, son anneau d'or, des débris de bracelets ou chaînons, un fuseau ou quenouille de bois doré, à demi pourri ; des souliers de forme pointue, assez semblables à ceux connus sous le nom de coulisses à la poulaine. Ils étaient en partie consumés, et laissaient voir encore les broderies en or et en argent dont on les avait ornés.

Jeudi 17 octobre 1793

A sept heures du matin, on a fouillé dans le tombeau de Charles VI, mort en 1422, âgé de 54 ans, et dans celui d'Isabeau de Bavière, sa femme, morte en 1435 ; on n'a trouvé dans leurs cercueils que des ossements desséchés : leur caveau avait été enfoncé lors de la démolition du mois d'août même année. On retira ce qu'il y vait de précieux dans les cercueils.
Les corps de Charles V et de Jeanne de Bourbon, sa femme, de Charles VII et de Marie d'Anjou, sa femme, retirés de leurs cercueils, ont été portés dans la fosse des Bourbons, qui fut recouverte immédiatement après, et l'on en ouvrit une autre à la gauche de celle-ci, dans laquelle on déposa de suite tous les autres corps trouvés dans l'église.
Le tombeau de Charles VII, mort en 1461, âgé de 59 ans, et celui de Marie d'Anjou, sa femme, morte en 1463, avaient été enfoncés et pillés. On n'a trouvé dans leurs cercueils qu'un reste de couronne et de sceptre d'argent doré.

Le même jour 17 octobre, vers quatre heures du soir, dans la chapelle de Saint-Hippolyte, on a fait l'extraction de deux cercueils, savoir :
Celui de Blanche de Navarre, seconde femme de Philippe de Valois, morte en 1398, et de Jeanne de France, leur fille, morte en 1371, âgée de 20 ans. L'on n'a pas trouvé la tête de cette dernière ; elle fut probablement dérobée ou perdue, il y a plusieurs années, lorsqu'on fit l'ouverture de ce caveau pour réparer ladite chapelle.
On fit ensuite l'ouverture du caveau de Henri II, qui était fort petit ; on en retira d'abord deux coeurs : l'un était fort gros et l'autre plus petit ; comme ils n'étaient revêtus d'aucune inscription, on ignore de quels personnages ils viennent. Quatre cercueils en furent aussi retirés :
Celui de Marguerite de France, fille de Henri II, première femme de Henri IV, morte le 27 mai 1615, âgée de 62 ans
François, duc d'Alençon, quatrième fils de Henri II, mort en 1584, âgé de 30 ans ;
François II, qui a régné un an et demi, mort le 5 décembre 1560, âgé de 17 ans ;
Marie-Élisabeth de France, fille de Charles IX, morte le 2 avril 1578, âgée de 6 ans ;

On ouvrit avant la nuit le caveau de Charles VIII, mort en 1498, âgé de 28 ans. Son cercueil de plomb était posé sur des tréteaux ou barres de fer, comme ceux des autres princes ; on n'y trouva que des os presque desséchés.

Vendredi 18 octobre 1793

Vers les sept heures du matin, on continua le travail commencé la veille, et on retira quatre grands cercueils ; savoir :
Celui de Henri II, mort le 10 juillet 1559, âgé de 40 ans et quelques mois ;
Catherine de Médicis, femme de Henri II, morte le 5 janvier 1589, âgée de 70 ans ;
Henri III, mort le 2 août 1589, âgé de 38 ans ;
Louis d'Orléans, second fils de Henri II, mort au berceau ;
Jeanne de France et Victoire de France, toutes deux mortes en bas âge, et ses filles.

Ces cercueils étaient placés les uns sur les autres sur trois lignes ; au premier rang, à main droite en entrant, on voyait ceux de Henri II, de Catherine de Médicis et de Louis d'Orléans, leur second fils ; celui de Henri II était posé sur deux barres de fer, et les deux autres cercueils étaient placés sur celui de Henri leur père.
Au second rang, au milieu du caveau, étaient quatre autres cercueils placés les uns sur les autres, et les deux coeurs dont j'ai parlé ci-dessus.
Au troisième rang, à main droite, du côté du choeur, se trouvaient quatre cercueils, savoir : celui de Charles IX, posé sur deux barres de fer qui portaient également un cercueil beaucoup plus grand, qui renfermait le corps de Henri III, et les deux autres plus petits et précités.
Dessous les barres ou tréteaux de fer sur lesquels reposait cette famille, on trouva quantité d'ossements que l'on présume avoir été trouvés en cet endroit, lorsqu'en 1719 on fit les fouilles nécessaires à la construction du nouveau caveau des Valois ; car précédemment à cette époque ils avaient une chapelle sépulcrale et particulière bâtie par Philibert Delorme, et au milieu de laquelle était placé le tombeau de Henri II.

Le même jour 18 octobre, les ouvriers firent l'ouverture du caveau de Louis XII, mort en 1515, âgé de 53 ans ; d'Anne de Bretagne, son épouse, et veuve de Charles XIII, morte en 1514, âgée de 37 ans. On a trouvé sur leurs cercueils de plomb deux couronnes de cuivre doré.
Dans le choeur, sous la croisée septentrionale, on ouvrit de suite le tombeau de Jeanne de France, reine de Navarre, fille de Louis X, dit le Hutin, morte en 1349, âgée de 38 ans ; elle était enterrée aux pieds de son père, en pleine terre. Une pierre creusée dans la masse, tapissée intérieurement de lames de plomb, et recouverte d'une autre pierre plate, renfermait ses ossements : l'usage des cercueils de plomb n'était pas encore introduit à cette époque. On n'a rien trouvé dans ce cercueil qu'une couronne de cuivre doré.
Louis X, dit le Hutin, n'avait pas non plus de caveau ni de cercueil de plomb : une pierre creusée en forme d'auge, aussi tapissée en dedans de lames de plomb, renfermait ses ossements desséchés, avec un reste de sceptre et de couronne de cuivre rongé par la rouille. Il était mort en 1316, âgé de près de 27 ans.
Le petit roi Jean, son fils posthume, qui n'a vécu que cinq jours, était à côté de son père dans une petite tombe de pierre revêtue de plomb.
Près du tombeau de Louis X était enterré, dans un simple cercueil de pierre, Hugues, dit Le Grand, comte de Paris, mort en 956, père de Hugues Capet, chef de la race capétienne. On n'a trouvé que des os presque réduits en poussière.

On découvrit ensuite, au milieu du choeur, la fosse de Charles le Chauve, mort en 877, âgé de 54 ans. Une auge de pierre, enfoncée bien avant dans la terre, renfermait un petit coffre de plomb où étaient les restes de ses cendres.

Samedi 19 octobre 1793

La sépulture de Philippe, comte de Boulogne, fils de Philippe-Auguste, mort en 1233, n'a rien présenté de remarquable, sinon la place de la tête du prince, creusée dans le cercueil de pierre qui renfermait ses ossements. Même observation pour celui du roi Dagobert.

La tombe de pierre, toujours en forme d'auge, d'Alphonse, comte de Poitiers, frère de Saint-Louis, mort en 1272, ne contenait plus que des cendres ; cependant, ses cheveux étaient bien conservés. Le dessus de la pierre qui couvrait le cercueil était taché, coloré, et veiné de jaune et de blanc, comme s'il eût été de marbre. On suppose que ce sont les émanations putrides de la décomposition du cadavre qui ont nuancé cette tombe.
Le corps de Philippe-Auguste, mort en 1223, était entièrement consumé ; la pierre taillée en dos d'âne qui couvrait le cercueil de pierre était arrondie du côté de la tête.
Le corps de Louis VIII, père de Saint Louis, mort le 8 novembre 1226, âgé de 40 ans, s'est trouvé aussi presque consumé ; sur la pierre qui couvrait son cercueil, était sculptée une croix en demi-relief. On n'a trouvé qu'un reste de sceptre de bois pourri, et son diadème, qui n'était qu'une bande d'étoffe tissue en or, avec une grande calotte d'une étoffe satinée assez bien conservée ; le corps avait été enveloppé dans un drap ou suaire tissu en or ; il s'en trouva encore des morceaux intacts. Son corps, ainsi enseveli, avait été recouvert et cousu dans un cuir fort épais, qui avait toute son élasticité. Ce fut le seul corps, parmi ceux exhumés à Saint-Denis, qui fut trouvé enveloppé de cuir.

L'usage d'envelopper les morts dans du cuir est fort ancien. En Colchide, on enterrait seulement les femmes ; on enveloppait les hommes dans une peau de boeuf, et on les appendait à des arbres par de grosses chaînes.
Le plomb laminé n'était pas connu à cette époque, et il est probable qu'on a ainsi enveloppé le corps de Louis VIII pour le préserver de la putréfaction dans le transport qu'on en fit de Montpensier en Auvergne, où il mourut à son retour de la guerre contre les Albigeois.
On fouilla vainement au milieu du choeur, sous une tombe de cuivre tenant au premier degré du sanctuaire, pour trouver le corps de Marguerite de Provence, femme de Saint Louis, morte en 1295. Cependant on découvrit, à gauche de la place qui était recouverte par la tombe de cuivre qui jadis couvrait cette princesse, une auge de pierre remplie de terre et de gravois, parmi lesquels se trouvèrent une rotule et deux petits os, qui probablement venaient de son squelette, qui fut déplacé à la suite des travaux faits antérieurement à ceux dont je parle.

Le caveau de Marie de France, Fille de Charles IV, dit le Bel, morte en 1361, et de Blanche, sa soeur, duchesse d'Orléans, morte en 1392, placé dans la chapelle de Notre-Dame-la-Blanche, était rempli de décombres, sans corps et sans cercueils.

En continuant les fouilles dans le choeur, on a trouvé, à côté du tombeau de Louis VIII, celui dans lequel on avait déposé les ossements de Saint Louis, mort en 1270 ; il était plus court et moins large que les autres. Ses os en furent retirés lors de sa canonisation, qui eut lieu en 1297.

Après avoir décarrelé le haut du choeur pour faire la recherche des autres cercueils cachés en terre, on trouva celui de Philippe le Bel, mort en 1314, âgé de 46 ans ; il était de pierre, recouvert d'une large et forte dalle. Il n'y avait point d'autre cercueil que la pierre creusée en forme d'auge, et les parois de cette auge, plus large à la tête aux extrémités, étaient tapissées de plomb dans leur intérieur, et une forte et large lame de plomb scellée sur des barres de fer fermait la totalité du tombeau. Le squelette était tout entier ; on trouva un anneau d'or, un reste de diadème d'étoffe tissue en or, et un sceptre de cuivre doré, de cinq pieds de long et terminé par une touffe de feuillage sur laquelle était un oiseau, aussi de cuivre, colorié de ses couleurs naturelles, et qui paraissait être un chardonneret, si l'on en juge par sa forme et les couleurs dont on l'avait chargé.

Capture plein écran 28022013 210709Le soir, à la lueur des flambeaux, les ouvriers firent l'ouverture du tombeau en pierre du roi Dagobert, mort en 638, après avoir cassé la statue qui fermait l'entrée du sarcophage, fait en lumachelle de Bourgogne, que l'on avait creusé pour recevoir la tête, qui était séparée du corps. On a trouvé un coffre de bois d'environ deux pieds de long, garni de plomb dans son intérieur, qui renfermait les ossements de ce prince et ceux de Nantilde, sa femme, morte en 641. Ces ossements étaient enveloppés dans une étoffe de soie, et les corps séparés par une planche intermédiaire qui partageait le coffre en deux parties. Sur un côté de ce coffre était une plaque de plomb, avec cette inscription : Hic jacet corpus Daboberti. Sur l'autre côté, une autre lame de plomb chargée de celle-ci : Hic jacet corpus Nantildis.
On n'a point trouvé la tête de Nantilde ; il est probable qu'elle était restée dans l'endroit de leur première sépulture, lorsque la reine Blanche, mère de Louis IX, les en fit retirer pour les placer dans le tombeau qu'elle leur fit élever près le maître autel.

Dimanche 20 octobre 1793

Après avoir détaché le plomb qui tapissait le dedans du tombeau en pierre de Philippe le Bel, les ouvriers reprirent leurs travaux auprès de la sépulture de Louis IX : on n'y trouva qu'une auge de pierre sans couvercle, remplie de décombres, que l'on suppose avoir renfermé le corps de Jean Tristan, comte de Nevers, fils de Louis IX, mort en 1270, quelques jours avant son père, près Carthage en Avrique, et qui avait été inhumé dans cet endroit.
Dans la chapelle dite des Charles, ils retirèrent le cercueil de plomb de Bertrand Du Gesclin, mort en 1380. Son squelette s'est trouvé intact, la tête bien conservée, les os tout à fait desséchés et très-blancs.
Auprès de lui était celui de Bureau de la Rivière, mort en 1400.

Après de longues recherches, on découvrit enfin l'entrée du caveau de François Ier, mort en 1547, âgé de 52 ans. Ce caveau, fort grand et très-bien voûté, contenait six corps enfermés dans des cercueils de plomb posés sur des barres de fer, savoir :
Celui de François Ier
Louise de Savoie, sa mère, morte en 1531 ;
Claude de France, sa femme, morte en 1524, âgée de 25 ans ;
François, leur fils, dauphin, mort en 1533, âgé de 19 ans ;
Charles, son frère, duc d'Orléans, mort en 1545, âgé de 23 ans ;
Charlotte, leur soeur, morte en 1524, âgée de 8 ans.

Nota. Tous ces corps étaient en pourriture et en putréfaction liquide, dont il se dégageait une odeur insupportable ; une eau noire coulait à travers les cercueils de plomb dans le transport que l'on en fit dans le cimetière. Le corps de François Ier avait une taille extraordinaire et une structure très-forte, l'un des fémurs de ce prince, que j'ai mesuré, portait 20 pouces des condyles à la tête de l'os.

On reprit ensuite les fouilles vers la croisée méridionale du choeur : on y découvrit une auge ou tombe de pierre, et l'on apprit, par l'inscription dont elle était revêtue, que c'était le tombeau de Pierre de Beaucaire, chambellan de Louis IX, mort en 1270.

Sur le soir, attenant à la grille du choeur du côté du midi, on ouvrit le tombeau de Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis et régent du royaume sous Louis IX et sous son fils Philippe le Hardi. Il n'avait point de cercueil de pierre ni de plomb ; il avait seulement été mis en terre dans un cercueil de bois dont quelques débris avaient encore de la solidité. Le corps était entièrement consumé, et l'on ne trouva que le haut de sa crosse en cuivre doré, et des lambeaux d'une étoffe très-riche ; il avait été enterré suivant l'usage des premiers siècles, vêtu de ses ornements d'abbé. Mathieu de Vendôme mourut en 1286, le 25 septembre, au commencement du règne de Philippe le Bel.

Lundi 21 octobre 1793

Au milieu de la croisée du choeur, les ouvriers levèrent le marbre qui couvrait le petit caveau où l'on avait déposé, au mois d'août 1791, les os et les cendres de six princes et d'une princesse de la famille de Saint Louis, transférés en cette église de l'abbaye de Royaumont. Les cendres et les ossements, retirés de leurs coffres de plomb, furent portés au cimetière, dans la seconde fosse commune où Philippe-Auguste, Louis VIII, François Ier et toute sa famille avaient déjà été portés.
On commença l'après-midi à fouiller dans le sanctuaire, à côté du grand autel à gauche, pour exhumer les cercueils de Philippe le Long, mort en 1321 ;
Charles IV, dit le Bel, mort en 1328 ;
Jeanne d'Évreux, troisième femme de Philippe de Valois, morte en 1392 ;
Le roi Jean, mort en 1364.

Mardi 22 octobre 1793

Dans la chapelle dite des Charles, le long du mur de l'escalier qui monte au chevet, on trouva deux tombeaux placés l'un sur l'autre : celui de dessus, de pierre carrée, renfermait le corps d'Arnaud Guillem de Barbazan, mort en 1431, premier chambellan de Charles VII ;
Celui de dessous, couvert d'une lame de plomb contenait le corps de Louis de Sancerre, connétable sous Charles VI, mort en 1402, âgé de 60 ans ; sa tête était encore garnie de cheveux longs et partagés en deux grandes tresses longues d'environ 40 centimètres.
On leva ensuite la pierre perpendiculaire qui couvrait les tombeaux en pierre de l'Abbé Adam, mort en 1121 ;
L'abbé Suger, mort en 1152 ;
L'abbé Pierre d'Auteuil, mort en 1229.
On ne trouva dans ces tombeaux que des ossements réduits en poussière.

Les fouilles se firent ensuite dans la chapelle dite du Lépreux. Les ouvriers levèrent la tombe qui couvrait Sédille de Sainte-Croix, morte en 1380, femme de Jean Pastourel, conseiller du roi Charles V ; on n'y trouva que des os consumés.

Mercredi 23 octobre 1793

On reprit le matin les travaux qu'on avait commencés la veille pour la découverte des tombeaux du sanctuaire.

On trouva d'abord celui de Philippe de Valois, de pierre dure, tapissé de plomb dans son intérieur, et fermé par une forte lame de même métal, soudée sur des barres de fer, le tout recouvert d'une grande et large pierre plate. Ce tombeau contenait une couronne et un sceptre surmonté d'un oiseau de cuivre doré.
Plus près de l'autel, on ouvrit celui de Jeanne de Bourgogne, première femme de Philippe de Valois, dans lequel on trouva l'anneau d'argent que portait cette princesse, sa quenouille et son fuseau ; ses ossements étaient desséchés.

Jeudi 24 octobre 1793

A gauche de Philippe de Valois s'est trouvé le cercueil de Charles le Bel. Son tombeau était construit comme celui de Philippe de Valois ; il renfermait une couronne d'argent doré, un sceptre de cuivre doré, haut de sept pieds ; un anneau d'argent, un reste de main de justice, un bâton de bois d'ébène, un oreiller de plomb sur lequel reposait la tête du roi ; son corps était desséché.

Vendredi 25 octobre 1793

On voulut faire l'ouverture du tombeau de Jeanne d'Évreux, aussi de pierre ; mais on remarqua que la tombe était brisée en trois morceaux, et que la lame de plomb qui fermait le cercueil était détachée. On ne trouva que des os desséchés et sans tête. On ne fit pas d'information ; il y avait néanmoins apparence qu'on était venu dans la nuit précédente dépouiller le tombeau.
Vers le même lieu, on découvrit dans le tombeau en pierre de Philippe le Long son squelette, qui était dans son entier et vêtu de ses habits royaux ; sa tête était coiffée d'une couronne d'argent doré, enrichie de pierres ; son manteau était orné d'une agrafe d'or en forme de losange, et d'une autre plus petite d'argent ; une partie de sa ceinture satinée, garnie d'une boucle d'argent doré, et un sceptre de cuivre doré, furent également retirés du sarcophage.

Au pied de son cercueil était un petit caveau qui contenait le coeur de Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe de Valois, enfermé dans une cassette de bois presque pourri ; l'inscription dont elle était recouverte était gravée sur cuivre.
On ouvrit de suite le tombeau du roi Jean, mort en Angleterre en 1364, âgé de 56 ans, dans lequel il s'est trouvé une couronne, un sceptre fort élevé dans son origine, mais brisé ; une main de justice en argent doré, et son squelette intact.

Quelques jours après, les ouvriers et les commissaires se transportèrent aux Carmélites pour y faire l'extraction du cercueil de madame Louise de France, fille de Louis XV, morte le 23 décembre 1787. Ils l'apportèrent dans le cimetière, et déposèrent son corps, qui était tout entier, mais en pleine putréfaction, dans la fosse commune à gauche ; ses habits de Carmélite étaient encore conservés.

Dans la nuit du 11 au 12 novembre 1793, par ordre du département, en présence des commissaires du district et de la municipalité de Saint-Denis, on fit l'enlèvement du trésor. Tout y était intact : châsses, reliques, etc. Tout fut mis dans de grandes caisses de bois, ainsi que tous les riches ornements de l'église, calices, ciboires, chapes, chasubles, etc.
Le 12 au matin, 10 heures, ces objets précieux partirent, en grand appareil, dans des chariots parés exprès, pour la Convention nationale.

18 janvier 1794

Le tombeau de François Ier étant démoli, il fut aisé d'ouvrir celui de Marguerite, comtesse de Flandres, morte en 1380, âgée de 66 ans, qui avait été déposée dans un caveau assez bien construit. On ouvrit son cercueil de plomb, qui était supporté par des barres de fer : on n'y trouva que des ossements bien conservés et quelques restes de planches en bois de châtaignier, ce qui m'autorise à croire que cette femme avait été inhumée d'abord dans un cercueil de bois ; car, comme je l'ai dit plus haut, de son temps l'usage du plomb n'était pas encore établi, et le placement du tombeau de François Ier ayant causé le déplacement du sien, on aura placé dans un cercueil de plomb celui en bois qui contenait son corps.

Au milieu de ce bouleversement et de cette rage générale de destruction et de vandalisme qui s'empara de toute la France, pour effacer, briser et anéantir le passé, il se trouva heureusement quelques hommes plus modérés et plus sages. La main des démolisseurs s'était abattue partout ; elle renversait sans pitié les plus beaux mausolées, inestimables objets d'art ; elle brisait les statues, elle spoliait les tombes ; le bronze était fondu, le marbre du tombeau était abandonné et transformé en mille objets vulgaires ; les colonnes des monuments funèbres devenaient des ornements de jardin, et, amer contraste ! les vases qui avaient contenu les coeurs des rois, placés sur des piédestaux devant les palais, étaient remplis de fleurs ! ...

Extrait de :
Les tombes royales de Saint-Denis : histoire et nomenclature des tombeaux, extraction des cercueils royaux en 1793, ce qu'ils contenaient, les Prussiens dans la basilique en 1871
de Georges d'Heylli - librairie générale (Paris) 1872